Critiques pour l'événement Comédiens !
10 sept. 2018
8/10
71 0
Je ne m'attendais pas à ce type de spectacle, et j'ai été bluffée !

Surtout par le jeu de Fabian Richard dans les dernières minutes, dramatiques, du spectacle.

Je recommande sans hésiter !
21 août 2018
9/10
75 0
Démarrant comme un vaudeville classique dans lequel la légèreté et le rire sont de mise, le spectacle dérive lentement vers quelque chose de plus profond. On sent que sous la surface se cachent bien des drames. Comment pourrait-il en être autrement quand on se pose sous le double patronage de l’opéra Pagliacci de Leoncavallo (qu’on vous conseille pour son intensité décuplée par sa brièveté) et de Othello de Shakespeare ?

L’intelligence de Eric Chantelauze et Samuel Sené est de prendre le public par la main pour l’emmener où ils veulent sans qu’il s’en rende compte. Nous ne vous parlerons pas du ressort important du spectacle pour ne pas gâcher le plaisir, mais on a rarement vu un tel retournement amené avec une telle subtilité. Le texte joue sur toutes les gammes d’émotions avec la même virtuosité qu’on avait décelé dans La Poupée Sanglante. Les différentes couches du spectacle se dévoilent petit à petit et sans jamais forcer le passage révélant les thèmes de la frustration artistique, la jalousie, mais aussi la frontière très fine entre le comédien et son personnage. C’est le rêve de tout dramaturge.

La mise en scène de Samuel Sené est en harmonie avec ce texte subtil. Il captive le regard tout au long du spectacle et parvient à instaurer une atmosphère pesante quand c’est nécessaire. De fait, le spectateur se prend une claque et ressort du théâtre hagard. Le texte ne peut avoir ce résultat seul. C’est uniquement porté par une mise en scène qu’il déploie son artillerie lourde. De plus, Samuel Sené s’arrange merveilleusement avec le petit plateau du théâtre de la Huchette. Son décor est évolutif et, comme il s’agit de répétitions, est mis en place par les comédiens eux-mêmes. On évite alors les longs noirs qui, parfois, ralentissent le rythme. Il offre également une des scènes les plus hypnotisantes qu’il nous ai été donné de voir sur une scène avec le personnage de Pierre se maquillant devant son miroir. Avec cette scène, le spectacle bascule définitivement vers une autre strate.

Le trio de comédiens porte la pièce avec force et un jeu d’une sincérité déconcertante. Les trois donnent l’impression d’un documentaire tant ils sont justes dans leurs répliques. C’est aussi pour marquer une réelle différence avec le surjeu du vaudeville Au Diable Vauvert où ils semblent prendre plaisir à réutiliser les codes de jeu de l’époque.

Marion Préité, que nous avions adoré dans Les Aventures de Tom Sawyer le Musical, campe une Coco pleine de rêves frustrés qui compte bien utiliser son retour sur Paris pour corriger le tir. Elle aime son mari mais elle aime encore plus son métier. Cyril Romoli est, quant à lui, la boule de fraîcheur du spectacle. Son personnage un peu lunaire assure la comédie sans soucis qu’il s’agisse de composer des accents improbables ou d’avoir un tic qui tombe toujours au mauvais moment. Quant à Fabian Richard, sa plongée au fur et à mesure du spectacle est proprement stupéfiante. Il va chercher des émotions au plus profond pour offrir un personnage torturé crédible. Ils vont tous d’ailleurs tellement loin qu’il leur faut quelques instants aux saluts pour sortir d’une sorte de léthargie.

Comédiens ! est drôle et intense. Ses numéros chantés et dansés entêtent et nous font même parfois claquer des doigts. Mais c’est bien plus que cela. C’est un spectacle intelligent qui distribue ses cartes avec parcimonie pour abattre son jeu dans une troisième partie surprenante. Après La Poupée Sanglante et L’Écume des jours, le Théâtre de la Huchette se pose définitivement comme un lieu de création qui ose. Si vous ne l’avez pas encore vu, foncez. Et si vous l’avez déjà vu, vous savez que vous devez y retourner.
12 août 2018
8,5/10
66 0
Comédiens! a été un succès dès le mois de mars et il a été amplement confirmé par son couronnement au cours de la soirée de remise des Trophées de la Comédie musicale. Le spectacle reçoit 5 trophées.

Samuel Sené en reçut deux, pour la mise en scène et pour le livret (avec Éric Chantelauze).

Il a souligné que le trophée est la preuve que treize ans après être resté dans un tiroir un projet comme Comédiens! peut ressortir et vivre. C'est aussi la preuve qu'on peut être pluridisciplinaire, musicien certes, mais aussi metteur en scène.

Il ajouta enfin sa fierté de participer à l'aventure d'un art qui mélange tous les arts.

Marion Préïté fut honorée du trophée de la révélation féminine et Fabian Richard celui de de l'artiste interprète masculin.

Toute l'équipe est récompensée puisque Comédiens ! a le trophée du meilleur spectacle musical de l'année. Comme quoi aussi une "petite" production peut être distinguée. Petite par le nombre de personnes présentes sur scène mais grande par l'imagination qui a présidé à l'écriture d'un spectacle qui représente un formidable anniversaire pour les 70 ans du théâtre.

Samuel Sené s'est inspiré de Paillasse, un opéra italien de Ruggero Léoncavallo basé lui-même sur un fait réel. Éric Chantelauze a écrit avec lui un livret et des paroles de chansons qui jouent sur les sous-entendus et les non-dits. Raphaël Bancou a mis le tout en musique. Le trio d'acteurs-chanteurs est formidable. Le décor d'Isabelle Huchet est très astucieux par sa modularité. Tous les ingrédients étaient réunis pour un succès.
Le compositeur italien avait donc en 1882 raconté l'histoire d'une troupe itinérante (ce qui justifie la praticité du décor) de comédiens dont le directeur, fou de jalousie, confond son rôle de mari battu avec la réalité, allant jusqu'à tuer sur scène sa femme infidèle.

Samuel Sené a transposé l'intrigue dans le Paris de 1948, juste après la seconde guerre mondiale en conjuguant des sentiments explosifs et passionnels : amour, jalousie, colère ...

Colette Cordier, dite Coco (Marion Préïté, Tante Polly dans Les Aventures de Tom Sawyer à Mogador), a accepté de sacrifier sa carrière parisienne pour suivre Pierre (Fabien Richard), son époux en province. Il est le metteur en scène d'Au diable Vauvert, une pièce censée se dérouler dans le Paris de 1880, écrite par Léon Roussin, un auteur imaginaire, où il s'empare du rôle du mari trompé. Il échange quelques répliques avec Coco dans le rôle de l'épouse infidèle en attendant leur ami Guy (Cyril Romoli), qui joue le rôle de l'amant, qui n'arrive pas et dont on s'apercevra qu'il ne connaît pas encore son texte par cœur. Forcément, à son arrivée, la tension grimpe. Pierre le soupçonne vite d'être amoureux de Coco. Le doute est permis, la fiction se mêle alors dangereusement à la réalité.

Les deux conventions se superposent : celle de 1948, ultraréaliste, comme une fenêtre sur la vie réelle, et celle de 1880, le théâtre dans le théâtre, code de vaudeville adapté à l’œuvre imaginaire "Au diable Vauvert". La scénographie est celle d’un vaudeville réinterprété à la mode 1948, décor abstrait et silhouettes appuyées.

Les artistes jonglent avec les codes du théâtre musical, alternant les numéros chantés et dansés du vaudeville, avec des numéros musicaux supposés improvisés des comédiens de 1948. Ces allers-retours sont limpides, par la scénographie et le jeu des acteurs, et entraînent le spectateur dans un ouvrage très divertissant montrant les coulisses d’une comédie musicale, mais glissant imperceptiblement, de scène en scène, vers un drame glaçant.

Le théâtre dans le théâtre est parfaitement maitrisé. Le vaudeville fait bon ménage avec le jazz. On passe une soirée réjouissante qui fête dignement l'anniversaire de la Huchette.
6 août 2018
8,5/10
94 0
Une adaptation réussie, trois excellents comédiens, chanteurs, danseurs.

Pour ceux qui connaissent « Pagliacci » il y a en effet un air de ressemblance, tout est adapté, très bien ma foi, des chansons entraînantes, des portés de danse amusants, vu la largeur de la scène. Marion Préïté a un beau timbre de voix, Fabian Richard est tourmenté à souhait, Cyril Romoli fait une superbe démonstration, danse, attitude, imitations d’accent, pianiste chevronné. Ils jouent tous les trois avec beaucoup de sincérité et de dynamisme.
13 juil. 2018
8,5/10
85 0
En 1948, le théâtre de la Huchette ouvre ses portes, c’est la toute première représentation. Pierre metteur en scène lyonnais va présenter son adaptation musicale d’un vaudeville « Au diable vauvert » au public parisien.
Une dernière mise au point s’impose pour les 3 comédiens.
*La salle est plus étroite qu’à Lyon, il faut agencer les décors et accommoder la mise en scène.
*Coco comédienne et compagne de Pierre doit s’échauffer la voix.
*Guy camarade du conservatoire de Coco remplaçant au pied levé un comédien absent n’est pas encore au top.
* Pierre a quelques difficultés avec son texte.
* Et le public parisien n’est point celui de Lyon…

Au cours de cette dernière répétition, des cachoteries et des non-dits vont surgir. La vérité de chacun n’est pas toujours bonne à dire. Le théâtre est présent sur scène mais aussi dans les coulisses. Les péripéties et les rebondissements s’enchainent.

Le théâtre se juxtapose à la vie, les personnages du vaudeville rejoignent Coco, Guy et Pierre dans leur intimité. Ils se perdent entre la réalité et la fiction.
* Jusqu’où ira la jalousie de Pierre ? Joueront-ils en toute quiétude ? La tension monte…
C’est explosif, fougueux et émoustillant. La fin vous surprendra peut être.
La vie est un grand théâtre. Parfois comique, parfois tragique.

Nous sommes en 1948, le swing et le jazz nous accompagnent et rythme joyeusement cette tragi-comédie.
Marion Préïté (Coco), Fabian Richard (Pierre), Cyril Romoli (Guy) sont talentueux. Comédiens, chanteurs et musiciens.

Moment de théâtre joyeux et bout en train.
3 juin 2018
10/10
26 0
Après les triomphes de "La Poupée Sanglante" et de "L’Ecume des Jours", le Théâtre de la Huchette présente son nouveau spectacle musical "Comédiens !", célébrant ainsi, en 2018 , son 70ème anniversaire : 70 ans d’émotions, de créations, de découvertes, d’audace, d’impertinence, et d’amour du Théâtre.

Scotchée... Impressionnée... Sans voix... Émue... voilà l'état dans lequel je me trouve en écrivant ces mots. La raison ? Je reviens tout juste d'une sortie au théâtre où je suis allée découvrir la pièce "Comédiens !". Et si je devais résumer cette pièce en deux mots, je dirais : Intense et Sublime !

L'histoire se déroule dans le Paris d'après-guerre. Le spectacle met en avant trois artistes défendant l'art du théâtre musical. On découvre les premières minutes du spectacle avec Pierre Castel (Fabian Richard) et Colette Cordier (Marion Préïté) - un couple marié depuis dix ans. Pierre Castel, directeur visionnaire d'une compagnie familiale, s'apprête donc à présenter la première d'un spectacle de théâtre musical mêlant vaudeville et jazz, "Au diable Vauvert", au Théâtre de la Huchette, mais tout ne se passe pas tout à fait comme il l'avait prévu. Colette dite Coco, comédienne reconnue à Paris qui a mis entre parenthèse carrière et vie parisiennes pour être avec l'homme qu'elle aime. Arrive un troisième personnage, Guy (Cyril Romoli), qui arrive à la rescousse des deux autres - à la demande de Colette - pour remplacer un comédien à la dernière minute... L'histoire se déroule le jour de la première.

"Comédiens !" est un spectacle musical inspiré d’une histoire vraie, et d’un opéra lui-même inspiré d’une histoire vraie : Leoncavallo, compositeur italien, a écrit "Paillasse" en 1892, racontant l’histoire vraie d’une troupe itinérante de comédiens, dont le directeur, fou de jalousie, confond son rôle de Paillasse, le mari battu, avec la vraie vie, allant jusqu’à tuer sa femme infidèle en pleine représentation...

Il s'agit là d'une mise en abyme... c'est, en quelques sortes, une pièce de théâtre dans une pièce de théâtre, mais où les personnages des personnages se confondent parfois avec leur réalité...

On pourrait penser, dès les premières minutes du spectacle, à une pièce plutôt légère, divertissante...mais, au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire, la pièce monte en intensité et l'on découvre alors la profondeur de chacun des personnages. Il y a notamment un moment clef qui m'a particulièrement marquée et émue, c'est celui de la "transformation" du personnage de Pierre Castel (interprété par Fabian Richard) qui, angoissé et blessé, tend à devenir "fou" : un moment terriblement fort tant émotionnellement que dans le jeu. On y retrouvera alors la thématique de l'amour, mais aussi de la jalousie, du doute, de la possessivité, et plus généralement des émotions et de la manière de les gérer.

Il y a aussi la puissance du jeu des comédiens, si intenses et si justes, à tel point que l'on ne voit plus que leurs personnages. Et puis, en plus, ça chante et ça danse ! Oui, parce que j'ai toujours été très sensible au travail que demande la création d'une comédie musicale : une discipline pointue et impressionnante que j'aime particulièrement aller voir au théâtre. J'ai ainsi particulièrement aimé la mise en avant de la pluridisciplinarité des artistes : à savoir jouer la comédie, chanter et accompagner en musique, danser... et même très souvent, plusieurs de ces talents en même temps !

Bref. Vous l'aurez compris, j'ai tout simplement adoré "Comédiens !". Je n'avais pas ressenti un pareil chamboulement émotionnel depuis que j'étais allée voir "Intra Muros" d'Alexis Michalik. "Comédiens !" m'a fait passer par toutes les émotions pendant un peu plus d'1h30 de spectacle. Une pièce que je vous recommande absolument ! D'ailleurs, il se pourrait bien que j'y retourne bientôt...
2 mai 2018
9,5/10
45 0
Ah ! Les comédiens !
Tu parles d'une engeance !
Il y en aurait des choses à dire, sur les comédiens !

Eh bien, c'est exactement le propos de Samuel Sené qui a conçu et mis en scène ce remarquable moment de théâtre.

Oui, remarquable !

Il s'agit d'une excellente et très maligne adaptation de l'opéra « I pagliacci », de Leoncavallo, un opéra qu'il a naguère monté, et au cours duquel il s'est aperçu que ses propres comédiens et chanteurs étaient quand même de drôles de personnages.

Il a donc élaboré cette comédie musicale dans laquelle nous allons également assister à une vraie réflexion sur les codes, les conventions et les principaux mécanismes dramaturgiques.

Nous sommes en 1948.
Sur le plateau du tout nouveau théâtre de la Huchette, trois acteurs répètent une dernière fois un vaudeville se déroulant en 1880.

La mise en abyme va fonctionner à merveille.

Quasiment inventé par un certain William Shakespeare, le procédé du théâtre dans le théâtre nous procure ici bien du plaisir et bien des émotions.

Cette répétition générale est désopilante.
Tous les codes du vaudeville sont là, le mari, son épouse et l'amant, les quiproquos et les situations aussi.

Nous allons rire énormément.

Les trois comédiens vont s'en donner à cœur joie, sans ménager leur peine. La sueur sera au rendez-vous.
C'est un vrai bonheur de découvrir les hilarantes situations qui nous sont données à voir.

Marion Préïté, Fabian Richard et Cyril Romoli m'ont tiré des larmes de rire.
Ici, cette mise en abyme va leur permettre de surjouer volontairement, et ce décalage déclenche les éclats de rire dans la salle.
Toutes les situations de jeu sont ainsi volontairement exagérées et amplifiées. La scène du piano est absolument jouissive ! (A tous points de vue, d'ailleurs...)

Mais nous ne ferons pas que voir jouer ces trois là, nous allons également et peut-être surtout les écouter.
Car tous sont d'excellents chanteurs et instrumentistes, formés à la dure école de la comédie musicale. Leur pédigrée respectif est impressionnant.

J'avoue avoir eu un faible pour Melle Préïté, qui a enchanté non seulement votre serviteur mais la salle entière de son jeu, de sa fraîcheur, de son talent lyrique, de son espièglerie et de sa drôlerie. Elle s'acquitte de sa partition très exigeante de bien belle façon.

Mais nous n'allons pas en rester là !
Au fur et à mesure que la répétition se déroule sur le plateau, les tensions, la jalousie, les querelles d'égo vont monter.
Le registre change alors de façon la plus subtile qui soit.

La voilà, la vraie trouvaille du metteur en scène. Samuel Sené a su passer de la mécanique feydolienne totalement assumée (n'ayons pas peur des qualificatifs) à une page beaucoup plus sombre et intense d'analyse des passions humaines les plus sournoises.

A la surprise générale, s'installent alors de réels moments de grande tension dramatique, des instants d'une gravité extrême.

De la gaudriole, on passe au drame le plus noir.

Bien entendu, je ne vous révèlerai pas la fin du spectacle, mais j'ai été époustouflé par la qualité de ce glissement à la fois scénaristique et dramaturgique.
C'est vraiment de la belle ouvrage.

Il me faut mentionner le livret de Eric Chantelauze. L'auteur a su écrire des formules drôlissimes et percutantes qui font mouche et une dernière partie plus grave qui, sans tomber dans le pathos de mauvais aloi, fonctionne parfaitement.

Vous l'aurez compris, voici donc une comédie musicale on ne peut plus originale et réussie et qu'il faut absolument aller voir.
C'est une heure et trente minutes de vrai et pur plaisir théâtral.
9,5/10
52 0
... En conclusion : La réussite de ce spectacle frise l’excellence. Une standing ovation ne pouvait que les remercier d’un tel plaisir. Ce qui fut fait. Un musical surprenant et magnifiquement joué. Inévitable pépite de la saison !
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22 avr. 2018
8/10
84 0
Comédiens se joue au théâtre de la Huchette et nous fait vivre les derniers préparatifs du spectacle "Au diable Vauvert" qui va être joué dans une petite salle qui vient d'ouvrir.

Nous sommes en 1948... au théâtre de la Huchette.
Guy le metteur en scène et Coco sa compagne à la scène comme à la ville, attendent impatiemment Pierre le comédien qui vient de reprendre au pied levé le rôle d'un comédien défaillant, et Pierre est très en retard... Il finira par arriver et permettre aux répétitions et aux derniers réglages d'avoir lieu avant la première prévue pour le soir même.
Librement inspiré de l'opéra Paillasse de Ruggero Leoncavallo, conçu et mis en scène par Samuel Séné,
sur un livret et des paroles de Eric Chantelauze (metteur en scène de la poupée sanglante en 2016) et une musique de Raphael Bancou, le spectacle est interprété par Fabian Richard (Guy) vu dans 31, Mistinguett et Cabaret, Cyril Romoli (Pierre) il a participé à Mistinguett, 1789 et le roi lion, et Marion Preïté est Coco une une belle révélation, jolie voix et bonne comédienne. Ils sont épatants tous les trois.
Ne manquez pas d'aller voir cette sympathique mise en abyme théâtrale et musicale à qui l'on
souhaite la même réussite et le même succès que Kiki de Montparnasse & la poupée sanglante.
Entre nous je crois que c'est déjà très bien parti.
Une belle façon de célébrer le 70ème anniversaire du théâtre de la Huchette.
12 avr. 2018
8/10
26 0
Nous sommes à Paris en 1948, un nouveau théâtre, ‘La Huchette’, ouvre ses portes avec le spectacle ‘Au diable vauvert’, une comédie musicale, qui a eu un beau succès en province.

Pierre, metteur en scène et comédien de la pièce, déjà tendu car la scène est bien plus petite qu’à lyon et pertube ses arrangements, est en rage contre Guy qui est en retard à l’ultime répétition. Coco, sa compagne qui lui donne aussi la réplique dans la pièce, tente de l’apaiser. Guy arrive, la répétition commence et c’est le début d’une suite d’évènements qui conduiront les spectateurs devant une représentation unique en son genre. Mais chut… je vous laisse y aller pour découvrir ce qu’il va se passer.

Samuel Séné a su restituer l’atmosphère parisienne d’après-guerre et c’est dans cet écrin qu’est La Huchette que sa comédie musicale s’épanouit pour notre plus grand plaisir. Une histoire qui mêle les répétitions de la comédie musicale initialement prévue et les tribulations des trois comédiens pour la mettre en place avec des passages nous faisant croire à l’improvisation lors de la première représentation bref un savant cocktail où le spectateur sait toujours où il en est.

Eric Chantelauze signe un livret et des chansons tout à fait remarquables. Raphaël Bancou (déjà repéré pour son talent dans Intra Muros d’Alexis Michalik) officie à la musique avec talent.

Et les trois comédiens partagent avec bonheur et brio l’histoire avec le public.

Honneur à la Dame : Marion Preité est une Coco virevoltante ‘qui soigne ses aigus’ (vous comprendrez pourquoi en allant voir le spectacle).

Cyril Romoli possède un potentiel comique, en plus de sa belle voix, c'est un bonheur de le voir et de l'écouter.

Et pour finir, Fabian Richard, j'étais déjà complètement conquise par sa prestation dans 31, c'est son nom qui m'a decidé à voir le spectacle dès que j'ai vu l'affiche de Comédiens ! Eh bien, je n'ai pas été déçue, il assure parfaitement. je suis charmée.
12 avr. 2018
8,5/10
16 0
Une parenthèse musicale particulièrement réussie.

Le spectacle s'articule autour de chansons jazzy, aux textes intelligents, et plus encore, interprétées avec beaucoup de talent par ce trio de comédiens. Je reste scotchée par la performance et la voix de Marion Préïté, vue récemment dans Les aventures de Tom Sawyer, mais à qui le rôle de Coco offre la possibilité de montrer véritablement la palette vocale, avec des graves troublants et des aigus lyriques maîtrisés.

Grande fan de mises en abîme, j'ai aussi été emballée par l'histoire : du théâtre dans le théâtre, avec ce metteur en scène qui galère, les egos de chacun à ménager, les petits débordements, et la vie privée qui s'invite sur scène.
Je m'interroge, pendant la pièce, sur la possibilité qu'elle soit tirée d'un sombre fait divers : c'est apparemment le cas. Pierre, mari effacé et insignifiant dans son vaudeville, bouillonne entre le trac de la première et la peur des hommes qui pourraient convoiter sa femme. Coco, face à lui, porte leur relation à coups de sacrifices, à l'exception d'un secret qu'elle garde précieusement. Le troisième larron, ancien camarade de classe de Coco, ne parviendra pas à temporiser suffisamment pour éviter la confrontation houleuse des deux époux.

On passe peut-être un peu brutalement du comique à l'angoisse, dans le déroulement de cette narration. Qu'importe, on a ri, on s'est ému... Et on quitte la salle heureux de ce moment.