21 juin 2024
10/10
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L'amour, l'amour, l'amour. Dont on parle toujours !

Je finis enfin par voir la pièce de Joël Pommerat qui me manque. Je suis partie dans de bonnes dispositions et dans la joie de découvrir la pièce qui m’a échappé depuis si longtemps.
Scénettes d’amour, histoires pathétiques, histoires drôles, délires sur scène…
Joël Pommerat a le talent de prendre un point de détail et de décliner jusqu’au bout. Il parle de l’amour, d’un point particulier. C’est la vie quotidienne. On peut arriver à l’extrême. Tout nous parle parce que c’est la vie même. Chacun conservera les histoires qui le marqueront. On se projette instantanément dans cette écriture de la vie. C’est remarquable. On s’étonne, on s’amuse, on s’attriste. On passe par tous les sentiments. Vision pessimiste mais de l’amusement est toujours mis quand il faut.
J’ai gardé bien sûr ce mariage raté ou on rit. J’ai gardé cette histoire d’amour du couple où madame a perdu la mémoire. J’ai gardé les autos tamponneuses. J’ai gardé l’histoire de l’instituteur qui nous trouble. J’ai gardé le couple qui fait faire du baby-sitting… Et bien d’autres. Quelle magie d’écriture du quotidien.
Bien entendu, la troupe habituelle est toujours aussi bonne. Chacun est excellent. Il y a forcément ceux qui nous touchent plus mais tout est d’une excellente interprétation.
La mention spéciale pour moi va pour les lumières. Elles sont magnifiques. Elles font le décor. Cela a été incroyable pour moi. Le décor a été voulu noir justement pour que les lumières puissent sublimer et c’est parfaitement réussi.
La mise en scène m’a plu. A l’origine, le spectacle a été prévu sur une scène bi-frontale. Il a été adapté à une scène à l’italienne et c’est aussi réussi. J’ai adoré le travail de perspective de cette scène profonde. Les grands devant et les petits au fond est astucieux. C’est une jolie adaptation.
La musique est originale. Pour moi, le chanteur eighties m’a tellement rappelé David Bowie de l’époque. Très original.
Tout cela est parfait.

Merci, merci de m’avoir donné autant de plaisir. Je suis ravie de l’avoir vu et d’avoir participé à la fête de l’amour comme celle qui aurait lieu si les deux Corées étaient réunifiées.
17 juin 2024
9,5/10
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Oh! Métaphysique de la sphère, qui a fait courir l'homme à sa perte !!
Pourvu que cette proposition de M. Anouilh que je découvre ici, ne soit prophétie sans lendemain !! : )).

Je ne sais quel genre en prend le plus pour son grade. Le masculin réduit au rang de subalterne ? Le féminin caricaturé à outrance et filant vers sa propre dérive ?
C'est en tous cas un spectacle déjanté à souhait !
Délectable !
8 juin 2024
7/10
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La pièce est exigeante et un peu longue mais il faut s’évader dans le royaume et l’univers décrit par shakespeare. La mise en scène est très moderne et superbe.
Une belle soirée pour les amateurs de cet auteur.
3 juin 2024
9/10
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Le bilan d’un conquérant qui m’a fasciné !

Alexandre Le Grand a 32 ans. Il est malade et va mourir. Il veut se retrouver seul dans sa chambre et veut affronter la mort qui vient le chercher. Il repasse sa vie de conquêtes, ses batailles avec Darius. Il respecte Darius, son ennemi, jusqu’au point de poursuivre les ravisseurs de celui-ci. Il décrit ses batailles, son avancée vers l’est et l’Asie jusqu’à presque atteindre l’Inde. Son parcours de guerres et d’errance est conduit par l’apparition du tigre bleu de l’Euphrate qui le protège et le guidera dans les moments les plus difficiles de son ascension. Alexandre découvrira de nouvelles villes au fur et à mesure de ses prises. Il aura beaucoup d’attaches pour Babylone.
L’histoire nous décrit l’ascension d’un homme ambitieux, guerrier et violent. Il est un homme préparé pour cela mais est aussi intelligent et respectueux des mondes qu’il va découvrir. Fasciné par les découvertes qu’il fait, son ambition l’amènera à poursuivre ses conquêtes. Assoiffé de violence, rien ne lui résiste. Il n’atteindra pas l’Inde.
Alexandre qui va mourir est face à sa propre vie. Il fait le bilan et la mort s’approche peu à peu et devient de plus en plus réelle. Le texte de Laurent Gaudé est subtil, intéressant et s’attache à comprendre l’homme. Même si la description des batailles et des lieux est intéressante, il cherche à comprendre le personnage historique.
Le décor est très neutre. D’immenses tentures forment les murs, comme dans un camp militaire. L’interprétation d’Emmanuel Schwartz est remarquable. Il incarne le guerrier mais aussi cet homme qui se sait perdu. Son interprétation est impressionnante.

Intéressant, j’ai adoré découvrir ce personnage.
24 mai 2024
8/10
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Protéger la tiote sans se rendre compte de la situation.

Monsieur Motobécane s’appelle Victor mais personne ne l’appelle par son prénom. C’est un homme simple, très simple. Il rencontre un jour une enfant qui a une vie difficile. Peu à peu, la petite fille lui explique qu’elle ne veut pas aller à l’école parce qu’elle va redoubler et que sa mère va la frapper comme elle en a l’habitude.

Monsieur Motobécane va prendre la petite fille chez elle et la cacher pendant trois semaines. Il ne se rend pas compte du tout de la situation car il est touché par l’affection de l’enfant et la ressemblance avec son propre vécu. Il ne réalise pas la dangerosité de la situation. On craint dans cette ambiguïté pour l’enfant bien entendu. La Police découvrira la petite fille et condamnera Monsieur Motobécane à la prison. Il nous raconte son histoire de sa prison de 9 m2.
L’histoire est celle d’un homme simple. On passe son temps à craindre pour l’enfant. Est-il si naïf que cela ?

Monsieur Motobécane nous raconte son histoire dans son parler picard. Cela renforce la notion de simplicité de cet homme. L’interprétation de Bernard Crombey est impeccable. Il est excellent, prisonnier de ses 9m2. Je n’aurais jamais imaginé réussir à comprendre toute cette histoire dans un parler picard. Je ne suis pas spécialiste mais c’est extrêmement bien fait.
J’ai personnellement été bluffée par l’histoire et n’ai pas pu m’empêcher de craindre pour la petite fille durant toute l’histoire. Qu’en déduire ? Est-ce juste l’histoire d’un homme simple qui ne s’est jamais rendu compte de la situation ? Je suis restée en suspens.
On ne peut qu’applaudir l’interprétation qui est superbe. Il maitrise tous les moments, même les silences. J’ai par ailleurs adoré la lumière qui est très travaillée et participe pleinement à l’histoire.

Un bon moment malgré une causerie qui nécessite de se caler.