Il y a 5 heures
10/10
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Pour résumer en un mot mon ressenti à la sortie de cette pièce : bonheur.

Alexis Michalik et les acteurs nous présentent un réel chef-d'oeuvre sur scène où se mêlent rires, larmes, actions, poésie...
Je reste encore effarée par le travail qui est fait sur scène pendant 2h : certains acteurs jouent plusieurs rôles et ce n'est qu'à la fin de la pièce qu'on le comprend, tellement leur jeu est exceptionnel, les changements de décors font partie intégrante de la pièce et se présentent tels des mouvements de danse travaillés et calculés. Les textes de Cyrano de Bergerac sont amenés à la perfection avec un juste équilibre avec le nouveau texte écrit par l'auteur.

Dès le début de la pièce (on peut même dire avant ! ^^), nous sommes transportés dans une autre époque.
Je tiens réellement à remercier toute la troupe pour m'avoir apportée autant de bonheur.
N'hésitez pas à aller voir cette pièce !
Il y a 10 heures
8/10
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Il y a de l’humour dans cette évocation, quelques piques dont une sur Sarah Bernhardt, Tchekhov ami de Stanislavski, ne pouvait pas être sensible au jeu suranné de Mme Sarah ! Ces voyages aussi lui donneront l’occasion de découvrir les usages et les défauts des français par exemple !

Ce cher Anton, n’oublie pas pour autant ses devoirs envers les plus démunis, ceux au ban de la société, il est médecin et son séjour à l’île de Sakhaline sera à l’origine d’une commission d’enquête.

Catherine Salviat aime l’œuvre et le dramaturge, son récit est accompagné de musique, elle chante joliment et nous fait partager son amour pour la littérature russe et l’un de ses plus grands représentant, ami de Tolstoï, Bounine, Gorki.
Il y a 2 heures
7/10
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De toute façon, le rythme est dense et l’on ne s’ennuie jamais.

Hervé Dévolder qui a écrit la pièce se permet même des clins d’œil à des comédies musicales avec un zeste de caricature. Il est malin. Sur scène trois musiciens avec piano, contrebasse et guitares accompagnent en live avec précision toute la folie de l’histoire. Les costumes sont très bien pensés surtout pour le défilé de robe d’avocat. Un moment qui devrait plaire aux gens du milieu. Et le tout mis en lumière par Denis Koransky qui habille le show avec beaucoup d’ingéniosité et de subtilité.

Rien n’a été laissé au hasard. Sinon comment aurait-il possible de présenter un spectacle aussi bien fait, écrit et joué ?
Il y a 3 heures
9,5/10
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Une première pièce de Michalik, ça ne s'oublie pas.

Peut-être la moins spectaculaire dans les décors et les effets de mise en scène, mais probablement la plus impressionnante par la capacité des acteurs à nous faire voyager à travers les lieux et les époques, avec une habilité époustouflante !
12 août 2018
8,5/10
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Igor Mendjisky a adapté Le maitre et Marguerite. Il en a imaginé une mise en scène très foisonnante.

La pièce sera en tournée à la rentrée et vous pourrez par exemple le retrouver les 12 et 13 mars 2019 au Théâtre Firmin Gémier La Piscine de Chatenay-Malabry (92).

Igor est jeune (35 ans), est comédien et metteur en scène, d'origine polonaise ... et ce qu'il aime le plus c'est raconter une histoire. Le chef d'oeuvre de Boulgakov était une mine pour réfléchir à une scénographie qui relève (positivement) de la performance (les puristes diront qu'il s'agit d'un théâtre de tréteaux), avec parfois l'accent de l'improvisation.

Certaines scènes sont d'ailleurs réinventées chaque soir en fonction des interactions avec le public, invité à monter sur scène. La disposition trifrontale facilite la proximité entre les comédiens et les spectateurs dès leur entrée dans la salle. On remarque notamment Ivan (Igor Mendjisky) qui scrute silencieusement l'assemblée, assis sur une simple chaise, dans un des coins.

L'intrigue est complexe parce que trois histoires se croisent et que de nombreux passages sont dans une autre langue que le français (parfois en araméen, mais toujours surtitrés) comme la rencontre entre Ponce Pilate et Yeshoua Ha-Nozri (Jésus). On suivra tant bien que mal l’histoire d’amour entre le Maître et Marguerite. Et Moscou des année trente ressuscitera par moments.

Du coup je ne décrirai pas l'enchainement des scènes.

Je me limiterai à dire combien certaines sont belles, poétiques, à la limite du surréalisme, par exemple quand le magicien Woland (Romain Cottard) suggère à Marguerite de devenir une sorcière et qu'on la voit chevaucher un balai et s'envoler. Il a auparavant multiplié des tours de magie noire, avec pour conséquence de nous montrer un oeil à l'envers et d'envoyer Ivan dans un asile psychiatrique et Berlioz à Yalta. Et juste avant il aura secoué nos consciences en posant un billet de 5 euros sur une chaise et annoncé que le spectacle ne reprendrait qu'une fois que quelqu'un aura osé monter le prendre.

Comme ça marche il récidive avec 20 euros ... et même 100. Vous voilà informés. Entrainez-vous à courir et à sauter.

Certains moments sont carrément loufoques. J'ai été surprise d'entendre l'énorme succès de la star portoricaine Luis Fonsi de l'année dernière sur les ondes, Despacito (et non pas El Pasito comme j'ai pu le lire ...) avec l'invitation au public de danser si le coeur lui en dit.

La musique est d'ailleurs étonnamment utilisée au cours du spectacle : chaque tableau est introduit par une musique. Avec beaucoup d'éclectisme entre la Marche hongroise de la Damnation de Faust de Berlioz, Sympathy For The Devil des Rolling Stones (dont les paroles sont "raccord" avec la pièce puisqu'il y est question de Jesus-Christ et de Pilate), Ameno qu'Era a créé en 1996, et puis à la fin Just a perfect day, entendu pour la troisième fois au théâtre en quelques semaines (dans Papa va bientôt rentrer et dans le Lauréat), entonné par un mystérieux gros chat (Alexandre Soulié) et qui fait écho à Une si belle journée dont il est question au début du spectacle.

C'est sur cette chanson, interprétée avec originalité, mais qui ne plaira pas aux puristes qui ont en tête la voix de Lou Reed, que la soirée prend fin alors qu'un ciel de feu irradie sur le cyclo en fond de scène. J'ai retenu la réflexion d'une spectatrice en sortant de la salle : c'est particulier.

Le qualificatif résume bien ce théâtre parfois déroutant, toujours créatif, élégant et souvent onirique, servi tambour battant par des comédiens excellents qui nous interrogent sans répit sur le bien et le mal. le metteur en scène souhaitait que le spectateur soit placé au cœur de la folie de Boulgakov. On dira que c'est réussi.