2,5/10
4
Malgré la distribution le texte est bien fade. Après 20mn qui soulèvent l'intérêt in tombe sans la facilité (les allusions graveleuses, est-ce bien nécessaire ?) Puis la pièce tourne en rond pour se terminer en flop.
Parler de théâtre de l'absurde est faire injure aux maîtres du genre.
Je précise que je l'ai vue en captation sur la chaine comédie et que quand on prétend aimer le théâtre comme le dit leur pub on évite de mettre une page de pub au milieu du spectacle.
23 mars 2020
4,5/10
19
Etats Unis, dans les années 30 à Saint Louis : alors que le pays est secoué par une crise économique sans précédent, une famille en équilibre instable nous est présentée. Le père est parti, laissant Amanda, la mère, seule avec deux enfants, qui se réfugie dans son passé au temps de la splendeur sudiste : Tom l’ainé, qui travaille pour faire bouillir la marmite familiale et Laura, qui vit dans son monde intérieur, seuls son frère et sa mère peuvent la faire revenir dans la réalité vacillante. L’espoir qu’elle rencontre un ‘galant’ va bouleverser cette famille.
Tennessee Williams nous livre les clés qui régissent les relations complexes au sein de cette famille en plongeant dans leur intimité. Cette pièce fut son premier succès et c’est sans doute ma préférée.
Que j’avais hâte de retourner à l’Odéon, pour voir une pièce que j’aime beaucoup avec ma Queen préférée Isabelle Hupert et aux manettes un metteur en scène qui ne m’a jamais déçue : Ivo Van Hove ! Il faut dire que j’avais de fortes attentes après être tombée sous le charme de Cristiana Réali et de sa famille au théâtre du Poche Montparnasse l’hiver dernier dans la même pièce, je m’apprêtais donc à plonger à nouveau avec délice dans l’univers de Tennessee Williams.

Ma foi, j’ai été assez déçue. Je crois que c’est la mise en scène qui m’a fait le plus mal au cœur.
D’abord il y a ces très nombreuses baisses du rideau, certes rapides, mais qui hachent la pièce de façon désagréable. Les actions les plus fortes du texte se déroulent souvent au ras du sol perdant ainsi tout leur effet dramatique car il n’y a pas d’accessoires sur scène : pas une chaise, ni un lit. On vit au ras du sol !

Il y a aussi ce décor : on a l’impression d’être enfermé dans une boite dont les parois ont l’air recouvertes d’une substance peu ragoutante maronnasse alors oui c’est bien pour le coté étouffant mais le plaisir des yeux en prend un coup au moral.

Déception aussi coté comédien, alors Isabelle Huppert est à son habitude sublime et éblouissante avec un jeu intense, mais parfois trop, bien trop, intense qu’elle efface un peu, beaucoup, ceux qui lui donne la réplique. C’est Justine Bachelet qui en fait le plus les frais, elle est totalement insignifiante comme si son personnage Laura était littéralement vampirisé par sa mère. Bref je suis déçue.

Il y a le texte de Tennessee Williams heureusement.
19 mars 2020
10/10
12
Excellente pièce, on est plongé dans l'ambiance "vieux sud du Mississipi", c'est très prenant.

En bref, Amanda élève seule ses deux enfants (la famille Wingfield, Tom & Laura), dans une ville du Mississipi. Tom est le seul salaire de la famille, il travaille dans une usine de chaussure. Laura est maladivement timide. Amanda est sur leur dos. Un jour, Tom invite un de ses amis ouvrier d'usine diner. C'est un évènement pour la famille.

C'est magnifique. Un huit clos familial, ou chacun s'échappe comme il peut pour faire face à la morosité du quotidien :
- Amanda : vit dans son passé de midinette, ou elle était courtisée par des galants
- Tom : s'échappe tous les soirs au cinéma ou au spectacle
- Laura : vit dans sa tête, à travers sa ménagerie de verre (des petites figurines en verre)

On sent très bien l'ambiance chaude et lourde du vieux sud en été. La pesanteur quotidienne. C'est très réaliste. Les personnages sont tous tiraillés entre la vie dans leur tête (leurs rêves) et leur quotidien (leurs devoirs). Ils ont de la tendresse les uns pour les autres, mais en même temps ils s'engueulent. C'est une vraie famille.

J'ai particulièrement aimé :
- les décors : la grotte maronasse dans laquelle ils vivent. Ca m'a fait penser aux appartements en souplex, à Paris. Les peintures sur les murs sont terrifiantes/magnifiques. Lorsqu'il pleut, les bruit des gouttes est magnifiques.
- la musique : Barbara chanté par Laura, c'est magnifique.
- le jeu des comédiens : bravo à Tom pour tous ses mouvements, à Laura pour son interprétation du handicape, Amanda pour son rôle de mère bourgeoise déchue (et son orgasme qu'elle mime!). J'ai moins aimé le rôle de l'ami de Tom, un peu trop caricatural dans le Ricain "Yes we can". J'ai eu moins d'émotion.

Je recommande vivement, je suis restée toute émue pendant longtemps <3
18 mars 2020
9/10
16
Harpie c’est le nom que s’est donnée la femme qui nous raconte son parcours, sa vie pour le moment c’est survivre et faire les poubelles, elle a abandonné sa fille, celle-ci a été adoptée par Minette.

Minette ? joli nom pour une couturière, elle crée des robes assez voyantes, elle est coquette, amusante, et bien sûr se dispute avec sa fille adoptive, Deirdre. Minette cout en écoutant les Beatles ou les Stones, elle a une vie privée un peu compliqué, divorcée, avec son mari elle avait adopté Deirdre, mais le couple n’a pas résisté.

Deirdre, adolescente rebelle, sa peur, c’est que son père ne l’aime plus… sa mère biologique tente de la retrouver, lui parler, lui expliquer, mais Minette ne l’entend pas de cette oreille, elle a peur des retrouvailles…

L’amour est présent dans cette histoire, peur de perdre l’amour de l’une, ne pas savoir aimer, être aimée, difficulté de vivre ensemble.

Une histoire de femmes, une histoire d’adoption, superbement interprétée. J’ai rarement été aussi convaincue par le jeu des comédiennes, la mise en scène de l’auteure Wendy Beckett y est sans doute pour beaucoup, une ambiance, une écriture vive, drôle, intense, et émouvante.
17 mars 2020
8/10
18
Ivan Calbérac nous propose une nouvelle histoire ‘un amour de jeunesse’ qu’il a écrit et mis en scène toujours au théâtre de la Renaissance où il nous avait fait rire la saison passée avec ‘la dégustation’.
Quand ils étaient jeunes et insouciants, Maryse et Antoine se sont ‘mariés’ dans un ashram en Inde. La vie les a séparés : elle est partie faire de l’humanitaire en Afrique. Antoine a changé, lui qui est issu d’une famille sans le sou, est devenu une grande fortune grâce à l’explosion d’internet. Il vit aujourd’hui avec Diane, issue de la vieille noblesse française et qui écrit des livres, mais pas pour gagner de l’argent, non mais quelle horreur !!! Mais voilà, Maryse qu’il avait totalement oubliée, resurgit dans sa vie pour divorcer. L’avocat d’Antoine l’alerte qu’elle est en droit de réclamer la moitié de ses biens… Il va donc se lancer dans une série de mensonges afin de faire croire qu’il est toujours le même et est resté fauché.

Voilà donc une comédie sur le rapport à l’argent et sur comment nous changeons au fil du temps.
Alors oui on a déjà entendu beaucoup de choses sur le sujet mais voilà quand c’est bien écrit, on en rit toujours autant. Bien sûr, il y a un petit côté caricatural entre les Parisiens riches et les banlieusards loosers mais c’est vraiment réussi d’autant que Stephane de Groodt s’en donne à cœur joie pour nous faire rire (mémorable scène avec la pâtée du chat). La farce sociale demeure savoureuse.

La mise en scène d’Ivan Calbérac est bien rythmée, elle contribue à ne pas faire baisser l’attention des spectateurs lors des changements de décors qui sont très sympa et la scénographie d’Edouard Laug donne une belle dynamique à l’ensemble.

Les comédiens sont très bien mais mention spéciale pour Stéphane De Groodt qui lui semble vraiment s’amuser beaucoup, Nelly Clara, en gouvernante qui n’a pas sa langue dans sa poche. Isabelle Gélinas est merveilleuse et son ‘décalage’ avec la réalité est hilarant.

Bref une bonne soirée qui détend.

Au théâtre de la Renaissance mais on ne sait plus quand on pourra y aller…. ou le replay de France 2
Afficher les 2 commentaires