• Classique
  • Théâtre de la Madeleine
  • Paris 8ème

Faisons un Rêve

Faisons un Rêve
De Sacha Guitry
Mis en scène par Nicolas Briançon
Avec Nicolas Briançon
  • Nicolas Briançon
  • Marie-Julie Baup
  • Eric Laugérias
  • Michel Dussarat
  • Théâtre de la Madeleine
  • 19, rue de Surène
  • 75008 Paris
  • Madeleine (l.8, l.12, l.14)
Itinéraire
Billets de 19,00 à 47,00
Evénement plus programmé pour le moment

Elle est brillante, très séduisante et malicieuse.

Il est comblé de bonheur, content des autres et de lui-même.

Si on lui demandait sa profession, il répondrait : "Faire l’amour !" C’est peu dire qu’ils se plaisent.

Quant au mari, un rustaud méridional, ils l’ont envoyé au diable, ou plutôt chez une diablesse de café-concert qui l’occupera un bon moment.

Les voilà seuls enfin et la nuit est à eux. Mais une nuit d’amour, c’est bien peu lorsque, au réveil, on rêve de grand départ et de prolonger la folie merveilleuse pour toute la vie. Et le rêve s’accomplirait peut-être si un mot de trop ne venait tout gâcher. Une petite phrase insouciante et légère, cruelle et méchante.

Mais non, la belle histoire n’est pas finie. Le dernier acte réserve encore le plus imprévisible des dénouements.

 

Sacha Guitry est un auteur français de la première moitié du XXème siècle. Il a notamment écrit les pièces de théâtre Quadrille, Mon Père avait Raison et Désiré.

Dans Faisons un Rêve, Sacha Guitry a interprété plusieurs fois le rôle de "Lui". En 1957, Louis de Funès avait lui joué le rôle du mari au Théâtre des Variétés.

Nicolas Briançon joue et met en scène Faisons un Rêve. En 2015, il a remporté le Molière du metteur en scène pour Voyages avec ma tante. Récemment, vous l'avez peut être vu dans l'excellent Piège Mortel.  

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La critique de la rédaction : 7/10. Un classique à la fois agréable et dispensable.

L'histoire de ce couple infidèle est amusante, quelques répliques bien senties font rire.
Néanmoins les différentes scènes ont tendance à s'étirer à cause de dialogues ou de monologues trop bavards.

Le bon jeu des acteurs porte Faisons Un Rêve. Ils mettent toute leur énergie et leur bonne humeur au service de ce texte. Le personnage pas très futé d'Éric Laugérias fait bien rire.

J'ai apprécié le joli décor. Quelques idées de mise en scène sont amusantes.

Cette pièce ne me laissera pas un grand souvenir mais je n'ai pas l'impression d'avoir perdu mon temps non plus.

Note rapide
Toutes les critiques
29 nov. 2017
5/10
36 0
C'est Guitry et c'est Briançon, MAIS … parfois cela ne suffit pas !!

La magie n'est pas du tout au rendez vous, rien n'est à la hauteur de notre attente, à part peut être le mari cocu… et encore !
5 novembre, 14h30, Paris

Que dire ? Faisons un rêve ? Non, plutôt un cauchemar ! Le texte est d’une misogynie insupportable. Comment monter un tel texte encore aujourd’hui ?

Le personnage du valet est grotesque. Il se balade sur le plateau avec un costume invraisemblable. Pour faire rire ? Peut-être, mais chez moi, comme je le pense chez beaucoup d’autres, ce genre d’humour lourd ne prend pas…

La scénographie est kitch, mais représentative de l’époque où ce texte à été écrit. Pourquoi pas ? Il y a certes quelques éléments de cette scénographie que nous pouvons mettre en avant comme, par exemple, la transformation assez subtile d’un tableau en table.

Nicolas Briançon est un très bon comédien mais, hélas, peu convaincant en metteur en scène.
26 oct. 2017
9/10
32 0
Elle est ravissante, élégante, son mari un bon bougre de provincial à l’accent chantant. Ils ont été invités par un avocat qui doit leur présenter quelque chose... quoi en fait, ça n’a guère d’importance mais Monsieur s’énerve, leur hôte se fait attendre.

Le mari hésite, mais sa femme, préfère fermer les yeux et de toutes façons, elle n’est pas mécontente qu’il parte à son rendez-vous avec « un américain du sud »...

Le mari enfin parti, le maître des lieux arrive tout guilleret, charmant, charmeur, il est décidé à séduire la jeune femme, ce ne sera pas bien difficile ! Il parle beaucoup (dame il est avocat !), il enveloppe sa proie avec beaucoup d’esprit. Elle est amoureuse.

Ils passent la nuit ensemble, et le matin au réveil, elle angoisse de devoir affronter son mari, qui bien entendu doit l’attendre de pied ferme à leur domicile. Oui mais tout ne se passe pas comme prévu, et un retournement de situation inattendu ravira l’un et paraitra bien cruel à l’autre.

Nicolas Briançon est à l’aise dans son rôle de séducteur, Marie-Julie Baup est expressive, son regard dit tout ! Eric Laugerias et son bel accent, Guitry ne l’a pas loupé, mais c’est un rôle si bien servi, et que dire du valet de chambre que compose avec maestria et loufoquerie Michel Dussarat, impeccable valet qui vous accueille dans le hall du théâtre !

C’est Guitry, que dire de plus, intelligence du texte, bons mots, finesse, un vrai feu d’artifice.
9/10
28 0
Ce spectacle est un précis d’élégance, d’espièglerie et de charme. Un vaudeville savoureux aux allures de farce bourgeoise où l’amour brille de ses éclats, l’humour fait des ravages et le désir est roi.

Les personnages du fameux trio amoureux sont croqués avec panache et un redoutable abattage précieux et acerbe. Les bons mots se bousculent aux césures désopilantes, aux ruptures de situations et aux envolées lyriques auto dérisoires.

Du Sacha Guitry des grands jours ! Ceux où le maître se laisse aller à la poésie comme à la folie du moment. Ceux des jours fastes où il célèbre le culte de la passion amoureuse. Dévorante, éphémère et sincère mais toujours entière et belle comme si nous faisions un rêve.

Chez Guitry, l’amour est religion, le désir est calice et l’aube est volage. Son théâtre est une liturgie du plaisir. Il en rit avec sérieux, il en parle avec éloquence, il en joue avec classe. Toujours à contre-pied de la convenance, jamais hors des clous du convenable mais souvent proche des limites de l’outrage et du burlesque.

Nicolas Briançon cisèle sa mise en scène comme un orfèvre travaille ses bijoux. Tout étincèle. Du décor, des costumes aux lumières. Des mouvements, des postures aux jeux. C’est beau, truffé d’astuces. L’ouvrage touche au délire sans y sombrer et multiplie les touches poétiques avec délicatesse.

Les comédiens jouent d’excellence. Marie-Julie Baup illumine son personnage d’épouse avec un charme fou et une élégance altière mêlée d’une candeur feinte ; Nicolas Briançon incarne le séducteur raffiné et malicieux avec brio ; Éric Laugérias dépeint l’époux cocu et dépité avec truculence ; Michel Dussarat étonne par ses savoureuses entrées pantominesques, finissant un tableau majestueux.

Un spectacle soigné, du théâtre de plaisir, un temps très agréable. Le public en sort enchanté.
4 oct. 2017
9/10
79 0
Ah ! L'éternel trio dramaturgique !
Ah ! L'inévitable triangulaire condition humaine et amoureuse !

L'argument de cette pièce de Guitry est finalement assez simple, finalement... Même que plus simple, ça ferait trop.

Un avocat séduit une femme mariée, passe la nuit avec elle.
Le lendemain, au saut du lit, le mari trompé, qui lui-même a découché, vient solliciter ce « membre du barreau » : lui aussi a besoin d'un alibi.
Le dénouement ? Eh oh, et puis quoi encore !...

Nicolas Briançon qui décidément ressemble de plus en plus à Russel Crowe, (et ce n'est pas Léonie Simaga qui me contredira...) est aux manettes.
Non seulement il met en scène, mais il incarne cet avocat parisien amateur de jolies femmes, et qui ne plaide jamais.

La difficulté est ici non pas d'être « simplement » juste dans ce rôle, mais d'être à la fois proche et éloigné de Guitry, qui bien entendu écrivait ce rôle pour lui.

Rien ne serait plus assommant que de voir un comédien singer Sacha (pas facile à dire, singer Sacha...)

Et pourtant, il faut bien délivrer sur scène ses mots, ses aphorismes et ses déclarations définitives.

Et Cupidon sait s'il y en a, dans cette pièce.

Briançon est simplement parfait.

Il a su trouver l'exacte position du curseur : ni trop, ni trop peu.
Il réussit à se démarquer en permanence tout en gardant l'esprit.

Son personnage est éblouissant.
Quel présence, quel charisme, quelle prestance briançonienne !
Il est tour à tour charmant, drôle, misogyne, affable, odieux, attendrissant, fulgurant, entreprenant, timide...
Quelle palette de jeu époustouflante !

C'est Marie-Julie Baup (c'est bien simple je l'adore, notamment dans son rôle de secrétaire enamourée dans l'excellente série TV de Jean-François Halin « Au service de la France ») qui lui donne la réplique et va se retrouver dans ses bras.

Elle est délicieuse d'ingénuité, de candeur, de sensualité, mais également de finesse et de rouerie.

Le couple formé par ces deux-là est on ne peut plus crédible.

Et le cocu, me direz-vous ?
C'est un encorné méridional, à l'accent digne d'un Escarteffigue au mieux de sa marseillaise forme.

C'est l'épatant (pléonasme) Eric Laugérias qui s'y colle.
Comment ne pas rire aux éclats devant sa faconde, sa diction et sa démarche bourrue ?

Il est drôlissime d'abattage et de force comique.
Il faut le voir les cheveux gominées coiffés en arrière, les lèvres déformées par l'accent, interpréter ce rustaud simplet...

Lui aussi est parfait.

Nicolas Briançon a étoffé le quatrième personnage, le valet de chambre joué par l'excellent Michel Dussarat, au moyen d'accessoires plus ou moins emplumés et de moyens capillaires plus ou moins sophistiqués !

La mise en scène alerte offre une totale cohérence entre ces quatre là, la sauce prend dès les premières répliques.
Tout roule, tout coule de source, comme si, paradoxalement, il n'y avait pas de mise en scène.

C'est un signe qui ne trompe pas.
C'est pétillant, enlevé, joyeux.
Ca pulse, ça virevolte, ça tourbillonne.

Mais quelle belle soirée !
De celles que l'on passe avec un bon champagne qu'on a sabré, en bonne compagnie !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor