Il y a moins d'une heure
8,5/10
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Sur un texte brillant de Kundera, Nicolas Briancon crée un spectacle parfait.
Tout est là : les mots foisonnants, truculents, intelligents et irrévérencieux.
Une mise en scène formidable qui tourbillonne et nous embarque de tableau en tableau. Le spectateur est intégré à la joute verbale ce qui permet de jouer avec eux.
Des décors et costumes d’une beauté retrouvée d’un autre temps où le théâtre investissait.

Les comédiens, une troupe, sont d’une justesse absolue. Nicolas Briancon n’incarne pas, il EST. Rien que pour le regarder dans cet exercice si évident et naturel il faut aller voir cette pièce. Une grande leçon de comédie. Un talent incroyable.
Quel plaisir manifeste ils prennent tous à jouer. Ils se délectent et nous avec eux.

Il y a du Molière, Marivaux, Beaumarchais, Goldoni.
De la dignité humaine, l’amour, l’amitié, le respect et parfois la trahison mais le tout toujours avec humour et malice.

Profitez de cette pièce pour retourner au théâtre elle vous redonnera le goût.
Il y a 15 heures
4/10
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Quelques sourires mais pas rire. Les acteurs sur-jouent tout.
Trop de cris pendant toute la pièce ou des dialogues très médiocres voire même vulgaires par moment.
Un bon point pour la mise en scène, le rythme et les décors qui sauvent la pièce.
Une grande déception!
Il y a 19 heures
8,5/10
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Elles sont trois copines qui se sont connues dans le même cours de théâtre, l'école Trévise. (…). Bérénice Boccara, Odile Blanchet et Sana Puis se sont passionnées pour la vie des opératrices du téléphone (je ne pense pas qu’il y ait eu des opérateurs dans ce métier) et ont décidé de les mettre en pleine lumière.

On sent très bien la connivence qui pouvait s’installer dans la vraie vie entre ces femmes de l’ombre. Les rivalités existent mais c’est l’entraide qui prend le dessus. C'est qu'il ne fallait pas s’emmêler les fils, ce qui arrivait parfois et donnait lieu à de jolis quiproquos.

Nos demoiselles pratiquent l'art de la conversation avec malice et humour, une pointe de provocation, toujours en subtilité. Car comme elles sont trois personnalité différentes, Denise, Marthe et Jeanne défendent trois visions de la femme st de l'amour. On sent bien qu'elles n'ont pas les mêmes origines, cela s'entend à leur façon de parler et c'est très agréable. (…)

Le décor, inspiré d'un véritable central d'appels, est imposant. Il était rendu nécessaire par la volonté de crédibilité du trio. Les costumes sont magnifiques tout en étant pratiques pour jouer à un rythme soutenu.
(…) Je vous mets en relation. C’était ce qu’on disait. De là à imaginer d’autres relations, ces trois diablesses n’ont pas eu à se forcer beaucoup pour le faire. (…) Les dialogues sont pétillants et drôles. Les p’tites dames deviendront les demoiselles roses et feront prospérer leur commerce jusqu'à ce que la rumeur remonte jusqu’aux huiles (c'est-à-dire les chefs).

La mise en scène de Jean-Laurent Silvi est alerte. C'est une excellente idée d'avoir ajouté quelques pas de danse et des chansons évoquant l'univers des années folles. Le scénario qu'elles ont co-écrit est publié chez l’Harmattan. C'est leur première expérience du théâtre. Et elle sonne juste. Bravo !
18 oct. 2021
9/10
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Aller au Lucernaire, et s’accorder une belle heure à « soie ».

La soie.
La caresse d’un tissu si léger qu’on pense ne rien tenir dans la main…
la sensualité d’une étoffe qui effleure la peau imperceptiblement…
Le chatoiement des couleurs mordorées, propice à tous les désirs et tous les fantasmes.

La soie.
Un luxe nécessitant au XIXème siècle de longs et souvent périlleux voyages pour en obtenir la matière première, des périples commerciaux destinés à rapporter en Europe les œufs des vers à soie.

C’est son métier, à Hervé Joncour, le personnage principal du roman d’Alessandro Baricco, que de parcourir les contrées extrême-orientales afin d’acheter puis de revendre une fois revenu dans le midi de la France les précieux œufs.

L’auteur italien publie cet ouvrage en 1994, dans lequel il va nous présenter ce commerçant international qui va vivre une histoire d’amour peu commune au cours de ses périples commerciaux au Japon.


Des voyages initiatiques, une quête mélancolique d’un amour fantasmé et la recherche d’un sens à sa vie.

Sylvie Dorliat, dont j’avais beaucoup apprécié le dernier spectacle, «La petite fille de M. Linh », ici-même au Lucernaire, a eu la bonne idée de porter ce roman sur les planches, et de nous dire la belle langue musicale de l’auteur.

Si le personnage principal est bien un homme, trois femmes vont occuper les esprits en permanence.

Hélène, l’épouse de Joncour, qui l’attend à Villedieu une bonne partie de l’année.

Une jeune et troublante japonaise, probablement la maîtresse de Hara Kei, seigneur de guerre japonais.


Et puis Madame Blanche, une tenancière de bordel nîmois, grâce à qui nous comprendrons le fin mot de l’histoire.

Mademoiselle Dorliat, seule en scène, nous dit de sa voix un peu grave ce récit délicat, prenant différents voix et différents accents afin de faire parler tous les personnages du roman. (Baldabiou et le maire de Villedieu sont épatants…)
Elle nous envoûte à dérouler son discours, ne nous lâchant jamais durant tout le spectacle.

William Mesguich, à la mise en scène, contribue à mettre en exergue la sensualité du propos, avec notamment une vraie réussite en matière de création-lumières.


Les doux éclairages, les ambiances tamisées, les contre-jours délicats, les teintes ocres, orangées nous transportent dans l’onirisme du récit.

Il est parvenu à matérialiser les trois femmes évoquées plus haut en les suggérant très joliment, derrière des rideaux de fils noirs.

Et puis, il y aura la scène finale, très subtilement mise en images.
Les idéogrammes japonais seront magnifiés par la sensualité de la peau.
Et non, vous n’en saurez pas plus.

Voici une entreprise artistique comme je les aime.
Cette adaptation pour la scène très réussie de ce beau roman constitue un bien beau moment de théâtre, où tous les parti-pris dramaturgiques fonctionnent à la perfection.

Venez donc vous aussi vous envelopper dans cette belle soierie théâtrale.

Je compte bien y aller ! j'ai vu une autre adaptation et mise en scène il y a quelques années avec Samuel Labarthe.

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Mardi 19 octobre 2021
17 oct. 2021
8/10
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Tant qu'il y aura des femmes !

Peut-on vraiment guérir tout à fait d'une histoire d'amour ?
Est ce qu'avoir aimé le même homme crée un lien entre deux femmes ?
La rivalité amoureuse empêche t'elle les confidences ?

La beauté du texte de David Hare est qu'il laisse à chacun le soin de trouver ses réponses.

Et c'est avec une grande élégance que ces deux comédiennes généreuses nous offrent leurs incertitudes et leurs croyances.
Elles sont justes. Elles sont vraies. L'émotion est présente à chaque instant.

Francès, avant de partir, avoue à Madeleine " C'est le premier homme que j'ai aimé. C'est peut être pour cela que je n'arrive pas tout à fait à l'oublier ".
A ce moment là, nous comprenons que nous avons toutes partagé quelque chose d'important.

Le coeur a toujours raison !