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Le Tartuffe

Le Tartuffe
De Molière
Mis en scène par Michel Fau
Avec Michel Bouquet
  • Michel Bouquet
  • Michel Fau
  • Juliette Carré
  • Nicole Calfan
  • Christine Murillo
  • Théâtre de la Porte-Saint-Martin
  • 18, boulevard Saint-Martin
  • 75010 Paris
  • Strasbourg-Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 62,00
À l'affiche du :
15 septembre 2017 au 30 décembre 2017
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 16:00
    • 20:00
    • 20:30

Le Tartuffe se fait passer pour un homme entièrement dévoué à Dieu. Il a assis son emprise sur les esprits d’Orgon ainsi que sa mère Madame Pernelle, et vit à leurs crochets.

Directeur de leurs consciences, prompt à leur donner des leçons qu’il est le dernier à suivre, il se voit promettre par son protecteur la main de sa fille, Marianne, pourtant amoureuse de Valère.

Cela n’empêche pas Tartuffe de convoiter en même temps la jeune épouse d’Orgon, ainsi que tous leurs biens.

   

Le Tartuffe est une comédie de Molière en cinq actes et en vers dont la première représentation fut en 1669 sur la scène du Palais-Royal. Elle a d'abord été interdite, pour éviter de poser des problèmes à l'Eglise, puis une version remaniée a été autorisée 18 mois plus tard.

Pour la première fois réunis sur scène, Michel Bouquet et Michel Fau seront Orgon et Tartuffe. Après L’avare et Le Malade Imaginaire, Michel Bouquet retrouve la scène du Théâtre de la Porte St-Martin, pour une série exceptionnelle de l’une des plus fortes comédies de Molière.

Michel Fau a mis en scène Fleur de Cactus, Un Amour qui ne Finit pas et Peau de Vache. Il a été nommé plusieurs fois aux Molières en tant que comédien ou metteur en scène, sans pour l'instant en remporter.

Michel Bouquet est un acteur de 91 ans. Il a récemment joué dans la pièce A Tort et A Raison au Théâtre Hébertot. Son grand âge l'obligeait à jouer assis. 

10

La critique de la rédaction : 6.5/10. Un joli classique qui s'étire un peu.

Le texte de Molière est beau, les vers sonnent bien et résonnent dans l'oreille. D'autant qu'ils sont déclamés dans cette adaptation de manière très solennelle, les acteurs toujours face au public.
La mise en scène est d'ailleurs trop statique, avec des déplacements réduits au minimum. Quelques excentricités viennent nous surprendre mais nous avons trouvé l'ensemble relativement sage.

Pendant ces 2h15, les tirades paraissent parfois interminables, même si d'autres répliques fines font rire. La pièce met un temps fou à démarrer et ne commence à avoir de réel intérêt qu'à l'arrivée de Tartuffe sur scène. 
Michel Fau campe un excellent Tartuffe, sournois, malin et Michel Bouquet est un peu plus en forme que nous l'aurions imaginé. Seul son débit de parole est saccadé, parfois lent. Les autres acteurs ne déméritent pas.

Nous avons trouvé les décors et les costumes extravagants, magnifiques.

La morale, les défauts humains dont se moquent cette satire valent toujours aujourd'hui, ont traversé les siècles. Pour cela, il faut avoir vu Le Tartuffe au moins une fois.

Note rapide
7/10
pour 9 notes et 8 critiques
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Note de 1 à 3
0%
5 critiques
Note de 4 à 7
67%
3 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
2 déc. 2017
6/10
3 0
Après la version de mise en scène de Luc Bondy difficile de plonger dans cette version beaucoup moins fluide.

Bien sûr il y a ici un parti pris différent mais le texte semble galoper et quelque part nous échapper malgré des comédiens talentueux. Michel Fau met sa patte dans le personnage de Tartuffe de manière toute personnelle ce qui est la moindre des choses, sombre et empourpré, diabolique et possédé, luciférien et décoiffé à mesure qu'il se dévoile au grand jour.

Il m'a manqué d'apercevoir l'âme sombre de Tartuffe, l'ambiguïté étant ici effacée par une recherche plutôt comique. C'est un parti prix qui m'a moins intéressé qu'une vision plus moderne (difficile de se défaire de l'interprétation magistrale de Micha Lescot).
22 nov. 2017
6/10
4 0
À 90 ans passés, même si son incomparable jeu et sa présence scénique s’essoufflent, Michel Bouquet demeure un acteur bankable, comme on dit au cinéma.
Et c’est tant mieux pour cette version d’un Tartuffe qui ne devrait pas faire date. Michel Fau, acteur y campe un crédible rôle titre. Sa mise en scène en revanche déroute.
Où donc est passée la modernité de ce diabolique gourou, manipulateur hors pair qui se joue du gogo d’Orgon?
Cette lecture en fait un faux dévot hypocrite et intéressé. Point. Ah non, c’est un peu court. A cela s’ajoute, une vision de la jeunesse un tantinet « reac ». Valere et Mariane paraissent de sots ados, l’un avec sa voix de fausset, la seconde s’écroulant par terre comme une hystérique dès que son père lui adresse la parole. Comme jeune couple, même soumis au rebuffade d’un père tyrannique, on a fait plus glamour... heureusement Dorine est là portant son personnage de servante mêle-tout et haute en couleur - costume compris- avec inspiration.
La mise en lumière corrige un décor écrasant mais ne sauve pas cette version d’un essoufflement dont les superbes alexandrins de Molière font les frais. Difficile de capter leur modernité et de prendre son pied dans ce Tartuffe d’où ne sourdent pas la noirceur et la contemporaneité. Le rideau tombe sur une déception. Mais il y aura d’autres Tartuffe qui à la scène nous évoqueront un peu plus justement ceux de la ville!
8 nov. 2017
8/10
13 0
Mes a priori ont pris une gifle en assistant au Tartuffe magistral qu’a imaginé Michel Fau au Théâtre de la Porte Saint Martin, et ça leur fait du bien.

J’y suis allé invité, un peu à reculons, parce que Tartuffe, je connais, parce que je n’avais pas envie de voir un Michel Bouquet chevrotant et affaibli. J’ai eu raison d’accepter cette invitation.
La mise en scène de Michel Fau est magistrale. Elle sert le propos de Molière, la condamnation des imposteurs, en évidence. Ce n’est pas un texte qui ronronne, c’est un texte vivant, actuel, la condamnation est sans appel. Loin du respect d’un certain classicisme, c’est baroque, flamboyant, amusant, précis.
Les costumes de Christian Lacroix contribuent à cette image, Dorine sauvage dans sa robe venue des steppes de l’Oural, Damis renvoie à un certain Pirate Caribean. Elmire ? La Fée des Lilas ! Et Tartuffe dans une robe cardinalice montre la réalité de son âme, j’ose, la Fau-sseté de son âme.
Le décor m’a renvoyé au pays des Merveilles d’Alice, un grand bravo pour son imagination, pour la grandiloquence de la scène où Orgon découvre la réalité de Tartuffe, tirant parti de la fragilité de Michel Bouquet pour en faire un monument.
La mise en scène sert le texte, et le jeu des acteurs sert la mise en scène, j’ai adoré le naturel de Madame Pernelle (Juliette Carré), la sensualité cachée d’Elmire (Nicole Calfan), la franche sauvagerie de Dorine (Catherine Murilli), bien sûr le jeu démoniaque et maléfique de Tartuffe (Michel Fau). Je suis plus réservé sur le parti pris du jeu de Marianne et de son expression proche de l’alcoolique, ou de Valère, bien niais.
Globalement, un grand moment de théâtre, une mise en évidence du texte de la pièce, des raisons qui ont
Ah oui, et Michel Bouquet. Il m’a ému, si fragile, parfois un peu perdu.
22 oct. 2017
8/10
13 0
Un "Tartuffe" qui sonne très juste, avec des partis pris scéniques et décoratifs aussi cohérents que convaincants : les costumes de Christian Lacroix ne sont pas seulement somptueux, ils font sens, comme la pourpre cardinalice dans laquelle l'Imposteur drape ses turpitudes, ou l'habit de lumière d'Elmire, aveuglant objet du désir. Le texte est là, tout le texte (pas comme à l'Odéon-Berthier où Bondy l'avait scandaleusement mutilé), parfois certes un peu noyé dans le flux des alexandrins (Mariane maniérée et indistincte, Dorine détaillant le repas de Tartuffe comme si elle lisait un menu de cantine, ah, qu'on regrette Françoise Seigner !), mais verbe ondulant et sifflant dans la bouche du faux dévot prédateur (Michel Fau porte son rôle titre comme sa mise en scène, avec tension et précision), ou magistrale déclamation grand-siècle d'un Cléante emperruqué... et décoiffant.

On attendait ici Michel Bouquet, sa diction ciselée et son art du pianissimo sombre, mais ils ne sont qu'un lointain souvenir.
26 sept. 2017
5/10
66 0
Une nouvelle fois, j'ai eu l'immense privilège de voir jouer Michel Bouquet !

Comme 98 % du public, c'est pour lui que je suis venu. Pas d'illusion à avoir !

Oui, je me méfie des mises en scène du grand comédien qu'est Michel Fau.
Encore hier, en sortant du théâtre, se posaient à moi un certain nombre de questions concernant nombre de ses parti-pris.

- Pourquoi tous les comédiens jouent-ils du début jusqu'à la fin sur le même ton, dans le même registre, sans jamais en sortir, sans surprise aucune ?

- Pourquoi les alexandrins semblent-ils ne pas couler ? Pourquoi sont pratiquement systématiquement marqués (et parfois très lourdement) les hémistiches ?

Oui, ce fut pour moi un immense privilège de voir Michel Bouquet jouer une nouvelle fois !

- Pourquoi le Tartuffe de Fau ne m'a paru paradoxalement que très peu hypocrite, très peu falsificateur, très peu malhonnête ?
Il faut attendre très très très longtemps pour se rendre compte de sa duperie. Voici deux années, à la Comédie Française, Michel Vuillermoz apparaissait, et d'entrée de jeu, on savait la fausseté du personnage!
Je trouve même qu'ici, ça en devient un contresens : on ne peut se reposer sur le fait que le public connaît les caractéristiques du personnage.

Il ne faut jamais oublier qu'une première d'une pièce classique a eu lieu un jour et que les spectateurs d'alors n'avaient absolument aucun repère.
Il faut également penser notamment au jeune public qui découvre la pièce pour la première fois !

Mais quel immense privilège ai-je eu de voir jouer Michel Bouquet une nouvelle fois !

- Pourquoi certains personnages hurlent-ils du début jusqu'à la fin de la pièce ?
Ça en devient même éprouvant et pénible !

- Pourquoi Valère apparaît-il tout à fait gratuitement sur un cheval en carton-pâte, avec des ailes et une queue de sirène ? (Le cheval en carton pâte, pas Valère...)
Mystère...
Pourquoi faire prendre au comédien cette voix de fausset, qui le ridiculise définitivement aux yeux de la salle ?

- Pourquoi Marianne a-t-elle une diction et un débit "dignes" d'une tragédienne du début du XIXème siècle ?

De voir jouer une nouvelle fois Michel Bouquet fut pour moi un immense privilège !

- Pourquoi Michel Fau doit-il se résoudre à faire poser de fausses larmes en fausses perles sous les yeux de Marianne et Elmire pour nous faire croire à leur désarroi ?

Heureusement, Christine Murillo est là, avec sa merveilleuse Dorine !
A chaque apparition, elle m'a véritablement enchanté ! Quelle truculence, quelle vis comica, quelle justesse, quelle beau jeu !

Ah ! J'allais oublier !
Vous-ai je dit que ça avait été pour moi un immense privilège de voir jouer Michel Bouquet une nouvelle fois ?

Merci pour tout, M'sieur !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor