10 févr. 2019
9/10
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Le défi était de taille : à nouveau une adaptation d’un matériau d’Ingmar Bergman (on le saura qu’on fête les 100 ans de l’artiste), en l’occurence « Scènes de la vie de conjugale », dont j’avais déjà vu la version réussie du tg STAN avec Franck Vercruyssen et Ruth Vega Fernandez. D’autant que, comme pour les spectacles du collectif flamand, les acteurs sont déjà sur scène à notre arrivée dans la salle, proposent aux spectateurs de s’asseoir ici ou là, accueillent les retardataires. La comparaison s’arrête ici car le spectacle du Balagan’ Retrouvé se suffit à lui-même.

Le spectacle dure plus ou moins 2h30 avec l’entracte. Je dis plus ou moins car comme il est indiqué dans la bible : le « spectacle qui s’écrit oralement et corporellement au « soir le soir » ». Il n’y a pas de texte pré-établi, nous devons faire confiance aux acteurs pour nous emmener dans les recoins des relations de ce couple. Gina Calinoiu et Lionel González écoutent leurs corps, l’impulsion du moment, savent où ils doivent aller et prennent parfois des chemins de traverse. La parole est tantôt hésitante, heurtée ou assurée (on y est même enrhumé), comme une certaine vie. Rien n’est simple.

Les deux acteurs sont particulièrement remarquables. La « petite » salle du TGP St Denis permet une proximité, je dirais même une immersion assez étonnante. Il est important, je pense, de le signaler, mais nous savons que c’est du théâtre, il y a même un musicien sur scène (j’y reviendrai). Pourtant, lors d’une scène de dispute physique, quand l’homme frappe la femme, nous avons envie d’intervenir, de monter sur scène et d’empêcher ce qui se produit.

La pièce est à la fois dure, intense. On y rit aussi, parfois nerveusement – Lionel González est particulièrement impressionnant dans la lâcheté, la mauvaise foi et toujours sur le fil du rasoir, car il en pourrait en faire beaucoup plus.

Et la musique du Thibault Perriard (d’inspiration jazz, donc prompt à s’adapter aux improvisations des comédiens) souligne, tout en discrétion. Le musicien est spectateur, sait se faire oublier, mais a une présence indéniable.

Une vraie belle découverte mais attention, la représentation que vous verrez peut-être ne sera pas tout à fait la même que la mienne.
Il y a 12 heures
9,5/10
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Dès les premiers instants nous rentrons par magie dans le monde des Ekdah.

Sous la lumière de la salle, Denis Podalydès apparaît, nous demande si le spectacle nous a plu et nous annonce son prochain spectacle Hamlet.
Les rideaux s’ouvrent, la famille Ekdah fête Noël et réveillonne gaiement au théâtre comme tous les ans.
Ils viennent de jouer le spectacle de Noël. Ce spectacle où tous participent : les parents, les enfants, les domestiques et quelques amateurs…
Nous sommes happés dans leur monde, nous sommes au milieu d’eux. C’est gai, dynamique, chaleureux.
La famille prie La veuve Ekdah (Dominique Blanc) ancienne actrice à la retraite de leur rejouer pour eux, rien que pour leur plaisir une scène de son ancien répertoire.
Après quelques hésitations, juste pour se faire prier, elle récite le magnifique monologue de Nora de La maison de poupée d’Ibsen.
Les enfants Fanny et Alexandre (Jean Chevalier et Rebecca Marder) sont autorisés à dormir au théâtre où à la lumière de la servante, ils s’adonnent eux aussi au jeu de la comédie…
C’est le théâtre dans le théâtre.
Le lendemain nous assistons à la répétition d’Hamlet. Hamlet joué par Oscar Ekdahl (Denis Podalydès) succombe à une crise cardiaque, c’est la panique sur le plateau, le rideau tombe sous l’émotion de la salle..

Après l’entracte, Emilie (Elsa Lepoivre) vient nous annoncer qu’elle abandonne la direction de la troupe que lui avait confiée Oscar son époux.
Elle en a assez de jouer, elle veut vivre la vraie vie. Elle va épouser l’évêque Edvard.

Les rideaux s’ouvrent, une atmosphère d’austérité à fait place à la joyeuseté des premières scènes.
Fanny et Alexandre vont vivre un calvaire sous l’autorité cruelle de l’évêque (Thierry Hancisse) secondé par son horrible sœur (Anne Kessler).
Emilie vit une tragédie, l’évêque se révèle d’une grande intransigeance et d’une immense férocité. C’est une réelle tragédie, elle n’est plus comédienne.
Le fantôme d’Oscar va venir rendre visite à Alexandre hors dans Hamlet on le voit jouer le spectre d’Hamlet…

La famille s’inquiète, comment agir contre cette tragédie et sauver ses enfants.
Carl Ekdahl (Laurent Stocker), Adolphe Ekdahl (Hervé Pierre Gustav) leurs oncles, ainsi que toute cette joyeuse troupe y parviendront-ils ?
Véronique Vella, Cécile Brune, Florence Viala, Julie Sicard Maj, Hervé Pierre, Gilles David, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Gaël amilindi, Noémie Pasteger.

Le théâtre rejoint la fiction.

C’est magnifique, les scènes s’enchainent avec fluidité du domaine puritain et barbare de l’évêque au monde enjoué et bienveillant de cette famille de comédiens. La mise en scène de Julie Deliquet est percutante et efficace.
Tous les comédiens sont d’un talent remarquable.

Quel plaisir et quelle chance de déguster un si merveilleux moment de théâtre.

Excellent moment de théâtre !

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Dimanche 17 février 2019
Il y a 10 heures
2,5/10
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Dès le début, cette expérience a mal commencé. On nous demande de répondre à une multitude de questions (très personnelles) pour obtenir le visa Dau. On ne sait pas très bien où sont envoyées les réponses, à qui, comment on s'en sert.

L'expo est divisée dans deux théâtres situés l'un en face de l'autre. A chaque fois que l'on veut accéder à un visionnage, il faut changer de théâtre et donc se retaper les contrôles de sécurité particulièrement lourds. Puis une fois dedans, la visite s'orchestre en suivant le programme sur les écrans. Mais les salles sont difficiles à trouver, les séances souvent blindées et l'expérience vécue vraiment bof. On se perd sans arrêt, les membres du staff ne sont d'aucune utilité. Seul le bar est cool. C'est très dommage, l'expérience de base m'aurait intéressé mais à aucun moment je n'ai pu en cerner les résultats.

Bref, très déçu par l'expérience, ne vaut clairement pas le prix (75 euros!!).
Il y a 12 heures
9/10
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Un banc, deux femmes qui attendent l'une son mari, l'autre son amant...
Un dialogue s'instaure entre les 2 protagonistes d'abord hostile puis plus calme...
Très rapidement un doute s'immisce en nous : et si...

Cette pièce est émouvante et drôle tout à la fois.
Beaucoup de psychologie dans les dialogues et la complicité des 2 acteurs fait plaisir à voir.

Un vrai régal !
A voir... à savourer et attention mesdames la prochaine fois que vous partagerez le banc avec une autre femme... On ne sait jamais...

Et si vous avez un peu de temps après la pièce n'hésitez pas à attendre les 2 interprètes qui seront ravies d'échanger quelques mots avec vous... ????
Il y a 14 heures
7,5/10
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Un texte bien écrit, qui en rappelle d'autres (le thème de la mère juive est un grand classique de la littérature!) avec un petit charme suranné, un ton qui rappelle Goscinny et le petit Nicolas...

C'est un plaisir de retrouver JF Derec, son humour subtil, son sens de la chute, sa diction particulière... J'émets moi aussi des réserves sur la mise en scène. Rétrospectivement, on comprend l'intention : ce spectacle n'est en rien une succession de sketches ; le sujet ne manque pas de gravité, le ton léger un faux-semblant et le point de vue naïf et enfantin un procédé habile. Ce n'est pas une raison pour nous infliger ce noir, ce dépouillement tragique. Nous ne sommes pas si bêtes : nous aurions compris de quoi il retournait au fond...