22 nov. 2020
8,5/10
0
Numéros de jonglages, envolées de gracieuses jeunes femmes dans les airs, numéros équestres, fildefériste impressionnante, tout ceci en musique, mais avec une cheffe d’orchestre déjantée et le portable collé à l’oreille (petit clin d’oeil à nos vilaines manies !).
On est éblouis par les numéros de voltige, de dressage, d’acrobaties. Le clou du spectacle, la pyramide humaine sur quatre chevaux au galop. Frissons garantis !
Du grand spectacle, adresse, beauté, élégance et humour.

Vivement qu’ils reprennent la piste, “les chevaux n’ont pas le chômage partiel”, il faut les soutenir dès que vous le pourrez !
S C
10 nov. 2020
7,5/10
1
Labiche est pour moi très supérieur à Feydeau, par son registre plus étendu et la subtilité avec laquelle il traite des relations humaines. On se moque d'eux, mais on s'identifie aussi à ce groupe d'amis qui part en goguette, chacun avec son idée derrière la tête, solidaires dans la mesure de leurs moyens, touchants et ridicules dans leurs mesquineries, leur honnêteté et leur confiance en leur prochain.

Labiche exige beaucoup de subtilité dans le jeu, pas d'outrance - tout est dans le texte! Ce n'est pas toujours compris par les comédiens qui tendent à le jouer comme du Feydeau.

Mais cette cagnotte est une agréable surprise : malgré quelques grimaces, cris et bouffonneries qui, plutôt que de souligner le propos, l'étouffent, l'action est rondement et plutôt finement menée par une troupe qui a manifestement du métier. Les parties musicales gagneraient à être un peu répétées mais sont bien insérées.

C'était le bon choix pour une dernière sortie avant reconfinement...
6 nov. 2020
8/10
3
Une séance toute particulière, nous avons assisté à la dernière représentation avant le baisser de rideau imposé pour le second confinement : c’est dire si la thématique de ce spectacle prenait là toute sa dimension et tout son sens; inutile de dire que le public mesurait toute l’importance de cette séquence théâtre, moment “volé”, moment intense, moment précieux partagé avec ce trio dans ce cocon du poche Montparnasse, cette salle qui pourrait être notre salon tant les comédiens évoluent au plus près…

Christophe Barbier nous livre son analyse, compile ses chroniques et les extraits de grandes œuvres (Œdipe Roi, Roméo et Juliette, L’Annonce faite à Marie, L’Etat de siège, Jeux de massacre) et conclut : Théâtre et épidémie sont de faux jumeaux : ils se ressemblent sans être identiques, mais peuvent difficilement se séparer. Fil conducteur, maître de cérémonie, chef d’orchestre, il met en scène ses deux complices, ses deux clowns , l’un blanc, l’autre noir, deux faux jumeaux qui se ressemblent sans être identiques où l’un n’est jamais loin de l’autre : deux marionnettes … ou pantins… rien n’est moins certain et les apparences pourraient s’avérer trompeuses.

Quand les mots et les emphases de la comédia del arte s’entrechoquent avec le “sum”de Didier Raoult, les balbutiements , atermoiements ou verlan d’ Olivier Véran ou encore les déclarations Edouard Philippe et Emmanuel Macron, ce trio “en marche ” devient équilibriste , embarquant son public dans la folle épopée d’un virus connu et méconnu, dévastateur et révélateur…

Les Théâtreux ne manqueront pas de relever toutes les références classiques, les “main stream” pourront bifer les anecdotes et chacun saura apprécier ce pèle mêle en trois actes.

Brinqueballés, chahutés, chamboulés, nous nous laissons prendre au jeu, tentons de trouver la sortie du labyrinthe…avec l’aide… ou la malice ou l’impertinence de ce trio qui n’hésite pas à nous faire emprunter des chemins de traverse et nous faire danser à contretemps…

Ce spectacle est placé sous le magistère d’Antonin Artaud : « Le théâtre, comme la peste, dénoue des conflits, il dégage des forces, il déclenche des possibilités, et si ces possibilités et ces forces sont noires, c’est la faute non de la peste ou du théâtre, mais de la vie. De même que la peste, le théâtre est fait pour vider collectivement des abcès. »- Des mots sur des maux… pour un virus qui nous contraint à ” ne penser COVID” qui nous sépare plutôt qu’aux “pleins” qui nous rapprochent .

Faut il relayer cette épidémie au rang des souvenirs ?
4 nov. 2020
8,5/10
3
Une première impression persiste tout au long de ce seul en scène : Une comédienne d’une élégance rare !

Alice Dufour campe une “femme enfant”, tantôt ingénue frêle , fragile , gracile, attendrissante , tantôt femme envoutante, ensorcelante dont les charmes ne manqueront pas leur cible…

Un seul en scène très immersif , la petite salle du poche ayant été judicieusement utilisée avec des scènes deci delà, une mise en lumière et une ambiance cabaret où le public est tantôt témoin confident, tantôt client désigné figurant.

Le thème pourrait paraître simpliste mais les questions et les réflexions qui jalonnent les scènes interpellent , les frontières deviennent perméables : entre ombres et lumières, candeur et profondeur, romance ou psychose, le fil, ténu, ne rompt pas … Mademoiselle Else tisse sa toile de soie ( ou de soi…), s’habille de mystère, moire en clair obscur pour une nudité en sauf conduit.

La gestuelle est juste, précise, fluide et toujours altière , les tableaux très soignés avec le soucis du détail, de l’élégance, de l’harmonie, les costumes sont sublimes.

Oui, il y décidemment une grâce naturelle, comme une évidence… la bulle de mademoiselle Else est un onguent , un baume à la morosité, une douceur qui s’installe et vous enveloppe … Vous pourrez plonger avec délice dans l’eau du bain de cette sirène, saluer ces ambivalences jubilatoires pour finalement garder ce sentiment d’avoir partagé un moment intimiste d’exception.
29 oct. 2020
10/10
4
Nous avons choisi ce spectacle au dernier moment un peu par hasard et avons passé un excellent moment, les acteurs sont brillants, performants dans l'improvisation, le concept de l'interactivité avec le public est très réussi.

De plus cette pièce fait beaucoup réfléchir sur les choix de nos vies, elle présente un intérêt philosophique sur la question de la liberté.

Allez y les yeux fermés, jeunes ou moins jeunes, c'est un divertissement qui fait du bien en cette période morose !