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Localement Agité

Localement Agité
De Arnaud Bedouet
Mis en scène par Hervé Icovic
Avec Nicolas Vaude
  • Nicolas Vaude
  • Thierry Frémont
  • Lisa Martino
  • Arnaud Bedouet
  • Théâtre de Paris, Salle Réjane
  • 15, rue Blanche
  • 75009 Paris
  • Trinité (l.12), Blanche (l.2)
Itinéraire
Billets de 30,00 à 43,00
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En Bretagne, des frères et soeur, une belle fille. Cette famille se retrouve plusieurs années après la mort de leur père.

Le défunt avait souhaité, comme dernière volonté, que ses cendres soient dispersées là où il a passé l'essentiel de sa vie. La fratrie se retrouve donc dans la maison familiale, située au bout de la Bretagne.

Année bissextile oblige, ils n’ont que les 24 heures, ou les 1440 minutes du 29 février pour en finir avec cette obligation morale qui les pèse. Mais un vent de sud-est au mois de février ne se commande pas comme une pizza, la découverte d’un secret de famille ne s'anticipe pas, les liens du sang ne se choisissent pas.

Une comédie névrotique, une crise de nerfs et de cœur où frères, sœur et belle fille vont devoir se reconstruire autour d’une image paternelle doublement en cendre.

 

Arnaud Bedouët est un acteur, metteur en scène et auteur de 60 ans. Récemment, il a écrit Gustave (Théâtre de l'Atelier).

Thierry Frémont est très souvent sur les planches parisiennes (Les Inséparables, Les Heures Souterraines avec Anne Loiret également, Les Cartes du Pouvoir...)

Nicolas Vaude a joué dans l'une des dernières pièces du Théâtre de Paris, salle Réjane : La Collection et Lisa Martino avait joué dans la comédie récompensée d'un Molière Des Gens Intelligents

100

La critique de la rédaction : 7/10. Bien écrite cette pièce de théâtre autour d’une famille pas très soudée.

Cette dernière se retrouve à contrecœur et cela se sent. Les frères et soeur n’ont guère de point commun, ont des caractères forts, peu compatibles. Ils ne prennent pas vraiment de nouvelles des autres, ce sont les autres qui parlent d’eux. Puis ils s’engueulent.

Le ton est donné. C’est dramatique, au fil de l’avancement de la pièce nous apprenons des choses sur leur famille, leur énigmatique père.

Quelques répliques font rire. Parfois on se demande si l’histoire a un réel intérêt puis les échanges reprennent de la saveur.

Le jeu des acteurs est bon. Nicolas Vaude et Anne Loiret sont excellents, Thierry Frémont et les autres jouent bien. Ils donnent de la profondeur au texte.

Sans être un coup de coeur, c’est un moment agréable.

Note rapide
Toutes les critiques
29 mai 2019
5/10
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La présence de Thierry Frémont et Nicolas Vaude, à eux seuls nous semblait justifier d’aller assister à Localement Agité. Il est vrai que nous gardions en mémoire leurs prestations dans Hollywood et Pygmalion, aussi étions nous convaincus que cette pièce méritait d’être vue. Mais, damned, quelle déception !

A estimer que le statut d’auteur de la pièce lui conférait la possibilité de s’octroyer le premier rôle (en durée mais, hélas, pas en qualité), Arnaud Bedouet a sous employé ces deux comédiens ; toutefois, au vu de leur prestation, est-ce véritablement regrettable ? T. Frémont pour l’essentiel nous a gratifié de pantomimes surjouées en s’accrochant désespérément à un rocher (principal décor scénique), seul endroit d’où il pouvait utiliser son téléphone pour s’y livrer à des conversations tragicomiques avec sa future ex-épouse, N. Vaude, s’est contenté de nous gratifier de mimiques agitées en se coinçant régulièrement le menton dans le nœud de cravate pour ponctuer ses états d’âme de mari divorcé dépressif qui attend d’être autorisé de revenir auprès de son ex - Lisa Martineau - en pleine analyse depuis leur séparation et que l’on devine trop facilement le souhaiter secrètement. Si on ajoute à cela le timbre de voix d’Anne Loiret incapable d’aller au-delà du second rang et une mise en scène très quelconque d’Hervé Icovic imposant des « noirs » après chaque scénette, nous avons fini par nous demander s’il était nécessaire de rester jusqu’au bout !

Certes, il y a quelques réflexions amusantes ponctuées de « bons » gros mots dans les dialogues, ce qui a provoqué des rires dans la salle, mais les passes d’arme permanentes entre les différents membres de cette fratrie fonctionnant sur le principe du « je t’aime, moi non plus » frisent trop souvent la « prise de tête » et restent engluées dans du « très convenu ». Heureusement, émergeant de ce petit naufrage, une jolie surprise : le jeu très convainquant et plein de naturel de Guillaume Pottier en petit frère fauché et idéaliste.

Un second « bon point », au crédit de son auteur, une chute originale à son histoire avec un final d’un bel effet comique qui a justifié provisoirement notre départ de la salle avec le sourire : ouf !
2 mars 2019
10/10
3 0
Un pur bonheur de théâtre !
Localement agité emprunte à la météo les turbulences qui habitent une fratrie au moment de disperser les cendres du père.
Et on en rit !
Texte fin et habile, mise en scène sobre et élégante, acteurs habités, décor intelligent, tout contribue à enchanter le public, conquis, ému et forcément complice !
Un rythme soutenu l’emmène au dénouement d’un secret de famille. Touché !
Courez voir ce spectacle.
1 mars 2019
8,5/10
6 0
La vie est comme une pile de cubes que l’on empile. On pense que chaque nouveau cube va rendre la pile plus belle et solide … et un jour, sans prévenir, elle s’écroule.

Cette réplique (retranscrite de manière très infidèle, je m’en excuse auprès de l’auteur) tirée de la pièce résume, pour moi, à elle seule la philosophie qui se dégage de « Localement agité ». Le spectateur se retrouve en apparence face à un traditionnel drame familial. Pourtant, en y regardant de plus près, c’est une vie de questions qui est concentré en une heure et demie de spectacle.

Ainsi, cela débute comme une banale réunion de famille. Dans une ambiance électrique, frères et sœurs s’installent, le temps d’une journée, dans la maison de leur défunt père, bâtisse isolée et plantée aux confins d’une lande de terre bretonne, pour disperser les cendres de ce dernier dans le respect de ses ultimes volontés : ouvrir l’urne depuis le rocher qu’il affectionnait un 29 février (jour de sa naissance) et par vent de sud-est.

Le patriarche ne leur a pas facilité la tâche. Il va sérieusement la compliquer lorsque la sœur fait lecture d’un carnet qu’il lui a envoyé. Dès lors, la situation vire à l’explication de texte. Celle-ci va largement dépasser les seules lignes, explosives, contenues dans le carnet.

Cette histoire pourrait avoir l’air déjà vue. Pourrait … et pourtant non. La plume de l’auteur, Arnaud Bedouet, a visiblement largement trempée dans l’acide avant de se poser sur le papier. Les propos sont grinçants. « Localement agité » est un concentré d’humour corrosif. Le texte est particulièrement travaillé, ce qui fait plaisir à entendre.

Un sentiment accentué par le jeu des comédiens. La distribution est un vrai régal. Chaque personnage a été dessiné avec précision, tant dans son caractère que dans ses attitudes. Alors certes, on pourrait avoir l’impression de se retrouver face à des « clichés sur patte ». Non. Tous ces personnages, issus de la même famille, sont à mille lieues les uns des autres. Ces caractères trempés, ces personnalités poussées à l’extrême font justement le sel de la pièce.

Ce beau tableau est complété par une mise en scène efficace, qui m’a un peu fait penser à l’agencement d’une pièce de Feydeau. Ca entre, ça sort sans temps mort. Les personnages se succèdent sur scène dans un grand balai organisé et par touche se retrouvent tous ensemble, donnant lieu à des échanges musclés. Bien malin celui qui pourra dire qui est personnage principal et qui est secondaire, tant l’auteur et le metteur en scène, Hervé Icovic, se sont amusés à brouiller les pistes. Ainsi, par exemple, alors que nous pourrions penser que la sœur, en retrait au départ de la pièce, pourrait avoir un rôle négligeable, sans crier gare, elle devient d’un coup le centre de l’intrigue. Cette petite démonstration fonctionne avec tous les personnages.

Il faut féliciter les comédiennes et les comédiens pour leurs interprétations. Du très beau travail !

Un texte bien écrit, mis en valeur par une belle mise en scène et des comédiens de talent, « Localement agité » est à aller savourer sans hésitation.
28 févr. 2019
10/10
2 0
Localement agité est une très belle pièce sur les liens familiaux, une fratrie est réunie pour disperser les cendres du père et la situation tourne à la crise de nerf.
Un texte fin et profond, mais surtout très drôle, et incarné par des acteurs formidables.
Bravo et merci pour ce merveilleux moment !
25 févr. 2019
3/10
7 0
Je suis généralement plutôt emballée par les créations contemporaines proposées Salle Réjane. J’aurais dû l’être d’autant plus au vu de la distribution que réunissait Localement agité : en rassemblant Thierry Frémont, Anne Loiret et Nicolas Vaude, j’étais déjà sûre d’être convaincue par la moitié du plateau. Mais c’était sans compter le texte calamiteux qui les accompagnait, et qui paradoxalement m’a donné le mal de mer face à tant de platitude. J’ai attendu désespérément que le vent se lève pour donner un peu d’ardeur et de vie à ce voyage, mais il est resté terriblement insipide.

Vous l’aurez compris, Localement agité emprunte son titre à la météo. En effet, nous voilà au fin fond de la Bretagne, où une fratrie ainsi qu’une pièce rapportée, l’ex-femme de l’un des hommes, se retrouvent en ce 29 février pour exaucer les dernières volontés de feu leur père : disperser ses cendres par vent de sud-ouest sur un rocher précis qu’il chérissait. Ils avaient déjà tenté il y a quatre ans – année bissextile oblige – et les voilà de nouveau réunis en attendant la brise, mais c’est plutôt un vent de tension qui souffle sur la maison.

Localement agité, c’est un spectacle que j’ai l’impression d’avoir déjà vu 15 fois. Cela se sent dès la lecture du pitch : il est à la fois complètement farfelu et très banal. Alors c’est vrai, si je n’allais pas tant au théâtre, j’aurais probablement ri à plusieurs reprises en découvrant la pièce. Mais ce texte, je le connais trop bien. Je connais les trucs, je vois les ficelles qui sont tirées, j’ai presque l’impression de pouvoir prévoir certaines répliques à l’avance. C’est comme si j’avais sur moi mon bingo de la comédie/drama familial et que je cochais les cases au fur et à mesure.

Et allez, on y va de nos secrets de famille. Et allez, on y va des couples séparés dont l’attirance est toujours perceptible sur la scène et dont on se doute qu’ils se remettront ensemble après la fin de la pièce. Et allez, on y va du frère à qui tout réussit, qui trompe sa femme qui l’apprend au début de la pièce et qui menace de le quitter – voire, le quitte – par téléphone. Et allez, on y va du petit dernier baba cool qui connaît échec sur échec dans sa vie professionnelle mais qui prend tout du bon côté et s’opposera, évidemment, à celui qui a réussi. Cette opposition donnera d’ailleurs naissance à un quasi-monologue, assez mal écrit, pas du tout dramatique, sur le vide respectif de nos existences, se transformant en leçon de vie de ceux qui se définissent par ce qu’ils sont sur ceux qui se définissent par ce qu’ils font. Un moment de pur cliché.

Il faut dire que les clichés se ramassent à la pelle dans ce spectacle. J’en ai déjà cité quelques uns, auxquels je souhaite quand même ajouter celui de la soeur qui a raté sa vie, laborantine, vieille fille, couchant avec des hommes mariés dont l’un l’a emmené à Djerba, voyage qu’il avait gagné grâce à ses bons résultats en tant que commercial mais duquel sa femme n’a pu profiter en raison de sa peur de l’avion. Et, pour couronner le tout – ATTENTION SPOILER – l’histoire révèlera que le père était à la fois Prix Nobel de Physique, écrivain, adultère couchant avec sa belle-fille et fervent soutien de Staline. Tout ça dans une seule famille.

Alors j’ai pris mon mal en patience. J’ai eu mal de voir ces comédiens que j’aime tant pareillement sous-employés mais j’ai malgré tout savouré autant que possible leur présence sur scène – après tout, ce n’est pas tout les jours qu’on retrouve pareille distribution ! Je ne sais pas s’ils peuvent vraiment croire à ce qu’ils jouent, mais en tout cas je dois reconnaître qu’ils font bien semblant. Thierry Fremont est détestable, reprenant toutes les manières d’un ancien de mes professeurs au profil professionnel semblable, Anne Loiret est poignante dans ses éclats et sa voix reste l’une des merveilles de ce monde, Nicolas Vaude est touchant en ex-mari hésitant et perdu. J’ai vraiment du mal à qualifier le jeu de Guillaume Pottier : sur scène, j’ai vu un jeune comédien arrivant les mains dans les poches, sans formation, estimant qu’on peut faire du théâtre comme on est dans la vie. Sur le papier, je découvre qu’il est formé au Studio Théâtre d’Asnières puis au CNSAD, c’est-à-dire tout simplement la voie royale. Lui a-t-on alors demandé de jouer celui qui ne savait pas jouer la comédien ? Je le saurai le 29 juin prochain, puisqu’il sera des Trois Mousquetaires du Collectif 49 701 dont j’ai entendu tant de bien.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor