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A tort et à raison

A tort et à raison
De Ronald Harwood
Mis en scène par Georges Werler
Avec Michel Bouquet
  • Michel Bouquet
  • Juliette Carré
  • Francis Lombrail
  • Margaux Van Den Plas
  • Damien Zanoly
  • Didier Brice
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 17,00 à 55,00
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1946, Berlin. Chargé d'instruire son dossier de comparution devant le tribunal de dénazification, un commandant américain se retrouve face à l'un des plus grands chefs d'orchestre du siècle dernier, Wilhelm Furtwängler.

Ce dernier se voit reprocher d'avoir continué à diriger la Philharmonie durant le régime hitlérien et échangé une poignée de mains avec le dictateur.
Le commandant est bien décidé à mettre au grand jour sa culpabilité.

Il pose à Furtwängler la question essentielle, celle à laquelle il n'a jamais su répondre clairement.

 

Par Ronald Harwood, scénariste du film "Le Pianiste", rentrez dans une histoire palpitante et assistez à l'affrontement entre le commandant et l'artiste.

A-t-on raison ou tort d'accuser Wilhelm Furtwängler, chef d'orchestre renommé, de malversation avec le régime nazi ? L'art peut-il serrer la main à la barbarie ?

Michel Bouquet est un acteur de 90 ans. Il a déjà joué dans cette pièce au théâtre de Montparnasse et au théâtre des Célestins de 1999 à 2001. Récemment, il a également joué dans Le Roi se Meurt.

Francis Lombrail, rôle principal de cette pièce, est également directeur du Théâtre Hébertot.

Pour sa prestation dans A Tort et A Raison, Didier Brice a été récompensé du Molière 2016 du comédien dans un second rôle.

La critique de la rédaction : 7.2/10. Une jolie pièce, au rythme assez lent.

L'histoire d'A Tort et A Raison est très bien construite, avec un texte parsemé de répliques drôles ou cinglantes... Passionnant de revivre cet épisode d'après guerre en se mettant dans la peau des américains, qui ont du enquêter sur les faits et gestes des hommes de pouvoir pendant la guerre.

Présumé coupable par le commandant américain qui instruit un dossier à charge, Wilhelm Furtwängler semble impuissant. Malgré tout, nous changeons plusieurs fois d'avis sur son implication ou non dans le régime nazi. Qu'il avait du être difficile de résoudre son cas !
Au fil de la révélation des preuves, le suspense renait et nous attendons les réponses des différents témoins ainsi que du principal intéressé.

C'est un plaisir de voir Michel Bouquet sur scène. Ce serait mentir de dire qu'il est toujours aussi vif qu'à ses vingt ans, mais il reste crédible dans son rôle et nous sommes plein de compassion pour son personnage qui a l'air si innocent. Malgré les horreurs qu'on lui reproche.
L'acteur qui se distingue vraiment est Francis Lombrail. Il porte véritablement la pièce, avec son énergie, sa justesse d'interprétation.

La mise en scène se révèle aussi classique que le très beau décor. Dommage, elle aurait pu dynamiser un peu plus l'ensemble.
Nous avons été déboussolés par la scène finale, assez ambiguë, si bien que nous avons filé sur la page Wikipedia du chef d'orchestre pour vérifier notre interprétation. Aux applaudissements, le public semblait partagé entre ceux qui se levaient pour acclamer la pièce et les autres qui baillaient en regardant leur montre.

Note rapide
Meilleures critiques
Meilleure critique positive
8 janv. 2016
8/10
328
Si la musique adoucit les mœurs elle est aussi et surtout, comme toute forme d’art et de culture, une arme d’instruction massive et de résistance passive à la violence. C’est ce que Wilhem Furtwängler, qui a dirigé l’Orchestre philharmonique de Berlin...
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Meilleure critique négative
4 janv. 2016
5/10
303
Michel Bouquet, 90 ans, remonte sur scène pour interpréter le chef d'orchestre Furtwängler, rôle dans lequel il avait connu un énorme succès il y a déjà une quinzaine d'années.

Le spectacle donnait une de ses premières représentations à Genève avant...
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Toutes les critiques
30 déc. 2016
8/10
91
Auparavant, je n'avais jamais vu Michel Bouquet au théâtre. J'y suis allée pour lui, ne pensant qu'à une chose, j'allais enfin le voir sur scène...

Après la seconde guerre mondiale, Un très talentueux chef d'orchestre allemand, Wilhelm Furtwängler, est accusé d'avoir collaboré avec les nazis, d'avoir été proche d'Hitler et d'avoir joué pour lui le jour de son anniversaire.

Lors de plusieurs interrogatoires, un commandant américain l'accuse de s'être compromis avec le pouvoir en place.

Il ne comprend pas l'attitude de Wilhelm Furtwängler, visiblement intéressé que par la musique mais qui dit s'être opposé, à sa façon, aux nazis et avoir réussi à sauver des juifs.

Ce face à face, je devrais dire pour être plus juste, ce duel, nous fait nous questionner sur ce qu'aurait été notre propre réaction en ces temps. Aurions-nous été des héros au péril de notre vie ou des suiveurs se faisant tout petit pour ne pas se faire remarquer et passer ainsi entre les gouttes.

Qui peut le dire !

Michel Bouquet, est époustouflant, tout en mesure, en intériorité. Il force l'admiration et impressionne. Son jeu est saisissant. Il n'incarne pas, il est, avec grâce, ce chef d'orchestre pour qui la musique est toute la vie. Quel talent !

Le commandant américain est, tour à tour, antipathique et, à la fin, attendrissant, lorsque l'on découvre ce à quoi il a été confronté.

Il est tout le contraire du chef d'orchestre : grossier, inculte, implacable, s'acharnant avec force, colère et ironie sur Wilhelm Furtwängler, il est cependant doté d'une grande humanité et laisse, parfois, percer l'empathie qu'il a pour ce géant de la musique.

Il est joué par Francis Lombrail. C'est un grand comédien qui donne le meilleur de lui-même et que j'ai eu le bonheur de découvrir lors de cette pièce. J'ai hâte de le voir jouer à nouveau.

Les autres acteurs sont bons, mais, il faut bien le dire, écrasés par Michel Bouquet et Francis Lombrail qui se taillent la part du lion.

Les décors sont sobres et conviennent parfaitement à la pièce.

Cette pièce retrace une histoire vraie, c'est en cela qu'elle est aussi impressionnante.

On en ressort plein de questions et sans certitude, sauf une, le théâtre existe pour notre bonheur à tous.
Le thème des rapports entre les milieux artistiques et le nazisme a été traité à plusieurs reprises par Ronald HARWOOD, tant au théâtre qu'au cinéma (cf. Le pianiste). Dans COLLABORATION c'est sous l'angle du travail en commun des deux grands artistes qu'étaient Richard STRAUSS et Stefan ZWEIG. Avec A TORT ET A RAISON c'est la confrontation entre un artiste et justice des vainqueurs qui est mise en scène.

Pour écrire sa pièce R. HARWOOD a utilisé comme source le journal de Wilhem FURTWANGLER. L'action se déroule sur plusieurs mois en 1946. Le chef d'orchestre, dont on disait que le talent dépassait celui de TOSCANINI, est interdit d'intervention publique et donc d'exercice de son métier, tant qu'il n'a pas été entendu et jugé par la commission alliée de dénazification des artistes. Pourquoi a-t-il serré la main d'Hitler ? Pourquoi a-t-il dirigé l'orchestre pour l'anniversaire du leader nazi ? Pourquoi est-il resté à son poste si ce n'est parce qu'il a bénéficié des faveurs du régime ? Le Commandant ARNOLD est persuadé d'avoir trouvé la seule question à laquelle le grand homme ne pourra répondre sans avouer sa collaboration avec les nazis.

Dans la première adaptation en français en 1999 Michel BOUQUET tenait déjà le rôle du chef d'orchestre et faisait face à Claude BRASSEUR. Dans cette nouvelle production c'est Francis LOMBRAIL qui s'oppose à l'artiste. Celui-ci excelle dans le rôle de l'accusateur désigné par les forces allées victorieuses. Il incarne à merveille cet ancien agent d'assurance qui ne connait rien de FURTWANGLER, raison pour laquelle il se voit confié cette mission. Il est persuadé qu'il saura confondre celui qu'il considère comme un traitre. Par son jeu il donne du rythme au spectacle. On est convaincu par ce soldat de circonstance bouleversé par les visions d'horreur des camps de concentration quelques jours après leur libération. Cette expérience nourrit son enquête de mise en accusation, son acharnement contre le vieil homme, cette agressivité qui choque Emmi STRAUBE, l'assistante du commandant (Margaux Van Den PLAS à la présence justement effacée et volontaire) et le jeune lieutenant David WILLS (Damien ZANOKI, fougueux, précis, dynamique et passionné), tous deux profonds admirateurs du chef d'orchestre.

Michel BOUQUET fait à nouveau preuve de son immense talent. Et ce n'est pas lui faire injure que de dire que malgré son âge (90 ans) il reste une présence scénique qui en impose tout en se glissant parfaitement dans la mise en scène à la fois classique et statique de Georges WERLER. Lorsqu'il entre en scène ce n'est pas seulement le grand FURSTWANGLER qui entre, c'est aussi toute l'aura artistique de son interprète, ce qui donne aussi le sentiment de figer le temps ou de ralentir le mouvement, offrant un contraste avec le bouillonnant, colérique et bourru Steve ARNOLD / Francis LOMBRAIL. Au militaire qui ne comprend pas et ne pardonne pas la neutralité il oppose la force et la sérénité de celui qui est sûr de son droit et n'accorde à personne le droit de le juger.

On se demande? comme Steve ARNOLD? si la défense de l'art permet toutes les compromissions et autorise la neutralité ? Des deux points de vue lequel a tort et lequel à raison ? Ronald HARWOOD n'impose aucune réponse et laisse au spectateur la possibilité de décider par lui-même.

En bref : A TORT ET A RAISON est un beau moment de théâtre porté par deux grands comédiens qui interpelle le spectateur sur le rôle de l'artiste face au pouvoir politique et pose l'éternelle question : à sa place qu'aurions-nous fait ?
11 sept. 2016
6,5/10
132
S'il est vrai qu'une (ultime ?) rencontre avec Michel Bouquet est à ne pas manquer, la pièce peine un peu à nous tenir en haleine jusqu'au bout.

Sur la scène du Théâtre Hébertot, du haut de ses quatre vingt dix ans (et presque autant sur les planches, croirait-on) il endosse le costume de Fürtwangler, le célèbre chef d'orchestre et compositeur allemand qui fut accusé de sympathie pour l'idéologie et le régime nazi.
Toute l'ambiguïté du personnage, Michel Bouquet nous la livre avec brio, maestria. Tour à tour cynique, hautain, glacial puis souriant, attachant voire facétieux.
Face à lui, hélas, Francis Lombrail manque d'épaisseur et son jeu loin d'être aussi subtil. Il campe un officier américain sans nuance aucune, façon "brut de décoffrage".

La mise en scène ultra classique de Georges Werler manque de rythme et d'originalité, mais les personnages secondaires "font le job" (mention spéciale à Juliette Carré pour son apparition en avocate du grand homme).

Au bout du compte, on aura passé un bon moment de théâtre, malgré quelques temps morts, mais on aura surtout admiré un monstre sacré et l'on aura entendu la petite musique de son art.
16 mars 2016
9/10
256
Nous sommes à Berlin, en février 1946. Alors que l’Europe se relève doucement, ou du moins tente de le faire, après le règne d’Hitler, la dénazification s’amorce et les polémiques sur cette sombre période vont bon train.

L’américain Steve Arnold est chargé d’instruire une enquête à l’encontre du célèbre chef d’orchestre Wilhelm Fürtwangler accusé de ne pas avoir fui la dictature hitlérienne en s’exilant hors de l’Allemagne. Il lui reproche d’être resté coûte que coûte à la tête du prestigieux Orchestre philharmonique de Berlin qui a continué de jouer sous le gouvernement nazi. Il insinue que c’était pour couvrir une collaboration avec le Führer et tente de le démontrer malgré l’absence de preuves tangibles. Avec ses méthodes de chef de la Gestapo, Arnold en fait une affaire personnelle dans laquelle deux hommes, deux conceptions, deux personnalités au fort caractère s’opposent sans qu’il ne soit possible de trancher sur la délicate question de savoir qui a raison et qui a tort.

Michel Bouquet, à 90 ans, se montre impérial. Après Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco en 2012, nous craignions de ne plus le voir remonter sur les planches, fatigué, épuisé même par des années d’un succès amplement mérité. Et pourtant, il est toujours là, debout, humble et touchant face à nous après quinze jours d’arrêt durant lesquels nous avons, il faut bien l’avouer, pensé au pire. Il reprend le rôle du chef Fürtwangler, un homme qui a sauvé beaucoup de juifs, qu’il interprétait déjà en 1999 aux côtés de Claude Brasseur. Il fait preuve d’une grande subtilité de jeu, tout en retenue, à la fois sobre et élégant, engagé dans l’affrontement qui l’oppose à Francis Lambrail, actuel directeur du Théâtre Hébertot qui, dans le rôle du commandant Arnold, se montre intransigeant et inflexible, campé sur ses positions et ses certitudes. Les répliques fusent comme des balles sur un champ de bataille. Tandis que l’un accuse, l’autre tente de se justifier dans un dialogue de sourds où le pouvoir de l’Art se positionne comme argument et réponse aux provocations formulées, bien au-dessus de toute question politique : « L’Art a plus de sens et de poids que la politique ». « Un artiste ne peut pas être totalement apolitique, il a des convictions » se défend Fürtwangler.

La mise en scène de Georges Werler, dynamisée par la parole, permet de suivre parfaitement le cheminement d’une quête de vérité qui oppose la pugnacité à la dignité tandis que la scénographie, signée Agostino Pace, nous plonge dans le bureau du commandant américain, avec ses nombreuses étagères provisoires, preuve irréfutable que l’art est au centre de sa mission de dénazification, où « la critique, quand elle est fondée, est essentielle à l’Art », et en fait le lieu idéal pour ce huis-clos teinté d’une grande humanité avec des touches d’humour distribuées avec parcimonie. Margaux Van Den Plas, en interprétant Emmi Straube, l’assistante du commandant, se montre lumineuse et sensible tandis que Damien Zanoly, dans la peau du Lieutenant David Wills, est extrêmement convaincant, voire émouvant dans la dernière scène. Juliette Carré, la femme de Michel Bouquet à la ville, et Didier Brice complètent cette distribution de haut vol.

Le jeu sur le plateau fait preuve d’une grande humanité et cela parvient à nous désarmer, voire à nous bouleverser. Michel Bouquet est à l’apothéose de son art, tout comme le fut le chef d’orchestre qu’il incarne sous le régime nazi. Et vous, qu’auriez-vous fait à sa place ? Fuir ou se battre avec courage et détermination ? Etre coupable ou innocent dans un contexte délicat : il est bien difficile de prendre parti pour l’un ou l’autre dans cette pièce immanquable, nécessaire même concernant la place de l’Art dans notre société, écrite par le scénariste du film oscarisé Le Pianiste.
26 févr. 2016
5/10
277
Grand numéro d'acteur de Francis Lombrail qui porte la pièce quasiment à lui seul.
Un texte pas facile.
Un Michel Bouquet fatigué.

Et un final qui laisse interrogatif !
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor