Critiques pour l'événement Edmond
Il y a 5 heures
9,5/10
2 0
« Edmond » une création d’Alexis Michalik au théâtre du Palais Royal récompensée par 5 Molières et qui a enchanté, depuis le 15 septembre 2016, plus de 800.000 spectateurs.

Un véritable triomphe pour cet Edmond, les applaudissements nourris et chaleureux en témoignent avec les nombreux rappels. Nous sommes comme des enfants émerveillés par un sublime spectacle qui nous laisse rejoindre notre chez soi le cœur léger et comblé.

J’ai vu le film avant la pièce et on comprend immédiatement pourquoi Alexis Michalik avait en projet initial de faire un film de son histoire d’ « Edmond ».
La pièce est découpée en séquences, les mêmes que l’on retrouve dans le film. C’est bien simple, je revoyais le film devant mes yeux, en direct, avec en plus du contact, de l’émotion vivante.
Cette passion qui anime le comédien, concentré dans le plaisir de jouer et de toucher, rendre heureux le public venu l’écouter, l’applaudir.
Communiquer avec lui dans la douceur, la tendresse, le regard, se nourrir de sa soif de vivre un moment intense, éphémère.

Qui ne connaît pas Cyrano de Bergerac ? C’est par l’autre côté de la lorgnette qu’Alexis Michalik propose de l’observer : de sa conception jusqu’à sa naissance, depuis la coulisse dans un mélange de réalité et de fiction.
Edmond Rostand père de deux enfants, amoureux de sa femme (la poétesse Rosemonde Gérard qui deviendra célèbre ultérieurement), est en manque d’inspiration, si ce n’est les angoisses qui se manifestent et le paralysent.
Comme pour beaucoup d’auteurs, il puise son inspiration dans la vie de tous les jours et au détour de conversations, dont il en ressortira les célèbres répliques de la pièce, suivies des conseils de Coquelin (ex sociétaire de la Comédie Française) l’idée lui vient d’écrire une comédie : Cyrano de Bergerac, à laquelle personne ne croira bien sûr. Mais en vers s’il vous plaît, car contrairement à Georges Feydeau (nous n’aurons pas eu le clin d’œil d’Alexis Michalik dans le rôle…) qui triomphe au même moment avec son Dindon, il ne sait pas écrire en prose, tout comme d’ailleurs Georges Courteline l’alter ego de Feydeau.
Pièce qui sera créée dans le théâtre de la Porte Saint-Martin le 28 décembre 1897, théâtre dirigé par Coquelin lui-même au côté de son fils Jean qui fera partie de la distribution à la création.

Cette fin de siècle est mouvementée, c’est l’âge d’or du théâtre mais le cinéma fait son apparition et donne des sueurs froides aux directeurs des théâtres.
Pour l’instant Edmond Rostand doit écrire sa pièce, qu’il distille acte par acte, trouver un financement, les comédiens, les décors, les costumes. Car son projet est titanesque, mais à chaque jour suffit sa peine, et chaque problème a sa solution.
Son échange épistolaire avec Jeanne sera la clef de son futur succès qui 120 ans après sa création est toujours joué dans le monde entier : une gloire bien méritée.

De la cinquantaine de personnages (voire 100) voulus par Edmond Rostand dans sa pièce, Alexis Michalik aura réussi le tour de force de les faire jouer par 12 comédiens sur scène.
Dans une mise en scène intelligente, inventive, précise, fluide, et par là entendez que le terme fluide n’est pas galvaudé, les changements de scènes (séquences) avec décors et costumes se fondent comme une danse aux pas bien réglés…avec un boléro de Ravel qui en ravira plus d’un...Rien ne vient perturber cette mise en scène au rythme endiablé justement récompensée par un Molière.
Pour nous faire rêver encore plus, dans cette comédie aux allures romantiques, il s’est entouré du maestro Romain Trouillet pour la musique (la machine de Turing, des plans sur la comète), Juliette Azzopardi pour la très belle scénographie, Arnaud Jung pour les délicates lumières et Marion Rebmann pour les superbes costumes.

Une pièce savoureuse qui défile sans que l’ennui ne vienne s’installer. Nous sommes captés du début à la fin et quelques scènes sont admirables par leurs créations, comme celle du balcon ou encore celle de l’hôtel où Jeanne sera l’objet de toutes les attentions.
Sans compter nos investisseurs corses qui sont irrésistibles, et au summum de leur art dans leur chant polyphonique.

Alexis Michalik a travaillé avec une véritable troupe de comédiens, dans l’esprit même de celui d’Edmond Rostand. 12 comédiens chaque soir sur scène parmi les 28 qui jouent en alternance.
Ce soir c’est une distribution brillante qui nous a éblouis où chacun joue avec l’autre dans une belle communion : Edmond, le rôle titre joué tout en sincérité, en simplicité, en naturel par Gall Gaspard - Léo le compagnon amoureux et distrait joué tout en légèreté par Cyril Descours - Coquelin, Jacques Bourgaux parfait dans sa rondeur, sa truculence – Jeanne (Roxane) Jeanne Guittet, une fraîcheur, une candeur à faire tourner les cœurs – Rosemonde jouée par Nora Giret, la femme bienveillante qui soutient tout en finesse son mari - Un Feydeau espiègle, très solaire, joué par Nathan Dunglas – Sarah dit Bernhardt, un monstre du théâtre qui a pris vie sous les traits de Cathy Arondel – Monsieur Honoré, celui qui éveille et réconforte derrière son comptoir avec sa voix chaude et chaleureuse en la personne d’Eriq Ebouaney – et puis ceux qui complètent avec délice cette soirée très enlevée : Sandra Dorset dans Maria, Vincent Viotti dans Marcel, Eric Mariotto dans Ange et Ary Gabison dans Jean.

Enthousiasmé par cette pièce, mon seul regret est de ne pas l’avoir vue auparavant.
Alexis Michalik et Sébastien Azzopardi sont fous, mais heureusement qu’ils le sont car il faut leur jeunesse, leur folie, leur inconscience, leur enthousiasme, leur générosité et leur talent pour monter un tel projet. Un projet qui a pris naissance dans ce très beau théâtre du Palais Royal où une certaine « Cage aux folles » a été jouée pendant des années et des années…souhaitons le même succès à Edmond !
23 juin 2019
9/10
0 0
Belle soirée. La mise en scène est dynamique, l’histoire est belle avec des acteurs à la hauteur...

Bravo et merci.
25 avr. 2019
9,5/10
1 0
Le texte est savoureux, l'histoire est belle et bien servie par le jeu des acteurs.

Juste génial !
17 avr. 2019
8/10
1 0
Une jolie pièce, bien mise en scène et où les plans s'enchainent à une vitesse folle.
Quelques facilités d'écriture.
Un gros bémol : la pièce donne une image fausse de Rosemund Gerard, dépeinte comme une femme au foyer un peu bébête alors que c'était une poétesse de génie.
31 mars 2019
8,5/10
2 0
Pièce drôle et rythmée où il fait bon de connaître l’avènement de Cyrano... peu importe si il faut démêler le faux du vrai. Beau jeu d’acteurs et contrairement à d’autres avis les 2 corses s’intègrent bien dans le rythme de la pièce sans surjouer.
20 mars 2019
9,5/10
5 0
L’une des meilleures pièces du moment. Une incontournable !
À mon avis, LA pièce à conseiller aux néophytes pour les attirer vers le théâtre.
Une mise en scène rythmée, des comédiens au top, des rires, l’émotion de retrouver le merveilleux texte de Rostand. D’autres que moi auront sans doute usé de superlatifs plus appropriés pour qualifier cette pièce magnifique.

Si j’avais une seule critique, ce serait la suivante : tout est trop parfait. La mécanique est ultra bien huilée, tout est grandiose. Trop. En même temps, qui peut reprocher à Alexis Michalik d’avoir utiliser tous les moyens mis à sa disposition pour créer cette œuvre mémorable ? Petit bémol, donc. Et j’ose l’avouer : je retournerais volontiers la revoir.
7 mars 2019
9/10
2 0
12 excellents acteurs, une pièce parfaitement écrite et mise en scène.
Un très bon spectacle à recommander pour tous.
Tout est réjouissant dans ce spectacle, un moment de complet bonheur théâtral.
Bravo à tous.
15 févr. 2019
10/10
1 0
Quel beau spectacle. Cette mise en scène et cette scénographie sont tout simplement formidables.
24 déc. 2018
10/10
54 0
C'est la deuxième fois que je vois une pièce d'Alexis Michalik, et je suis encore impressionnée !
Dès le début, on est plongés dans la même atmosphère que pour Le Cercle des illusionnistes. La magie opère instantanément, et on se retrouve à la fin du 19e siècle avec Edmond Rostand, au moment où il écrit Cyrano de Bergerac.

L'histoire est passionnante, les personnages sont tous bien représentés et ont chacun leur personnalité, les touches comiques sont vraiment drôles, et l'histoire d'Edmond de Rostand, mêlée à l'intrigue de sa pièce, donne une intrigue passionnante et émouvante.
Un gros coup de coeur !
16 déc. 2018
10/10
69 0
J’ai vu la pièce plusieurs fois (oups hihi) et le film en avant première, je me suis prise une claque à chaque fois !

En un mot : magique !
16 nov. 2018
8,5/10
70 0
Près de 2 heures de bonheur a écouter et voir cette épopée qu'est la création de la pièce mythique Cyrano.

La troupe d'acteurs est au top changeant et virevoltant dans les rôles à tout venant.
L'émotion est au rendez-vous et les nombreux rappels font de cette soirée un moment magique.
14 nov. 2018
8/10
77 0
Edmond est une pièce d’anthologie.
Après Le Porteur d'Histoire et Le Cercle des Illusionnistes, Alexis Michalik l’auteur et metteur en scène aux trois Molières, nous raconte la triomphale et mythique première de Cyrano de Bergerac à travers les débuts théâtraux chaotiques d’Edmond Rostand. Une excellente troupe d’acteurs servie par un texte ciselé avec humour et délicatesse mêlant la petite histoire au roman original du truculent personnage qu’est ce pittoresque cadet de Gascogne.

Un succès qui ne se dément pas. C’est sans conteste un incontournable à ne pas manquer …
14 août 2018
10/10
192 0
Pour résumer en un mot mon ressenti à la sortie de cette pièce : bonheur.

Alexis Michalik et les acteurs nous présentent un réel chef-d'oeuvre sur scène où se mêlent rires, larmes, actions, poésie...
Je reste encore effarée par le travail qui est fait sur scène pendant 2h : certains acteurs jouent plusieurs rôles et ce n'est qu'à la fin de la pièce qu'on le comprend, tellement leur jeu est exceptionnel, les changements de décors font partie intégrante de la pièce et se présentent tels des mouvements de danse travaillés et calculés. Les textes de Cyrano de Bergerac sont amenés à la perfection avec un juste équilibre avec le nouveau texte écrit par l'auteur.

Dès le début de la pièce (on peut même dire avant ! ^^), nous sommes transportés dans une autre époque.
Je tiens réellement à remercier toute la troupe pour m'avoir apportée autant de bonheur.
N'hésitez pas à aller voir cette pièce !
13 août 2018
8,5/10
170 0
Une pièce magnifique que la critique a déjà saluée.

S'il y avait un "mais" ... un tourbillon quelquefois fatiguant. Le spectateur est tenu en haleine mais mériterait de pouvoir savourer quelques instants de plus chaque scène.
4 juil. 2018
8/10
200 0
Un agréable moment qui permet de réviser ses classiques (Cyrano de Bergerac) tout en passant une soirée divertissante.

Les acteurs sont justes, la mise en scène soignée, pas de grandes surprises mais un sans faute.
20 mai 2018
9,5/10
232 0
Une pièce inoubliable, exceptionnelle, de très bons acteurs, du rythme !
Une comédie vraiment réussie, à ne pas louper !
10/10
328 0
Je l'ai déjà vu il y a quelques mois et y retourne pour la revoir. Excellent, du rythme de l’originalité.
Un bon moment sans aucun doute. Allez-y !!
4 mars 2018
9,5/10
318 0
Une mise en scène originale, dynamique, sans temps mort.
Une pièce drôle, intéressante, avec des références à Cyrano de Bergerac (bien évidemment) mais que ceux ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre d'Edmond Rostand peuvent sans problème comprendre.

A voir et revoir.
23 févr. 2018
8,5/10
0 0
Vue le 22.02.2018 au théâtre du Palais Royal

Très belle mise en scène.
15 févr. 2018
8/10
312 0
Très bonne pièce, excellents comédiens et une grande dose d'émotion finale. A voir !
9 févr. 2018
9/10
304 0
Tout ce qu’on aime de Michalik, le rythme et le verbe !
30 janv. 2018
8/10
266 0
Superbe moment théâtral !
Je recommande à tous !
18 janv. 2018
9/10
293 0
Quelle belle soirée que celle que nous venons de passer en compagnie d’Edmond !

J’avais trouvé LE PORTEUR D’HISTOIRE merveilleux, novateur, intelligent mais un peu long. EDMOND est le chef d’oeuvre, tout est abouti, tout en conservant les qualités du PORTEUR D’HISTOIRE, et une durée de pièce parfaite. MICHALIK est un auteur, metteur en scène et meneur de troupe extrêmement doué, créatif, novateur.

La troupe est fantastique, dynamique, heureuse de nous faire partager et rentrer dans leur lieu de (ré)création. Foncez déguster ce spectacle.
29 nov. 2017
9,5/10
343 0
C'est tellement rare un ballet aussi bien orchestré, avec autant d'excellents comédiens sur la scène, et c'est vivant, et ça fuse ! C'est aussi ça le théâtre !
23 oct. 2017
9,5/10
337 0
Je suis enfin allée voir cette dont j'entendais parler depuis des mois.

J'ai été touchée par l'histoire, le jeu des acteurs, l'humour, le décor, etc. C'est bien écrit, il y a beaucoup de clins d’œil à l'époque d'aujourd'hui et au milieu artistique.

Les acteurs sont excellents, vraiment j'ai passé un bon moment :-)
1 août 2017
8,5/10
353 0
Bravo à Michalik qui offre l'une des meilleurs pièces de cette année !

C'est tout un ensemble qui donne à cette pièce une grande force : une mise en scène très bien, une troupe incroyable qui semble s'entendre à merveille, un rythme qui rend l'histoire passionnante où l'on s'ennuie jamais, le texte est super et l'histoire en elle-même est de toute façon intéressante quand on aime Cyrano !

C'est vraiment à découvrir ! Bravo !
17 juil. 2017
9/10
372 0
Un succès largement mérité.

Cette nouvelle pièce d'Alexis Michalik mérite pleinement ses nombreux Molières. On y assiste à la création de Cyrano de Bergerac par l'auteur Edmond Rostand.

Face à ce chef d’œuvre du théâtre français le résultat pouvait sembler fade, il n'en est rien. Cette création légère, rythmée et contemporaine, loin de dénaturer l’œuvre originale, lui apporte un éclairage nouveau. La pièce nous invite à passer de l'autre côté du rideau, à découvrir comment le personnage de Cyrano est né dans l'esprit d'Edmond Rostand.

Et voilà un des plus célèbre trio amoureux du théâtre classique qui prend une nouvelle forme, pour le plus grand plaisir des spectateurs !

Contrairement à Cyrano, avec sa pièce Alexis Michalik n'attend pas la fin pour nous toucher.
9 juil. 2017
10/10
337 0
Avant même le début de la pièce le spectateur est déjà dans le rythme de la pièce.

Des décors changés au fur et à mesure par les acteurs, un Edmond Rostand pétillant et toute une équipe dynamique.

Bref un très bon moment de détente.
UN SHAKESPEARE IN LOVE À LA FRANÇAISE
On entre dans la salle du Théâtre du Palais Royal. Il faut un instant pour comprendre : les comédiens sont sur scène, la pièce est-elle commencée ? Non, ils se maquillent, tuent le temps en jouant aux cartes, s’échauffent la voix, s’étirent, se préparent… Et que fait là ce chien qui regarde le public ? Oui, ce sont des coulisses inversées. La salle se tait ; un comédien nous interpelle : « Vous pouvez parler, la pièce n’est pas commencée ». Le contact est créé entre eux et nous, ils nous sont familiers et la représentation peut débuter… Le chien disparaît.

Avec Edmond, l’auteur-metteur en scène Alexis Michalik raconte l’aventure d’Edmond Rostand face à l’écriture de son chef d’œuvre Cyrano de Bergerac. Cette pièce envoûtante nous fait entrer dans l’univers de Rostand à un moment où personne ne croit en lui. L’action se déroule en 1897, et les deux grands dramaturges de l’époque sont Labiche et Feydeau : dans Edmond, ils ne cessent de se moquer de l’insuccès de Rostand, de son esprit romantique à la Musset, alors passé de mode. Avant Cyrano, Alexis Michalik nous montre un Edmond enchaînant les échecs et les « fours » et qui désespère. L’entrée dans l’écriture de Cyrano le happe : sa vie personnelle en est modifiée. Edmond (Guillaume Sentou) rencontre Jeanne (Stéphanie Caillol), qui devient sa muse, sa Roxane. Il commence une correspondance enflammée avec elle, se faisant passer pour son ami Léonidas (Kevin Garnichat) : il vit l’histoire de Cyrano en l’écrivant. A la façon de John Madden (réalisateur de Shakespeare in love), Michalik raconte une partie de la vie de Rostand, plus ou moins romancée, à travers une de ses œuvres majeures.

On est bien dans la filiation du Porteur d’histoire et du Cercle des illusionnistes. Pour ces deux pièces, un même dispositif scénique est utilisé, entremêlant l’espace et le temps, mais aussi des protagonistes qui peuvent être des célébrités (Eugène Delacroix, Alexandre Dumas, Robert Houdin ou encore Georges Méliès) et des inconnus avec une justesse incroyable. Au début on s’y perd un peu, on est surpris, entraînés dans la ronde effrénée des changements de décors magnifiquement coordonnés, et très vite nous sommes émerveillés. Cette fois, Michalik renouvelle le genre en mêlant, non pas les époques comme dans ses deux précédentes pièces, mais vie de Rostand et extraits de son chef d’œuvre. Finalement, c’est l’intrication avec le jeu des correspondances qui fait le charme du théâtre de Michalik.

Cette pièce, en une mise en abyme somptueuse, touchante, constitue aussi bien un hommage à Cyrano et à Rostand qu’au théâtre ! Portés par l’histoire, on ne peut, évidemment, pas s’empêcher de lâcher une larmes ou deux…
9/10
264 0
Une pièce emballante tout simplement sur la vie réelle d'Edmond Rostand...
Mise en scène qui intègre des passages des classiques de E. Rostand - une création innovante.
2 avr. 2017
9/10
305 0
En une phrase : la naissance d’une pièce, et pas n’importe quelle pièce, Cyrano de Bergerac.

J’avoue, j’étais conquis d’avance. Alexis Michalik, j’avais savouré Le Cercle des Illusionnistes à la Pépinière, et Le Porteur d’Histoire à la Comédie Studio. Azzopardi, un nom synonyme de qualité dans la mise en scène et la scénographie. Palais Royal, un écrin, peut-être la grande salle que je préfère à Paris.
Alexis Michalik imagine les semaines qui précèdent la création de Cyrano. On assiste à la naissance de la pièce, aux règlements de comptes entre auteurs, aux angoisses des acteurs. On découvre les sources de l’inspiration d’Edmond Rostand, ses émois, sa capacité d’observation. La bataille entre la Muse qui inspire et l’Amour qui soutient.
Je suis rentré dans la pièce dès les premières secondes, elle ne m’a jamais laché, j’étais plein d’émotions, de sensations, je la vivais avec les acteurs. D’ailleurs les spectateurs ont aussi leur part à la pièce, quand il faut que les spectateurs de la première de Cyrano applaudissent, nous étions là.
Le texte ? Magnifique. La mise en scène ? superbe, les tableaux s’enchainent, le décor évolue en permanence, deux meubles se déplacent, on n’est plus dans un restaurant mais dans la chambre de Rostand, les acteurs changent de costume et de rôle en un instant. Le jeu des acteurs ? ils sont douze sur scène, pour quarante et un rôles (j’ai compté après sur le site du théâtre). Ils virevoltent d’une âme à l’autre, entrent, sortent, reviennent autres.
Ce soir là, la fondation Barrière remettait son prix à la pièce. Oublions la prestation de Muriel Robin (c’était si compliqué de lui apporter un micro ?) pour ne retenir que les mots d’Alexis Michalik, « je voulais une pièce sans tête d’affiche, qui soit le travail d’une troupe ». Eh bien c’est gagné, et c’est magique.
Voilà. J’ai aimé. Est-ce que c’est LA pièce de la rentrée ? En tout cas, c’est UNE pièce que vous DEVEZ voir.
28 mars 2017
9,5/10
275 0
Ouahou, ouhaou, juste ouahou !

Michalik démontre une nouvelle fois tout son savoir faire. Je ne sais pas quoi retenir de cette pièce tant il y'a de choses à dire.
Passons rapidement sur l'évidence : Très belle pièce, superbes comédiens, beaucoup d'humour, un peu de magie, hommage très touchant à Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand.

Et attardons nous sur l'essentiel, cette magnifique chorégraphie imaginé et mise en scène par Michalik. C'est tout simplement saisissant. L'ellipse est ordinairement un artifice que l'on retrouve au cinéma, de façon plus rare au théâtre. Mais maitrisé, comme c'est le cas ici, c'est tout bonnement fascinant au sein du spectacle vivant. On passe d'un lieu à l'autre, simplement avec un changement de lumière, ou de décor. Un comédien qui débute son texte dans un lieu, mais qui ramène, de part sa présence, le personnage principal dans un autre lieu, avec l'aide d'un effet de mise en scène. Il y'a une dizaine de comédiens sur scènes, chacun interprétant 2, pour certains 3 rôles ! Quantité donc de personnages, de costumes, avec les comédiens qui changent les décors pendant que les autres jouent. On nous invite au spectacle, et il n'y a pas à dire, on y prend énormément de plaisir

Alors bien sur il y'a bien d'autres éléments que nous pourrions citer, comme la qualité des textes, la poésie certaine que nous transmet ce personnage,

Mais vraiment, ce qui fait de cette pièce, une grande pièce, c'est bien sa mise en scène à couper le souffle.

Du grand Michalik.
19 mars 2017
9,5/10
285 0
C'est la meilleure pièce qu'il m'a été donné de voir ces dernières années.

Certes, je ne suis sûrement pas un amateur aussi éclairé que certains, mais comment ne pas admirer l'intelligence des textes, où ceux de la pièce de Rostand et ceux propres à la pièce se mélangent si harmonieusement, la mise en scène inventive où les décors changent si rapidement sans que cela nuise au flot de la pièce.

Nous avons passé une super soirée, dans un théâtre du Palais Royal toujours aussi magnifique.
3 mars 2017
9,5/10
301 0
Une pure merveille.

Des acteurs fabuleux, une mise en scène parfaite, des textes délicieux.
Bref un moment de pur bonheur, 2h que l'on ne voit pas passer, et l'envie d'aller jouer avec cette belle bande de joyeux lurons.

A voir d'urgence !
1 mars 2017
9/10
313 0
L'histoire d'Edmond Rostand a trouvé l'inspiration pour écrire ces pièces de théâtre est très joliment interprétée et jouée avec une troupe d'acteurs et d'actrices excellents.

La pièce est bien rythmée avec les changements de décors comme à l'ancienne sur fond musical, bref du vrai théâtre.
27 févr. 2017
9/10
319 0
Tout simplement incroyable...

J'avais adoré Le Cercle des Illusionnistes et aimé Le Porteur d'Histoire mais appréhendais de me lasser du style Michalik qui met toujours une claque la première fois.

Pas de lassitude au rendez-vous mais une véritable fascination : on se retrouve transporter dans cette histoire en quelques secondes. On rit, on admire, on est ému... Les acteurs sont tous d'une justesse infinie, que c'est agréable !

Aucune longueur, un rythme soutenu qui ne nous épuise pas mais nous galvanise ! Sans compter cette mise en abyme finale où nous, spectateurs, nous retrouvons à la place d'un public conquis en 1897. C'est brillant.
13 févr. 2017
8,5/10
319 0
- Edmond ? drôle et bien joué.
- Ah ! Non ! C'est un peu court jeune homme ! On pouvait dire ... oh Dieu ... Bien des choses en somme.
Par exemple tenez :
Pour bien parler d'Edmond,
Trop peu de mots existent,
Allions l'émotion,
Au talent des artistes.

Royal en son palais,
Impérial en son jeu,
Cyrano narre son nez,
Et nous voilà ... heureux.

Nul ennui, nulle longueur
Ne troublent cette pièce
En brillant dialogueur,
L'auteur nous bouleverse.

Les scènes s'enchaînent,
Chaque réplique fait mouche,
Edmond nous emmène
Et à la fin nous touche.

Edmond méritait bien une critique un peu originale
11 févr. 2017
9,5/10
305 0
Toujours impressionnée par le travail de Michalik. Quelle énergie, que d'imagination !!!

J'ai été transportée par cette pièce sur la création de Cyrano de Bergerac. De l'émotion au final, beaucoup de rires. Vraiment un bon moment.
23 janv. 2017
9,5/10
389 0
Cette pièce de théâtre est un petit bijou !

La mise en scène est soignée avec les changements de décors qui passent facilement pour passer à la scène suivante. Elle est tellement fluide que la pièce ressemble beaucoup à un film.
Le cinéma dans le théâtre, rare sont ceux qui réussissant ce pari.

Les comédiens ne sont pas en reste non plus, la plupart jouent deux rôles, voire même trois. Une difficulté supplémentaire pour eux, qui doivent changer de jeu d'acteur.
Mon coup de cœur va pour Guillaume Sentou qui interprète avec justesse, sans fioriture, Edmond, le personnage principal. On comprend avec lui les sentiments et les états d'âme de l'auteur.

Un petit bémol pour l'interprétation des deux mécènes de la pièce, teneur d'un bordel, je trouve que leur jeu sonne faux.
Courez voir cette pièce, vous ne regretterez rien. Vous allez rire et même un petit peu pleurer.

Un prochain molière pour Alexis Michalik ?
17 janv. 2017
9/10
362 0
Je n'ai lu que des éloges sur Edmond. Et, j'y apporte ici modestement le mien.

D'abord, il faut saluer le talent de l'auteur, Alexis Michalik. C'est certainement sa passion pour Edmond Rostand qui lui a permis de donner autant de souffle à sa pièce. Laquelle nous raconte les débuts hésitants et mouvementés de ce dernier dans le monde des auteurs de théâtre de son époque. D'un côté, Sarah Bernhard qui croit en lui et en son talent. D'un autre côté un Courteline toujours prompt à le railler. Et, au milieu, des critiques plus que réservés et des producteurs folkloriques.
Heureusement, un joli concours de circonstances va le contraindre à concevoir une pièce - Cyrano de Bergerac - en quelques nuits et, par la même occasion, à aider son meilleur ami comédien à conquérir le coeur d'une femme qui, coïncidence ! est une de ses rares "fans".

Une pièce dans la pièce qui raconte l'histoire de LA pièce... Voilà comment germa dans la tête de Rostand l'idée de son Cyrano. Excellente distribution et belle scénographie des décors.
Bref, un très bon moment passé au théâtre du Palais Royal. Beaucoup d'énergie déployée sur scène.
15 janv. 2017
9/10
361 0
Des textes d'une intense qualité, du rire, du voyage...

On reste assis après la pièce le temps d'atterrir ! Je recommande d'avoir lu Cyrano préalablement pour pouvoir identifier de nombreux clins d'oeil et se projeter encore plus.

Seul mini bémol, ne prenez pas la dernière catégorie, on ne voit pas / peu !
15 janv. 2017
9/10
208 0
Du grand Michalik !

Autant j'avais été déçue par le Cercle des illusionnistes, avec des ficelles trop grosses, trop proches du Porteur d'Histoire, autant j'ai retrouvé un nouveau élan avec Edmond !

La pièce est bien rythmée et crée une complicité avec le public.
3 janv. 2017
10/10
379 0
Une, deux, trois pièces… tiercé gagnant : Alexis Michalik, c’est une recette qui marche !

« Edmond » est une pièce contemporaine qui nous entraîne au 19eme dans les coulisses de l’écriture d’un des chefs d’œuvre les plus joués du répertoire français: "Cyrano de Bergerac". Un pic vous dites ? Dans ce beau théâtre du Palais-Royal, les douze acteurs sur scène tourbillonnent dans une mise en scène qui tient les spectateurs en haleine pendant les deux que durent la pièce.

C’est qu’Alexis Michalik, metteur en scène inventif, sculpte ses spectacles au rythme des séries télé : le décor change sous nos yeux comme dans un long plan séquence où les coulisses nous seraient montrées volontairement. A la scène fixe d’un théâtre, Alexis Michalik insuffle donc le mouvement du petit écran sans que le propos se perde ni qu’on décroche : tout est dynamique et vivant, prenant même. Le rêve et la nostalgie de ces temps que nous n’avons pas vécu en propre. Voilà ce que nous offre le spectacle si bien rythmé d’Alexis Michalik.

Je me méfie souvent du contemporain car j’aime la beauté du verbe et la cohérence des spectacles classiques guidés par des métriques et des règles de jeu. Mais avec cette mise en scène remplie du temps présent, Alexis Michalik parvient à sublimer ce passé qu’il fait surgir sur scène. Aussi la pièce parlera autant aux connaisseurs qui trouveront en « Edmond » une version rafraîchissante et originale restant fidèle au texte et qui permet au spectateur de se remémorer la dernière mise en scène qu’il aura vu (avec Michel Vuillermoz sans doute?). Mais la pièce parle également aux spectateurs moins aguerris pour leur donner le goût, ce goût du théâtre et de l’oralité, si souvent présenté comme difficile d’accès et réservé aux élites. Mais combien de jeunes amènerait-on à lire le texte avec de si belles mises en scène, combien d’yeux s’ouvriraient et s’étonneraient d’aimer ça, le plaisir de reconnaître une tirade et d’en compléter une autre, le plaisir de se laisser raconter l’histoire de ceux qui gisent dans nos livres de français ? Humain, trop humain Alexis Michalik réussit pour moi à chaque fois à faire vibrer et nous faire toucher du doigt le sublime de cet art de la scène. Quand je sors : je me sens vivante. Le théâtre, et c’est ici mon plaidoyer personnel en cette nouvelle année 2017, est un baume au cœur et peut créer du lien entre les hommes. « “Rien de plus futile, de plus faux, de plus vain, rien de plus nécessaire que le théâtre » disait M.Jouvet !

En résumé ? Un succès qui va de soi tant est palpable la générosité du metteur en scène et son talent de transmission porté par une troupe au diapason! Je dis "longue vie" à ce théâtre contemporain là !
Molière 2014 dans les catégories Metteur en scène et Auteur Francophone Vivant Alexis MICHALIK démontre à nouveau avec EDMOND qu'il est un conteur admirable. Cette nouvelle création est une vibrante déclaration d'amour au théâtre qui prend pour prétexte la genèse de la plus grande pièce du répertoire français : CYRANO DE BERGERAC.

DANS LES COULISSES DE LA CRÉATION

1895. Edmond ROSTAND vient de faire un four avec La Princesse Lointaine pourtant interprétée par la grande Sarah BERNHARD. Deux ans plus tard il n'a rien écrit de nouveau. Acculé par les dettes il propose au grand Constant COQUELIN une nouvelle pièce. L'époque est au vaudeville et à la prose, sa pièce sera en alexandrin. On lui demande une comédie courte pour un public qui en a marre de Strindberg et d'Ibsen, ce sera une tragédie épique en 5 actes. Coquelin s'emballe, les producteurs corses signent un blanc-seing mais imposent leur comédienne, la troupe est prête à répéter pour jouer dans trois semaines. Un seul (léger) problème : Edmond n'a pas encore écrit une seule ligne. Il a tout juste un titre : CYRANO DE BERGERAC.

Comme dans ses précédents spectacles Alexis MICHALIK nous entraîne dans une folle aventure : celle de la création de l'un des plus célèbres textes du répertoire français. Quelle est la part du vrai, qu'est-ce qui est du domaine du romanesque dans cette bouillonnante évocation ? Est-ce vraiment important. Edmond ROSTAND avait depuis longtemps un intérêt pour Savinien de Cyrano de Bergerac, écrivain du 17ème siècle. Mais c'est en aidant un de ses amis à trouver les phrases qui sauraient séduire une femme désirée qu'il eut l'idée de créer son personnage romanesque. Il y a là tous les éléments pour imaginer une gestation fiévreuse et chaotique pour ce qui est aujourd'hui l'un des textes français les plus joués dans le monde et le rôle que tous les acteurs rêvent d'interpréter.

On retrouve de nombreux éléments qui constituent la touche MICHALIK, 12 comédiens qui recréent un esprit de troupe, un mouvement ininterrompu qui fait évoluer une multitude de personnages, des changements de décors à vue qui s'enchaînent sans temps mort, un tourbillon qui nous emporte pendant près de 2h pour nous laisser le regard émerveillé et le cœur en joie devant ce spectacle brillant. Avec talent et virtuosité l'auteur nous plonge au cœur d'une époque faisant revivre sous nos yeux émerveillés la grande Sarah Bernhardt, le comique de situation des vaudevilles de Feydeau, les questionnements d'un monde du théâtre en pleine évolution qui voit émerger la concurrence du cinéma de Méliès et des Frères Lumières, les mœurs d'une société bourgeoise, la frénésie d'une création artistique.

Toute la troupe est d'une parfaite justesse de jeu. Guillaume SENTOU est le génial Edmond, auteur en proie au doute puis emporté par l'enthousiasme de la création grâce à l'inspiration de sa muse (Stéphanie CAILLOL - romantique Jeanne), mais fidèle à sa douce Rosemonde (Anna MIHALCEA) et à son ami Léo (Kévin GARNICHAT), l'amoureux maladroit. Christine BONNARD campe une Maria Legault caricature de l'actrice gouailleuse et diva, protégée des producteurs et proxénètes corses magistralement interprétés par Christian MULOT et Pierre BENEZIT. Jean-Michel MARTIAL est la dignité personnifiée dans le rôle d'Honoré. Pierre FOREST est un Coquelin touchant et un Cyrano très convaincant. Nicolas LUMBRERAS dévoile, entre autres rôles, un Feydeau provocateur, hautain et comique. Valérie VOGT est une irrésistible Sarah BERNHARDT. Enfin Régis VALLEE se surpasse entre le sérieux Courteline et le niais Jean Coquelin. Sans oublier le travail de toute la technique, de la scénographie aux lumières en passant par la musique et les costumes. Pas une fausse touche dans cette évocation du Paris de la fin du 19ème siècle. Et si par moments le rythme semble s'emballer ce n'est que pour mieux refléter l'urgence de la création, son bouillonnement, ses avancées par à-coups.

Une évocation historique avec de truculents anachronismes comme les notes du boléro de Ravel qui surgissent de façon incongrue, comme pour souligner que tout ceci n'est qu'une comédie qui ne se prend pas au sérieux tout en étant d'un grand professionnalisme. Et lorsque Pierre FOREST déclame les mots d'Edmond ROSTAND et que Cyrano meurt sur scène on ne sait plus si nous sommes en 2016 ou à la première en 1897.

En bref : Le génial conteur qu'est Alexis MICHALIK réussi le tour de force de nous emporter à nouveau dans un tourbillon de rire et d'émotions. Avec EDMOND il ne rend pas seulement hommage au génial auteur de CYRANO DE BERGERAC. Il adresse une émouvante et brillante déclaration d'amour au théâtre. Un spectacle bonheur dont on sort les yeux émerveillés et le cœur en joie, avec l'envie de revenir encore et encore au théâtre. Une troupe à l'unisson avec une mention spéciale pour Guillaume SENTOU qui s'empare avec justesse et énergie du trublion Edmond, clé de voûte de cette double aventure.
17 nov. 2016
8/10
410 0
Un hommage original à Edmond Rostand que l'on redécouvre à travers la mise en scène d'Alexis Michalik ; une mise en scène rythmée, poétique et moderne à la fois.

La mise en abîme est remarquablement bien tenue créant un vrai moment de complicité entre les acteurs et le public autour de ce monument du théâtre français qu'est Cyrano de Bergerac. On rit, on sourit, on est ému, on murmure les vers et l'on en redemande.

Un bémol toutefois sur certains acteurs au jeu quelque peu caricatural mais qui ont le mérite de déclencher l'hilarité de la salle.
30 oct. 2016
9/10
362 0
Quel tourbillon ! Quelle virtuosité ! Quelle ambition ! Quel panache !… Ce n’est pas tous les soirs qu’on ressort d’un théâtre, comme essoufflé, lessivé, essoré, par le spectacle qu’on vient d’y voir… pourtant tranquillement installé dans un fauteuil…

Reprenons par le début… Il était une fois un auteur qui, depuis plusieurs années, avait le rêve de raconter, au cinéma, les dessous d’une des plus mythiques « Premières » de l’histoire du Théâtre, celle de « Cyrano de Bergerac », d’Edmond Rostand, survenue un soir de décembre 1897 à la Porte Saint-Martin.

« Paradoxal de ne pas écrire cette histoire de théâtre pour… le théâtre, lui dit alors un producteur, puisque vous en êtes déjà, malgré votre jeune âge un auteur réputé ».

Alexis Michalik (puisque c’est de lui qu’il s’agit) se mit donc au travail. Et il écrivit, en quelques mois, cet « Edmond », l’une des pièces les plus tourbillonnantes qu’on peut voir en ce moment à Paris. Sur scène, ils sont douze comédiens, mais qui vont jouer trente rôles, changements de costumes à toute allure, idem pour les décors.

La pièce commence alors qu’Edmond Rostand (Guillaume Sentou, énergie du diable) se désespère : il n’a rien écrit depuis deux ans et peine à nourrir sa femme et ses deux enfants. En désespoir de cause, il décide de proposer au grand acteur Constant Coquelin (Pierre Forest, savoureux et grandiose), une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes de fin d’année. Seul hic ! Il n’en a pas écrit une ligne. Va commencer une course folle contre la montre, où on va voir intervenir et se croiser beaucoup, beaucoup de monde, de la grande Sarah Bernhardt (Valérie Vogt, impériale) à Georges Feydeau, en passant par Labiche, des acteurs de l’époque (dont on a aujourd’hui oublié le nom), des directeurs de salle, comme d’habitude très anxieux, des producteurs corses, un peu mafieux, un patron de café humaniste et cultivé (Jean-Michel Martial), etc.. Sur le plateau, où les (nombreux) changements de décors sont suggérés par de simples accessoires, les tableaux s’enchainent avec une virtuosité époustouflante. Et comme Alexis Michalik en connaît un rayon en matière de rebondissements, d’effets, de loufoquerie, d’illusions, et même de mensonges, le spectateur est happé par son intrigue. Le « Cyrano de Bergerac » d’Edmond Rostand est une tragi-comédie ? L'« Edmond » de Michalik, qui, au détour de certaines scènes, en reprend les plus fameuses tirades, est exactement de la même veine. On rit, on sourit, on pleure, on s’exaspère, et, toutes ces émotions vous submergent à la vitesse d’un cheval au galop ! Le jeune auteur prend ses aises avec les dates, les lieux, ceux qui furent les vrais protagonistes de la création ? Cela n’a aucune importance. Ce qui compte ici, c’est le rythme, la bonne humeur, la verve et surtout, le jeu dans tous ses états. C’est du théâtre dans le théâtre ! Et du théâtre « populaire pour tous », c’est-à dire intelligent et accessible ! Sur scène, les comédiens font, tous, preuve de sensibilité, de vivacité et d’alacrité. Ils forment une vraie troupe. Ils sont formidables. Après « Le Porteur d’Histoire » et « Le Cercle des Illusionnistes », Alexis Michalik tient avec cet « Edmond » un nouveau succès. Tant mieux pour les producteurs ! Au théâtre privé, rarissimes sont ceux qui ont le cran de financer des productions avec des plateaux de douze comédiens. (Théâtre du Palais Royal).
27 oct. 2016
9/10
331 0
Une pièce extraordinaire qui avec ses douze comédiens sur scène nous fait revivre la grand époque du théâtre de troupe. Le jeu des acteurs, la mise en scène, le rythme insufflé en font une vraie réussite.

Michalik réussit parfaitement son pari avec un sujet passionnant et bien traité qui met en lumière toute les coulisses de la création de ce chef d'oeuvre que fut Cyrano.
Nous avons sans doute la l'une des meilleures pièce de cette année.

A voir absolument !
26 oct. 2016
10/10
328 0
Quelle pièce ! La pièce de l'année qui fera date.
Un hymne au théâtre, à la création, aux acteurs.
Une mise en scène remarquable, inventive, créative.
Plus de dix acteurs merveilleux chacun dans leur rôle ; pas star à mettre en valeur ou à soutenir (les divas sont brocardées).
Cette pièce mérite une moisson de Molière(s), au-delà du Porteur d'histoire du même auteur pourtant bien dotée en 2016.
Attention, le bouche à oreille fonctionne à plein, salle comble...
Les spectateurs sortent enjoués après avoir fait un triomphe à cette pièce.
26 oct. 2016
9/10
318 0
Je pense que, dans les années à venir, j'irai voir sans l'ombre d'une hésitation toute nouvelle pièce d'Alexis Michalik. Déjà fan de celles qui lui ont récemment rapporté trois Molière, j'espère qu'il a chez lui une étagère plus grande, en vue du palmarès de l'année 2017.

Que dire ? Un thème fabuleux et si bien exploité... Un savant mélange entre la pièce originale d'Edmond Rostand et les péripéties imaginées par Michalik... Ce désormais incontournable équilibre entre réalité et fiction, entre personnages et personnalités de l'époque... Un décor ciselé, grandiose...
Une distribution juste et touchante.

Je pourrais continuer longtemps de chanter les louanges de ce spectacle, de cet auteur, mais rien ne remplacera l'émotion vive, les rires, les larmes, qui bouleverseront quiconque se rendra au Théâtre du Palais Royal pour vivre ce moment de théâtre hors du commun, hors du temps.
26 oct. 2016
9/10
351 0
C'est pleine d'excitation et d'appréhension que j'ai pris place dans le magnifique théâtre du Palais Royal pour découvrir la nouvelle pièce d'Alexis Michalik. Après avoir été transportée par ses deux précédentes créations, j'étais impatiente de voir ce qu'il allait proposer autour de l'histoire d'Edmond Rostand. Le résultat m’a conquise : l’auteur a su allier la beauté de la langue de Cyrano à l’originalité de la mise en scène du Porteur d’Histoire – avec peut-être un peu moins d’effet de surprise.

L’intrigue de cette pièce suit pas à pas la création de Cyrano de Bergerac à travers la vie de son auteur. Edmond Rostand s’évertue à écrire en vers dans une époque où la prose est de mise. Méprisé de tous, soutenu uniquement par son entourage et la comédienne Sarah Bernhardt, il va devoir créer en seulement quelques semaines une comédie à succès. La beauté du texte de Michalik réside dans sa capacité à faire des parallèles constants entre la vie de son personnage principal et l’histoire que ce dernier écrit. Cela permet de revisiter de nombreux passages emblématiques de Cyrano tels que la scène du balcon où celle du duel. Pour toute personne ayant aimé le drame original et appréciant les beaux mots, cette relecture est à voir !

La troupe présente sur cette création est nombreuse et réunit des comédiens de qualité qui crédibilisent leurs personnages. Guillaume Sentou joue un Edmond Rostand très énergique, constamment stressé et dépassé par les événements, dont le talent pour l’écriture est inné. C’est dans les situations d’urgence que ses plus belles répliques sont formées. Autour de lui gravitent des personnages variés qui l’aident tous, à un moment ou à un autre, à faire avancer l’intrigue. Sa femme, qui croit toujours en lui, son meilleur ami, dont les déboires amoureux font naître l’histoire, ses producteurs, financiers à la morale douteuse, son acteur principal à l’ego surdimensionné… La richesse de la pièce réside dans l’équilibre qui existe entre tous ces rôles.

La mise en scène, enfin, est simple et efficace. Les décors sont plus présents que ce à quoi nous avions été habitués par Michalik mais ils permettent de saisir en un regard où se situe l’action. Dans une pièce où les péripéties s’enchaînent et où le rythme est très rapide, ces repères visuels prennent tout leur sens.

Cette nouvelle création est donc à la fois une réussite et un merveilleux moment. Foncez voir Edmond, foncez voir Cyrano, foncez voir Michalik !!
25 oct. 2016
9/10
313 0
Alexis, si je peux me permettre.

Inutile de préciser combien tes pièces m’ont dès le début de ta carrière, séduit, enthousiasmé et emporté, tu es un superbe auteur intelligent et inspiré ! Nous avons même joué « Le porteur d’histoire » au sein de notre petite troupe amateur de la région nantaise avec un joli succès assuré.
3e opus, Edmond.
Maelström virevoltant avec Edmond Rostand en personnage-clé qui se démène dans tous les sens pour assurer son gagne-pain et faire vivre sa famille. Loin d’être une reconstitution historique avérée, genre Lagarde et Michard d’antan poussiéreusement certifié exact, notre homme nous emporte dans les quotidiens effrénés des artistes de ce début de siècle si artistiquement fertile.
Le réel rattrape la fiction c’est du théâtre-fiction, on devine qu’on n’aura guère satisfaction comme d’habitude avec toi, Mr Michalik, si on vérifie si tel ou tel détail, musical ou théâtral, s’est réellement passé ou non à ce moment-là de la grande histoire. Alors ? Alors, on se moque de la véracité et on se laisse embobiner une nouvelle fois.
On assiste pantois à la naissance de Cyrano de Bergerac, chef d’œuvre en vers du dit Edmond. Comment le trivial rattrape la gestation poussive et à rebondissements de cette pièce. Comment l’Art déjoue contingences matérielles ou égos surdimensionnés.
Tout se joue à cent à l’heure, comme si tu comptais sur notre essoufflement pour nous égarer plus encore. Tout s’entremêle, tout s’harmonise avec une intelligence fertile. Une cure de Jouvence supposément remboursable par la Sécu, qui sait ?
La distribution est peuplée cette fois (les œuvres précédentes t’amenaient souvent à faire jouer acrobatiquement un simple quintet dix ou vingt personnages chacun), chaque rôle est porté avec talent et amour du plateau. Chacun des comédiens butine sur scène pour bouger un élément du décor, file en coulisses se changer, réapparaît puis disparaît en un tour de réplique, cette fourmilière est partageuse et vivifiante. C’est bien sûr au-delà même de la performance car on est habitués avec toi (depuis Le porteur d’histoire) à une distribution hors pair, un régal de plateau qu’il est difficile d’oublier.
Guillaume Sentou, épine dorsale de l’épopée, joue un Edmond Rostand touchant et investi qu’on peine à laisser dans les loges en quittant le théâtre, les quatre comédiennes déploient un talent urgent et contagieux pour chacun de leurs rôles (Ah inoubliables Marie, Rosemonde, Jeanne ou Sarah), les sept autres comédiens nous mitonnent de ces personnages truculents et drôles (Ah, Léo, Constant, Ange et Marcel, Georges-Maurice-Anton sans omettre Honoré). Je lis de ci de là que le tandem corse peut parfois irriter l’œil ou l’oreille, il suffira d’écouter nos deux loufoques proxénètes polyphoniser pour être guéri, c’est superbe et touchant ! Un tout particulier satisfecit au rôle « casse-gueule » de Jean Coquelin qu’interprète le fidèle Régis Vallée avec une sincérité très sensible !

Pour la troupe du soir, partageuse d’avoir ce trop beau cadeau de jouer pareils rôles, je n’avais sur le trottoir à la sortie qu’un seul petit mot jouasse et hilare, merci, à leur offrir ! Transmets à tout le monde, la joie contagieuse d’avoir été, l’espace de quelques heures partagées, envahi de bonheur au creux pétillant de votre magnifique histoire.
Quel bonheur : « bravo » a cinq lettres aussi !
Je te salue chaleureusement.
Pascal
Théâtre Balivernes, Nantes
12 oct. 2016
8/10
329 0
Une pièce bien écrite où l'on prend plaisir à connaître cette histoire quand même assez rocambolesque ! Michalik sait toujours nous émerveiller tout en apportant un côté ludique à chacune de ses pièces.

Par contre j'ai trouvé le jeu d'acteur très inégal : je n'ai pas du tout été convaincue par les deux corses trop caricaturaux - pour ma part c'en était même gênant de les voir jouer par moment.

J'ai toutefois une préférence nette pour "Le cercle des illusionnistes" de Michalik. J'ai été du coup un peu déçue, mon attente était très haute !
4 oct. 2016
10/10
321 0
Bravo à toute l'équipe pour cette magnifique pièce ! Une énergie débordante, une histoire qui nous transporte du début à la fin sans interruption.

A découvrir absolument en cette saison théâtrale.
9,5/10
306 0
Que c'est bien le théâtre, que c'est bien !

Un moment génial que nous donne cette pièce. On ne s'ennuie pas une minute. J'ai adoré !
1 oct. 2016
9/10
295 0
Autant le dire, je fais désormais partie des spectateurs conquis par Michalik.
Sa pièce est bien sûr bourrée d'imperfections mais c'est du THEATRE ! Du grand théâtre !

On demande aujourd'hui à ce que les metteurs en scène se renouvellent, inventent, cherchent, travaillent, écrivent, prennent des risques, proposent une vraie création personnelle, soient généreux et ambitieux.
Michalik fait tout ça.
A mon avis ils sont nombreux dans sa tête pour avoir autant de talent et d'idées ! :-))

Sa mise en scène est une envolée, un travaille d'horloger, une chorégraphie de patin à glace. Elle ne supporterait la moindre erreur tellement tout est emboîté, réglé au millimètre, à la seconde.
Mais la troupe d'acteurs (une douzaine !) est super professionnelle et répond parfaitement à cette exigence.
Ils sont formidables, talentueux, généreux, drôles avec des gueules et des voix dingues.
C'est une véritable troupe parfaitement heureuse de travailler ensemble et de se retrouver tous les soirs.
Comment font-ils pour donner autant chaque soir ? Pour être aussi synchro ? Pour ne jamais s'arrêter pendant 2 heures ?

Une pièce à faire voir à tous de 7 à 77 ans, chacun y trouvera son compte et son bonheur.
On en ressort des étoiles plein les yeux et la tête.
Merci merci, ça c'est du théâtre.
30 sept. 2016
9/10
275 0
Il en fallait, du panache, pour écrire une pièce en alexandrins à la fin du 19ème quand Courteline, Feydeau, Sardou triomphaient avec leurs vaudevilles.

Quand Ibsen faisait scandale avec sa Nora et Tchekov écrivait La mouette. Il en fallait du panache, donc, et surtout un gramme d’inconscience, un soupçon de folie, quelques mesures de déraison et des kilos de génie. Fort de ce principe, Alexis Michalik, après Le porteur d’histoires et le Cercle des illusionnistes, nous transporte à la fin du XIXème siècle, dans le Paris des comédiens et des dramaturges. Edmond Rostand, jeune auteur bourré de talent mais peu inspiré après le succès mitigé de La princesse lointaine, accepte d’écrire pour Constant Coquelin, star de l’époque. Or, de cette pièce, il n’a, à ce jour, que le titre et pas la moindre trame.

Et nous voilà plongés au cœur de la création d’un chef d’œuvre. Bien sûr, Alexis Michalik s’inspire, brode, invente un peu. Mais en mêlant vérité historique et fiction, en ajoutant des personnages soit loufoques (les frères corses) soit décalés (comme cet Anton Tchekov croisé là où on ne l’attendra certainement pas), en réécrivant l’histoire dans l’Histoire, Michalik raconte encore ici une autre formidable histoire, celle de la création, du doute, des peurs et de l’inspiration. La mise en abyme est réussie et l’on se délecte à suivre ces multiples péripéties souvent hilarantes qui font la genèse de Cyrano selon Michalik et où l’on croise avec délectation Feydeau, Courteline, Sarah Bernhardt, Maurice Ravel ou encore Mélies.

Le tout va vite, très vite, les scènes s’enchaînent et les décors s’échangent à vue avec une rapidité étonnante. C’est énergique, virevoltant, détonnant. Comme d’habitude, Michalik s’entoure d’une joyeuse troupe parfaitement investie et bourrée d’énergie : Guillaume Santou est un Rostand à la fois drôle et touchant, parfaitement crédible et ressemblant. Pierre Forest est un Coquelin truculent, Christine Bonnard, qui avait été une délicieuse Laure Gevaudan dans les Fiancés de Lôche, confirme son talent en Maria Legaut, star irascible et capricieuse, Régis Vallée est hilarant de niaiserie ou encore Jean-Michel Martial, Kevin Garnichat, Stéphanie Caillol, Valérie Vogt… Réunir des comédiens de talent ne suffit parfois pas, il faut aussi que se crée entre eux une espèce d’alchimie pour que la sauce prenne : c’est ici le cas et tous jouent avec un plaisir évident, une vraie générosité et une énergie décuplée. Un vrai travail de troupe, efficace et joyeux.

« Il ne suffit pas pour avoir du panache d’être un héros. C’est quelque chose de voltigeant, d’excessif…l’esprit de bravoure » a dit Rostand dans son discours à l’Académie Française . C’est ainsi que Michalik nous raconte cette histoire : avec bravoure, ivresse et beaucoup de panache.
10/10
293 0
Un spectacle profondément émouvant, enveloppant et réjouissant. Nous embarquons pour une croisière de rêve où nous découvrons une épopée enlevée, embellie et féérique, figurant l’aventure que représenta pour Edmond Rostand la création de Cyrano de Bergerac en 1897. La beauté et l’élégance de cette pièce touchent au sublime. Nous sortons éblouis par ce chant d’amour pour le théâtre, empli d'une dévotion sincère et intense.

Alexis Michalik nous invite, avec sa troisième création, dans l’univers du Théâtre, les méandres de la création, les affres et les aléas de l’inspiration. Il reprend avec malice les conventions et les symboliques des métiers de la scène, faisant revivre les us et coutumes de cet art inscrit dans le marbre de la tradition. Sa mise en scène méticuleuse semble rechercher autant la précision du réel que l’ouverture vers l’imaginaire. Avec l'aisance machiavélique d'un grand magicien du théâtre, il nous cueille dès le début par un montage habile et insidieux pour nous impliquer constamment dans le déroulement de l’histoire.

Les changements à vue des décors et des accessoires, réalisés par les personnages eux-mêmes nous maintiennent en permanence attentifs à ce qui se passe. Nous sommes dans les coulisses, derrière le plateau puis devant comme les spectateurs dans la pièce qui applaudissent, ce que nous faisons d'ailleurs, dans la scène des saluts et des rappels. Incroyable mystification de la réalité, étourdissante beauté de l’envoûtement.

La distribution est composée de douze comédiens. Tous très justes, sincères et crédibles. Ils tiennent souvent plusieurs rôles, nous montrant de multiples personnages. Ils entretiennent cette atmosphère onirique proche du conte où nous ne distinguons pas toujours qui parle ou vient, nous invitant à nous laisser porter au fil de l’autre.

Cette troublante création nous transporte dans le merveilleux, fait de narrations et de jeux qui s’entremêlent. Nous cheminons sans nous en rendre compte dans l’histoire, dans le réalisme des situations, tout imprégnés de la poésie qu’elles nous montrent. L’humour et l’émotion se conjuguent avec intensité, parsemant tout le long, de la surprise et du plaisir.

Rendant un hommage majestueux au Cyrano de Rostand et construit avec une astucieuse intelligence des situations et des jeux du théâtre dans le théâtre, ce spectacle drôle mais surtout émouvant nous offre un mémorable moment de bonheur.
30 sept. 2016
9/10
281 0
Autant le dire tout de suite, à mon humble avis, Alexis Michalik est sans conteste la référence en matière de théâtre en ce moment et il le prouve une nouvelle fois avec ce petit bijou. Petit, ou devrais-je dire grand vu les moyens importants dont il a bénéficié pour cette production.

Bien évidemment, il n’en a pas profité pour se payer les services d’une tête d’affiche mais une véritable troupe d’acteurs tout à fait cohérente : Jean-Michel Martial et sa voix de velours, Régis Vallée en parfait idiot, Christian Mulot et Pierre Benezit en mafieux corses d’une drôlerie tellement efficace, un Pierre Forest qui a l’étoffe d’un Coquelin… Je ne pourrais pas tous les citer mais ils ont tous sans exception une présence forte sans avoir un égo les poussant à écraser les autres, y compris Guillaume Sentou, la « vedette » du spectacle, qui m’a fait oublier son passé d’humoriste moyen.

Mais cette bande ne serait pas aussi éclatent sans le texte de Michalik qui nous a délivré une histoire passionnante dont il a le secret. S’affranchissant de la réalité, on est pris dans le jeu de cette construction de Cyrano faite de hasard et de poésie (mot compte double quand on parle de cet auteur). Le tout est donc ponctué de répliques de l’œuvre Rostand, ce qui constitue un excellent moyen pour des jeunes et/ou profanes de se familiariser et d’apprécier les vers d’un autre siècle. Ce texte accessible pousse d’ailleurs un peu plus son spectacle vers la comédie, sans tomber dans les travers du boulevard (même les blagues plus simples arrivent là où on ne les attend pas et donc font mouche).

Enfin et surtout, comment ne pas parler de ce sens de la mise en scène qui fait sa signature. Reprenant les codes du cinéma, avec ces musiques d’ambiances et cette multiplicité de décors, l’auteur impose un rythme effréné qui évite l’ennui sans pour autant nous perdre dans un capharnaüm indigeste. Inutile alors de se perdre dans de somptueux décors, qui de toute façon auraient contrasté avec un univers volontairement bricolé (Rostand doit construire une pièce en 3 semaines avec moult péripéties). Là encore, on ne peut que saluer la performance des acteurs appliquant avec précision une chorégraphie parfaitement huilée qui ajoute de la magie à un spectacle qu’il faut donc, vous l’avez compris, absolument aller voir !
28 sept. 2016
9/10
317 0
J'avais beaucoup d'attentes pour cette pièce avec tout le bien qu'on m'en disait et je n'ai pas été déçue.
Le théâtre du Palais Royal nous surprend chaque saison avec une programmation au top.

Alexis Michalik a écrit une très belle pièce sur Edmond de Rostand et son fameux Cyrano. On se demande où est le vrai du faux, jusqu'où la réalité laisse place à la fiction... Mais c'est ce qui fait le théâtre !

Sentou joue bien le rôle d'Edmond, ses doutes, ses peurs et ses succès. Il nous montre un homme fragile et discret, nous fait percevoir la complexité de l'homme.
La mise en scène quoique beaucoup vue récemment reste efficace.
27 sept. 2016
10/10
309 0
Alexis Michalik revient sur le devant de la scène avec sa nouvelle création "Edmond" relatant l'histoire de la célèbre pièce "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand, sous la forme d'un spectacle de troupe, encore rare de nos jours, avec douze comédiens sur scène.

Après avoir découvert et adoré "Le Cercle des Illusionnistes", c'est donc sans hésitation que je me suis rendue au Théâtre du Palais Royal pour découvrir la nouvelle création d'Alexis Michalik que je pourrais qualifier de génie par sa capacité à nous émerveiller au théâtre. Le texte y est finement écrit et brillamment interprété, mêlant faits historiques et fiction, action et suspense, le tout accompagné de quelques traits d'humour. On y retrouve également la dose d'émotion nécessaire qui rend la pièce et ses personnages aussi captivants et touchants. J'y ai grandement apprécié la manière dont est mise en scène l'histoire et le fait notamment de prendre plusieurs angles de vue et d'approche, avec la capacité de l'auteur de nous plonger en plein cœur de la pièce. Voici ici une mise en scène à la fois fluide, dynamique et moderne, nous donnant l'impression parfois d'être au théâtre comme dans un film en live. Une sensation que j'apprécie beaucoup au théâtre.

Je ne vous en dévoilerais pas plus ici car une pièce d'Alexis Michalik, ça ne se raconte pas mais ça se vit. Car c'est bel et bien un génie de l'écriture et de la mise en scène qui rend un fait historique et culturel passionnant dans ses pièces où il nous captive du début à la fin. Et pour la première représentation de "Edmond", à laquelle j'ai eu la chance d'assister, c'est une magnifique standing ovation et des applaudissements à rallonge qui ont salué le talent de l'auteur, des douze comédiens sur scène, et de toute l'équipe qui a travaillé sur ce chef d'oeuvre théâtral.

Parce que, oui, il s'agit là d'un petit bijou, à voir et à revoir sans modération !
26 sept. 2016
10/10
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On se délecte de la justesse de la pièce du début de la représentation jusqu'à la fin !

Cela faisait bien longtemps que nous n'avions pas vu une pièce contemporaine de cette qualité. Edmond reprend les textes de Cyrano, l'histoire de son écriture magnifiés par un jeu d'acteurs excellent.

Courez-y !
25 sept. 2016
9/10
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Mon nom est Edmond, Edmond Rostand !

Nous connaissons tous son chef d'œuvre, Cyrano de Bergerac ou au moins sa fameuse tirade du nez, c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! ». Mais qui connaît l'homme, l'écrivain et poète? Alexis Michalik nous propose dans sa dernière pièce, de combler ce manque et de vivre ce mois de décembre 1897 qui a vu la création et le triomphe de Cyrano.

Cela donne une pièce instructive, passionnante et drôle où se mêlent et s'entremêlent la vie de l'écrivain et de son héros. La mise en scène est bien pensée, empruntant la technique des fondus enchaînés du cinéma pour passer d'un lieu à un autre. Et cela va vite, pas de temps mort. Chapeau aux 12 comédiens qui ne cessent de bouger les meubles, de changer de costumes et de personnage donnant l'impression d'une super production hollywoodienne. On ne s'ennuie pas un seul instant.

Du grand théâtre qui donne envie de revoir Cyrano et d'en savoir plus son auteur. Quel panache !
25 sept. 2016
10/10
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Cyrano, l’un des plus beaux rôles du répertoire, convoité par tous les comédiens, Constant Coquelin en a été le créateur, et c’est l’histoire d’une rencontre, d’une amitié solide que nous conte Alexis Michalik.

1895, la grandissime Sarah joue une pièce « La princesse lointaine » d’un jeune poète, Edmond Rostand. Le jeune Edmond est marié avec son grand amour Rosemonde Gérard, et ils ont deux garçons, qui deviendront illustres à leur tour mais ça ils ne le savent pas encore !
Pour l’instant, les dettes s’accumulent, Edmond ne croit plus en lui, mais il peut compter sur Rosemonde, qui a laissé de côté sa carrière de poétesse, plus tard peut être reprendra-t-elle son envol.
On ne peut rien refuser à Coquelin, et Rostand ne peut lui résister longtemps, il lui propose une pièce en vers, mais se garde bien de lui dire, qu’elle est encore dans sa tête et pas vraiment sur papier !
Edmond retrouve avec plaisir ses amis et surtout un comédien, beau garçon, frimeur, qui aime conter fleurette à la jolie costumière du théâtre, où se joue la dernière comédie de Feydeau « le dindon ». Courteline et Feydeau sont en haut de l’affiche, et se moquent gentiment de Rostand.
Rostand va peu à peu, au fil des rencontres au bistrot ou dans les coulisses, se forger l’idée de sa pièce, de ses répliques, bien sûr, il faudra compter aussi avec les producteurs corses (clin d’œil pour l’Aiglon…), des caprices de la comédienne principale, de la jalousie de Rosemonde, et puis honneur au Pays Basque, cher à Rostand, il y a le jeune Maurice, qui dirige la musique du spectacle avec un boléro qui fera parler de lui !

Alexis Michalik a eu une belle idée de sujet, la naissance et la première d’un chef d’œuvre. Tout y est, même le côté vaudeville d’un Feydeau, les portes qui claquent, les quiproquos. Les comédiens sont excellents, tous apportent leur touche personnelle et leur talent. On rit beaucoup, on admire les costumes superbes, les décors et accessoires, volent et dansent au rythme des scènes.

Un spectacle à ne pas manquer pour tout le bonheur qu’il apporte.
24 sept. 2016
9/10
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Un grand grand BRAVO... Alexis Michalik a une façon extraordinaire de travailler les textes et de nous emmener dans son monde.

Une pièce très rythmée qui ne passe pas à coté des trois grands moments de la pièce de Rostand (tyrade du nez, le balcon et la mort de Cyrano) sans faire un remake de Cyrano.

Plus intéressant que Cyrano, ce sont les dessous de Cyrano ;-)
21 sept. 2016
10/10
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Beaucoup d'attentes dans cette pièce, grâce à un Alexis Michalik qui n'a su que nous surprendre depuis le Porteur d'Histoire et le Cercle des illusionnistes.

Je serai brève : je n'ai rien à dire. J'ai été profondément émue par cette mise en scène et conquise par l'histoire d'Edmond Rostand racontée avec romance et poésie. C'est drôle, rythmé, les comédiens sont tous exceptionnels ( et surtout Sentou !).

Et moi qui avais un pâle souvenir du lycée de Cyrano, je vais même le relire et prendre certainement beaucoup plus de plaisir à le lire maintenant que sur les bancs de l'école.

Merci Alexis Michalik ! MERCI !
18 sept. 2016
9/10
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On l’attendait, le voici : le retour de Magik Michalik est enfin arrivé ! Il nous présente sa nouvelle création, Edmond, au théâtre du Palais-Royal… pour notre plus grand bonheur. Si vous êtes comme moi il y a quelques temps, avant que je ne voie Le Porteur d’Histoire, vous devez vous dire qu’un si jeune auteur un peu sorti de nulle part ne peut rien avoir d’exceptionnel. Détrompez-vous : au même titre que l’auteur à qui il rend hommage, il se peut qu’on parle encore d’Alexis Michalik dans 200 ans.

Dans sa nouvelle création, on découvre Edmond, un poète qui enchaîne les fours dans un XIXe siècle où Georges Feydeau et Georges Courteline sont les plus considérés. Malgré son partenariat avec Sarah Bernhardt, il ne croit plus en son succès jusqu’à ce que Constant Coquelin, le grand acteur du moment, lui commande une pièce. S’ensuit alors de nombreuses péripéties pour l’écriture de son chef-d’oeuvre : Cyrano de Bergerac. Bien que les conséquences qui accompagnent la composition de la pièce sont invraisemblables, on suit docilement l’histoire, emportés par une écriture et un jeu d’acteur tout simplement parfaits.

C’était un pari risqué : en portant sa nouvelle pièce sur l’écriture d’une perfection telle que Cyrano, Alexis Michalik se place à côté du génie, et il suffirait de peu de chose pour qu’il paraisse ridicule. Il n’en est rien. Il se tient à côté d’Edmond Rostand la tête haute – certes pas dans le même registre, mais dans un style tout à fait honorable et qui lui est propre ; Alexis Michalik ne se contente pas de rendre un très bel hommage à la plus grande pièce du répertoire français, il déclame ici son amour pour le théâtre. Et le public est conquis : pour preuve, lors de la représentation factice de la première de Cyrano, alors que les acteurs doivent simuler une salle en délire, les vrais spectateurs que nous sommes nous prenons au jeu et applaudissons à tout rompre une double satisfaction : le plaisir d’entendre à nouveau Cyrano, et celui de découvrir une pièce aussi bien menée.

Comme dans ses précédentes créations, le spectacle grouille de références – et je ne sais si ce boléro de Ravel qui accompagne la pièce en est une à la merveilleuse mise en scène de Podalydès, mais il fait résonner en moi de nombreux souvenirs qui me réjouissent. On reconnaît la patte d’Alexis Michalik : les scènes s’enchaînent de même que les changements de décor. Les acteurs changent de composition comme de costume, avec une facilité telle que rien ne nuit à la compréhension. C’est un véritable travail de troupe qui nous est présenté, et pour les évoquer tous, je ne dirai que Bravo ! Je ne peux que tirer mon chapeau à ces excellents comédiens qui se donnent corps et âme pendant 2 heures : pas un n’est en retrait, toutes les compositions sont menées de main de maître par un Alexis Michalik qui sait où il veut aller.

Même s’il n’écrit pas dans l’espoir du succès, je peux vous garantir que cette pièce en est !
17 sept. 2016
10/10
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C'est plus qu'une tradition, c'est une évidence, les jeunes comédiens, aussi talentueux soient ils ont toujours envie de passer par les armes c'est à dire défendre Cyrano de Bergerac. C'est souvent une question de panache, d'héroïsme et de passion.
Mais a-t-on déjà rencontré des gens qui voulaient nous raconter la légende de Cyrano ? La légende qui court autour de la création d'un des plus grands succès du théâtre français ? Mais personne ne s'était risqué à. ..
Personne ? Ah non c'est un peu court jeune homme...
On pouvait Oh Dieu Michalik en somme.
Eh oui il en fallait un, le redoutable Alexis Michalik. Lui qui avait réussi un magnifique doublé par ses créations LE PORTEUR D'HISTOIRE et LE CERCLE DES ILLUSIONNISTES nous bluffe une fois de plus par sa nouvelle création EDMOND qui vient de démarrer au théâtre. EDMOND ou la légende de Cyrano de Bergerac.
Edmond Rostand, protégé de Sarah Bernhardt vient d'essuyer un échec théâtral et pourtant il se voit confier la délicate mission d'écrire un spectacle pour Constant Coquelin. Et le voilà parti dans cette folle aventure. Les Hauts les bas, les joies, les peines. Tout se passe et tout se dépasse.

Alexis Michalik a voulu nous conter à travers un exemple précis, l'envers du décor d'une pièce avec tout ce que cela comporte.
C'est une réussite totale. Dès le début, l'univers de Rostand Michalik nous ouvre ses portes et nous voilà entraînés dans une magnifique histoire, pleine de rire, de poésie et surtout d'amour.
La mise en scène est d'une grande fluidité, chacun bouge bien et s'en donne à coeur joie pour nous divertir.
Les décors confiés à Juliette Azzopardi sont absolument éblouissants. Lumières de la ville, belle époque, french Cancan. Tout y est sans y être inutile.
Les amis du théâtre parmi lesquels le grand Feydeau, la reine Sarah Bernhardt et la comédie-Française sont de passage et apportent du piment à l'histoire.

De magnifiques interprètes parmi lesquels Guillaume Sentou qui tient le rôle titre avec brio, mêlant innocence et opiniâtreté.
Pierre Forest tient avec Maestria le rôle de Coquelin, son interprétation est stupéfiante par sa sobriété mêlée au talent. Il est absolument renversant car il peut mêler rire et émotion, direction et jeu.
Son fils Jean, joué par Régis Vallée qui se révèle épatant de cocasserie par sa candeur. Mention à Stéphanie Caillol qui joue la costumière et qui est surtout l'un des éléments phares de l'histoire.
Une distribution très précise et très complice sur ce spectacle qui nous font passer deux heures de rire et de rêve.
Alexis Michalik nous sert avec sa troisième création un magnifique brelan. Tout ceci sans bluffer. Toujours plus riche, toujours plus fou, toujours plus drôle et surtout toujours plus rêveur. On est conquis, c'est gagné.

A son prochain coup, je suis certain qu'il nous sortira le carré d'as.
Amateurs de théâtre et de rêve
Courez voir Edmond avec Panache car ce spectacle lui n'en manque pas.
16 sept. 2016
9,5/10
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Un merveilleux hommage à une pièce tout aussi merveilleuse.

Un univers métathéâtral bien assumé, aux changements de décors et d'ambiance parfois nombreux et rapides au début, mais qui nous embarquent rapidement dans l'univers un peu compliqué d'Edmond. Le rythme est bon et nous fait passer des coulisses à la scène de la Porte Saint-Martin, aux intérieurs d'appartements et d'établissements louches, toujours avec peu de décors (plus que pour le Porteur néanmoins !) et beaucoup d'énergie.

Un délicieux mélange des vers et de la poésie de Rostand avec des scènes de vaudeville et de boulevard bien dosées, toujours drôles et jamais lourdes. Qu'il est bon d'imaginer qu'Edmond a pu s'inspirer de tous ces personnages loufoques qui l'entourent au quotidien ! Le conteur d'histoires a encore frappé ! Et les personnages se succèdent encore une fois avec naturel derrière les mêmes acteurs.

Des acteurs d'ailleurs encore une fois géniaux, avec toujours un petit plus pour Régis Vallée et ses nombreux petits rôles, mais aussi l’interprète de Georges Feydeau et de Lucien !

Comme toujours dans les pièces de Michalik : c'est drôle, c'est tendre, c'est poétique et c'est toujours aussi beau !
16 sept. 2016
8,5/10
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Inutile de dire que l'attente était forte, après ces succès en série pour Alexis Michalik et sa bande. Et le pari est réussi, avec à la clé une nouvelle démonstration de force et une soirée de théâtre exceptionnelle ! Une véritable ode à ce qui constitue un des plus beaux chefs d'oeuvre du théâtre français, un cri d'amour à la création théâtrale.

Avec une audace de la part de Michalik, celle d'avoir osé emprunter à un autre univers, celui de la comédie, comme en témoigne un texte davantage porté sur l'humour que ses précédents, ainsi que le choix d'un acteur issu de cet univers, Guillaume Sentou, pour occuper le rôle titre. Une audace qui paie, et qui prouve une fois encore qu'il est possible d'allier exigence et accessibilité quand le talent est là.

Michalik ne s'est pour autant pas départi de son goût pour les personnages et les décors alternant à vue, ainsi que des incursions de registres différents (une scène de danse, des moments d'émotion purs) au sein de son texte. Des clins d'oeil qui ravissent les fidèles et qui placent Edmond dans la lignée de ses pièces précédentes.

Et c'est presque le Michalik metteur en scène que le Michalik auteur qu'on a le plus envie d'applaudir à la fin - en standing ovation, pendant de longues minutes -, pour avoir réussi à diriger avec talent et minutie une troupe de 12 acteurs et de dizaines de personnages. Comme toujours dans ses pièces, les déplacements, changements de costumes et de décor sont millimétrés, avec un résultat fabuleux.

Car le texte est sans faille, entraînant le spectateur dans des coulisses insoupçonnées, mais on n'en attendait pas moins d'un texte qui s'appuie sur une des plus belles pièces du répertoire français, dont de larges extraits sont représentés sur scène, dont le final majestueux qui emporte inévitablement le spectateur.

Un seul regret pourrait poindre, à savoir que la magie et le charme de la simplicité des deux premières pièces de Michalik ont laissé un peu de leur place à la splendeur et la grandeur des décors et des costumes. Mais c'était le prix à payer pour réussir ce pari fou, et c'est le signe éclatant que Michalik est bel et bien entré dans la cour des grands.