top5 (1)

Les Inséparables

Les Inséparables
De François Prévôt-Leygonie, Stephan Archinard
Mis en scène par Ladislas Chollat
Avec Didier Bourdon
  • Didier Bourdon
  • Valérie Karsenti
  • Thierry Frémont
  • Théâtre Hébertot
  • 78, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 15,00 à 65,00
Evénement plus programmé pour le moment

Rien ne va plus dans la vie de ce peintre qui n'a pas touché à un pinceau depuis des mois.

Il trouve sa femme Célia beaucoup trop présente, son fils Abel né de son précédent mariage est devenu à son grand désarroi un financier aux Etats-Unis. Il déteste son grand père...

Or, à la veille de ses 50 ans, qu’il s’apprête à ne surtout pas fêter, Gabriel Orsini reçoit un cadeau inattendu de la part d’une mystérieuse inconnue : un magnifique duplex entre Montparnasse et Saint-Germain des Prés.

Comme il passe la porte de cet atelier d’artiste hors du commun, Gabriel, accompagné de son galeriste Maxime et de son fils Abel, est aussitôt ébloui par la lumière. Mais ce qu’il ignore encore, c’est que cette lumière vient de son passé et qu’il s’apprête à remonter le temps…

 

Une  comédie romanesque  où passé et présent se répondent dans un jeu de miroirs, à 50 ans d’écart. Paris, entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés.

 

Didier Bourdon, 58 ans, membre des Inconnus, n'avait pas joué dans une pièce de théâtre depuis 2009, où il avait interprété La Cage aux Folles avec Christian Clavier (Théâtre de la Porte Saint Martin).

Pour son rôle dans Chambre Froide, Valérie Karsenti avait été récompensée du Triomphe AuBalcon de la meilleure actrice en 2015.

109

La critique de la rédaction : 5.5/10. Nous n'avons pas été transportés par ce voyage dans le temps.

Un peintre à court d’inspiration retrouve son fils dans un atelier d’artiste. Dans ce magnifique décor tournant, nous avons au départ du mal à comprendre la nature des relations entre les différents personnages. Avant que tout s’éclaircisse enfin.

Bien qu’originale, nous n’avons pas trouvé l’histoire de ce peintre palpitante. Quelques dialogues captivent mais beaucoup d’autres ennuient.

Didier Bourdon, Valérie Karsenti, Thierry Frémont et les autres interprètent des personnages pas spécialement sympathiques, ni attachants.

Il manque de rythme et d’intérêt aux Inséparables pour que nous soyons emballés.

Note rapide
6,7/10
14 pour 14 notes et 11 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
7 critiques
Note de 4 à 7
64%
4 critiques
Note de 8 à 10
36%
Toutes les critiques
15 mai 2018
8,5/10
66 0
Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie disent écrire en pensant à un décor.

Il est indéniable que celui qui a été imaginé par Emmanuelle Roy (ainsi d'ailleurs que les costumes d'une folle élégance de Jean-Daniel Vuillermoz) contribuent à installer l'atmosphère de la pièce qui se déroule sur deux époques, dans un atelier de peintre en duplex, situé à Montparnasse.

Je ne comprends d'ailleurs pourquoi il n'est pas nominé cette année aux Molières dans la catégorie création visuelle. Il apparait certes, mais pour saluer le travail de mise en scène de Ladislas Chollat qui, s'il obtient la statuette, ne saura jamais à quelle pièce il la doit puisqu'il est tout autant cité pour Le fils.

L'intrigue est assez complexe. Gabriel Orsini (Didier Bourdon) est un peintre renommé en pleine crise existentielle. Dans sa vie, tout fout le camp : faute d’inspiration, il ne peint plus depuis des lustres, malgré le soutien sans faille de Maxime (Thierry Frémont), son fidèle galeriste. Il ne supporte plus sa compagne Célia. Il en veut aussi terriblement à Abel (Pierre-Yves Bon), son fils unique né d’un premier mariage désastreux, d’être devenu trader à New-York… suivant ainsi la voie de Samuel Orsini, le grand-père banquier de Gabriel.

Né de père inconnu, et orphelin de mère (Elise Diamant), Gabriel a été élevé par Samuel, un grand-père austère et implacable, à qui il a toujours voué une haine sans limite. Or, à la veille de ses 50 ans, qu’il s’apprête à ne surtout pas fêter, Gabriel reçoit un cadeau inattendu de la part d’une mystérieuse artiste peintre, d'origine russe, Sacha Khlebnikov (Valérie Karsenti) qui était en vogue dans les années 60 : ce magnifique duplex en bordure de Saint-Germain des Prés.

Lorsqu'il le découvre, en compagnie de son galeriste Maxime et de son fils Abel, Gabriel est aussitôt ébloui par la lumière. Mais ce qu’il ignore encore, c’est que cette lumière vient de son passé et qu'il s'apprête à y faire un bond …

Le décor tourne au fil des saisons, remontant le temps que l'on devine changer en découvrant les projections video à cour. Les acteurs ont un lieu magnifique pour évoluer dans la plus grande vraisemblance possible. Le spectateur a réellement le sentiment d'être invité chez eux. Ils ont tous excellents, avec bien entendu une mention spéciale pour Valérie Karsenti qui campe une Sacha mutine, intelligente, très touchante, en prenant à la perfection l'accent russe qui convient. Didier Bourdon interprète un Gabriel plutôt insupportable de mauvaise humeur au début de la pièce alors qu'il devrait se réjouir de recevoir un cadeau aussi somptueux. Il est aussi ce banquier Samuel qu'on découvre sincèrement amoureux de Sacha, et soucieux du bien-être de son petit-fils. Ce n'est sans doute pas aisé de passer de l'un à l'autre et le comédien le fait très bien.

Sauf que cette gymnastique s'effectue peut-être au détriment de la pièce parce qu'on ne comprend pas qu'on nous présente Samuel comme "un grand-père austère et implacable, à qui il a toujours voué une haine sans limite". Si j'ai bien compris, cet homme a sacrifié l'amour de sa vie pour élever un petit-fils d'une ingratitude qui ne mérite pas, mais alors pas du tout, l'héritage que Sacha lui fait.

Que Samuel ait traversé une période de dépression suite à la mort de sa fille (la mère de Gabriel) on peut l'admettre, mais je n'ai pas compris pourquoi il met fin à sa relation avec Sacha alors que sa femme ne semblait pas constituer un motif (Christine est gravement malade, internée, on ne sait pas pourquoi d'ailleurs, mais cela semble être très sérieux et il affirme aussi qu'elle n'est "plus dans dans tête et qu'il n'y a jamais eu d'amour entre eux"). Les amants se séparent alors même que le titre de la pièce, les Inséparables, les désignent à l'instar de ces oiseaux dont la légende dit que si l'un meurt l'autre est condamné à le suivre. Or rien n'est dit à propos d'un décès de Samuel. La mort de sa fille n'a pas du précipiter un suicide puisqu'il annonce qu'il se consacrera à l'éducation de son petit-fils. On peut supposer qu'il n'est plus en vie au début de la pièce mais sans en avoir aucune certitude.

Cette pièce est un puzzle que je n'ai donc pas décrypté, même après avoir lu le texte, y compris les longues didascalies. Le personnage de Celia (la compagne de Gabriel) est une totale énigme puisqu'elle n'est pas représentée sur scène et que quelques rares lignes font allusion à son existence. Par contre il aurait été très intéressant que l'histoire se répète, qu'elle soit peintre et maitresse de Gabriel.

Que Samuel quitte Sacha m'échappe totalement et que Gabriel (comme son galeriste Maxime) n'en ait jamais entendu parler ne plaide pas en la faveur du talent de cette peintre dont on nous dit qu'elle était en vogue dans les années soixante. Que Gabriel n'ait jamais entendu parler de sa mère est totalement insensé. Cela me semble irréaliste que Samuel ait voulu se consacrer à l'éducation de son petit-fils sans l'entourer d'amour.

Une chose est certaine : Samuel est culpabilisé par la mort de sa fille : Tout est de ma faute. (...) Vous m'avez déboussolé toutes les deux en me faisant croire que tout était possible.(...) On ne peut pas vivre comme ça sans discipline, sans garde-fou (...) ou alors on vit pour soi comme toi, sans attaches. Pour moi tout est fini.

En disant cela le vieil homme condamne Sacha, la rendant pour partie responsable de ce qui est arrivé, la contraignant au silence : là où tu es, tu ne m'entendrais pas.

D'autres confusions existent avec les années. Quand l'action se déroule "cinquante ans auparavant" c'est en fait en 1958, donc "aujourd'hui" serait il y a dix ans.

La seule logique de l'histoire est que Sacha léguerait le duplex à Gabriel par fidélité à son amant et à la fille de celui-ci avec qui on note qu'elle a sympathisé au cours du quatrième tableau, comme si elle en avait été une sorte de mère de substitution. Elle rend en quelque sorte à la famille un bien dont elle fut un temps dépositaire.

Malgré les questions qui se posent sur la logique du déroulement cette pièce est un petit bijou qui beaucoup à l'interprétation des comédiens.
12 mars 2018
8/10
75 0
Je ressors de ce spectacle avec un mélange d'exhaltation et d'émoi.

L'histoire, finement traitée, nous fait passer d'une époque à une autre, du présent d'un homme, au passé d'une femme, mêlant leurs destins avec brio. On se laisse embarquer dans une riche palette de thématiques : la transmission, la relation parent/enfant et son contraire, l'art et l'inspiration, l'amour. L'Amour, aussi.

Les dialogues, forts, incisifs, sont portés par une distribution magistrale : Thierry Frémont apporte l'élégance et de petites notes d'humour, Valérie Karsenti brille de sensualité et de charme, quant à Didier Bourdon, il est bouleversant, charismatique, interprète à la fois de ce peintre désabusé et amer, et de son grand-père, un homme au coeur aussi large que sa fortune de banquier.

Le décor, personnage à part entière dans cette pièce, c'est l'atelier, le témoin des deux époques, celui qui n'a pas bougé malgré les années, avec seulement la vue à la fenêtre qui a évolué au fil des ans. Tout y est, de la démesure de son format, aux petits détails qui le rendent réaliste.
Monumental pavé rotatif, travail d'Emmanuelle Roy, il nous permet de visiter avec les protagonistes le temps et l'espace de cet appartement, dans ces différentes réalités. Et selon le sens de notre voyage dans le temps, l'atelier tourne dans le sens ou à l'inverse des aiguilles d'une montre, baigné dans une création lumière sobre et efficace, et une musique au diapason.


On se retrouve forcément un peu dans l'un ou l'autre de ces personnages, et dans cette histoire.
1 mars 2018
7/10
84 0
Après "amitiés sincères" au théâtre Edouard VII en 2004 Les inséparables est la seconde pièce du duo
Stéphan Archinard & Francois Prévôt-Leygonie
Gabriel Orsoni peintre en perte d'inspiration hérite d'un atelier d'artiste à Montmartre qui lui est légué par Sacha une inconnue.
Pourquoi ? c'est ce que nous allons découvrir au fil de la pièce,qui se déroule sur deux époques.
Même décor, même comédiens, peu à peu nous allons savoir qui sont les personnages et quel lien les relie.
La pièce est drôle, mais pas que...
elle nous offre également quelques jolis moments et c'est sur une note d'émotion qu'elle se termine.
Valérie Karsenti et Didier Bourdon sont épatants ils savent passer du présent au passé avec facilité. On regrette que le rôle de Thierry Frémont soit moins étoffé mais c'est toujours un plaisir de le voir sur scène.
Elise Diamant et Pierre-Yves Bon complètent très bien la distribution.
La scénographie d'Emmanuelle Roy est très belle, elle n'est pas sans nous rappeler celle des trois soeurs à l'Odéon à la fin de l'année dernière.
C'est Ladislas Chollat qui met en scène, avec fluidité, il sait nous faire traverser le temps avec une simple différence d'éclairage.
Voila un spectacle avec deux têtes d'affiche qui mérite que vous alliez au théâtre Hébertot.
Un spectacle agréable et très bien joué, une histoire sympathique et intéressante. Un joli temps de théâtre.
28 févr. 2018
7/10
64 0
Gabriel Orsini, un artiste peintre en mal d’inspiration, hérite de l’appartement d’une autre peintre. Il ne se connaissaient pas et le sexagénaire maussade y voit un adoubement posthume, une reconnaissance de son talent qui ne demande qu’à rééclore après un long passage à vide. En prenant possession du magnifique duplex, il découvre alors que Sacha, l’artiste nonagénaire, ne lui a pas légué ses biens uniquement pour son art : le contenu des placards va le ramener à une histoire familiale complexe.

Dès le lever de rideau, on comprend que le décor sera le sixième comédien de la pièce de Stéphane Archinard et François Prévôt-Leygonie, et non des moindres. La scénographie millimétrée fait pivoter la structure d’un appartement au gré des scènes et, associée à un éclairage franc (époque moderne) ou sépia (années 50), permet d’alterner les époques en passant de l’histoire de Gabriel, de nos jours, à celle de Samuel, son grand-père banquier, 50 ans auparavant. Ingénieux comme chez Simon Stone, magnifique et captivant.

Didier Bourdon interprète à la fois Gabriel et Samuel, en passant d’un personnage à l’autre avec célérité. Si l’exercice est périlleux, il le surmonte sans difficultés malgré le laps de temps très court entre deux scènes / personnages, mais son incarnation pâtit de ce jonglage incessant : ses deux personnages à fortes personnalités manquent parfois de relief quand il ne s’empêtre pas dans des grimaces superflues. Concentré sur son jeu et son texte, il en oublie d’occuper la scène et l’espace et est, pour le coup, plus fade que ses partenaires de jeu : Thierry Frémont, tout en finesse le rôle de son galeriste ami de toujours, qui lui doit beaucoup et en attend tout autant, mais aussi Pierre-Yves Bon, plus que convaincant dans le rôle d’Abel, son fils trader avec qui la relation père-fils est conflictuelle. En Samuel, Didier Bourdon compose ceci dit de façon plus convaincante face aux humeurs changeantes de sa maîtresse Sacha (Valérie Karsenti, une nouvelle fois talentueuse et très loin du registre auquel elle a habitué les téléspectateurs) l’artiste slave qui porte haut l’indépendance féminine. Elise Diamant, dans le rôle de la fille de Samuel et (mère de Gabriel) complète la distribution avec un jeu assez neutre mais le personnage ne lui permet pas beaucoup plus.

La finesse de la pièce, malgré une écriture parfois trop appliquée (« – Tu ne dis rien ? – A quoi bon ? Là où tu es tu ne m’entends pas. ») qui vient combler un léger manque de profondeur dans ce tableau de relations intergénérationnelles, tient selon moi essentiellement dans la symétrie des rapports entre Samuel / Gabriel et et Gabriel / Abel, mais aussi dans l’habile tissage entre passé et présent, où chaque élément, tableau, bibelot, lettre ou bouteille de champagne, prend un sens différent mais tout aussi touchant.

Malgré ces réserves, on ne peut qu’applaudir la fluidité de l’alternance des époques, l’ingéniosité de Ladislas Chollat dans ses choix de mise en scène et la magnifique scénographie signée Emmanuelle Roy qui méritent le détour, les nombreux et chaleureux applaudissements du public en étant la preuve.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor