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La machine de Turing

La machine de Turing
De Benoît Soles
Mis en scène par Tristan Petitgirard
Avec Benoît Soles
  • Benoît Soles
  • Amaury de Crayencour
  • Théâtre Michel
  • 38, rue des Mathurins
  • 75008 Paris
  • Havre-Caumartin (l.3, l.7, l.8, l.9, RER A et E)
Itinéraire
Billets de 23,00 à 40,00
À l'affiche du :
4 octobre 2018 au 31 mars 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 21:00
Réservation de tickets

En Angleterre, dans les années 30 vit Alan Turing, mathématicien de génie.

C’est l’histoire d’un homme qui court.

Son coeur bat à plein régime dans sa poitrine. Et dans son cerveau irrigué par l’afflux sanguin, des équations à de multiples inconnues se résolvent.

Après quoi court-il, après quel savoir, après quel mystère ? C’est l’histoire vraie d’un homme qui avec sa machine allait peut-être changer le monde… 

 

Benoît Soles joue dans La Machine de Turing. Récemment, vous l'avez peut être vu dans Rupture à Domicile, également mise en scène par Tristan Petitgirard ou dans Les Amoureux de Goldoni.

La direction du Théâtre Michel a changé. C'est maintenant Sébastien Azzopardi et Francis Nani, déjà directeurs du Théâtre du Palais Royal qui l'ont reprise. La Machine de Turing est la première pièce qu'ils programment.

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La critique de la rédaction : 7.5/10. Fascinante l’histoire de ce mathématicien britannique !

Nous suivons les succès et les déboires d’un savant fou, souvent incompris, Alan Turing. Ce héros est très bien interprété par Benoît Solès. Nous avions lu des récits de la vie de Turing mais ne l’imaginions pas aussi attachant qu’il est interprété dans cette pièce.

Amaury de Crayencour joue lui tous les rôles secondaires. Habituellement nous trouvons que lorsqu’il y a seulement deux acteurs sur scène les histoires ont tendance à se perdre dans d’interminables dialogues. Ici ce n’est pas du tout le cas. Les lieux varient, les scènes sont plutôt courtes et tout tourne autour de l’intrigant génie.

Plusieurs sujets sont intelligemment traités en mélangeant histoire et réflexion comme la seconde guerre mondiale, l’homosexualité, la naissance de la machine « pensante »...

La vidéo et la musique sont bien utilisées pour donner de l’épaisseur à l’action.

Nous avons passé un bon moment !

Note rapide
8,8/10
12 pour 12 notes et 10 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
17%
9 critiques
Note de 8 à 10
83%
Toutes les critiques
29 nov. 2018
9,5/10
4 0
Une pièce admirable aux nombreux tiroirs : la relation cerveau humain-machine-intelligence artificielle, la quête de soi, la sexualité (à cet égard, ramener la pièce à la seule homosexualité est réducteur et nul).
Mise en scène intelligente ; les allers retours entre les périodes passent bien.
Décors sobres et efficaces.
Quant aux deux acteurs, un immense bravo tant ils vivent avec une intensité remarquables leurs rôles.
Les "Molière" planent et rodent au dessus du théâtre Michel...

A voir absolument... mais dépêchez vous, le théâtre est vite plein...!
23 nov. 2018
10/10
11 0
Je n’avais pas mémorisé le nom d'Alan Turing mais je savais que Steve Jobs avait donné le nom d’Apple à sa marque en hommage à un grand mathématicien qui s’était suicidé en croquant dans une pomme imbibée de cyanure.

Voilà pourquoi le logo a cette forme si originale aux yeux de certains qui n’y voient que le symbole de la connaissance, ou de la suprématie new-yorkaise.

Dès l’entrée en scène de Benoît Solès, ce fruit à la main, j’ai compris que c’était sa vie qui avait inspiré la pièce alors que l’affiche ne m’avait rien suggéré de tel. Je dois dire que n’étant pas masochiste de nature je n’avais pas cherché à savoir grand chose sur ce spectacle pour lequel il était quasi impossible d’obtenir une place cet été en Avignon.

Le bouche à oreille ne relayait qu’une double affirmation : c’est génial, mais c’est complet. On ajoutait pour nous consoler ("nous" les passionnés de théâtre, amateurs éclairés, chroniqueurs et même programmateurs) que ce serait moins difficile d’avoir une place à la reprise déjà annoncée au Théâtre Michel à l’automne.

Je suis donc venue ce soir en m’attendant juste à voir quelque chose d’extraordinaire ... et ça l’est. Je ne vois pas dans quelle catégorie La machine de Turing ne sera pas citée aux prochains Molières.

Benoît Solès, qui est un de nos grands comédiens, a été touché par l’histoire qu’il a transposée pour le théâtre. Il est donc le premier à applaudir pour son écriture et pour son interprétation très nuancée d'Alan Turing.
Face à lui, son partenaire, Amaury de Crayencour joue tous les autres rôles, très différents, comme un inspecteur de police ou un loubard, ce qui et également une performance. L’usage de la vidéo permet aux scènes de s’enchainer en apportant un certain relief.

Et sans doute que le travail du metteur en scène, Tristan Petitgirard, compte dans le résultat final.

La pièce retrace l’essentiel de la vie d’Alan Turing, un mathématicien anglais que l'on peut considérer comme l’inventeur d’une machine pensante qui se révèlera être le premier ordinateur. Il a réussi à briser le code secret de la machine allemande Enigma qui transmettait pendant la Seconde guerre mondiale les communications du commandant allemand, ce qui a sauvé des milliers de vies et accéléra la fin du conflit. Il aurait du recevoir tous les honneurs pour ce succès (il les aura à titre posthume) mais son homosexualité -considérée alors comme un délit- lui vaudra d’être condamné à subir une castration chimique.

D’autres facteurs ont pesé sur son destin. La surdouance n’est jamais facile à vivre et contribue à l’isolement. C’est la première différence qui enclenche le processus d’isolement. Travailler dans les services secrets n’a pas non plus facilité les choses, et la jalousie et l’intolérance ont achevé de précipiter cet homme dans un avenir qu’il voyait sans issue, finira par "préférer" se donner la mort. Il avait à peine plus de quarante ans.

Il faut penser à l’intolérance des années d’après-guerre pour comprendre que cet homme, surdoué, hypersensible, qui avait du mal à communiquer avec les autres, puisse avoir été poussé à croquer une pomme imbibée de cyanure pour en finir avec son enfer.

Benoît Solès est plus que touchant dans l’interprétation qu’il fait de ce génie, bègue et timide, à l’humour de clown blanc et capable de dérision. Il nous montre un homme dont l’humilité le pousse à brider sa supra intelligence pour tenter de nouer des rapports affectifs ... pourris par l’argent.

Les parents pourront parler de ce génie en montrant à leurs enfants la double page qui lui est consacrée dans Enfances, de Marie Desplechin et Claude Ponti. On pourra aussi avoir envie de voir ou revoir le film A beautiful mind, consacré au parcours d'un autre mathématicien d'exception, John Forbes Nash Jr., qui élabora une théorie économique des jeux.
18 nov. 2018
9/10
10 0
L'homme de l'ombre.

Avec une belle sensibilité, Benoît Solès nous emmène à la rencontre de cet être hors du commun qu'était Alan Turing.
Il y a une vraie empathie dans l'interprétation superbe et touchante qu'il fait de ce héros, oublié de l'histoire.

Aidé de son compère, Amaury de Crayencour, qui joue tous les autres rôles, et d'une mise en scène brillante, il nous fait revivre le destin tragique de celui qui aurait tant voulu vivre une vie normale.

Le génie est il une malédiction ?

Bouleversant !
8 nov. 2018
9,5/10
11 0
Superbe "biopic" sur la vie d'Alan TURING, saisissante !

En bref, Alan Turing raconte sa vie, par flashback, en soulignant toutes les différences qu'il a ressenti entre lui et les gens qui l'entourent. Depuis tout petit il raconte qu'il se sent spécial, que ses seuls amis sont les chiffres, et un certain Christofer dont il ne s'est jamais remis de la mort, le rôle qu'il a joué dans la seconde guerre mondiale en dirigeant la crypto-analyse pour déchiffrer les codes allemands, et la naissance de l'intelligence artificielle ensuite, avec les machines qui pensent.

Ce qui m'a vraiment ému dans cette pièce, c'est tout le sujet des différences entre les personnes. Alan Turing est un homme différent des autres, car c'est un génie qui ne comprend que les chiffres. De surcroit, il est homosexuel, ce qui à l'époque était un crime, une perversité de l'esprit. Il se heurte en permanence à des gens qui ne le comprennent pas, et le qualifie de fou, le jugent en permanence. Il dit à plusieurs reprises à l'enquêteur : "Et si la machine Turing est programmée différemment ?" "Les gens ont tendance à qualifier de fou ceux qu'ils ne comprennent pas". L'acteur qui joue Alan nous transmet toute la sensibilité du personnage.

On voit bien dans la pièce également les faiblesses et les limites de Alan Turing : il ne parle qu'en chiffres mathématiques, et en machine, or derrière ses lignes de code, il y a des hommes qui font la guerre, et des pertes humaines. On se rend compte à quel point cet homme est "inhumain". Sans connaître la vie d'Alan Turing, cet homme nous parait dans sa bulle, totalement décalé des hommes, mais touchant (notamment concernant sa passion pour Blanche Neige et les 7 nains) et avec beaucoup d'humour.

Enfin, en terme de machine, Alan Turing est un visionnaire sur l'intelligence artificielle : sa machine permet de calculer plus vite que les hommes et de répéter une solution à l'infini. Elle est capable de trouver des solutions elle-même. Alan Turing est persuadée que les machines peuvent penser, différemment de l'être humain, mais qu'un jour les machines penseront, et que les hommes seront ami avec des machines. Il est à l'origine du code informatique et du "learning machine". Alan Turing a influencé Steeve Jobs dans la création de la marque Apple, et probablement Alan dans les assurances.

Courez-y!
Alors ?
C'est l'histoire d'un génie qui court. C'est une histoire de rigueur et de créativité, de silence et de solitude. Beaucoup de solitude. Dans sa tête, l'homme résout des problèmes mathématiques. Les chiffres le rassurent, le réconfortent bien plus que des poupées ou des ours en peluche.

Peut-être que quelque chose ne tourne pas rond chez lui, mais il est attachant. Il est plus à l'aise avec une machine, celle qui pense, plutôt qu'avec les êtres humains. Il met plus de temps à parler qu'à calculer. Malheureusement pour lui, "la vie n'est pas une équation". Il s'appelle Alan Turing. Soldat britannique de l'ombre, il a su décrypter la machine Enigma utilisée par les armées allemandes durant la Seconde guerre mondiale. Il a révolutionné les mathématiques et l'informatique.

Benoît Solès, qui a écrit et joue le rôle de cet homme "baroque", met en lumière ce destin pas commun. La pièce résout toutes les inconnues : son rôle durant la guerre, son homosexualité, son handicap et ses souffrances.

Historique, ludique et sentimental, il n'y a là aucun mystère pour passer une bonne soirée !
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor