Critiques pour l'événement Novecento
11 mars 2019
8,5/10
15
André Dussolier raconte avec fougue, passion et ferveur la vie incroyable de Novecento, pianiste très talentueux qui a passé sa vie sur mer.
Sa prestation est magistrale et les musiciens qui l'accompagnent sont fanstastiques.

A voir absolument.
29 nov. 2017
8,5/10
118
Quand la musique des mots rejoint la musique des notes, et que la partition est jouée par un virtuose, le moment est rare et magique …
18 nov. 2017
8/10
125
Au début des années 1900, Novecento est l’enfant du siècle nouveau.
André Dussolier nous raconte si bien cette histoire captivante que l’on a l’impression de voir ce bébé vivre et grandir. Il respire le plaisir de conter cette merveilleuse extravagance. C’est une exceptionnelle interprétation du texte d’Alessandro Baricco adapté par Gérard Sybleyras. Ce pourrait être un sujet d’actualité sur l’immigration.
L’incroyable destin d’un nouveau né passager clandestin, qui deviendra un pianiste virtuose sur un paquebot, tout le reste de sa vie.
2 nov. 2017
8,5/10
127
Quel beau conte.
Novecento abandonné dans un carton sur le piano d'un paquebot en 1920.
Adopté par le pianiste et devenant plus tard lui-même un merveilleux pianiste. C'est la naissance du jazz.

Novecento vivra en compagnie de son piano sans mettre le pied sur la terre ferme. Son univers c'est l'océan.
Ce texte est un plein de poésie.

On se laisse séduire par Novecento, sa musique, sa perception du monde.
Entouré de talentueux musiciens Elio Di Tanna (piano), Sylvain Gontard (trompette), Olivier Andrès (contrebasse) et Michel Bocchinous (batterie).

André Dussollier nous transporte dans ce merveilleux conte d'Alessandro Baricco et nous fait rêver.
13 oct. 2017
8/10
13
Tim Tooney trompettiste, est engagé sur le paquebot Virginian, il y rencontre Novecento, ce gamin est né et a été abandonné sur ce bâteau. Ses parents devaient être immigrants italiens et pauvres, ils ont préféré laisser le bébé dans un carton mais en 1ère classe, espérant ainsi que le « poverino » serait recueilli par une famille riche !

Le petit est adopté par l’équipage, qui le baptise Novecento, parce qu’il est né en 1900, il ne quittera jamais l’océan pour le plancher des vaches même pour une journée. Mais il connait tant de choses sans avoir quitté son bâteau !

Il est doué pour la musique et joue du piano comme un dieu. Sa réputation dépasse les frontières et l’un des plus grands jazzmen du temps, qui se dit « l’inventeur du Jazz », Jelly Roll Morton décide de le rencontrer et de le provoquer dans un duel musical, pas vraiment un « bœuf » mais il est certain d’écraser le petit... Il en sera pour ses frais et restera cloitré dans sa cabine !

Histoire émouvante et drôle que celle de cet enfant qui comme un capitaine ne quittera jamais le navire, fidèle jusqu’à la fin.

André Dussolier, charmeur, en bonne forme, des blagues un peu douteuses ou tirées par les cheveux, des jeux de mots alambiqués, avec un débit de paroles à suivre comme on peut, comme la tempête ou la houle.

Les musiciens sont excellents, en plein accord avec André Dussolier.

C’est une fable musicale, ou bien une partition de musique parlée, que dire, en tout cas, un bon moment de jazz et de folie douce !
12 oct. 2017
9,5/10
44
La grâce !
Un vrai moment de grâce. Purement et simplement.

« Comment vous dire ? »
C'est par ces trois mots qu'André Dussollier va commencer à nous raconter cette histoire extraordinaire.

« Comment vous dire ?
De sa voix reconnaissable entre toutes, le comédien prononce ces trois mots devant un très joli cyclo représentant une partie de la coque du Virginian, ce paquebot « pas que beau », nous révélera-t-il un peu plus tard.

Manteau long en laine, feutre mou assorti, il sort une trompette.

Son personnage, musicien de jazz embarqué, va croiser la route d'un homme étonnant.
Un homme dénommé Novecento, parce qu'abandonné en 1900 sur le piano à queue de ce même navire.

Elevé par l'équipage, autodidacte puis virtuose des quatre-vingt-huit touches blanches et noires, il a décidé de ne jamais quitter le Virginian.
Pour lui, la terre présente beaucoup trop de notes. Trop de peurs. Trop de dangers.

Telle est cette histoire extra-ordinaire écrite en 1994 par Alessandro Barrico et adaptée par Dussollier lui-même.

Durant une heure et quart, le comédien va nous enchanter, virevoltant plutôt que marchant sur le plateau.
Il bondit, danse, saute, évolue tout en légèreté, et illumine la scène de son sourire, de sa voix, de son talent et de son humour.

Son personnage sera l'ami (et peut-être le seul ami) de ce pianiste virtuose mais volontairement cloîtré dans le monstre de fer.

Sur scène, un quatuor de jazz accompagne le comédien.
Et quel quatuor !
Le merveilleux pianiste Elio di Tanna sait faire sonner et swinguer le ragtime comme personne. Il incarnera bien souvent silencieusement mais musicalement Novecento, ce musicien pas comme les autres.

Il jouera également le rôle de Jerry Roll Morton, qui, au cours d'un séjour à bord, perdra un duel musical d'anthologie.

A la trompette bouchée ou pas, hier soir, c'était un autre virtuose, Gilles Relisieux, qui lui aussi nous ravissait les oreilles.

Le socle rythmique était assuré de la plus belle des manières par Olivier Andrès à la contrebasse et Michel Bocchi à la batterie.

La mise en scène d'André Dussollier est étourdissante de virtuosité.
Un seul élément de décor sur le plateau : une sorte de double passerelle, sur laquelle il montera et descendra (parfois incomplètement) souvent. (Il faut également citer les jolies images projetées de Christophe Grelié, images qui plantent les différents décors.)
Il se donne sans compter, transpire beaucoup en espèce de Monsieur Loyal de ce conte tragi-comique.

On rit beaucoup à ses facéties linguistiques, à ses calembours. On est impressionné par son aisance et son naturel. On est souvent ému, transporté.
Impossible de se détacher de ses yeux, de sa voix.

Une vraie osmose se crée entre le comédien et les musiciens, comme s'il faisait corps avec les notes et les mélodies. Tout ceci est on ne peut plus cohérent.

Ce spectacle, créé en 2014 au Rond-Point et emmené au cours d'une grande tournée, ne vieillit pas.
Repris au Montparnasse, il fascine encore et à juste titre le public.
Hier soir encore, la salle était archi-comble.

Ce spectacle permit (quelle évidence) au comédien d'être moliérisé en 2015.
On comprend toujours pourquoi !
La grâce, vous dis-je !
16 sept. 2017
9,5/10
11
Comment ne pas fondre devant la poésie qui marque ce joli roman qu’est Novecento ? L’histoire d’un homme né sur un bateau, découvert par un marin, et qui y restera jusqu’à sa mort sans jamais en descendre.

Cette histoire, racontée par le trompettiste de l’orchestre de jazz présent sur le bateau, est celle d’un homme profondément libre. Un homme qui, sans avoir jamais posé le pied à terre, peut décrire avec une précision incroyable de nombreux lieux du monde, simplement à travers les connaissances qui se sont succédées sur le bateau. Novecento, c’est ce pianiste qui jouait « quelque chose qui n’existait pas avant que lui ne se mette à le jouer, okay ? Quelque chose qui n’existait nulle part. Et quand il quittait son piano, ça n’existait plus… ça n’était plus là, définitivement… »

Je suis une inconditionnelle d’André Dussollier. Sans originalité aucune d’ailleurs, puisqu’il est l’un des plus grands acteurs français aujourd’hui. Mais plus j’y réfléchis et plus je me dis : qui d’autre aurait pu monter Novecento ainsi ? André Dussollier a cette voix faite pour raconter les histoires, et c’est bien de cela qu’il est question ici. Dussollier, qui prend les traits de Tim Tooney, le trompettiste, est l’acteur idéal pour incarner la normalité fascinée par la folie. Il parvient à faire naître en nous la possibilité qu’un tel homme existe, il parvient à nous écarter du monde terrestre effrayant pour nous emmener en balade avec ce pianiste de génie qu’il a connu et dont il nous raconte les folies.

On y croit tellement, à son histoire, que même lorsque le pianiste sur scène entame le prélude en do majeur de Bach, ou la gymnopédie de Satie, cela ne jure pas avec la description qu’on nous avait faite de l’invention éternelle de Novecento. Au contraire, le toucher est si pur que l’émotion est palpable. L’ajout de musicien en live sur scène est un plus incontestable à la proposition d’André Dussollier : comme il le dit si bien lui-même, cela permet de transmettre des choses qu’on ne parvient pas à dire avec les mots. Du côté du spectateur, la difficulté d’expression est la même, et c’est debout, les larmes aux yeux, et les mains battant à l’unisson que l’on remercie les artistes pour ce très beau moment de grâce.
14 sept. 2017
10/10
27
Au cœur de la Belle Époque, les paquebots sont les rois des mers, les maîtres des océans. Sillonnant le globe à toute vapeur, ces majestueux liners sont les théâtres de toutes les histoires. Des histoires dont, le plus souvent, les passagers –riches ou moins nantis – sont les comédiens. Pourtant, il arrive, parfois, que la lumière se déporte légèrement et qu’elle offre un rôle principal à un membre d’équipage.

En 1900, c’est ce qu’il va arriver. A bord du Virginian, naît celui que la légende retiendra plus tard sous le nom de Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Rien que son nom est une histoire !

Alors que cette ville flottante regorge de tout ce que la société fait de plus chic, c’est bel et bien lui qui va être le centre de toutes les attentions. Il va devenir le plus grand pianiste du monde.

Qui le dit ? Son ami, trompettiste, avec qui il a fait les quatre cents coups.
Que raconte-t-il sur lui ? Je ne vous le dirai pas. Il faut aller le découvrir.

Mais au fait, cet ami, qui est-ce ? Cet ami, c’est André Dussollier. Acteur magnifique, comédien de talent. Novecento lui va à ravir. Dansant, virevoltant sur scène, tantôt drôle, tantôt émouvant, il emmène le spectateur des salons chics de Première aux salles à manger de Troisième suivre les rythmes effrénés de ce diable de pianiste. Et on en redemande. Pendant 1h15, j’ai été un enfant regardant jouer (voire même s’amuser) un des plus grands comédiens français. Un pur bonheur.

Un voyage théâtral et musical. Comment ne pas féliciter la prestation des musiciens. Mention particulière au pianiste (forcément) qui est aussi talentueux que bluffant.

Alors, bien sûr, tout a une fin, les voyages comme les pièces de théâtre. En quittant mon siège et en m’éloignant du navire, je n’ai cependant pas pu m’empêcher de sourire en repensant à ce beau moment. Même la station de métro avait pris des airs de gare maritime.

Peut-être ai-je laissé un peu de moi à bord du Virginian. En tout cas, une chose est certaine, Novecento, lui, a gravé sa musique dans mon esprit.
14 sept. 2017
8,5/10
9
Nous voguons au gré de l'histoire, de la musique du groupe de jazz et de l'interprétation d'André Dussolier. Cette traversée est à la fois d'une douceur et d'une intensité.

Je me suis laissé bercer par l'interprétation, la fougue, l'enthousiasme partagé du comédien. On ressent le plaisir qu'il a à nous faire partager cette histoire, entouré de musiciens qui rendent cette traversée des plus musicales. J'ai été "submergée" par sa performance et l'émotion qu'il transmet. C'est une belle traversée à faire.

Car Novecento c'est avant tout l'histoire d'un enfant né, abandonné sur un paquebot et adopté par l'équipage. Il appris à jouer au piano et en devient un virtuose. Toute sa vie, il le passa sur le paquebot. Et le duel musical qu'il eu avec un grand pianiste ne fut que renforcer sa notoriete et son talent.
11 sept. 2017
8,5/10
19
Quand on a aimé le livre, ce spectacle est un pur bonheur !

André Dussollier, avec une énergie débordante, nous emmène sur ce bateau et nous vivons les traversées au gré de la musique. Très bonne adaptation et belle qualité de mise en scène, nous avons vécu un très bon moment chargé d'émotion.

Je recommande !
3 sept. 2017
9,5/10
11
La mer du pianiste

J’ai tellement peur d’écorcher la beauté de cette pièce par mes mots gauches et grossiers que je préfère partager avec vous quelques extraits du livre d’Alessandro Baricco « Novecento : pianiste ».

« Et c’est ainsi que, brusquement, Novecento devint orphelin pour la seconde fois. Il avait huit ans, et derrière lui déjà une cinquantaine d’allers-retours Europe-Amérique. Sa maison, c’était l’Océan.

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur son piano...

Imagine, maintenant : un piano. Les touches ont un début. Et les touches ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a quatre-vingt-huit, là-dessus personne peut te rouler. Elles sont pas infinies, elles. Mais toi, tu es infini, et sur ces touches, la musique que tu peux jouer elle est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini. Voilà ce qui me plaît. Ca, c'est quelque chose qu'on peut vivre.

Ce n'est pas ce que j'ai vu qui m'a arrêté. C'est ce que je n'ai pas vu.

La terre, c'est un bateau trop grand pour moi. C'est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. Une musique que je ne sais pas jouer. »

Maintenant imaginer André Dussolier, accompagné sur scène d’un vrai « l’Atlantic jazz band », vous conter la vie de Novecento. Du rythme et du blues !

Un conte des neuf cents nuits.
26 sept. 2016
8,5/10
30
Cette pièce de théâtre est une très belle lecture. Mais qui aurait pu imaginer qu'elle serait si bien adaptée, si entraînante ?

La traduction est superbe, tout à fait adaptée au public français, les jeux de mots de Stephane de Groodt sont superbes et si bien joués par un Dussolier qui court, rit, et se montre dans une forme olympique.
Les quatre musiciens ne sont pas prévus dans la pièce initiale, qui n'est qu'un long monologue. Tout ici est sublimé. Le décors d'une grande simplicité fait son travail. Tant et si bien, que la pièce n'a rien à envier aux grands one man show. Ce seul en scène est drôle, riche, émouvant, et se doit d'être vu en vrai.

La poésie est là, le spectacle passe trop vite. Je souhaite à ce bateau de voguer le plus loin possible et le plus longtemps possible pour embarquer le plus de spectateurs possible dans cette folle et merveilleuse histoire.
24 sept. 2016
9/10
41
Un moment de pur bonheur.

André Dussollier, merveilleux conteur, occupe la scène avec une belle énergie et la musique nous envoûte dans cette croisière de la vie.
18 sept. 2016
8,5/10
189
Plus qu'une pièce de théâtre, Novecento est une expérience inédite, à mi-chemin entre le concert et le one man show.

André Dussollier emporte l'adhésion du public dès les premières minutes de spectacle. Il vit et nous fait vivre l'histoire de ce Novecento, pianiste qui ne quitta jamais son paquebot. Dynamique et habité, l'acteur livre une performance extraordinaire, accompagné de musiciens hors pair. Un peu plus mis en avant pour les besoins du récit, le pianiste est un second rôle génial, qui s'exprime uniquement via sa musique.

Ce spectacle est bercé par deux mélodies qui ne cessent de dialoguer : celle de la musique et celle des mots. Une partition sans fausse note portée par un chef d'orchestre magistral !
Il s'appelait Danny Boodmann T.D. Lemon Novencento. Il est né en 1900, sur un paquebot transatlantique. Abandonné par ses parents sur le piano de la salle de bal des premières classes il est recueilli par l'équipage. C'est Tim Tooney, son ami trompettiste et témoin privilégié de ce parcours hors du commun qui nous conte l'histoire du plus grand pianiste que la terre ait porté, lequel n'aura jamais mis le pied sur le plancher des vaches puisque jamais il ne sera jamais descendu de son bateau. Une vie déconnectée placée sous l'angle de la musique. Ragtime et jazz sont principalement au programme de ce pianiste virtuose qui appris la musique en autodidacte et se permit le luxe, au cours d'un duel surréaliste, de faire la nique à Jelly Roll Morton, inventeur auto-proclamé du jazz.

Le texte d'Alessandro Baricco est un monologue, Pour créer ce spectacle André Dussolier se fait non seulement l'interprète mais aussi le metteur en scène de cette adaptation française réalisée en collaboration avec Gérald Sibleyras et Stéphane de Groodt, Et puis le comédien a souhaité s'entourer sur scène de 4 musiciens. Et c'est une réussite. La trompette de Sylvain Gontard prend des accents de Duke Ellington, la contrebasse d'Olivier Andres nous entoure de toute sa rondeur, les percussions de Michel Bocchi roulent, grondent et trépignent, et le piano d'Elio di Tanna fini de nous emporter dans un univers jazzy qui fleure bon la nostalgie d'une époque de liberté.

La scénographie de Pierre-François Limbosch crée un univers empreint de nostalgie. Les décors très réussis nous font voyager à bord du Virginian, Nous le longeons en remontant le quai avant de monter à bord en compagnie de Tim Tooney pour découvrir un hall qui n'a rien à envier à celui du Titanic (si ce n'est qu'il ne sombrera jamais). Puis nous faisons un détour par le bar des premières avant de plonger dans les entrailles de la salle des machines pour remonter sur le troisième pont et admirer l'arrivée sur New York.

L'adaptation du texte d'Alessandro Baricco est émaillée d'humour et de jeux de mots qu'André Dussolier distille avec malice et gourmandise. Il y a toujours chez ce jeune homme une telle maîtrise de son art, une telle intelligence de jeu et un amour de la langue que c'est à chaque fois un bonheur de le voir (oui je suis fan et j'assume ce léger manque d'objectivité et cet enthousiasme). L'osmose avec l'orchestre est totale et la complicité avec le public s'établit dès les premières secondes.

André Dussolier nous conte avec talent et gourmandise une belle histoire pleine de tendresse et de nostalgie, de bonheur et de jazz. Un joli moment de théâtre que je vous recommande chaudement.
9,5/10
58
André Dussollier nous présente ce monologue théâtral d’Alessandro Baricco comme une invitation au pays des contes. Un conte poétique, merveilleux et drôle. Il joue ou il raconte, on ne sait pas, on ne sait plus, tant son envoutement est total, le moment magique et rare, le plaisir intense.

Alessandro Baricco publie ce texte en 1994. Pour lui, « Novecento : un monologo » est un texte à mi-chemin entre le conte lu à haute voix et la pièce de théâtre.

Le personnage du narrateur est Tim Tooney, trompettiste dans l'orchestre, qui deviendra l’ami de Novecento et sera le témoin de cette vie singulière qu’il nous présente. Enfant abandonné après sa naissance sur un paquebot en 1900, Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento devient très tôt un brillant pianiste et ne quittera jamais le navire.

Comme souvent dans les contes, le héros Novecento nous fait rêver. Libre de son destin, ne rencontrant que les bonnes choses de la vie, vivant par et pour sa passion : le piano et la musique. Il ne semble pas connaitre la souffrance là où il est. Il ne succombe pas aux sirènes de la vie facile dans un monde où son talent et sa virtuosité pourraient le rendre riche et célèbre. Aucun aléa dans son histoire de vie n’encombre le récit. Seuls les moments heureux sont contés.

Comment ne pas se projeter dans ce bonheur délicieux, cette plénitude aboutie et ne pas s’identifier à ce personnage ?

La mise en scène d’André Dussollier et de Pierre-François Limbosch est particulièrement soignée. Elle donne au spectacle un éclat lumineux éblouissant, mariant musiques et paroles jouées avec efficacité, revêtant l'ensemble d'une forme de noblesse radieuse. Elle préserve des instants particuliers et proches, dédiés aux confidences, aux pensées et aux silences de Tim. Instants fabuleux par lesquels la nostalgie, les regrets et l’affection amicale comme l’admiration du narrateur pour Novecento nous touchent et nous baignent dans de bouleversantes et agréables émotions.

André Dussollier magnifie le personnage de Tim. Il illumine chaque instant d’une généreuse et élégante présence, d’un plaisir évident de partager cette histoire, de nous la conter, de nous l’offrir. Diction claire et veloutée, postures et mouvements précis, jeux de regards avec les musiciens, silences. Tout est juste et enchanteur. Du très grand art.

Un spectacle d’une qualité artistique de haute et belle classe, à savourer pour sa beauté et sa poésie voguant au gré des mots et des notes. Incontournable moment de bonheur théâtral.