Critiques pour l'événement Le Montespan
16 déc. 2022
8,5/10
1
D’après le roman du regretté Jean Teulé l’adaptation de Salomé Villiers nous résume l’histoire du Marquis de Montespan. La mise en scène est fluide dans un décor simple qui nous transporte dans les différents lieux de l’intrigue.

Cette comédie est jouée avec une dose d’humour et d’émotion à un rythme soutenu. Le jeu des comédiens est remarquable. Ils interprètent à trois des rôles multiples changeants de costume à chaque instant.
Cette pièce devrait plaire à toutes les générations.
10 déc. 2022
10/10
0
Magnifique pièce.
Un jeu d’acteurs formidable et une mise scène au top.
La pièce donne envie d’en savoir plus sur les Montespan et de lire le roman de Jean Teulé.
Merci pour celle chouette soirée !
22 oct. 2022
8/10
5
L’histoire du marquis de Montespan est l’histoire d’un homme sans grande envergure qui cherche le moyen de briller en échouant à chaque fois.
Le couple est amoureux fou mais sa femme deviendra, dans une cour impitoyable, la favorite de Louis XIV. Le marquis affichera au grand jour la tromperie dans des démonstrations qui entraineront les moqueries de tous. Il affichera à tous des cornes de cerf. Il devra par demande du roi partir de Paris et vivra sa vie dans son château natal en Guyenne.

L’histoire est sympathique, prise du point de vue du mari trompé. Les acteurs incarnent tous les rôles. C’est rythmé, enjoué, bien construit. Dans le style, le montage est bon. On s’amuse de voir les frasques de cet homme blessé, on compatit à la peine de ce mari amoureux.
Le texte est joli. Et évidemment, le salut final des acteurs a été émouvant car il a rendu hommage à Jean Teulé, auteur de la pièce, précocement disparu dans la semaine.

Leur émotion était sincère et leur hommage émouvant.
13 sept. 2022
10/10
11
« Le Montespan » de Jean Teulé adapté par Salomé Villers dans une mise en scène d’Etienne Launay à la Condition des soies est une visite de l’histoire par le petit bout de la lorgnette pour le plus célèbre cocu du XVIIe siècle.

La Montespan vous dit certainement quelque chose, la maîtresse, la favorite de Louis XIV. Eh bien cette histoire prend une tournure des plus cocasses avec les mésaventures de son mari.
Une belle histoire d’amour les unit pour le meilleur et pour le pire, un véritable coup de foudre entre Françoise de Rochechouart de Mortemart et Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan.
Pendant plusieurs années ils vont vivre une passion des plus folles, entre deux galipettes ils prendront le temps de respirer et auront deux enfants.

Seulement voilà cette vie insouciante ne remplit pas la bourse et les dettes s’accumulent.
Le marquis ne voit pas d’autre solution que d’aller faire la guerre au nom du roi, espérant des retombées financières. Tout ne se passe pas comme prévu et les dettes ne font qu’augmenter.
Cependant La Montespan par ses bons mots, son esprit, qui font merveilles dans le frivole Marais, devient la dame d’honneur de la reine. Une lueur d’espoir, avec cet honneur, naît pour renflouer les caisses.
Il ne reste plus qu’à gravir les échelons jusqu’à finir dans le lit du roi et par la même occasion lui fournir une descendance non prévue qu’il finira par reconnaître.

L’histoire serait bien simple, bien fade, si on s’en tenait à ces faits.
Le Montespan fou de jalousie, prêt à tout pour récupérer celle « qu’on aime qu’une fois dans sa vie », va déclarer une guerre sans merci au roi, allant même jusqu’à orner son carrosse de cornes gigantesques et s’habiller en habits de deuil. Des effets qui ne feront que le railler par la cour.
Sourd à une remarque qui lui disait que d’être cocu par le roi, c’était la chance de sa vie, qu’il ne fallait pas la rater, son épouse lui rétorquait qu’elle ne pouvait se dérober au désir du roi au risque d’être chassés de France.

Avec de multiples anecdotes mises en valeur dans un humour féroce, Etienne Launay a dans l’esprit du théâtre des tréteaux concocté une cavalcade de situations endiablées plus drôles les unes que les autres.
On rit beaucoup avec cette cuisinière aux accents de « zezette », ou encore avec le beau-père qui a vu sa dette effacée par le roi dans un délire à la de Funès avec sa cassette. Le clou de ces folies est celle du passage hilarant du jeune Don Carlos, complètement abruti, qui a beaucoup de mal avec l’Histoire : Olé !

Des scènes plus prenantes viennent émailler le récit avec notamment celle sur la fin de la vie de La Montespan, ou encore la messe noire sanglante et son décès.
Un Montespan qui avait beaucoup de mal à regarder la tête du roi sur les pièces de monnaie pour payer ses dettes, cela le faisait chier !

Simon Larvaron dans le rôle de Montespan donne toute son énergie pour faire vivre ce personnage au cœur meurtri mais fou de sa belle jusqu’à la tombe. Une belle présence émouvante.
Salomé Villiers dans ses multiples rôles dont celui de La Montespan nous charme avec son œil qui frise et son air coquin, pour une amoureuse des plus convaincantes. Une interprétation qui fut récompensée par le Molière 2022 de la révélation féminine.
Michaël Hirsch est à lui seul un tourbillon de rire avec ses pitreries dignes d’un bouffon du roi ou d’un arlequin. On ne s’ennuie pas une minute à le suivre dans le rôle de la cheville ouvrière.

Etienne Launay dans sa mise en scène démoniaque, au rythme très soutenu, assisté de Laura Favier, où l’on comprend dès la première scène que l’on va beaucoup s’amuser, s’est entouré d’une équipe remarquable pour mener à bien son projet : Virginie H pour les costumes, Emmanuel Charles pour le décor, Denis Koransky pour les lumières et Xavier Ferri pour la musique.

Un bonbon rafraîchissant qui se doit d’être dégusté avec enthousiasme, cette adaptation de Salomé Villiers est une vraie réussite et mérite votre détour.

Vue à Avignon
3 avr. 2022
9/10
9
En février 1663, sous les vo​û​tes de l'église Saint-Sulpice, huit jours après leur rencontre​ foudroyante​,​ le Gascon, ​ Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, épouse Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemar​t​.
Rapidement, le couple qui aime​ sortir et mener la belle vie dans les salons du Marais, s'endette.

Pour subvenir aux besoins de la famille​,​ Athènais se fait introduire au Château et devient la ​dame​ d'honneur de​ la reine Marie-Thérèse prompte à chasser de son entourage les jeunes filles de moins bonne famille dont elle ​craint​ ​la légèreté et surtout ​que Louis X​I​V​ ​ne vienne piocher dans ce​ harem à disposition.

Si le destin de Madame de Montespan est connu de tous, devenant rapidement la favorite du roi, le Montespan s'attache à raconter le revers de la médaille, et s’intéresse à la figure du mari de la Montespan.

Le cocu le plus connu de France​,​ amoureux éperdu, ne trouvera jamais gloire au destin de sa femme. Impossible pour lui de tirer avantage d'une situation que pourtant beaucoup de maris lui envient.

De scandale​s​ en provocation​s​ le Montespan passera même quelque temps enfermé au Fort l'Evèque​.​
Salomé Villiers adapte le roman éponyme de Jean Teulé paru en 2008.
Sur la scène de la Huchette elle adapte non seulement l'histoire mais​ retranscrit magistralement tout le style de l'écriture si croustillante de Jean Teulé.
L'humour et l'ironie ​ jubilatoire ​​du roman ​ponctuent sans cesse l'adaptation​ de cette fraicheur et de ce ton gentiment impertinent.
Salomé Villiers, Simon Larvaron et Michaël Hirsch ​nous entraine​nt dans l'aventure pittoresque de cet antihéros, qui assume ​son statut de cocu en regardant la situation bien en face, ​​décidé à ne pas baisser les bras​ et à reconquérir le cœur de sa belle. ​
Toujours prêt à servir aux armées, il s'évertue à mener des batailles dont il ne sortira jamais victorieux.
Montespan y croit toujours et encore.

La mise en scène d’Étienne Launay suit le rythme effréné de cette histoire hors du commun et dessine à merveille la personnalité de Montespan.
Le décor, judicieusement changeant grâce aux lumières et aux projections sur les rideaux du mythique petit théâtre ​de la Huchette, nous plonge dans les années fastes du roi soleil.​
Pas besoin de voir le carrosse orné de cornes pour imaginer toute l'effronterie acerbe de ce Montespan au caractère bien forgé qui nous fait rire par sa ténacité autant qu'il nous émeut.

L'esprit du conte farcesque nous emporte avec délice dans les tourments d'un homme dont l'infortune confirme qu'il mérite vraiment d'avoir à son tour son nom écrit dans l'histoire !
Une adaptation brillante et pleine d'humour !
28 mars 2022
10/10
11
Au moment où nous nous sommes rendus au théatre de la Huchette, cela devait être la dernière représentation de la pièce adaptée du livre de Jean Teulé. Depuis, le bouche à oreille a fait son office car entre la critique du Canard Enchainé, puis celle du Figaro, les éloges pleuvent. Et c'est amplement mérité.

Les trois comédiens sont inspirés, heureux d'être là et de nous faire partager leur adaptation. On est dans une toute petite salle et cette proximité avec ces derniers est jouissive. En dehors de l'interprète du marquis de Montespan, les deux autres comédiens endossent plusieurs rôles avec une mention particulière pour Michael Hirsch que nous retrouvons ici après l'avoir découvert il y a longtemps dans un one man show sur les mots. La comédienne Salomé Villiers est à l'origine de cette adaptation. Elle en a gardé l'humour et la truculence qui ont fait la marque de fabrique de Jean Teulé.

Elle incarne une marquise de Montespan, amoureuse de son époux (mariage d'amour) au début puis écartelée entre sa nouvelle vie de favorite et les privilèges attachés à sa nouvelle condition. C'est dynamique, enlevé et on est très touché par le désespoir et les tentative du marquis pour reconquérir sa femme. Le succès de la pièce aidant, elle a été reconduite et reste donc encore à l'affiche pour quelque temps encore.

Nous vous la recommandons vivement.
27 mars 2022
8,5/10
9
Marquise d'amour vos beaux yeux me font souffrir !

Pauvre Louis Henri de Pardaillan, marquis de Montespan désargenté et déshonoré.
Le Roi Soleil lui fait de l'ombre.
Il lui a barboté sa femme, la belle Athénaïs.

Il a beau s'échiner, s'évertuer, s'agiter pour la récupérer....il est malheureusement plus ingénu qu'ingénieux.
Et sa belle ne l'entend pas.
Comme quoi, l'amour rend non seulement aveugle, mais sourd.

Voilà une formidable adaptation du roman de Jean Teulé, qui restitue avec talent son humour irrésistible et sa langue piquante et imagée.

Nous la devons à la talentueuse Salomé Villiers, qui s'offre par la même occasion le beau rôle de la Montespan, ainsi qu'une kyrielle d'autres, tout aussi savoureux.

Car ils ne sont que trois pour faire revivre avec truculence ces quelques 20 personnages qui tourbillonnent sous nos yeux.

A ses côtés, Simon Larvaron, gascon obstiné, raillé par tous, et amoureux transi de sa femme, souffre le martyr.
Avec sa voix profonde et ses yeux inconsolables, il est "Le Montespan" pour notre plus grand bonheur.

Le troisième larron a délaissé son habit de one man show pour endosser celui d'une vingtaine de personnages.
Michaël Hirsch, digne héritier de Sganarelle, est le trublion indispensable de ce trio magistral.

Mais cette aventure ne serait pas possible sans la baguette magique d'Etienne Launay, qui nous offre une mise en scène virevoltante, directement inspirée du théâtre de tréteaux, très en vogue à l'époque.
Chef d'orchestre de cette partition brillante et rythmée, il réussit le pari de transformer la scène miniature en atout ! Chapeau !

Eh bien oui, à côté du célèbre Caveau du même nom, il y a du grand théâtre dans ce petit théâtre.
22 mars 2022
8,5/10
5
Une adaptation plus que réussie du roman de Jean Teulé : Salomé Villiers s'est déjà pliée, avec brio, à l'exercice  et c'est encore ici une belle montre de son talent ! Une mise en scène incroyable qui permet à ces 3 comédiens d'évoluer avec fluidité, aisance et ingéniosité dans l'écrin du théâtre de la Huchette. Le rythme est soutenu et les 90 minutes filent , les saynètes s'imbriquent , les personnages défilent , le tout est vif, vivifiant et jubilatoire malgré la dramaturgie qui reste en fil d'Ariane.

La voix grave et profonde du "Montespan" nous séduit, le jeu est juste sans fioriture, on reste attendri par ce personnage grandiloquent, fantasque mais si éperdument amoureux.

Salomé Villiers nous  envoûte avec  cette  "Montespan"  tantôt lumineuse, inscouciante tantôt  sombre, tourmentée, mais aussi avec cette  drôle de servante impertinente qui courbe l'échine

Le trio est complété par un Michael Hirsch impressionnant  qui plante, sans férir, 19 personnages haut en couleur avec aisance, brio et panache !!

Nous restons encore tout ébaubis   par ce combo magique : 3 comédiens, les coulisses de la grande histoire, un écrin qui nécessite précision, ingéniosité

Mention spéciale pour la mise en scène incroyable d'Etienne Launay, quel rythme, quelle précision et quelle précision !!

Que dire de plus, sinon souhaiter belle et longue route à ce quartet de choc !! Nul doute que le public saura apprécier l'étoffe de ces héros !!
27 févr. 2022
8,5/10
3
Drolatique, Dynamique, Réjouissant.

Nous connaissons tous la favorite du Roi Soleil Madame de Montespan mais qu’en est -il de son époux Louis-Henri de Pardaillan marquis de Montespan ?

Contrairement à tous les nobles qui tiraient profits et privilèges d’être l’époux de la favorite.

Le marquis passionnément amoureux de sa femme fut malheureux de son infortune.

Il fit repeindre son carrosse en noir et l’orna de cornes gigantesques puis il essaya par tous les moyens de contrer le roi mais ….

Montespan fut en quelque sorte le premier « révolutionnaire » à s’attaquer aux désirs et à l’autorité du monarque.
© Fabienne Rappeneau



La belle adaptation de Salomé Villiers du roman de Jean Teulé dans une mise en scène dynamique et enjouée d’Etienne Launay nous conte les déboires du plus célèbre cocu de France de 1663 à 1707.





Les saynètes s’enchainent avec aisance et vivacité.

Des projections de toiles peintes sur un rideau de tulle ainsi que le décor d’Emmanuel Charles composé de panneaux de bois peints et amovibles permettent de représenter 21 lieux bien différents (Palais de justice, salon bourgeois du marais, église, faubourg parisien un peu louches…) et de glisser de l’un à l’autre avec élégance et esthétisme.

Virginie H vêt de ravissants costumes d’époque les 26 personnages sillonnant cette histoire.

Les lumières de Denis Koransky et la création sonore de Xavier Ferri intensifient les émotions et rythment cette aventure.
Photo Lot Montespan

Salomé Villiers interprète avec talent plusieurs personnages dont madame de Montespan, une servante, une vieille femme…Elle nous ravie par la finesse et justesse de son jeu.

Michaël Hirsch est incroyable, il incarne une multitude de rôles avec une aisance et un naturel époustouflant. Il nous amuse et nous séduit.

Simon Larvaron (Montespan) envahi l’espace par son charisme et sa voix magnifique profonde et grave. Il nous enchante et nous émeut.

Nous passons une agréable soirée en compagnie de ce trio plein de virtuosité et d'entrain.

Merci à tous.
27 févr. 2022
9,5/10
3
Dans la forêt lointaine, on entend le cocu !

Cocu ! Cocu !

Oui, mais pas n’importe lequel, de cocu ! Celui de sa solaire majesté !

Dans son roman publié en 2008, Jean Teulé nous racontait en détail et par le menu la stupéfiante et peu banale histoire de Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, ci-devant Marquis de Montespan.

Si le commun des mortels connaît bien son épouse, la fameuse Marquise du même nom, la célèbre favorite de Louis le Quatorzième, peu de gens connaissaient l’existence de l’auto-proclamé « cocu du roi ».

Un destin pathétique au sens premier du terme, qui commençait pourtant par une réelle histoire d’amour, concrétisée par un mariage heureux, ce qui, en ce dernier tiers du XVIIème siècle n’était pas chose courante au sein de la noblesse française.

Sous sa plume, Jean Teulé rappelait toutes les avanies subies par ce royal cornard, qui fit orner son carrosse de gigantesques bois de cerfs, et alla même jusqu’à fréquenter des prostituées « poivrées » afin de tenter de refiler une ou plusieurs maladies vénériennes au roi-soleil.

On mesure ainsi le ressentiment et la rancœur de cet homme, alors que tout autour de lui, on l’exhortait se montrer honorer par ce royal cocufiage !

Petite parenthèse : Molière s’inspirera de ce Monsieur de Montespan pour bâtir sa pièce Amphitryon. C’est vous dire si les déboires du Marquis marquèrent les esprits de l’époque !

Salomé Villiers a donc eu l’excellente idée d’adapter ce roman pour le théâtre.

(On se souvient de sa formidable adaptation en 2016 du Jeu de l’amour et du hasard, qui marqua les esprits, que ce soit à Paris ou à Avignon.)

Elle a parfaitement su garder la substantifique moelle de cette histoire-là, tout en écrivant de savoureux dialogues, ainsi que de judicieuses trouvailles narratives et dramaturgiques.

Elle est parvenue également à illustrer pour les planches le propos de la pièce : il s’agira d’une comédie dramatique.

Certes, nous allons rire, mais sans jamais oublier que le héros a passé la majeure partie de sa vie en étant malheureux.

C’est Etienne Launay, bien connu lui aussi des fidèles lecteurs de ce site, qui s’est chargé de la mise en scène.

Il a opté pour un théâtre de tréteaux, vif et énergique. Et comme il a bien fait !

Des comédiens ambulants ont installé leurs planches, leur estrade, ont tendu un grand calicot au lointain, évoquant les fastes baroques et architecturaux de Versailles.

Emmanuel Charles s’est chargé de scénographier tout ceci, avec un vrai sens artistique et un goût sûr ! Des projections video viendront par moment agrémenter le tout.

Pas d’autres décors, pas de gros meubles. Un petit tabouret.

Ici, c’est le talent des artistes sur scène qui va compter.

Sans oublier le rythme toujours soutenu de l’entreprise artistique.

Trois artistes, qui vont interpréter à eux seuls tous les personnages du roman. C’était un vrai défi, qua Mademoiselle Villiers a su relever haut la main. Le parti-pris va fonctionner la perfection.

Pardaillan, c’est Simon Larvaron.

Le comédien, qui fut notamment un magnifique et circassien Dom Juan sous la houlette de Jean-Philippe Daguerre, parvient avec une irréprochable justesse à incarner cet homme brisé.

De sa belle voix de baryton-basse, il nous fait parfaitement comprendre le déchirement qui est sien.

Il nous fait rire également, à imaginer tous les moyens destinés à se venger de son royal rival.

Une épatante composition !

Salomé Villiers se charge des différents rôles féminins, à commencer par le plus important, à savoir celui de la marquise, pour qui apparemment tout va très bien. Tout au moins, dans les débuts.

L’enjeu était de nous faire comprendre sans jamais voir Louis XIV comment son personnage glisse du statut d’épouse fidèle et aimante celui de maîtresse en titre.

Les spectateurs sont totalement convaincus, et ce, dès les premières minutes !

Elle poursuivra avec une descente eux enfers parfaitement négociée ! (Ah ! Ce contre-jour !… Non, vous n’en saurez pas plus !)

Et puis, voici Michaël Hirsch !

L’humoriste, qui m’avait ravi avec ses précédents spectacles, campe ici tous les autres personnages !

Et il y en a : le narrateur, un capitaine des gardes, plusieurs soldats, Monsieur de Lauzun, un surréaliste et jeune roi d’Espagne, M. Larivière, un procureur, j’en passe et non des moindres.

C’est lui qui va déclencher les fou-rires du public, par sa faconde, sa vis comica avérée, ses gestuelles, ses mimiques et grimaces, sans oublier ses différents accents, nombreux et irrésistibles.

Qu’est-ce qu’il est drôle !

Tel un Frégoli, il passe et repasse en coulisse à vitesse grand V ses différents costumes et revient devant nous en un éclair.

Sa composition du beau-père est magnifique : on pense immédiatement au grand Louis de Funès !

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner le travail de Virginie H. qui a conçu tous les beaux costumes de la pièce.

Une véritable ovation on ne peut plus méritée retentit dans la salle du mythique Théâtre de la Huchette, une fois les lumières rallumées pour les saluts.

Il faut assister à ce spectacle. C’est une vraie réussite, tant sur la forme que sur le fond !

Incontournable !
13 févr. 2022
8,5/10
4
« Le Montespan » c’est d’abord un coup de foudre entre Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan et Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemar​t​. Ils se précipitent l’un vers l’autre, se marient très vite et amoureux inséparables, font l’amour et la fête. Pertes au jeu et vie dissolue, les mettent dans une situation financière difficile. Les tentatives du marquis pour s’illustrer à la guerre afin de récolter la gloire et la fortune et réhabiliter sa famille auprès du roi creusent encore plus leurs dettes.

Lassée de cette vie précaire, Françoise de Montespan se fait introduire au Château et devient la dame d’honneur de la reine Marie-Thérèse. Repérée par le roi elle devient sa maitresse. En effet, malgré l’amour qu’elle a pour son mari, comment résister au roi et à l’attrait de sa fortune ?

Si les aventures de cette favorite sont bien connues, le destin de son mari cocu et jaloux l’est beaucoup moins. C’est l’intérêt de cette pièce qui raconte une version inédite de l’histoire. Vexé et en colère, il provoque des scandales à la cour, se fait jeter en prison puis est finalement exilé. La pièce conte toutes ces péripéties avec énergie et humour.

L’adaptation du roman de Jean Teulé est une réussite. C’est drôle, intéressant et original.

L’optimisme du marquis, croyant, presque jusqu’à la fin, au retour de sa moitié, est belle à voir mais aussi désespérante. Tant d’amour et tant de naïveté dans un seul homme c’est assez unique et au fur et à mesure que la pièce avance, on se prend d’affection pour ce personnage entier et sans concession.

La mise en scène d’Étienne Launay est cadencée et efficace. La très jolie scénographie, lumières changeantes sur des panneaux et rideaux peints nous transporte dans un autre temps. Les costumes et postiches transforment les comédiens en une ribambelle de personnages hauts en couleur.

Les comédiens participent beaucoup à la réussite du spectacle. L’extraordinaire Salomé VILLIERS, le très juste et intense Simon LARVARON et le truculent Michaël HIRSCH illuminent la pièce.

Un très bon moment de théâtre !
13 févr. 2022
8/10
3
Au théâtre de la Huchette, Le Montespan fait partie de ces créations raffinées qui nous affectent tout en nous réjouissant à travers un récit de vie poignant empreint de burlesque.
Ce spectacle réussi joue finement avec les codes dramatiques du XVIIe siècle pour nous embarquer dans une aventure scénique savoureuse.
9 févr. 2022
8,5/10
5
Il m'a juste manqué pour me prosterner devant ce spectacle, une interprétation peut-être plus affirmée de ce Montespan. Gascon courageux, amoureux téméraire autant que naïf, puisant son humour bravache dans l'autodérision de son humiliation, je m'attendais à un parti pris plus flagrant dans l'illustration de sa personnalité. Le visage un peu froid et l'absence d'une gestuelle plus "signifiante" chez Simon Larvaron pour traduire les tourments du personnage, me l'ont fait apparaître au final un peu terne, comme balloté par les événements sans qu'on croie vraiment à ses sursauts d'orgueil. Peut-être est-ce pour cette raison que, manquant d'empathie pour ce marquis, j'ai trouvé le spectacle également un peu long.
Pour tout le reste (intérêt de l'histoire, mise en scène inventive et judicieuse, comédiens impeccables), chapeau bas !
Salomé Villiers joue tout juste et c'est à Michael Hirsch et ses personnages aussi sots que grenus qu'il a été commandé dans cette pièce de tenir la baraque et son humour baroque ... le résultat en est aussi facétieux que magistral. Enfin, dans le registre choisi (comme indiqué plus haut, j'en aurais pour ma part préféré un autre), Simon Larvaron incarne évidemment un Montespan tout-à-fait acceptable.
31 janv. 2022
8/10
3
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L’histoire de deux amoureux - mariage d’amour mais oui - avec deux enfants, mais Athénaïs n’a pas vraiment la fibre maternelle, et elle souffre du manque d’argent. Monsieur de Montespan s’engage donc pour la guerre espérant récolter la gloire, la fortune et bien sûr la reconnaissance royale ! Hélas, il revient indemne mais toujours sans le sou. Et voilà que Madame est engagée comme dame d’honneur de Marie-Thérèse, reine de France, c’est à partir de ce moment que les beaux yeux de la belle marquise font mourir d’amour Louis XIV ! Comment résister au roi ? c’est ce qu’elle tente d’expliquer à son mari, celui-ci ne veut rien entendre, il ne sera pas aussi complaisant que d’autres qui pousseraient bien leurs femmes dans le lit royal ! Il est toujours amoureux de la belle Athénaïs et va provoquer à sa manière l’amant pendant plus de vingt ans…

Le spectacle est haut en couleurs, les lumières et le décor magnifient le texte, l’interprétation de Salomé Villiers est sensuelle et drôle, Simon Larvaron campe avec beaucoup d’intensité le malheureux Montespan, et Michaël Hirsch prouve qu’il est bien le digne rejeton de Louis de Funès et Robert Hirsch ! Que de talents à eux trois, superbement mis en scène par Etienne Launay assisté de Laura Christol.
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