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Gustave

Gustave
De Gustave Flaubert
Avec Jacques Weber
  • Jacques Weber
  • En tournée dans toute la France
Itinéraire
Billets de 19,00 à 45,00
Evénement plus programmé pour le moment

L'illustre Gustave Flaubert, dans un coup de sang tonique, dénonce la médiocrité de la société, pourfend le conformisme, revendique sa conception de l'amour.

Un anarchiste dans un corps de bourgeois, une hyper sensibilité corsetée dans une apparente convenance sociale font de Flaubert un immense personnage de théâtre, toujours proche de l'éruption.
Sa correspondance, par sa colère, ses affirmations comme des coups de poings, sa truculente santé est en elle-même un formidable texte dramatique.

 

Librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert, écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Avec ses ouvrages Madame Bovary, Salammbô et L'Éducation sentimentale, il a laissé une trace indélébile dans la littérature française.

Il était reconnu pour être un fin analyste des comportements des individus.

Jacques Weber est un acteur de 65 ans. Il reprend "Gustave" après son apparition de courte durée dans la pièce "Hôtel Europe", jouée dans le même théâtre et interrompue faute de succès.

 

 

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La critique de Pierre (rédac' AuBalcon) : Je ne m'imaginais pas Gustave Flaubert tel que le dépeint cette pièce !

J'ai appris plein de chose, découvert un homme qui méprise ses contemporains, la bourgeoisie et les hommes de lettres. Esseulé, aigri, doté d'un immense amour propre, il ne m'est pas forcément sympathique. 

Jacques Weber incarne l’écrivain à la perfection. Il est accompagné d'un autre acteur, un serviteur muet comme une carpe. Ce Bernardo dont on aurait ôté l'humour s'appelle Eugène. Dommage qu'il n'apporte pas grand chose à la pièce. Il semble s'ennuyer sur scène, un peu comme le public !

Car cette pièce manque d'une trame narrative et d'enjeu. Du coup le temps paraît long, malgré quelques très bons passages, comme lorsque Flaubert s'adresse à l'Académie Française (il est détestable et drôle à la fois) ou a l'idée de créer ce qu'il appellera le "Dictionnaire des Idées Reçues"… Ces belles tirades sont perdues au milieu de passages trop bavards.

Je suis donc sorti du Théâtre de l’Atelier un peu frustré de n’avoir pas passé un meilleur moment tant la matière était là. 

 

Note rapide
Meilleures critiques
Meilleure critique positive
6 déc. 2014
7,5/10
301
1
Un Jacques Weber comme on l'aime, igné, avec sa grandiloquence qu'on lui reconnaît, encore une fois. L'espace et les mots lui appartiennent. Le texte est aux aventuriers avertis, après Hôtel Europe, c'est un Flaubert qu'on retrouve, et puis que l'on découvre...
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Meilleure critique négative
9 déc. 2014
3,5/10
282
1
J'ai découvert un autre Flaubert. C'est vrai, peut-être par manque de culture je ne le connaissais pas très bien. Je me suis dit que ce serait l'occasion.

Je m'imaginais en lisant le résumé de la pièce un éloge à l'amour et un magnifique argumentaire...
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Toutes les critiques
27 févr. 2016
7/10
72 0
Une prouesse.
J'ai vu la pièce en pleine canicule d'été. Jacques Weber, envers et contre tout, fait face, nous livre une immense prestation.

Cet homme est un monstre de théâtre. La pièce n'est pas la révélation du siècle, mais il faut saluer le travail d'acteur, dans de telles conditions. Immense.
15 déc. 2014
9/10
212 0
Quand le rideau métallique du Théâtre de l’Atelier s’est levé, j’ai d’abord cru revoir la mise en scène d’Ivan Morane de l’Alligator célinien : un bonhomme est étendu sur un petit lit dans un intérieur dépouillé… Seulement, quand Gustave-Weber vient secouer les puces d’Eugène, son pseudomestique assoupi, quasi-Bernardo et véritable allégorie rurale du peuple français, on comprend à qui on a affaire. A coups de gueulements, l’imposant Gustave Flaubert nous transporte à Croisset en janvier 1854.

Dernière année de correspondance avec Louise Colet. La déception amoureuse perce à travers ses propos sur l’incompréhension féminine du goût viril pour la prostituée. Chez l’homme, le corps et l’esprit sont deux réalités, tandis qu’ « en amour, les femmes n’ont pas d’arrière-boutique ». Elles reprochent à leurs amants de fréquenter le bordel parce qu’ « elles prennent leur cul pour leur cœur et croient que la lune est faite pour éclairer leur boudoir. »

L’écrivain en vient même, dans un style baudelairiano-platonicien, à présenter la courtisane comme une passerelle entre l’Eros vulgaire et l’Eros céleste :

"On est si triste après une putain et on rêve si bien d’amour."

Cette justification transsubstantialiste lui permet de retourner les reproches de sa maîtresse : « Quand on aime complètement, on aime ce que l’on aime tel qu’il est, avec ses défauts et ses monstruosités ; on adore jusqu’à la gale, on chérit la bosse, et l’on aspire avec délices l’haleine qui vous empoisonne. Il en est de même au moral ».

Merde, quel amant ! Il n’y a rien ici de faussement poétique ou de vulgaire (éventuellement, un poil de mauvaise foi), et, pour cause, Flaubert est le pourfendeur de la poétisation et de la platitude réaliste. Il est suspendu entre ciel et terre. Pour lui, rien de plus affligeant que les vers crémeux et les images romantiques attendues de Lamartine, à peine bons pour le bas peuple. Le jugement est sans appel : c’est « un esprit eunuque, la couille lui manque ». C’est une tare de la forme poétique, « le vers est si commode à déguiser l’absence d’idée ». Trop de verbe. Et trop de petits égos étriqués. Musset passe aussi à la casserole.

"Cessons de nous passionner pour le petit, le laid, l’éphémère."

Pas question de représenter faiblement ce que tout le monde ressent faiblement. Flaubert vise l’Homme. Seul Shakespeare trouve grâce à ses yeux. Héraut du Beau et de l’Art pour l’Art, l’écrivain arrache chaque page au néant, dans un numéro d’équilibre dangereux entre un « cœur humain » et l’Idée.

Il crache sur les poètes à « mission sociale ». Même s’il défend Hugo (on avance dans le temps), dans une fausse tribune hilarante adressée à l’Académie, contre les assauts de la morale bourgeoise (« il faudrait brûler les bourgeois dans un grog à 11 000 degrés ! ») et de sa sottise établie en convention. S’il s’agit « d’élever le pauvre au niveau de la bêtise du bourgeois, à bas la démocratie ! » Quitte à brasser des âneries et du vent, autant essayer d’en faire un recueil pour édifier les générations futures (le Dictionnaire des idées reçues) ou un roman (son fameux projet d’écrire un roman sur le rien).

« Je suis un bourgeois retiré à la campagne », voilà comment l’auteur conclue une heure et demi de soliloque immense, mené à tambours battants par Jacques Weber. Le comédien fait vibrer à merveille cet Alceste hypersensible, éructant divinement tout ce qu’il ne digère pas : les compromis de la capitale, les faux-semblants de la littérature contemporaine et la censure idiote de l’Ordre Moral…

Extrait résonnant des cinq volumes des Correspondances de Flaubert édités par la Pléiade, Gustave est une réflexion sur le paradoxe moderne du bourgeois-bohême, coincé entre la jouissance matérielle crétine et l’intuition du Beau. On en prend pour des siècles avec cette dernière saillie :

"A force de chercher à la fois le Bonheur et le Beau, on n’atteint ni à l’un ni à l’autre."
9 déc. 2014
3,5/10
282 1
J'ai découvert un autre Flaubert. C'est vrai, peut-être par manque de culture je ne le connaissais pas très bien. Je me suis dit que ce serait l'occasion.

Je m'imaginais en lisant le résumé de la pièce un éloge à l'amour et un magnifique argumentaire contre le conformisme. Quelque chose de construit, de beau... Je m'imaginais pouvoir répéter à voix basse des répliques pour pouvoir apprécier la poésie des mots...

Je n'ai rien eu de tout ça. Je n'y ai vu qu'une logorrhée contre les académiciens. Des ragots de coin de rue, des méchancetés lancées sans fondement. Je me suis dit qu'au lieu d'aller voir cette pièce, j'aurais dû aller fouiller moi-même ses correspondances, me faire une réelle opinion de lui.

La mise en scène n'a pas non plus trouvé grâce à mes yeux. Deux acteurs dont un qui ne parle pas... Ha si, il dit en tout et pour tout un mot dans la pièce : "Abricot" ! Cet acteur dort à moitié, on se demande s'il a comme nous envie de partir, d'aller ailleurs...

L'histoire est incompréhensible, il n'y a pas de construction ni d'argument. La fin est tout de même assez déroutante et franchement facile.
J'ai oublié une chose, son éloge à l'amour est en fait un éloge au sexe. Ce qui fait quand même une petite différence, j'espérais qu'il nous parle d'amour, de sentiments, mais je n’ai eu que des tétons, des fesses et souvent d'une façon crue. Le sexe fait partie de l'amour, oui. Mais les blagues salaces n'étaient ici pas drôles et surtout n'apportaient rien à la pièce (si une fin, voilà tout).

Bref je n'ai pas aimé. Je ne la recommande pas mais si vous voulez tenter, ne vous attendez pas à de la poésie ou de l'humour (et de l'amour) fin.

J'ai trouvé que c'était du bricolage... A bon entendeur !
6 déc. 2014
7,5/10
301 1
Un Jacques Weber comme on l'aime, igné, avec sa grandiloquence qu'on lui reconnaît, encore une fois. L'espace et les mots lui appartiennent. Le texte est aux aventuriers avertis, après Hôtel Europe, c'est un Flaubert qu'on retrouve, et puis que l'on découvre un soir de coup de gueule, un soir où la nature a un gros chagrin. Il ne veut pas aller à Paris, sauf, peut être, pour leur dire leurs quatre vérités au gens de lettres. Arnaud Bédouet a su mettre en scène un Flaubert lucide au regard et aux idées intemporelles.

Un texte accrocheur, pour peu qu'on y mette du sien. N'oublions pas Philippe Dupont qui dans son rôle, muet, certes, participe beaucoup et parfaitement à cette rencontre de par sa simple présence.

Le décor est à féliciter, le Théâtre de l'Atelier a le mérite de passer du sobre comme dans Savannah Bay au plus travaillé pour nous plonger dans cette nuit où Flaubert en a gros sur le cœur, amoureux de Musset et de Lamartine, accrochez vos ceintures, vous en rirez ! Un bon petit gilet ne serait pas de trop, le vent souffle.

Une pièce que l'on voudrait avoir vue, ne serait-ce que pour retrouver ou découvrir en scène Jacques Weber !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Rire
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor