Critiques pour l'événement Le Canard à l’orange
14 avr. 2019
9/10
1 0
Superbe pièce, d'entrée annoncée comme une comédie de boulevard, le niveau des comédiens, la qualité des décors rendent l'ensemble vraiment excellent.

Les premières minutes peuvent annoncer une intrigue assez "commune", mais rapidement, on se laisse très vite surprendre et voyager par l'aspect loufoque mais très bien écrit de l'ensemble de l'avancée narrative.

Chaque comédien présente une caractéristique très forte et très bien mise en avant, allez-y sans hésiter !
27 mars 2019
8,5/10
3 0
Les dialogues tirés au cordeau, plein d’esprit et d’humour, sont au service de comédiens géniaux menés par un Nicolas Briançon hilarant en mari fantasque qui mène la danse.

Les deux heures défilent sans temps mort et on quitte les acteurs à regret, un pur régal !
14 mars 2019
9/10
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Une pièce de boulevard, c’est comme dîner dans un grand restaurant : on connaît les plats mais on se régale ou pas.

Ce canard à l’orange est vraiment délicieux. Le texte est modernisé, les répliques font mouche. Nicolas Briançon mène la danse avec brio mais tous les acteurs sont excellents. On quitte à regret ces cinq très bons interprètes après deux heures de spectacle passées trop vite.

Quels talents. Bravo à tous.
12 mars 2019
9,5/10
9 0
Pour un public conquis, les ingrédients d’un succulent « Canard à l’orange » sont :
- 1 texte désopilant
- 5 comédiens de talent
- 1 intrigue délurée
- 1 mise en scène efficace
- De l’humour à la louche

… et accessoirement un canard et des oranges.

Étape 1
Déposez le canard et les oranges en coulisse.

Étape 2
Choisissez un texte de qualité. Dans le cas présent, je vous conseille celui de William Douglas Home, adapté par Marc-Gilbert Sauvagon. Bien que datant de 1967, « The Secretary Bird » (dans sa version originale) s’avère toujours d’actualité dans sa façon de percevoir les rapports humains. Chaque réplique est finement calibrée pour provoquer le rire. Le spectateur aura presque l’impression de se retrouver face à un Feydeau à la sauce outre-Manche.

Étape 3
Ajoutez une intrigue décapante. Le postulat de départ de la pièce pourrait paraître affreusement banal : un adultère. Mon Dieu, quelle originalité … Oui, mais ici, le schéma classique est complètement renversé. En effet, dans Le canard à l’orange, c’est Madame qui a trompé Monsieur. Immédiatement, l’intérêt du spectateur est aiguisé. Il l’est d’autant plus lorsqu’il constate le flegme avec lequel le mari prend la chose. Il l’est d’autant mieux lorsqu’il voit ce dernier convier son rival à passer la soirée avec le couple, dans leur maison. Quelle situation incongrue. Mais que cherche-t-il au juste à faire ce mari ? Toute la question est là !

Étape 4
Dressez une mise en scène impeccable. En l’occurrence, laissez faire Nicolas Briançon qui fait preuve en la matière d’un brio incomparable. Il propose au public une pièce menée tambour battant. C’est à peine si le spectateur a le temps de reprendre son souffle. C’est enlevé, rythmé, les déplacements sont millimétrés. Un délice.

Étape 5
Installez sur scène cinq comédiens de grand talent. Si le texte est un bonheur à lire, il est une merveille à entendre dans la bouche de ces interprètes. Tour de table, s’il vous plaît !
Anne Charrier, dans le rôle de Liz Preston, l’épouse. Magnifique de mauvaise foi, d’une méfiance absolue envers son mari, elle incarne ce personnage avec une fort belle justesse.
Alice Dufour, vampirique Patricia Forsythe, la secrétaire. Jouant du déhanché comme de ses répliques, elle nous sert une interprétation faussement ingénue intéressante. Vous pensiez le personnage secondaire, vous allez être surpris.
Sophie Artur, hilarante Madame Gray, la gouvernante. Dès l’entame de la pièce, elle vous réserve une petite surprise à sa sauce et gare à vous s’il vous prenait l’envie de faire un écart. Interprétant ce personnage de manière très rigide, elle crée des duos avec son patron, Hugh Preston, absolument drôlissimes.
François Vincentelli, génial John Brownlow, l’amant. Le comédien a donné à son personnage une identité attachante. Il nous fait autant rire qu’on rit de lui. Une présence aussi remarquée que ses costumes … Et l’ajout d’une petite pointe d’accent belge suffisamment maîtrisée pour ne jamais virer à la caricature.
Nicolas Briançon, impérial Hugh Preston, l’époux. Metteur en scène de talent, le comédien ne l’est pas moins. Il déploie une énergie incroyable sur scène et c’est simplement merveilleux. Pour ma part, à certains moments, par ses mimiques, ses intonations ou ses attitudes, j’ai cru voir Jean Poiret (sous ma plume, c’est un compliment). Je ne saurais dire avec précision ce que j’ai ressenti en le voyant. Disons simplement qu’à le regarder, vous prenez un vrai cours de comédie. A cet égard, le détournement d’un sketch de Pierre Dac et Francis Blanche est un moment inoubliable.

Étape 6
Saupoudrez le tout d’humour et n’hésitez pas à avoir la main lourde ! Pour ma part, je crois bien n’avoir pas autant ri au théâtre depuis Les Faux British.

Étape 7
Servez immédiatement et savourez, savourez, savourez !
A voir ou à revoir ; seul, en famille ou entre amis, car ce canard n’est que pur bonheur !
27 févr. 2019
9,5/10
1 0
En effet une des pièces les plus drôles en ce moment. Un finesse de jeu des acteurs, tous très bons, chacun dans son registre.

La mise en scène et les décors font de cette pièce un chef d'œuvre.
15 févr. 2019
9/10
1 0
Excellent moment passé à voir cette pièce très drôle.

Le jeu des comédiens fait mouche dans une mise en scène bien adaptée. Le texte porte souvent à rire également.
14 févr. 2019
8,5/10
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Un très bon moment où s’il peut être difficile de prendre la suite de Poiret, il n’en demeure pas moins qu’on adhère vite à cette mise en scène efficace.

Oui l’acteur principal a des intonations d’Arditi.
La pièce est rythmée et tous les acteurs sont bons.
C’est un classique du genre. Pas de risque. Soirée détendue en vue.
14 févr. 2019
8,5/10
1 0
Une véritable plongée dans l'atmosphère "Au théatre ce soir" : les 3 coups sont donnés au début de la représentation, le rideau s'ouvre pour laisser place à un décor à l'anglaise vintage bien rendu.

Ce classique est mené de main de maître. Excellent jeu de Nicolas Briançon, plein d'énergie.
A voir.
14 févr. 2019
9,5/10
4 0
Les comédiens sont tous excellents et Nicolas Briançon est, comme toujours, très à l'aise dans le registre des maris volages qui savent garder la face...

Sa mise en scène fluide en fait une comédie très agréable.
13 févr. 2019
8,5/10
3 0
Un texte brillant et des acteurs excellents !
5 févr. 2019
9/10
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Ce soir, au théâtre de la Michodière, on sait ce que l’on va voir. Personne n’a été pris en traître, tout est clair : on va assister à du boulevard, du bon boulevard pur et dur, du boulevard comme avant, avec le mari, la femme et l’amant, les cris, les situations improbables, les revirements…

Et en effet, tout est là ! Même le joli clin d’œil que Nicolas Briançon nous fait à la fin des saluts pour présenter l’équipe à l’ancienne, termine de nous en assurer.
Une fois le genre posé, finalement, que donne en 2019 la reprise de cette pièce jouée entre autres par Poiret en 1979 ?

Eh bien c’est une réelle réussite. Le texte est savoureux, les effets, pauses et minauderies des comédiens font mouche. Nicolas Briançon, en particulier, s’amuse comme un petit fou et fait rire la galerie. Difficile en effet de ne pas tomber sous son charme : Badin est blagueur, il manipule son petit monde avec élégance. Les autres ne sont pas en reste ; François Vincentelli est excellent et terriblement drôle et Anne Charrier, Sophie Artur et Alice Dufour tiennent parfaitement leur rôle.
Mais la pièce est moins légère qu’elle n’y paraît et sous son enveloppe comique et frivole, on y trouve tout de même de vraies émotions et une analyse plutôt fine de la vie de couple. La personnalité des personnages est en effet plus complexe et approfondie qu’on ne pourrait le penser et l’histoire vraiment bien construite. C’est drôle mais pas que !

Une tragi-comédie réjouissante : on en redemande !
4 févr. 2019
8,5/10
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« Le canard à l’orange » de William Douglas Home adapté par Marc-Gilbert Sauvajon et mis en scène par Nicolas Briançon est l’histoire de l’arroseur arrosé.

Au lever du rideau, par une belle nuit d’été, nous sommes dans le salon des Preston, à Stonewall, banlieue résidentielle de Londres.
Moment de silence…les Preston terminent une partie d’échecs et quelques verres plus tard se livrent à quelques confidences, non pas sur l’oreiller, mais sur le fauteuil…
Le séduisant Hugh Preston, aux nombreuses conquêtes, apprend à son tour, ce qu’il supputait, il est cocu !
Sa délicieuse épouse Liz le trompe avec un homme élégant et plus jeune que lui.
Piqué au vif, Hugh Preston propose à son épouse, sans perdre de temps, d’inviter son amant John Brownlow à passer le week-end dans leur propriété avant qu’ils ne partent se conter fleurette en Italie.
Pour faire bon poids bonne mesure, Hugh Preston quant à lui invite sa jeune et belle secrétaire Patricia Forsyth à se joindre à leur petite amusette. La finalité de ce week-end étant de vouloir reconquérir le cœur de sa bien aimée : la rendre jalouse ; lui qui pense avoir plus de valeur que son amant.
Mais pour arriver à bon port, faudra-t-il en passer par le divorce ?
Et comme toute partie d’échecs ou de tennis, il faut un arbitre, et quel arbitre, ce soir en la personne de Madame Gray, au caractère bien trempé, qui a du fil à retordre avec la cuisson de son canard à l’orange…

Un classique du boulevard monté en boulevard classique, oui et alors !?
Nicolas Briançon avec sa troupe propose un fort louable divertissement qui tient la rampe et fait beaucoup rire.
Un théâtre de divertissement comme aurait dit Feydeau mais à la sauce anglaise et c’est là toute la différence.
Ici les quiproquos, les portent qui claquent et les personnes qui se rencontrent mais qui ne le devraient pas sont remplacés par les dialogues savoureux, finement subtils, d’un auteur anglais brillamment adapté par Marc-Gilbert Sauvajon.
Des répliques qui font mouche par un auteur francophile, à la politesse du rire, ayant pour seule prétention de rendre heureux les spectateurs.

La relation homme-femme, un sujet qui déclenche les passions, comme Hugh Preston le demande si bien à sa femme : « Dis-moi un peu combien il y a de femmes dans une femme, Liz…» réponse de sa femme : « Trois, disait mon oncle Melvin. Une fiancée qui pleure, une épouse qui soupire et une veuve qui espère ! ».

Le défi était de faire oublier le tandem Poiret-Lionel, eh bien le tandem Briançon-Vincentelli s’en sort haut la main. Nicolas Briançon un tantinet précieux, cynique, à l’œil rieur dans le rôle de Hugh Preston s’en donne à cœur joie pour provoquer un François Vincentelli élégant irrésistible dans son rôle de l’amant candide à l’accent belge (n’oublions pas qu’il est belge avec une origine corse, d’où la confusion que son patronyme peut donner mais en fin de compte c’est un retour aux sources) qui déclenche les rires avec « ses pitreries ».
Une mise en scène classique mais rythmée et efficace pour mettre en valeur ses différents partenaires.
Anne Charrier, dans le rôle de Liz, l’épouse, est à la fois sensible, piquante, à l’humour féroce, et son duo avec Nicolas Briançon fonctionne parfaitement.
La secrétaire, trouble-fête à son dépend, jouée par Alice Dufour, à la jambe leste, donne le change avec justesse dans cette partie d’échecs où tous les coups sont permis.
Et l’arbitre, me direz-vous, eh bien la très drôle Sophie Artur dans le rôle de la gouvernante ne se ménage pas pour lancer des pavés dans la mare au risque de provoquer des ronds dans l’eau…

Tout ce petit monde évolue dans un décor très kitsch de Jean Haas, peut-être un peu trop chargé mais avec une trouvaille de mise en scène lors des changements de tableaux qui met en valeur la gouvernante jusqu’au salut. Car chez les anglais tous les personnages existent.
De très beaux costumes de Michel Dussarat habillent les comédiens en particulier les comédiennes avec leurs belles robes. Quant à Vincent Vincentelli, ses costumes d’une gaîté folle accentuent son look de candide à la barbe fraichement rasée, à la limite de la caricature de son personnage. Mais en revanche je n’ai pas compris le jean que porte du début à la fin de la pièce Nicolas Briançon, comme s’il prenait de la distance…

Une comédie dont on aurait tort de se priver, de quoi faire travailler vos zygomatiques et de vous dispenser d’une consultation chez le médecin !
4 févr. 2019
9/10
7 0
Comment préférez-vous vos comédies? Si vous les aimez juteuses, un peu déjantées et très bien jouées votre repas est tout trouvé : ce sera du canard à l’orange !

Écrit par William Douglas Home, « le Canard à l’orange » raconte l’histoire d’un mari cocu (volage aussi de son côté) qui convainc sa femme Liz d’inviter son bel amant chez eux avant de filer avec en Italie. De son côté, il invite sa secrétaire à les rejoindre dans l’intention d’être pris en flagrant délit d'adultère par la gouvernante et faire ainsi porter tous les torts sur sa tête. S’ensuit un bien étrange week-end !..

L’affiche un peu timbrée est bien à l’image du personnage de Hugh Preston, interprété par un Nicolas Briançon très en forme. Il y a l’humour, l’ironie, l’intelligence et le grain folie qui composent tout ensemble un Hugh volubile et retors usant de mille malices pour récupérer sa femme. Par chance dans cette distribution, tous ses partenaires sont au son niveau : François Vincentelli est un amant présomptueux et allègrement nunuche. Il joue la carte du ridicule à merveille et fait fondre de rire autant pour son sourire et son accent belge que pour sa prétendue supériorité sur le mari. Il se laisse berner en long et en large : c’est un délice.

Les personnages féminins ne sont pas en reste. Sophie Artur est une gouvernante à forte tête regardant comme de grands enfants fous les adultes qui l’emploie. Dans le rôle de Liz, Anne Charrier est à la fois amoureuse enniaisée par son bellâtre puis femme sensible à l'intelligence de son mari. Enfin, la jeune secrétaire interprétée par Alice Dufour est un personnage central de cette intrigue de mœurs. Féline, conquérante et maligne, elle sème la zizanie en feignant de ne pas s’en apercevoir. Elle en rajoute juste comme et quand il faut pour faire surgir les rires.

La mise en scène de Nicolas Briançon est riche, dépeignant un intérieur bourgeois qui pose un cadre agréable à voir sans trop entraver les déplacements des acteurs sur la scène. Une réussite.

Du théâtre de boulevard de belle facture, à privilégier en ce début d’année !
3 févr. 2019
9,5/10
7 0
Le regretté Pierre Barillet n’osant plus parler de théâtre de boulevard (un peu trop galvaudé) il parlait de théâtre de divertissement, et quel plus beau mot que celui-ci pour illustrer cette reprise, par Nicolas Briançon succédant ainsi à Jean Poiret.

Hugh et Liz sa femme sont mariés depuis 15 ans, lui est animateur célèbre et ne compte plus les coups de canif dans le contrat de mariage…

Et puis un jour, il apprend que Liz a un amant, elle souhaite divorcer pour vivre avec un brillant trader rencontré lors d’une soirée. Hugh toujours fanfaron a l’air de bien prendre la chose, invite l’amant dans leur maison pour le week-end, mais il a une idée derrière la tête et invite également sa charmante secrétaire, son but prendre les torts à sa charge et donc se faire pincer en flagrant délit d’adultère, par Mme Grey, leur gouvernante un véritable dragon ! Mais veut-il vraiment laisser partir Liz ?

C’est un festival de répliques drôles, de situations loufoques, un vrai régal, les comédiens s’en donnent à cœur joie, François Vincentelli, brillant trader sans une pointe d’humour, surtout pas celui d’Hugh ! Nicolas Briançon est tel un chat devant un pot de lait, gourmand, spirituel, élégant. Anne Charrier a le charme qu’il faut, la belle Alice Dufour est naturelle et amusante, et bien entendu Sophie Artur est un numéro comique à elle seule ! D’ailleurs vous avez intérêt à éteindre vos portables.

Comme la tradition le voulait à la fin de chaque pièce jouée « Au théâtre ce soir », Nicolas Briançon présente l’équipe technique et bien entendu les comédiens. Moi j’aime bien et ça m’a diablement rajeuni !

Un canard qui vaut tout à fait le détour.
2 févr. 2019
9/10
16 0
Je le sais pourtant : je peux faire confiance à Nicolas Briançon. Mais je me souviens qu’à l’annonce de ce spectacle, j’ai ronchonné. Pourquoi ressortir ce texte finalement assez peu joué en France et que j’imaginais donc poussiéreux et daté ? Mes doutes ont redoublé devant l’affiche, volontairement ringarde. J’y suis allée un jeudi soir, fatiguée, un peu malade, surprise mais heureuse de constater que la salle était pleine un soir de semaine. Je n’ai pas vu ma soirée passer, j’ai oublié la fatigue, j’ai guéri le temps du spectacle. Une nouvelle réussite à ajouter au tableau théâtral de Monsieur Briançon.

Hugh Preston, brillant homme de télé – et homme à femmes par la même occasion – est cocu. Il fait avouer à sa femme Liz qu’elle le trompe avec John, un jeune et riche belge avec qui elle compte s’enfuir en Italie d’ici deux jours, le dimanche matin. Beau joueur, il lui propose de prendre les torts à sa charge en lui soumettant le deal suivant : d’ici au dimanche, John vivra sous leur toit et lui invitera PatiPat, sa secrétaire, pour qu’ils les prennent en flagrant délit et facilitent ainsi la procédure du divorce. Voici un week-end qui s’annonce chargé en émotion – et en rires !

Il n’aura suffi que de quelques minutes. Quelques minutes et je plonge dans le spectacle dans un grand rire, rejointe par l’ensemble des spectateurs. J’aime le travail de Nicolas Briançon car il ne considère pas le boulevard comme un genre moins noble qu’un autre. Quelques années à assister à ses spectacles m’ont permis d’ôter toute once de mépris envers des spectacles populaires faits pour provoquer le rire. Mais si, vous le connaissez, ce mépris. Ce petit rictus, cette petite gêne car ce spectacle est un pur divertissement et ne va pas chercher plus loin que le détente pure et franche du spectateur. Il est un génie du genre et c’est un plaisir de le retrouver dans ce spectacle avec sa double casquette de comédien-metteur en scène.

Mais ce n’est jamais évident de critiquer ses spectacles. Hors de question de rater la moindre réplique en prenant des notes pendant la pièce ! Me voilà donc face à mes souvenirs. Or Le Canard à l’Orange – comme la plupart des mises en scène de Briançon, c’est sa marque de fabrique – est une bouteille de champagne. Pétillant, savoureux, acidulé, explosif, on le déguste sur place et il ne nous reste plus que l’écume au sortir. Rien de négatif à cela : on sort avec une impression de plénitude et de légèreté délicieuses. Pompette, sans gueule de bois. Juste heureux.

On saluera évidemment une mise en scène éclatante, incroyablement rythmée et laissant sa place à chacun des comédiens. Rien n’est laissé au hasard : jusqu’aux saluts tout n’est que perfection, et on en vient même à se demander si les presque fou-rires qui se ressentent sur scène et qui provoquent la jubilation voire les applaudissements du public ne sont pas eux-même travaillés. J’ai été agréablement surprise par l’adaptation et la traduction, étonnamment modernes et familières pour une pièce pourtant intrinsèquement datée, dans sa forme comme dans ses personnages. Et puis, les différents clins d’oeil de Briançon à ce théâtre qu’il défend avec brio ajoutent une touche supplémentaire, entre hommage et virtuosité.

Nous voici donc dans une ambiance Au Théâtre Ce Soir très réussie, et Briançon a su s’entourer d’une belle troupe pour porter au plus haut ce spectacle. J’étais très heureuse de retrouver François Vincentelli découvert dans Hard en début de saison, irrésistible avec son accent belge, trouvant son aspect comique dans une mécanique de jeu incroyablement précise et presque codifié. Anne Charrier, que je n’avais pas vue au théâtre depuis le merveilleux Volpone du même metteur en scène, compose une Liz absolument charmante, formant avec son époux un véritable duo dont la complicité se lit dans leurs regards. Sophie Arthur est une gouvernante aussi décalée dans sa composition que dans sa partition, qui rentre dans son rôle dès son annonce – très réussie – contre les téléphones portables. Seule Alice Dufour reste un peu en-dessous de cette excellence, dévoilant certes un corps de rêve mais, dans le même temps, une présence pas très assurée. Mais après tout, la jeune femme recrutée avant tout pour sa plastique et non pour son jeu, ne serait-ce pas aussi un des codes du boulevard ?

Il en reste un que je n’ai pas mentionné. Je mentirais si je ne disais pas que c’est Nicolas Briançon qui remporte tout. Il a choisi sciemment un mode de jeu différent de ses camarades : là où ils sont plutôt dans la caricature, lui est d’un naturel éclatant. D’ailleurs, il est dans une forme olympique ; j’ai presque envie de dire que c’est son rôle comique le plus réussi. Il est absolument succulent dans son personnage de Hugh Preston, il s’amuse comme un dingue et ça se sent. On tombe d’ailleurs rapidement sous le charme de cet homme brillant et espiègle. L’oeil vif, sournois et malicieux, ses sourires précèdent ses bons mots et de manière plus générale, sa partition lui va comme un gant. Il est dans une autre dimension que le reste de la troupe, manipulant le temps qui se déroule alors à une vitesse folle : lorsqu’il est sur scène, plus d’échappatoire au rire, et, d’un sourire entendu au simple soulèvement d’un drap sur un canapé, tout est si parfait qu’il provoque l’hilarité générale.

Un Canard à consommer sans modération.
9/10
3 0
... Immanquable moment de théâtre de boulevard, tout à fait représentatif du genre, drôlissime et très bien joué. Un superbe spectacle que je recommande vivement.
2 févr. 2019
9/10
37 0
Aimez-vous "brame" ?
C'est en effet par une métaphore en droite ligne du monde des cervidés, à savoir celle du vieux dix-cors supplanté par le jeune daguet aux beaux andouillers, que Hugh Preston, producteur vedette à la BBC avoue à sa femme qu'il sait qu'elle le trompe avec le beau, jeune et riche trader belge John Brownlow.
C'est au passage une fourberie envers son épouse qui lui permet de confirmer ses doutes...

Preston va donc machiavéliquement inviter l'amant au domicile qui fut conjugal, ainsi que sa pulpeuse secrétaire, afin de tenter de reconquérir sa femme.
La confrontation des deux fougueux mâles, sous le regard des deux jolies biches, arbitrée par la gouvernante revêche de la maison, cette confrontation arrangera-t-elle les affaires de Preston ?

Nicolas Briançon a eu l'excellente idée de remettre sous les projecteurs cette pièce-culte, écrite par William Douglas Home en 1967, une pièce emblématique de ce qu'il est convenu d'appeler la comédie anglaise. (Elle fut adaptée par Marc-Gibert Sauvajon, avec des répliques fulgurantes : j'adore le « Moi, mon mari, il a réussi à faire construire une chapelle par la Banque Rotschild ! ».)

Le comédien-metteur-en-scène contribue grandement à redonner ses lettres de noblesse (s'il en était encore besoin) au théâtre de boulevard, celui-là même que tous ceux de ma génération et moi-même regardions mômes à la télé en noir et blanc, grâce à Pierre Sabbagh et son émission « Au théâtre ce soir. »

Nicolas Briançon a su une nouvelle fois placer exactement le curseur au bon endroit.
Il est très difficile de faire rire aux éclats une salle entière.
En revanche, il est très facile de donner dans le côté lourd, pesant, voire vulgaire. (D'autant que, soyons clairs, ce texte est loin d'être un ode au féminisme le plus exacerbé...)
Ici, il n'en est évidemment rien !

Ce qui va se jouer ces deux heures durant relève d'un véritable travail d'orfèvre.
Grâce à une précision diabolique dans la direction d'acteurs, dans la façon de dire et faire dire les répliques et les tirades, dans la manière d'articuler les scènes, Briançon nous offre un époustouflant et hilarant moment de théâtre.

Les fou-rires sont innombrables, de ce rire sain, salutaire, de bon aloi, qui fait du bien et qui fait oublier les tracas quotidiens.

C'est lui qui se taille la part du lion.
Dans ce rôle créé en France par Jean Poiret, il est magnifique !
Ses effets, ses intonations (Ah ! Son imitation de Francis Blanche..), ses ruptures, sa gestuelle (Ah ! Son interprétation d'une guêpe !), ses envolées (Ah ! Cette tirade shakespearienne !), sont autant d'instants drôlissimes.

Ni trop, ni trop peu. C'est vraiment la marque de fabrique de ce metteur-en-scène, comme je le démontrais déjà dans sa mise en scène de « Faisons un rêve », de Guitry, voici deux saisons, et de « Hard », de Bruno Gaccio, l'an passé.

Bien entendu, il n'est pas seul.

Un quatuor d'épatants comédiens l'accompagne.

A commencer par Sophie Arthur, qui campe Mme Grey, la gouvernante, espèce de Toinette anglaise, revêche, truculente, qui ne mâche pas ses mots, et qui donne des conseils matrimoniaux plus ou moins frelatés. Elle aussi est hilarante !

Tout comme François Vincentelli, qui est un prodigieux Brownlow à la fois bellâtre, benêt, jaloux, simplet, brave... Avec un accent belge qu'il connaît bien, lui aussi ravit les spectateurs.

Anne Charrier est Mme Preston. Elle glisse très subtilement d'un état de femme qui se sépare volontairement de son mari, à celui de femme jalouse voulant le reconquérir. Un rôle pas si évident que cela. La comédienne est irréprochable, et elle aussi parvient sans peine à faire fonctionner nos zygomatiques.


Melle Forsythe est interprétée tout en sensualité par Alice Dufour. Il faut noter que c'est ce personnage qui donne son titre à la version originale anglaise : The secretary bird.

Mais quelle soirée !
Ce canard à l'orange est un vrai plat de choix ! A déguster sans modération aucune !
Ne manquez pas cet hilarant spectacle !

Surtout, surtout, ne partez pas pendant les saluts...
Juste après ceux-ci, Nicolas Briançon rend un dernier hommage à l'émission sus-nommée...
1 févr. 2019
9/10
3 0
Vu hier soir.
Décor superbe, acteurs au top !
Y aller sans hésiter.
29 janv. 2019
9/10
2 0
J'ai passé une excellente soirée de théâtre ce soir. Nicolas Briançon, Anne Charrier, François Vincentelli, Alice Dufour & Sophie Arthur s'amusent et nous procurent beaucoup de bonheur!

Un magnifique décor, une belle musique, des dialogues de haut vol et des comédiens au top! Et pour une fois, aucune vulgarité, ça fait du bien aussi :-) Courez-y !

Nicolas Briançon est vraiment très drôle !
25 janv. 2019
8/10
7 0
C'est diablement dynamique, enjoué, drôle, intelligent, léger, aérien même.

Les comédiens prennent un plaisir fou à jouer cette pièce et ce plaisir est largement communicatif.
L'espièglerie de Nicolas Briançon est jouissive.
C'est du vaudeville dépoussiéré avec une bonne dose de patate !

Anne Charrier est magnifique, Sophie Artur truculente et François Vincentelli parfait en nigaud.