La machine de Turing

La machine de Turing
De Benoît Soles
Mis en scène par Tristan Petitgirard
Avec Benoît Soles
  • Benoît Soles
  • Amaury de Crayencour
  • Théâtre Michel
  • 38, rue des Mathurins
  • 75008 Paris
  • Havre-Caumartin (l.3, l.7, l.8, l.9, RER A et E)
Itinéraire
Billets de 23,00 à 40,00
À l'affiche du :
4 octobre 2018 au 30 novembre 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 21:00
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En Angleterre, dans les années 30 vit Alan Turing, mathématicien de génie.

C’est l’histoire d’un homme qui court.

Son coeur bat à plein régime dans sa poitrine. Et dans son cerveau irrigué par l’afflux sanguin, des équations à de multiples inconnues se résolvent.

Après quoi court-il, après quel savoir, après quel mystère ? C’est l’histoire vraie d’un homme qui avec sa machine allait peut-être changer le monde… 

 

Benoît Soles joue dans La Machine de Turing. Récemment, vous l'avez peut être vu dans Rupture à Domicile, également mise en scène par Tristan Petitgirard ou dans Les Amoureux de Goldoni.

La direction du Théâtre Michel a changé. C'est maintenant Sébastien Azzopardi et Francis Nani, déjà directeurs du Théâtre du Palais Royal qui l'ont reprise. La Machine de Turing est la première pièce qu'ils programment.

Note rapide
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4 critiques
Note de 8 à 10
83%
Toutes les critiques
17 oct. 2018
9,5/10
8 0
Une pomme. Rouge sang.
Aucun spectateur ne peut imaginer en découvrant en contre-jour le personnage d'Alan Turing saisissant dans sa main ce fruit, aucun spectateur ne peut se douter de l'importance que va prendre cette pomme dans cette histoire en particulier, et dans l'histoire de l'humanité en général.

Une histoire de pomme, une histoire de secrets. Au pluriel.
Oui, Alan Turing, mathématicien de génie, a dû vivre avec deux secrets d'importance.

Le premier, c'est sa réussite à casser en 1942 le code Enigma des nazis, grâce à l'élaboration du premier super-calculateur « Christopher », l'ancêtre analogique de nos ordinateurs.
Lui le bienfaiteur de l'humanité qui a sauvé des centaines de milliers d'hommes des obus allemands et qui a abrégé de deux années la dernière guerre mondiale, lui devra taire sa réussite et son génie pour cause de guerre froide.

Le deuxième secret, c'est celui relatif à son homosexualité, qu'il ne pourra révéler et assumer au grand jour, dans la puritaine Angleterre des années 50.

Benoît Solès a écrit cette bouleversante pièce à partir de cette pomme.
Une petite notule sur Wikipedia, rappelant l'origine du logo Apple, la MacIntosh croquée, lui a fait découvrir la vie étonnante d'Alan Turing.

L'auteur est allé jusqu'à suivre les traces de son personnage principal en Angleterre pour en comprendre mieux le parcours.

Ce qui saute aux yeux, c'est que tout au long de la pièce, sera présent le thème de l'enfance.
L'enfance plus ou moins difficile du mathématicien de génie, l'enfance différente de celles des copains, l'amour d'enfance et d'adolescence qui décède à 21 ans, et puis surtout la façon « enfantine » dont Benoît Solès interprète le mathématicien de génie.

Il nous propose un personnage présentant des traits autistiques, certes, bègue aussi, mais un personnage qui nous fait penser indéniablement et en permanence à un enfant.
Un môme espiègle, drôle, aux yeux pleins de candeur, d'ingénuité, mais aussi pleins de malice.

Impossible de ne pas rire à ses facéties.
Impossible de ne pas avoir yeux qui s'humidifient, notamment à la fin de la pièce, lorsque sera révélée l'ignominieux sort réservé à Turing, accusé d'homosexualité et condamné à la castration chimique !
L'interprétation du comédien est purement et simplement bouleversante.

Amaury de Crayencour incarne quant à lui trois personnages avec virtuosité, intensité et une sacrée présence.
Le comédien se partage en trois pour mieux nous permettre d'embrasser de notre point de vue de spectateur les principaux aspects de cette biographie.

Tristan Petigirard a mis en scène les comédiens, lui aussi avec une réelle virtuosité et une sacrée efficacité. C'est précis et c'est millimétré.
On sent une osmose rare entre les trois hommes. S'offre à nous une impression d'évidence à voir évoluer et jouer les comédiens.

Au sein d' un décor assez simple mais de très bon goût, nous sommes dans une écriture et une restitution dramaturgique à la fois cinématographique et théâtrale, avec des allers et retours temporels qui ne sacrifient pas pour autant les scènes souvent assez longues.

C'est de la très belle ouvrage, avec une judicieuse utilisation d'un mur vidéo (Bravo à Mathieu Delfau qui a réalisé un somptueux boulot de précision évocatrice.)

Coup de chapeau également à la musique de Romain Trouillet, avec là aussi des éléments qui nous ramènent en permanence au monde de l'enfance. Je vous laisse découvrir...

Je suis donc ressorti du Théâtre Michel très marqué et très ému par cette subtile et très intelligente restitution de la vie d'un homme que ses contemporains ont volontairement brisé, et à qui vous et moi devons tant.
Témoin ce petit curseur clignotant qui.... Mais là aussi, je vous laisse découvrir !

C'est d'évidence un spectacle incontournable de ce dernier trimestre de l'année 2018.
14 oct. 2018
9/10
2 0
Quelle pièce fabuleuse !
Instructive et pleine d'émotions. Très belle interprétation de Benoit Solès dont je découvre le grand talent au théâtre.

A voir absolument.
9,5/10
2 0
... L’écriture, la mise en scène et les jeux nous cueillent et nous offrent un spectacle exceptionnel. Un moment de théâtre incontournable de la saison, que je recommande vivement.
28 sept. 2018
10/10
7 0
Excellente nouvelle pour la rentrée théâtrale : à partir du 4 octobre le théâtre Michel a programmé LA MACHINE DE TURING !

Amoureux de belles pièces, faites comme nous, courez-y vite ! Nous qui l’avions déjà vu à Avignon mais dés que nous l’avons appris, nous nous sommes précipités pour réserver et revoir celle qui nous a paru être un des tous meilleurs spectacles du Off. Par la magie de son talent, durant près d’une heure trente, c’était le vrai TURING que nous avons vu sur scène. Comment aurions nous pu rester insensibles au drame de ce pur génie dont la seule faute fut d’avoir aimé un jeune homme dans une Angleterre dont la loi implacablement pudibonde l’avait contraint, pour échapper à la prison, d’accepter une castration chimique, sanction monstrueuse pouvant détruire un cerveau qui avait permis durant la dernière guerre de combattre avec succès la barbarie nazie. C’est cette partie de l’histoire que Benoit SOLES a magnifiquement écrite et interprétée, totalement habité par son héros, avec ses tics, ses révoltes, ses provocations, ses désespoirs, son amour pour un petit « Jésus le Caille » de rencontre, ses expressions d’amertume pour l’absence de reconnaissance de son pays à son égard, puis enfin de sa déchéance psychique qui l’amena au suicide. Si TURING était un génie, ne craignons pas d’affirmer que Benoit SOLES en est un autre dans sa manière de nous emporter dans sa création. Remercions-le également d’avoir su attirer dans son aventure une très belle découverte à nos yeux, le talentueux Amaury de CRAYENCOUR, qui sait avec une extrême justesse, être tour à tour le policier, le collègue et l’amant de TURING et offrir à SOLES une complicité exemplaire avec pour point d’orgue une scène d’effusion amoureuse magique d’érotisme et de pudeur. Tout est parfait, les décors extraordinaires d’Olivier PROST, les éclairages de Denis SCHLEPP, la musique de Romain TROUILLET ponctuant adroitement les émotions, toute cette « machinerie sans visage» magnifie la mise en scène impeccable de Tristan PETITGIRARD qui permet de faire évoluer nos deux comédiens tout au long d’un spectacle qui devrait valoir à cette pièce, espérons le, une récompense plus que méritée aux prochains Molière.
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4 sept. 2018
7/10
5 0
Qu’arrive-t-il lorsque les mondes si éloignés de la science et du théâtre se rencontrent ? C’est la question que je me suis posée en allant voir « la machine de Turing » au théâtre Actuel (m.e.s de Tristan Petitgirard).

L’acteur (et auteur de la pièce) Benoit Solès campe le rôle de l’anglais Alan Turing, mathématicien hors pair -et hors norme- ayant déchiffré le code de la machine Enigma qui permettait aux allemands de coder leurs communications pendant la 2nde guerre mondiale. Le nom d’Alan Turing a été très longtemps tu par les autorités britanniques et on sent dans la mise en scène de Benoit Solès l’envie de rendre hommage à ce génie et à sa vie broyée. Avec un parti pris très différent du film « Imitation Game », Benoit Solès a choisi de raconter l’histoire d’Alan Turing en prenant comme point de départ le difficile parcours de sa vie d’après-guerre.

Benoit Solès se transforme ainsi au fil de la pièce, tantôt acteur- un Alan Turing atypique et étrange- et narrateur. Accompagné par son compagnon de scène Amaury de Crayencour qui interprète tour à tour les rôles du sergent Ross et de l’amant de Turing, nous découvrons l’exploit de Turing, sa vie de silence et sa condamnation pour son orientation sexuelle dans les années 50. La construction de la pièce est intelligente et les deux acteurs font preuves de beaucoup de sérieux à restituer cette histoire vraie, avec un fond de construction théâtrale qui fonctionne.

Même s’il y a dans cette pièce tout un travail de mémoire, d’interprétation et d’adaptation à saluer, il m’aura néanmoins manqué une étincelle pour être emballée. L’histoire est intéressante mais la pièce ne suscite pas de grandes émotions et donc pas de coup de coeur.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor