Il y a moins d'une heure
10/10
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Superbe pièce, on se sent vivre avec les personnages !

En bref, Wajdi Mouawad raconte une histoire à la Roméo et Juliette, un drame moderne, une idylle entre Eithan (juif allemand) et Wahida (arabe) qui se rencontrent à la bibliothèque de leur université aux Etats-Unis. Ils s'aiment, c'est l'oiseau de bonheur. Lorsque Eithan veut faire rencontrer Wahida à sa famille, celle-ci se déchire. Ses parents refusent tout dialogue possible. Eithan devient fou, il se met à nier en bloc toute sa famille, en les réduisant au stade d'ADN (Eithan est un passionné de prélèvements scientifiques) et se rend compte que son père n'est pas le fils de ses grands-parents. Il part alors rencontrer sa grand-mère qu'il n'a jamais vu, à Jérusalem (avec Wahida). Il est grièvement blessé par un missile arabe, c'est l'oiseau de malheur. Toute la famille d'Eithan débarque alors à Jérusalem, et on apprend ce que chacun vient faire la-bas. la grand-mère parle, c'est l'oiseau du hasard. Enfin, David son père, apprend qu'il est un enfant palestinien adopté, que sa mère ne pouvait supporter le mensonge, et que c'est pour ca qu'elle l'a laissé partir en Allemagne, enfant. Wahida retrouve ses racines, et est acceptée par la famille de Eithan, c'est l'oiseau amphibie.

La pièce est superbe, et ce qui m'a sans doute le plus frappé, c'est à quel point les personnages sont pleins de vie. On se sent vivant. On ressent toutes leurs émotions, on s'y verrait presque. Je pense à la scène de drague entre Eithan et Wahida au début, qui virevolte.

La pièce est ensuite très bien écrite. Les dialogues sont tous intéressants, sans pour autant tomber dans le conflit israelo-palestinien engagé (prise de position). Là c'est juste le conflit décrit du point de vue de 2 jeunes amoureux. Leur langage est réel, leur réflexion aussi. Je pense notamment à toute la crise entre Eithan et sa famille, ou ce-dernier leur crie que nous avons tous 46 chromosomes, que nous sommes tous pareils. C'est uniquement la douleur qui a été transmise de génération en génération, mais elle n'aurait pas dû car elle n'est pas attachée aux chromosomes. C'est la douleur qui fait qu'on n'est pas libre.

Du point de vue du jeu d'acteurs, les personnages sont magnifiques ! Chacun s'exprime en sa langue, pour notre plus grande découverte : allemand, hébreu, arabe, anglais. Sur-titré français évidemment.

Bravissimo !
Il y a 7 heures
9/10
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Excellente pièce !
De l'émotion, de l'humour, tout est bien vu avec finesse... Dans un décor simple...
Du suspense aussi.
Bravo !
Ce théâtre offre la plupart du temps d'excellentes pièces par ailleurs.
Il y a 11 heures
9/10
7 0
Ca n'est pas encore cette fois-ci que la pauvre Antigone aura la permission d'enterrer son Polynice de frère...

Cette fois encore, il lui faudra braver l'interdit, elle devra transgresser la décision de justice inique et... injuste de son oncle Créon.

Antigone ou la tragédie personnifiée :

Née de l'union incestueuse d'Œdipe et de Jocaste (on se rappelle qu'à cette occasion cette dernière est à la fois la maman et la mamie d'Antigone, ce qui est certes pratique pour les cadeaux de la fête des mères, mais quand même assez rare et problématique...), membre de la famille maudite des Labdacides, elle revient d'enterrer son père pour assister au combat qui va opposer ses deux frangins.

C'est d'ailleurs cette lutte fratricide qui ouvre le spectacle : nous verrons le sang couler, un sang dont s'enduit le vainqueur, abandonnant le vaincu à ciel ouvert côté cour.

La metteure en scène Lucie Berelowitsch, par ailleurs toute nouvelle directrice du CDN de Vire, est d'origine russe.
En 2014, au cours d'un voyage à Kiev, elle va rencontrer le groupe « cabaret-punk » féminin des Dakh Daughters, que nous connaissons bien en France, pour l'avoir découvert notamment au théâtre Monfort dans le spectacle « Terrabak de Kiv ».
Les cinq musiciennes et comédiennes ont inspiré ce projet.
Il s'agira d'adapter Sophocle et de monter sa tragédie dans la langue ukrainienne.

La situation particulière du pays en pleine reconstruction après l'Euromaïdan, les barricades encore présentes, les restes de ce qui a été calciné, vont procurer à la metteure en scène des images et des passerelles on ne peut plus fortes avec la situation politique de la pièce.

Une guerre se termine, avec la victoire annoncée prématurément de Thèbes.
Nous sommes après le chaos. Dans un moment fragile, une société qui doute et hésite, qui cherche et aspire à trouver de nouveaux modèles.
On l'aura compris, cette Antigone-là sera d'une actualité... brûlante.

Le chœur antique est ici un chœur-musique.
Les Dakh Daughters, avec leur fougue, leur puissance et leur folie nous racontent, nous jouent et nous chantent l'action.

S'accompagnant à la contrebasse, au violoncelle, au violon, à l'accordéon et aux percussions, les cinq demoiselles créent un monde sonore onirique.

La metteure en scène a ancré son travail sur une vision d'un monde post-conflit, presque post-apocalyptique, avec des costumes contemporains dans un sale état.
Le palais de Créon est une espèce de caserne, avec des gardes en treillis armés de lourdes épées.

Les fluides auront une grande importance.
Le sang, dans lequel tous les comédiens marcheront au long de la pièce.
Le feu, qui clôturera la pièce.
L'eau, qui sera versée sur le corps debout et entièrement nu d'Antigone, symbolisant sa mort avant d'enfiler un linceul immaculé.

Chrystina Fedorak est cette héroïne.

Elle confère à son personnage une réelle force, presque une sauvagerie tout à fait déterminée. En même temps, sa fragilité saute aux yeux de tous. C'est une très intéressante composition.

C'est Thibault Lacroix qui incarne le devin Tirésias, invectivant Créon, souvent en Français.
Une nouvelle fois, le comédien incarne une vraie folie, une démesure tout à fait épatante.

Les autres comédiens, tous ukrainiens, participent à la même veine épique et tous sont irréprochables.

Au final, cette Antigone ukrainienne, pleine de souffle, de vision politique, d'images puissantes et frappantes est de celles qui ne laissent personne indifférent.
Une passionnante appropriation du mythe.
8 déc. 2018
6/10
1 0
Ouf, le dernier tiers de la pièce la sauve... une fois le scénario planté dans la première partie, on essuie tous les poncifs assortis de blagues éculées et lourdaudes. Ici ou là une petite pépite, et on retombe dans le bof beauf... heureusement la dernière partie a du peps, de l’intelligence dans le scénario et tout ce que l’on peut attendre d’une comédie de boulevard, avec des surprises et des sorties hilarantes.
Mention spéciale aux comédiens tous excellents, avec mention spéciale pour les femmes encore plus que les hommes. Grâce à eux, on sort avec un peu plus de satisfaction que de regrets.
7 déc. 2018
8/10
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J'ai découvert New alors que c'est sa septième saison d'existence ! Mais comment ai je pu passer à coté sans avoir été interpellée par le concept délirant : une comédie musicale improvisée ?

Tout commence à la caisse avec la remise d'un petit papier où il faut indiquer un titre et un lieu précis? Ensuite, il y a un tirage au sort de deux papiers et c'est l'applaudimètre qui choisi l'histoire de la soirée !

Et après on démarre sur les chapeaux de roue ! Quelques notes sont lancées par l'orchestre (validée évidement par les spectateurs) et les quatres comédiens -chanteurs démarrent leur musical ! Ils sont bons ces quatres là et leur imagination est débordante !

Quelle créativité !

Pourtant on leur propose des contraintes : chanter sur un pied, prendre un accent étranger,... rien ne les arrête, ils sont fantastiques !!

Les musiciens sont aussi au top : survoltés et au tempo impeccable !

En plus des musiciens et des chanteurs, il y aussi un dessinateur qui apporte sa contribution à l'histoire : il illustre ce qu'il voit, anticipe la suite de l'histoire, et propose sa touche d'humour avec un talent certain.

La soirée passe très, non trop vite ! On comprend à la fin du spectacle pourquoi on nous a proposé une carte de fidélité pour New, c'est hautement addictif !!!

Je ne suis pas très comédie musicale, mais là je pourrais songer à y aller :)

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Dimanche 9 décembre 2018