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Un amour qui ne finit pas

Un amour qui ne finit pas
De André Roussin
Mis en scène par Michel Fau
Avec Pierre Cassignard
  • Pierre Cassignard
  • Pascale Arbillot
  • Michel Fau
  • Léa Drucker
  • Audrey Langle
  • Théâtre Antoine
  • 14, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 22,00 à 55,00
Evénement plus programmé pour le moment

Jean imagine un amour qui ne finit pas en s'éprenant d'une femme à qui il propose de se laisser aimer. Chastement et sans contrepartie.

Pour ne pas vivre une fois de plus la fin de ses amours, il ne veut qu'une image servant de prétextes à ses songes.

 

Le jeu est charmant si on peut le jouer à deux mais Jean aura affaire à trois partenaires...

 

La critique de la rédaction : 6.8/10. Un Amour qui ne Finit Pas nous désarçonne. Michel Fau y interprète un original souhaitant aimer une femme mariée sans rien attendre d’elle en retour. Il pense que sa lubie n’aura aucune conséquence, mais il a bien tort !

Les folles situations de cette pièce de boulevard d'André Roussin (datant de 1963 !) surprennent plus d'une fois. L'astucieuse construction et les nombreux rebondissements font mouche.

Nous avons apprécié les dialogues bien écrits, dans un langage châtié. Ils nous font rire par leur absurdité et sont déclamés par de bons acteurs, exagérant un peu leur jeu pour rendre le tout décalé. Avec son décor des années 60, c'est un boulevard qui, conscient d'être un peu poussiéreux, se moque de cette poussière.

Malheureusement, après avoir atteint son apogée et nous avoir fait passer une excellente heure quinze, nous avons comme l'impression que l'auteur n'a pas trouvé comment conclure la pièce.

Les dialogues des dernières scènes se suivent et se ressemblent. La fin, peu convaincante, a trop tardé à arriver : après 20 minutes d’ennui. 

Note rapide
7,6/10
16 pour 16 notes et 11 critiques
0 critique
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3 critiques
Note de 4 à 7
50%
8 critiques
Note de 8 à 10
50%
Toutes les critiques
8 juil. 2016
7/10
158
Une pièce amusante, originale et décalée, interprétée par d'excellents acteurs. Pas follement drôle mais très plaisante.

J'ai été agréablement surprise par les personnages, moins convenus que dans beaucoup de pièces du genre (notamment les personnages féminins).

Je rejoins cependant la critique de la rédaction ; une vague impatience s'est installée sur la fin, dans l'attente d'un dénouement qui ne semblait pas venir.
20 juin 2016
9/10
162
Jean, las des adultères sans lendemain dont il est coutumier décide d'aimer passionnément mais platoniquement Juliette, qu'il a rencontrée en cure.

Il lui écrira quotidiennement, l'appellera, parfois, pour lui conter inlassablement les journées imaginaires qu'ils passeront ensemble. Cet amour ne finira jamais puisque le quotidien ne viendra jamais l’éroder. C'est sans compter l'honnêteté de Juliette qui aime Roger, son mari, et ne lui cache rien de ces lettres, ni la frustration de Germaine, la femme de Jean, à qui cet amour idéalisé fait bien plus peur que les passades de son mari.

« Un amour qui ne finit pas » est une comédie douce-amère loin des boulevards classiquement cantonnés au trio mari-femme-amant : les dialogues ciselés et acérés, la progression dramaturgique adroitement calculée nous emmènent avec drôlerie et subtilité vers des sujets plus graves comme l’amour, la jalousie, la peur ne n’être plus aimé ou de ne plus aimer.

De la progression de l’amour, de doutes, des peurs et des certitudes amoureuses, des joutes verbales entre maris trompés trompeurs ou épouses aimées trahies, les comédiens se régalent. Michel Fau est impeccable en amoureux mélancolique, Pascale Arbillot (Juliette) offre une palette large qui va du refus à la peur puis au trouble pour cet amour qu’elle n’a pas recherché, Pierre Cassignard (Roger) est un mari d’abord railleur puis finalement terrorisé par cet amant fictif. Enfin, Lea Drucker campe une délicieuse et hilarante Germaine Noyel, bourgeoise coincée, hystérique, bien plus effrayée par cette menace que par les liaisons sans lendemain de son époux.

La mise en scène millimétrée de Michel Fau propose les deux appartements des deux couples dans une scénographie en miroir où les scènes s’alternent dans une jolie symétrie: chaque personnage, chaque couple aura sa part de noirceur et de candeur amoureuse. Le tout est ponctué de brefs intermèdes musicaux suffisamment courts pour ne pas briser le rythme. Un bel écrin, donc, servi par des comédiens au diapason, pour une écriture à la fois subtile et cruelle, désenchantée et délicate.
12 juin 2016
7/10
169
Voici une pièce de boulevard qui m'a beaucoup plu. Le point de départ était amusant, les réactions des deux femmes se manipulant mutuellement par mari interposé étaient drôles, en particulier Pascale Arbillot. Les moments de comédie ne sont pas (trop) surjouées, l'intrigue est bien menée, sans temps mort. Les personnages sont un peu caricaturaux, le mari en particulier, mais ça n'a pas gâché mon plaisir. L'évolution du personnage principal qui apparaît finalement plutôt comme un goujat était convaincante.

Le décor et les costumes étaient une véritable reconstitution d'une scène des années 60, la plongée dans le temps semblait renforcée par un cadre de scène semblable à un vieil écran cathodique.

Par contre je n'ai pas compris le choix des éclairages: Seuls les projecteurs de face basse et contre-plongée étaient utilisés. Je ne sais pas si c'était indispensable pour n'éclairer que la moitié du décor "active", ou bien pour rendre un éclairage de type "appartement", mais le résultat était franchement sous-éclairé avec des ombres pas très heureuses.

J'avais été peu enthousiasmé par Fleur de cactus. Ce précédent essai de résurrection du boulevard des années 60 m'a bien plus convaincu du talent de Michel Fau.
30 mai 2016
9/10
176
Une pièce de boulevard "expérimentale" sur les délices de l'amour muse.

Comment un industriel du caoutchouc veut rendre hommage à la beauté sans demander rien d'autre à cette beauté que d'être cette ivresse sans fin d'une éternité non consommée.

On perçoit là toute l'ironie presque naïve du sujet, comment finalement sortir du "boulevard" cet amour-théâtre avec ses petites intrigues à maîtresses et mensonges, émotions lassées qui ne peuvent se renouveler que par la multiplication des aventures. Comme il est dit, les contrats que l'on signe (le mariage) ne sont pas autre chose qu'un pauvre espoir de confort dans lequel l'élan de l'âme ne peut pas toujours s'épanouir. La société bourgeoise se moque de l'âge d'or mais range son ennui dans des salons aux rituels plutôt éteints.

C'est toute l'ingéniosité de ce texte qui énonce le paradoxe de l'ennui et du confort, de l'amour infini et des mesquineries de l'esprit, énonce tout en restant sur le versant du rire, mais pas forcément le rire déployé, aussi la démonstration douce amère de l'impasse des passions.

Une certaine mélancolie légère pourrait conclure la pièce, comme une station thermale sur fond de nature idyllique, décor dans lequel l'homme se prend à rêver, juste à rêver d'autre chose, juste rêver sa vie peut être, ambitieuse mélancolie.

Acteurs brillants, scénographie efficace.
Du boulevard mais pas que.
20 mai 2016
8/10
94
Enfin, j’ai vu cette pièce que j’avais ratée lors de son passage au théâtre de l’Œuvre.
Je suis vraiment contente de l’avoir vue car ce fut un bon moment en compagnie d’un casting 4 étoiles et d’un postulat de départ original.

Michel Fau a exhumé ce texte d’André Roussin, un peu atypique pour du théâtre de boulevard et en a fait un moment fort plaisant.

Léa Drucker en bourgeoise à la coiffure choucroutée à souhait révèle un potentiel comique très sympathique auquel je ne m’attendais pas et le reste du casting sur scène n’est pas en reste, notamment Pierre Cassignard en mari sur le point de rentrer en éruption volcanique en permanence.

Cette idée de correspondance amoureuse unilatérale m’a plu et je vais sans doute y repenser à deux fois pour la prochaine lettre que je dois écrire.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor