Critiques pour l'événement Une Histoire d'amour
8/10
0
Une comédie dramatique assez simplette dont la liberté de ton donnée par l’écriture et l’interprétation réussie à nous émouvoir très fortement.

Michalik très bon acteur de surcroît.
1 oct. 2020
9/10
2
J’ai vu la semaine dernière une histoire d’amour et pour une fois mon article sera court. Les grincheux pourront reprocher un texte un peu simple, des ficelles un peu grosses, une manipulation un peu facile de nos émotions… Mais finalement pourquoi bouder son plaisir.
Alexis Michalik dit lui-même faire du théâtre populaire, son but étant de plaire au public, de faire plaisir. Il faudrait vraiment être jaloux pour lui reprocher d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé.

Parce qu’effectivement ça marche : on est séduit, ému, amusé. Et même si on sent bien qu’on est manipulé, finalement pourquoi pas puisqu’on est consentant.
C’est un peu comme une (bonne) comédie dramatique américaine, Michalik réussit le tour de force de nous faire rire, pleurer, de nous toucher et de nous faire réfléchir, le tout en 1h25. Il n’y a rien à dire de plus, c’est propre, habile, humain, simple, sensible, dans l’air du temps, il n’y a aucun temps mort car admirablement orchestré, c’est magnifiquement joué… Bref une réussite !

Laissez-vous embarquer !
28 sept. 2020
10/10
3
Un pur bonheur d'amateur de théâtre que cette sublime Histoire d'Amour.

Alexis Michalik signe son œuvre la plus mature et la plus aboutie, nous emportant dans son histoire dès les premières minutes, oscillant toujours entre (sou)rires et émotion. La mise en scène comme toujours est inventive, pas le temps de souffler entre deux scènes, les interprètes sont justes et quel plaisir de retrouver après (trop) longtemps l'auteur sur scène. Cette heure et demi passe définitivement très vite ... et le public debout en redemande.
23 sept. 2020
8/10
2
L’homme aux dix Molière ne s'interdit aucun sujet. Toutes ces magnifiques pièces à succès se jouent toujours : Le Porteur d'histoire, le Cercle des illusionnistes, Edmond et Intramuros. Il s'aventure aussi bien sur les traces de l'Histoire qu’en explorant les frontières floues de l’évolution sociale.
On peut voyager aussi bien pendant la guerre d'Algérie, d’être au cœur d’un univers carcéral que d’aller au plus proche des sentiments, ce qui nous donne la force d’aimer.

« Et pourtant » comme le disant Charles Aznavour, même l’Amour est un sujet sensible à aborder. Rien ne fait peur au scénariste surtout pas toucher le cœur des spectateurs. Assis confortablement dans leurs fauteuils, ils deviennent témoins d’une incroyable histoire. Dans ce petit espace au sol, délimité d’un scotch blanc, plusieurs vies défilent. Les décors amenés par les comédiens vont et vienne dans un balai au combien maîtrisé. Tout est tiré au cordeau. Même le jeu des comédiennes dont on sent la complicité, l’implication et le plaisir d’être là. Pauline Bression, Juliette Delacroix, Alexis Michalik, Marie-Camille Soyer et Lior Chabbat se donnent corps et âme dans ce spectacle. Impossible de rester impassible devant de passion, de fougue, de souffrance et d’amour aussi.

Dans la salle, on entend les gens se moucher. Quelques spectatrices n’ont pas pu retenir les larmes dès le début. Certains pourront décrier en disant que c’est facile de parler de mort, de maladie et de séparation pour faire pleurer dans les chaumières. Mais si c’était si facile pourquoi ne voit-on pas de telle chose ailleurs ? Il faut un savoir-faire que possède indéniablement Alexis Michalik dans l’art de dire les choses puis les montrer. Et aussi trouver les perles rares qui sur scène donneront sensibilité, fureur et enthousiasme. Tout cela amène un public conquis, ému à se lever à la fin de la représentation pour applaudir plus que chaleureusement.

Des gens restent assis, saisis par l’émotion qui les empêche de bouger. Juste un sourire éclatant se montre même sous le masque. Le véritable sens du spectacle vivant se trouve là, chaque soir, à vous faire vivre l’improbable, le surprenant et le merveilleux.
20 sept. 2020
8/10
2
Ce n’est pas la pièce de Michalik que j’ai préférée, un peu trop mélodramatique à mon goût, mais il sait doser habilement les choses, comme toujours pas de temps mort, et l’on peut compter sur les belles chansons d’Aznavour pour ouvrir l’histoire et la refermer dans la douceur.
13 sept. 2020
8/10
2
Love story

Pour ne pas vous spolier, je dirais seulement qu’ils s’aimèrent mais ne vécurent pas heureux. Non, pas de prince charmant, de fée. Mais beaucoup d’amour, l’amour fusionnel, l’amour non partagé, l’amour inaccessible, l’amour toxique, l’amour propre, l’amour pure. Une histoire de l’Amour avec un grand A.

Comme toujours dans les mises en scène d’Alexis Michalik, ça va vite, pas de temps mort. On se croirait presque dans un film tellement le décor change vite. Personnellement j’aime bien. Mais dans une histoire d’amour, il m’a manqué ce qui m’a fait adorer ses autres pièces comme Edmond ou les illusionnistes : apprendre des choses nouvelles, découvrir des histoires vraies. Quel plaisir de s’éduquer par le théâtre, le jeu. Ici, L’Amour reste et demeura ce grand mystère qui nous fait faire des bêtises et avancer dans la vie.

C'est bien joué, agréable, et l'occasion de découvrir Alexis Michalik en tant que comédien (et il est plutôt bon)

Une pièce charmante mais pour laquelle je n’ai pas eu d’étincelle.
8 sept. 2020
10/10
0
J'ai eu la chance de voir la pièce avant le confinement fin janvier.
Je suis une grande grande fan de Michalik et ce que je trouve fou c'est que chacune de ses nouvelles pièces est encore mieux que celle d'avant :-)
Depuis Intra-Muros, on est dans le théâtre contemporain avec une histoire d'aujourd'hui.
Cette histoire là est triste, très triste, mais avec plein d'espoir aussi !
C'est moderne et ultra touchant.
On est sorti bouleversé, mon mari aussi.
6 févr. 2020
8,5/10
11
Une histoire d’amour universelle et résolument moderne. Une mise en scène originale qui bouge bien. Tout ça interprété avec pudeur et naturel. On sourit souvent et l'émotion est toujours présente.
Allez y sans hésiter ça tient la route!
2 févr. 2020
9/10
14
Les appréciations des uns et des autres ont déjà largement commenté cette excellente nouveauté du "magicien" Michalik qui transforme toutes ses pièces en succès et en Molières...

Sans faire dans la redite, il me semble seulement opportun d'exprimer qu'à l'inverse de trop d'auteurs, Michalik ne cherche pas la bonne pique ou la bonne réplique qui fait mouche assorties de situations improbables. Non, lui, il suscite les émotions avec des situations crédibles en sachant faire ressortir l'amour, l'humour, le chagrin, le bonheur... avec une mise en scène contemporaine, fluide, un texte bien ciselé, et des acteurs tous imprégnés de leur rôle, et excellents, et là encore, il montre l'exemple par sa prestation d'acteur.
23 janv. 2020
9/10
19
Alexis Michalik serait-il l’homme qui murmure à l’oreille du succès ?

En se penchant sur l’actualité théâtrale et littéraire de ces dernières années, tout porte à le croire. Auteur, metteur en scène, romancier tout lui sourit. Il ne manquait plus qu’un nouveau rôle en tant que comédien. Et c’est donc avec une comédie dramatico-romantique, Une histoire d’amour, qu’il signe son retour (si tant est qu’il soit vraiment parti) sur scène. Premier fait notable, sa plume semble avoir quelque peu évoluée, influencée, peut-être, par son premier roman, Loin. Elle était intemporelle, se jouant des siècles, la voilà contemporaine, ancrée dans son époque. Elle était vive, la voilà également engagée. Avec lui, la vie s’invite sur la scène de La Scala. La vie dans toute sa dimension avec ses joies, ses peines, avec sa fugacité, sa futilité parfois, sa gravité souvent, mais sans oublier aussi une certaine légèreté.

Une histoire d’amour, donc. Aussitôt vous vient à l’esprit l’affirmation selon laquelle les histoires d’amour finissent mal … en général. Cette pièce fait elle mentir les paroles de cette célèbre chanson ? Je me garderai bien de le dire, non pour préserver un quelconque mystère, mais plutôt par peur d’avoir une vision trop simpliste de l’histoire. Dans l’univers d’Alexis Michalik, les choses sont rarement ce qu’elles paraissent être. Ici, les destins se croisent, s’entrechoquent. Hommes et femmes se rapprochent, s’éloignent, se quittent et se retrouvent. La vie quoi. Ah, la vie ! La vie, finalement, c’est comme une cigarette, ça brûle et ça monte à la tête Elle est imprévisible, entraînant tout un chacun dans un tourbillon. La vie est là qui vous prend par le bras …

… Et cette pièce tout autant ! Qu’elle passe vite cette heure et demi. Aucun ennui possible tellement l’histoire est menée tambour battant. Une prouesse due à une mise en scène, signée par l’auteur lui-même, d’une redoutable efficacité. Changement de décor ou de costume, tout est fait à vue, transformant l’ensemble en une grâcieuse chorégraphie. Pour une pièce faisant la part belle à la chanson, il était logique que la danse s’y invite également. Il y a dans cette mise en scène comme une forme de poésie venant se fracasser contre la brutalité des sentiments exprimés. Mention spéciale aux comédiennes et comédiens qui jouent des partitions complexes, mais avec un grand talent. Alexis Michalik a su très bien s’entourer. Un délicieux bonheur !

Une histoire d’amour, c’est beau, c’est triste, c’est drôle, c’est captivant, c’est … un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui.

Avec Une histoire d’amour, Alexis Michalik fait mouche … et à la fin nous touche !

A voir absolument.
19 janv. 2020
10/10
4
Une réussite !
Très bonne pièce, jouée à la perfection. Avec Michel Fau, Michalik est un des rares à toujours réussir à m’éblouir. Allez y sans réfléchir, c’est dommage de rater un spectacle si réussi.
Bravo !
19 janv. 2020
9/10
4
Encore une réussite que cette « Histoire d’amour », dernière création d’Alexis Michalik !

On est tout de suite emporté par le rythme vertigineux de l’intrigue. On retrouve le style Michalik : enchaînement rapide des séquences, création d’un décor et d’une ambiance en quelques secondes par des jeux de lumières, de la musique ou quelques accessoires, mélange habile de mélodrame et d’humour et cerise sur le gâteau, les comédiens sont très justes et parfaits. On rit, on pleure et on ne voit pas les 1 h 30 passer et la standing ovation finale est parfaitement méritée...
Mais, petit bémol ... que reste-t-il de tout cela finalement ? Tout va un peu trop vite et les sujets de société ne sont que survolés alors qu’ils auraient mérités d’être creusés. Michalik a renoncé à ses récits emboîtés et à l’utilisation de l’analepse qui était jusque là sa marque de fabrique. C’est bien de se renouveler mais cela laisse un peu plus voir que derrière cette mécanique bien huilé, il n’y a pas grand chose.

En fait, tout dépend de ce qu’on attend d’un spectacle de théâtre : cette pièce est un très bon mélodrame qu’on dévore avec plaisir comme un bon dessert un peu régressif ou un roman d’été sur la plage ... et il ne faut pas bouder ce type de plaisir. Dommage, cependant que cela n’aille pas un peu plus loin et ne nous fasse pas aussi un peu réfléchir (mais ça doit être mon côté prof de lettres qui ressort !)
19 janv. 2020
9/10
10
Le Michalik nouveau est arrivé !

Et une fois de plus c'est un grand cru !

Savourez le comme il se doit entre le rire et les larmes.
Une belle histoire d'amour qui flirte sans cesse avec le mélo sans jamais tomber dedans.
Un titre presque banal pour une histoire qui ne l'est pas.
Un miroir juste et émouvant de notre société actuelle.

Entouré de quatre formidables comédiennes, le bel Alexis s'offre là un rôle de loser où la simplicité de son interprétation fait merveille.
Auteur, metteur en scène et interprète, il sait vraiment tout faire !

La standing ovation qui lui rend hommage est amplement méritée.
19 janv. 2020
8,5/10
2
Une très belle réussite pour Alexis Michalik !

C’est tellement dur de se renouveler, et tellement facile de décevoir mais Alexis Michalik arrive à ne pas tomber dans ces écueils.
Il signe une pièce pleine d'émotions (oui j’ai presque versé une petite larme), de dialogues subtils et remplie d’humour.
La pièce parle d’amour mais sous toutes ses formes sans être dans le gnangan et ça c’est fort !

Bravo !
Un petit mot sur le reste : les acteurs sont bons et justes. Les décors et la mise en scène font que l’on comprend bien la pièce même si un peu plus de subtilités aurait pu propulser la pièce.
17 janv. 2020
9/10
3
Le Michalik nouveau est arrivé.
Et vous ne serez pas déçu. C'est plein d'amour mais pas à l'eau de rose. L'amour qui fait du bien et parfois moins. Mais je n'en dirai pas plus sur le contenu, pour ne rien spoiler.
Pour l’interprétation : Ils sont tous biens, et j'ai beaucoup aimé Michalik. Ma femme aussi d'ailleurs et j'espère que c'est uniquement pour le jeu. J'ai un petit doute quand même ;)
Pour la mise en scène : c'est fluide, changement à vue, meuble sur roulette.
Bref, allez-y vous passerez une excellente soirée avec des nombreux rires et des moments où la gorge se serre un peu, et même certains instants où les larmes viennent.
16 janv. 2020
10/10
4
« Une histoire d’amour » de et mise en scène par Alexis Michalik à La Scala, est une version michalikienne des rapports amoureux sous ses diverses formes.

Alexis Michalik, l’homme aux sept Molières, c’est tout d’abord un style et une écriture qui lui permettent d’être dans les records de présence dans les théâtres parisiens.
Ses quatre précédentes pièces sont toujours à l’affiche, notamment avec sa première, « Le porteur d’histoire », qui vit le jour en intégralité, en juillet 2011, au festival off d’Avignon.

Mais aujourd’hui, c’est avec un nouveau style, une nouvelle écriture, un nouveau vocabulaire, comme celui de son premier roman « Loin » qu’Alexis Michalik nous présente sa dernière histoire.
Une belle histoire d’amour jouée dans un plan séquence comme au cinéma, loin de la construction de ses histoires avec les flash-back à répétition.
Un vocabulaire cru, qui se veut contemporain, et qui je dois l’avouer n’emporte pas mes suffrages et qui me fait perdre de l’émotion.

Une histoire d’amour : mais qu’est-ce que l’amour ?
Singulier ou pluriel ? Le sexe a-t-il son importance ?
Comment savoir quand on est amoureux ? Et à quel âge ?
Doit-on associer à l’amour son chagrin ? En fait-il partie pour exister, se construire ?
Doit-on être malheureux, doit-on passer par la souffrance pour savoir aimer, pour reconnaître l’amour ?
Et quand la maladie ou le destin viennent se greffer dans l’histoire, pouvons-nous encore espérer, aimer ?

Autant d’interrogations qu’Alexis Michalik développe dans son histoire, certes à tiroirs mais jouée dans une inspiration linéaire.
Ce qui la rend beaucoup plus facile à suivre, et qui permet de se concentrer sur le jeu et la personnalité des comédiens.

« Et pourtant » la chanson de Charles Aznavour ouvre les débats, ouvre l’Histoire…

La couleur est annoncée, « Et pourtant, pourtant, je n’aime que toi » oui mais qui ?
Soyez attentifs, écoutez bien les couplets de la chanson, ils résument ce que vous allez suivre, vivre, dans cette belle histoire d’amour.

Alexis Michalik a le secret pour emmener les spectateurs dans son univers : la salle répond présente et les rires fusent même dans les situations dramatiques, à tel point qu’il est difficile par moment d’entendre les répliques.
Il a le sens de la répartie, du bon mot, de la formule, que la jeune adolescente utilise à bon escient.

« Une histoire d’amour » conjuguée au pluriel nous fait rencontrer Katia qui tombe amoureuse de Justine. L’une est lesbienne, l’autre est hétéro mais cupidon n’a pas dit son dernier mot.
De cette histoire va naître, via une insémination artificielle pour Katia, un joli bébé au doux nom de Jeanne.
Depuis ces instants de bonheur, douze années se sont écoulées, et Katia prédisposée pour le cancer, voit ce dernier récidiver et la conduire vers l’inexorable.
Elle doit absolument prévoir l’avenir et confier sa fille à une personne de confiance.
Elle a beau chercher dans son entourage, elle ne voit que son frère William (Shakespeare serait-il passé par là…), un écrivain cynique à la renommée établie, mais cruellement au stade de la page blanche, qui lui aussi n’a pas été épargné par la vie, une ritournelle familiale aux multiples blessures.
Un frère qui vit dans un monde parallèle avec ses démons et ses anges, et dont l’abus d’alcool et de la cigarette le transportent dans les nuages de l’insouciance : un ciel bien sombre à la lumière de sa traversée du désert.
Un frère qui a du mal à cicatriser de ses blessures antérieures, à faire confiance, à aimer tout simplement mais qui renaîtra en présence de sa filleule.
Les plus belles scènes de cette histoire à mon sens, sont celles de leur « découverte » dans ce salon qui a vu passer tant d’épreuves.
Cinq années séparent, depuis leur dernière rencontre, Katia et William, et les retrouvailles ne vont pas de soi : il faut se rendre à l’évidence, il faut qu’il devienne le tuteur légal afin que Jeanne ne se voit pas confiée à l’assistance publique.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, tel pourrait-être leur credo mais la vie n’est pas un long fleuve tranquille et elle dessine ses creux et ses vagues comme bon lui semble : ce que l’on pourrait appeler le destin pour ceux qui y croient.

Alexis Michalik, assisté d’Ysmahane Yaqini, a mis en scène son histoire avec une fluidité déconcertante, intelligente, les changements de lieux, de décors, de costumes, d’accessoires, de personnages se font à une vitesse qui ne laisse pas de place à l’improvisation.
Tout est calculé, tout est millimétré pour donner une vie intense au développement de l’intrigue.
Une action située, définie dans un rectangle blanc comme pour celle d’Intra Muros.
Il s’est entouré de l’incontournable Juliette Azzopardi pour les décors, d’Arnaud Jung pour les lumières et Marion Rebmann pour les costumes sans oublier Mathias Delfau qui a réalisé de superbes vidéos symbolisant les différents lieux de l’action ainsi que le temps qui passe.

Une belle fraternité, une belle cohésion pour cette troupe qui se lance à cœur perdu afin de vivre intensément leurs histoires d’amour.
Juliette Delacroix est Katia et Marie-Camille Soyer est Justine. Elles forment avec un beau naturel le couple qui va déclencher toute cette histoire d’amour.
Alexis Michalik joue le frère William, l’ours mal léché qui va se laisser attendrir, qui va redécouvrir qu’il a un cœur qui bat dans sa poitrine. Un plaisir non dissimulé de le retrouver sur scène et avec ce soir Violette Guillon dans le rôle de Jeanne, ils forment un duo très touchant de sincérité. Elle a l’innocence de la jeunesse tout en ayant la maîtrise de son jeu : impressionnant.
L’électron libre, aux multiples rôles, dont celui de Claire, est joué par Pauline Bresson. Une présence tourbillonnante, tout en grâce, qui donne de la légèreté à cette histoire d’amour.

Une histoire d’amour, certes belle, poétique, mais qui en fin de compte ne m’aura pas enthousiasmé comme ce fut le cas avec ses autres pièces : mon classement ne changera pas : « Le porteur d’histoire » restant ma préférée.
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13 janv. 2020
8/10
5
J’avais de grosses attentes pour cette cinquième pièce d’Alexis Michalik, non seulement je n’ai pas été déçue mais en prime j’ai aussi été surprise car l’auteur sait se renouveler : finies les histoires à tiroirs qui ont été tissées avec beaucoup de talent, nous voilà dans une histoire linéaire (ah je vois déjà quelques fâcheux qui vont dire que ce n’est plus le style Michalik et qu’il cède à la facilité ! Mais franchement ce changement nous montre justement que son talent s’exprime aussi avec des histoires linéaires riches en émotions).

La pièce s’appelle ‘Une histoire d’amour’ mais en fait nous allons assister à plusieurs histoires d’amour (au sens large du terme) : deux femmes, une mère et sa fille, un frère et une sœur, un oncle et sa nièce.
L’histoire : Justine et Katia s’aiment. Ce couple souhaite avoir un enfant. Elles essayent par insémination artificielle… Et seule Katia tombe enceinte. Mais Justine disparait de sa vie peu de temps avant la naissance de Jeanne… Nous retrouvons les protagonistes 12 ans plus tard, Jeanne est devenue une adolescente à la maturité intense. Sa mère Katia est mourante et il y a son oncle William qui n’est pas vraiment recommandable.

Suivre le destin de ces personnages est un plaisir, nous sommes emportés par le tourbillon de leur vie.
Là où on retrouve ‘la patte’ Michalik, c’est dans la mise en scène toujours d’une grande fluidité avec des éléments de décors (de la talentueuse Juliette Azzopardi) sur roulettes qui sont bougés la plupart du temps par les comédiens eux-mêmes et les judicieuses lumières d’Arnaud Jung. Cette fluidité qui donne un coté cinématographique à l’ensemble comme si nous assistions un long plan séquence. Les dialogues sont ciselés, la chanson du début est très sympathique et mériterait une reprise à la fin du spectacle.
L’émotion est présente tout au long de la pièce. Personnellement, j’ai ri et souri beaucoup alors que d’autres ont plutôt pleuré. La fin m’a laissée la gorge serrée d’émotion car l’adolescente qui joue Jeanne possède une présence impressionnante et sa relation avec William prend un virage intense.
Le casting (Pauline Bression, Juliette Delacroix, Marie-Camille Soyer et en alternance pour le rôle de Jeanne : Lior Chabbat, Violette Guillon et Amélia Lacquemart) est sans faute et il y a en prime le plaisir de voir Alexis Michalik sur scène.

Je vous recommande cette soirée qui fait du bien.
11 janv. 2020
10/10
3
Alexis Michalik se renouvelle par cette pièce. Exit les histoires à tiroirs, voici une pièce linéaire, mais qui joue à merveille sur les émotions. Celles-ci sont justement dosées, les dialogues sont parfaits, les intentions réussies.

On rit (beaucoup), on pleure aussi. Les jeux d’acteurs sont parfaits, ne gâchent pas l’histoire et au service de cette dernière. Aucun ennui, aucun temps mort, le rythme est la, le spectateur ne lache rien.

Y a-t-il quelque chose qui ne réussit pas à ce grand homme qu’est Michalik?
11 janv. 2020
8,5/10
2
Comment écrit-on, que proposer, quand on a une liberté totale mais la pression d'une oeuvre qui a remporté tous les succès ?

La cinquième pièce d'Alexis Michalik (qu'on ne présente plus !), est un parfait équilibre entre drame social et fable. On quitte définitivement la sphère des fictions historiques, pour un univers qui parvient à garder un style, des codes, malgré le virage opéré... et réussi.

Une histoire d'amour qui en rassemble plusieurs, des liens de couples, de parentés, tissés par des personnages saisissants par leur profond réalisme, écrits, ciselés, à l'instar des dialogues.

Une histoire d'amour aux airs de conte moderne, avec un enchaînement de situations qui poussent les protagonistes dans leur retranchement.

Une histoire d'amour d'une fluidité sans pareille, cinématographique, passant d'une séquence à l'autre en un battement de cil. Les émotions tourbillonnent : l'envie de connaître la destinée de Katia et Justine, puis de William, le passage du rire aux larmes face à ces êtres qui nous touchent, qui vivent véritablement sous nos yeux dans un décor changeant et très fourni (travail de la désormais incontournable Juliette Azzopardi), et qui renforce réalisme et empathie.

Une histoire d'amour d'une apparente simplicité, mais dont les détours nous surprennent et nous tiennent en haleine de bout en bout. C'est pour ma part, la jeune Jeanne qui m'a le plus bouleversée, mélange de maturité douloureuse et d'intensité adolescente, aussi bien écrite qu'interprétée (Violette Guillon pour la représentation vue ce vendredi).

La distribution est d'ailleurs un sans faute.

On entre dans la romance comme on en sort, de façon abrupte, inattendue, et l'épilogue arrive presque trop vite car on ne veut plus quitter ces héros écorchés et combatifs. On emporte forcément un peu d'eux en quittant le théâtre, l'oeil encore un peu rouge mais le sourire aux lèvres.