Il y a 8 heures
8/10
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Poétique, Attrayant, Éloquent.

Sur le plateau, dans la pénombre, les meubles sont recouverts de draps blancs comme les fantômes du souvenir.
David Legras élégamment vêtu de blanc une valise à la main fait son entrée côté jardin.
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. »…

Ces premières lignes de "La recherche" nous mènent en voyage à travers ce fabuleux roman de 7 volumes.
Nous suivons « Proust » dans la pénombre un long moment comme pour remonter le temps.
La scène s’éclaire, nous sommes dans sa chambre et les souvenirs remontent au fil du temps.
Nous irons boire le thé avec Tante Léonie et retrouverons le gout de sa petite Madeleine, nous allons à la rencontrerons d’Albertine, de la duchesse de Guermantes, de Madame Swann, l’odeur de l’aubépine viendra nous chatouiller les narines…
Les extraits choisis créent une ambiance cotonneuse, élégante et harmonieuse.
La scénographie, nous transporte avec aisance dans un appartement bourgeois du 19ème. Un éclairage chaleureux, un phonographe d’où nous pouvons imaginer entendre la voix de Proust venant du siècle dernier, un landau grinçant où une poupée de chiffon se repose…
David Legras de par sa gestuelle, son jeu rythmé et raffiné, la modulation de sa voix, ses intonations, rend accessible et plus compréhensible certains passages proustiens qui demandent parfois réflexion et attention. Cela peut heurter quelques puristes mais enchante le public.

Posez-vous une petite heure au théâtre de la Contrescarpe pour humer cette atmosphère proustienne où la beauté et la poésie des mots vous séduiront.
Il y a 23 heures
6/10
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La pièce est superbe mais la mise en scène la tire trop vers le vaudeville.
Feydeau et Labiche sont des auteurs de talent mais Corneille est tout de même d’une autre trempe, dans ses pièces comiques comme dans les autres, et ce n’est pas lui rendre service que de le transposer dans un univers de chansonnettes et de portes qui claquent.
Il n’est pas fréquent de rencontrer un dramaturge capable de se parodier lui-même (que l’on songe à la scène entre Dorante et son père, où Corneille semble se jouer de l’honneur blessé de ce père abusif, version grotesque de Don Diègue sommant Rodrigue de sauver une « réputation » qu’il a laissé piétiner). De cette liberté de ton et de style, de cette capacité à se moquer de la grandiloquence de son temps, on aurait pu - on pourrait - sans doute extraire une matière plus subtile.
3 déc. 2022
8,5/10
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Une très belle soirée…

Le texte de Shakespeare est ciselé, juste, et n’a pas pris une ride.. Le jeu des acteurs est brillant, la mise en scène à la hauteur, le tout assorti d’épisodes de chansons et d’espiègleries.

A la portée de tous, à voir sans modération!!!
3 déc. 2022
9,5/10
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Rocambolesque, Intimiste, Captivant, Réjouissant.
Au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet, magnifique théâtre à l’italienne classé monument historique et hanté par Louis Jouvet qui en fut le directeur de 1934 jusqu’à sa mort en 1951. Tonan Quito nous attend en jogging et baskets dans la petite salle intimiste « Christian-Bérard » pour nous conter des histoires…
Tonan Quito nous propose un café, il attend son texte mais comme à son habitude, Tiago Rodrigues est en retard…Ils doivent préparer un monologue autour d' Œdipe de Sophocle dans la grande salle de ce théatre mais le délai va-t-être dépassé. Tonan Quito s’impatiente, reprend une tasse de café,
Nous comprendrons plus tard que tout se joue autour d'une tasse de café pour Tiago et Tonan...
Tonan Quito va travailler seul en attendant mieux.
Pouvons-nous commencer ? nous demande-t-il gentiment.
Tonan Quito prend un texte posé prés de la machine à café sur une petite table coté jardin et nous conte en portugais la lettre d' un prisonnier à sa mère.
Cette lettre est entremêlée dans le dialogue d’Œdipe et de Tirésias. Deux histoires de parricides.
« Maman, j’ai décidé de t’écrire cette lettre, même si ce n’est pas à toi que je voulais l’adresser, cette lettre que j’écris entre les lignes de ce livre ancien est pour papa » Le prisonnier.
En fond de scène sur un écran, la traduction du texte de Sophocle et la lettre du prisonnier s’intercalent en caractères différents, ce qui facilite la compréhension.
Tonan Quinto interrompt sa lecture et s’adresse a nous en français :
« Tiago à toujours rendu ses textes en retard. Les choses sont là et remuent dans sa tête »
Au cours de cette lecture, viennent s’intercaler le rapport de Tiago Rodrigues avec la création théâtrale, la raison son l’absence due à quelques problèmes ophtalmologiques ainsi que l’aventure de la découverte du livre de Sophocle utilisé par le prisonnier parricide.
Les histoires s’emboitent les unes les autres. C’est rocambolesque et passionnant. Nous sommes captivés.

Tonan Quinto nous fait partager sa grande complicité avec Tiago Rodrigues. C’est émouvant et profond.
Quand je reçois des messages pour annuler les répétitions… ,je reste calme..je sais qu’on fonctionne très bien comme ça »
Merci à Tiago Rodrigues pour ce magnifique texte
« L’idée d’échec est au centre de ma pièce Entre les Lignes et plus précisément au centre de notre envie de faire ce spectacle. Défendre la possibilité d’échec et pour une fois créer une pièce qui prend sa forme. »
Bravo à Tonan Quinto, dés les premiers instants, il nous ensorcelle et nous captive.
Si vous aimez comme moi que l'on vous raconte des histoires, courez y vite, c'est fabuleux.
3 déc. 2022
5/10
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J'ai été bien déçue par cette pièce, en dehors des costumes des dames,
Le texte était peu avenant et les répliques un peu trop "contemporaines" !
Les comédiens semblaient sortir des "Trois mousquetaires", ils ne semblaient pas investis dans leurs personnages.