top5 (2)

Miracle en Alabama

Miracle en Alabama
De William Gibson
Mis en scène par Pierre Val
Avec Julien Crampon
  • Julien Crampon
  • Pierre Val
  • Valérie Alane
  • Lilah Mekki
  • Clara Brice
  • Marie-Christine Robert
  • Stéphanie Hedin
  • Théâtre La Bruyère
  • 5, rue La Bruyère
  • 75009 Paris
  • St-Georges (l.12)
Itinéraire
Billets de 11,00 à 30,00
À l'affiche du :
8 février 2018 au 30 juin 2018
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:30
    • 21:00
Réservation de tickets

Alabama, 1887 Aveugle et sourde dès son plus jeune âge, coupée du monde extérieur, Helen est une enfant sauvage, livrée à elle-même.

Désespérés, ses parents tentent une dernière chance : ils font appel à Annie Sullivan, institutrice atypique et obstinée.

Avec force et tendresse, elle prendra en charge l'éducation d'Helen et l’ouvrira au monde. Basée sur l'histoire vraie d'Helen Keller, un spectacle entre humour et émotion.

 

48

La critique de la rédaction : 7.5/10. Difficile et émouvante pièce de théâtre.

L'histoire de cette jeune fille handicapée qui se comporte comme un tyran à la maison nous captive. Nous nous demandons comment la gouvernante va s’y prendre pour lui enseigner quelque chose.
Des passages mettent mal à l'aise par leur relative violence, d'autres font rire, d'autres encore attendrissent.

Les différents sont personnages attachants. Nous avons particulièrement apprécié le rôle du père, très autoritaire, trop dur avec son fils mais trop tendre avec sa fille. Le couple de parents semble totalement à la ramasse.

Derrière ce texte tiré d’une histoire vraie, une belle réflexion est menée sur l’éducation, l’importance du langage et la communication avec un handicapé.

La mise en scène est astucieuse. Deux plans sont créés avec un rideau transparent, l'effet est convaincant.

Un bon moment, nous ressortons du théâtre troublés.

Note rapide
8,3/10
17 pour 17 notes et 15 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
2 critiques
Note de 4 à 7
18%
13 critiques
Note de 8 à 10
82%
Toutes les critiques
15 avr. 2018
9/10
3 0
Helen est aveugle, sourde et muette. La famille s'en occupe peu. Son handicap fait qu'on lui donne de l'affection mais on ne cherche pas à la faire progresser. Elle vit en sauvageonne au sein de cette famille. Les parents embauchent une institutrice pour s'en occuper.

Sans compassion, elle va lui faire comprendre les mots et lui apprendre le langage des signes effectué dans la main puisqu'elle ne voit pas. Elle cherche dans une quête éperdue à provoquer le déclic d'Helen pour le langage. Elle attend qu'elle puisse associer les signes aux mots.
Sans compassion, sans attitude larmoyante, on assiste à la progression d'Helen. On rentre dedans sans problème. C'est une histoire de dépassement personnel.

Le jeu des deux principales actrices est impeccable. Le jeu est réaliste, puissant. Le duo porte merveilleusement l'histoire. A voir absolument.
10 avr. 2018
10/10
7 0
Gros gros coup de cœur pour cette pièce. Le bouche à oreille semble fonctionner à merveille car la salle était pleine comme un oeuf et les spectateurs suspendus aux lèvres des acteurs.

C'est fort, magique, je n'ai absolument pas vu le temps passer et la jeune sourde qui interprète le rôle de la jeune Hellen Keller est prodigieuse. Son duo avec l'actrice qui est chargée de la rééduquer est fantastique. Je ne m'attendais pas à recevoir cette pièce de cette façon. En plus, nous avions la chance d'être au 2ème rang. Vraiment excellent de bout en bout. L'acteur qui joue le rôle du père d'Hellen est très bien servi par son texte et nous tire à plusieurs reprises des rires.

Courez y, cette pièce est une vraie leçon d'éducation pour les parents.
4 avr. 2018
10/10
32 0
Avec Miracle en Alabama, nous sommes touchés par l’intense rencontre entre cette jeune fille sourde et muette, entourée d’un amour familial maladroit et une institutrice atypique, obstinée et avant-gardiste.

Entre émotion, persévérance et sensibilité, nous assistons au Théâtre La Bruyère à l’éveil d’un nouveau sens pour Helen : celui de la vie.
1 avr. 2018
9/10
28 0
Je me souviens parfaitement du récit autobiographique d'Helen Keller, sourde, muette et aveugle, dont j'ai découvert le parcours exemplaire quand j'étais à peine adolescente.

Sa détermination est exemplaire et j'emploie toujours un ballon en pensant à elle pour faire comprendre à un enfant la notion de longueur d'ondes, en démontrant que le son se propage dans l'air. Il tient le ballon entre ses mains alors que je parle à voix haute et il sent les ondes lui chatouiller la paume de la main. C'est toujours source d'émotion.

Autant vous dire que je suis arrivée pour voir Miracle en Alabama en pensant que je n'aurai aucune surprise ... si ce n'est celle d'assister à un excellent spectacle qui, en somme toute peu de temps, retrace l'essentiel l'histoire vraie du parcours de la jeune femme et de son éducatrice.

James (Julien Crampon) installe l'ambiance en jouant un air country à Jardin alors que le public s'installe. Nous sommes en 1887, au coeur de l'Alabama, un de ces états qui, avec le Mississippi et la Louisiane, n'ont rien perdu de leurs convictions sudistes même si la guerre de Sécession s'est terminée il y a un peu plus de 20 ans.

L'homme y est un dominant. On ne sera pas surpris de cette manière d'appeler le père de famille (excellent Pierre Val qui est aussi l'adaptateur et le metteur en scène) "capitaine" -y compris par son épouse- et de l'entendre vouloir clouer le bec de l'éducatrice parce qu'elle lui résiste. Je ne me souvenais pas de la force de son tempérament. Ce cousin du (grand) général Lee est animé par la loyauté militaire et une promesse est une promesse. Il respectera la sienne de laisser le champ libre à la jeune femme ... pour un temps, et jusqu'à ce qu'elle fasse ses preuves.

Mais pour le moment nous partageons la joie de la famille. Une petite Helen est arrivée, magnifique. Hélas le bébé doit surmonter une belle congestion cérébrale mais la fièvre est tombée et elle semble indemne.

La pièce n'est pas très longue ni bavarde, mais chaque phrase compte, représentant un message, plus ou moins codé. Comme celle-ci : tous ces médecins qui vous guérissent sans savoir de quoi ... il faudra qu'un jour les femmes s'en mêlent.

La mère (Valérie Alane) découvre que sa petite fille est aveugle et sourde. Evidemment elle ne parlera pas ... puisqu'elle n'entend pas.

On fait un bond dans le temps. Helen (ce soir interprétée par Clara Brice) touche et renifle tout ce qui est autour d'elle. Ses tentatives pour comprendre le monde qui l'entoure sont vaines et dérisoires, et quand elle vole des boutons pour réclamer des yeux pour sa poupée on ne voit là que caprice et pas une forme de communication.

La maison des Keller est symbolisée par un relief représentant l'intérieur du foyer, comme dans un plan de coupe, avec au centre du plateau, la table familiale autour de laquelle s'organise toute la vie du foyer.

Un voile de tulle efface le décor conçu par Alain Lagarde lorsqu'il est nécessaire de suggérer que l'action se déroule ailleurs. Sans chercher la reconstitution historique les costumes de Pascale Bordet sont une évocation du style de la fin du XIX° aux Etats-Unis.

On ne peut pas laisser cette petite dans cet état ! Arthur ne croit plus aux miracles, la placer dans un asile serait la solution la plus sage. On essaie pourtant le tout pour le tout, en faisant appel à Anne Sullivan (Stéphanie Hédin, dont je me souviens dans le rôle de Françoise dans le Repas des fauves), éducatrice spécialisée qui, ce n'est pas de chance, est imprégnée d'opinion libérales qui heurteront grandement la famille, sauf le beau-fils James qui, enfin, se sent reconnu et à sa place.

Un des personnages secondaires, la tante Eve (Marie-Christine Robert) participe à l'instauration de l'humour, ce qui allège un propos qui aurait pu vite devenir très moralisateur et contrebalance avec les émotions.

La gouvernante explique que le langage compte plus pour l'esprit que la vue et qu'il est donc essentiel d'apprendre à Helen parler. Cela semble naturel aujourd'hui mais à l'époque c'était purement révolutionnaire. On la voit témoigner de l'empathie pour l'enfant, mais de la pitié jamais, pour celle qu'elle accuse de despotisme. La famille lui cède tout et il est donc indispensable à la soustraire dans un premier temps à cette influence qu'elle estime néfaste. Ai-je besoin de décrire la surprise du capitaine ?

Elle va toutefois obtenir un sursis de quelques jours pour entreprendre son programme. Sans relâche on la voit signer dans la main de la petite fille tous les mots correspondant aux objets qu'elle touche sans parvenir à provoquer le moindre déclic. La tâche est ardue.

On assiste aussi aux crises d'angoisse, ponctuées de cris d'enfant, que provoque le souvenir de sa propre enfance, marquée par la mort de sa mère, son placement en institut, et sa propre rééducation pour guérir de ses problèmes oculaires. Elle est jeune, avec peu d'expérience mais elle connait le monde du handicap. Elle sait que la surprotection n'est pas une aide : vous l'aimez trop pour pouvoir l'aider dit-elle aux parents.

C'est la mère qui donne l'indice déterminant en lui apprenant qu'Helen prononçait le mot eau à six mois, prouvant combien elle était intelligente. Il est resté dans son cerveau. Anne le réactivera en versant de l'eau sur sa main tout en signant le terme. Ce moment est déterminant. A l'instar d'une clé dans une serrure, ouvrant le cerveau de la petite fille à la communication en lui permettant de comprendre qu'un mot fait relation avec l'objet (ou la personne) qu'il désigne.


Le spectacle a un intérêt humain et historique car Helen Keller a eu une importance qui marquera le XIX° siècle (autant que Napoléon) en raison de ses nombreux engagements en faveur des personnes handicapées, et contre la Première Guerre Mondiale. Il rend hommage au rôle tenu par Anne Sullivan qui restera auprès d'elle pendant 49 ans. Il a aussi une résonance contemporaine quand on songe qu'en idolâtrant leurs enfants, et en ne leur opposant aucune barrière, les parents créent ces petits despotes qu'Anne désignaient comme inaptes à grandir et à se développer. Entrer dans les apprentissages n'est pas automatique du tout et il faut avoir l'esprit concentré pour cela.

Signalons Miracle en Alabama qui est le film qu'Arthur Penn a réalisé sur ce sujet en 1962 pour ceux qui voudront en savoir plus sur cette histoire qui, je le rappelle est tout à fait authentique. Je recommande enfin la lecture du livre écrit par Helen Keller elle-même.
Afficher le commentaire
31 mars 2018
8,5/10
36 0
Voyage au bout de la nuit ... et du silence.

Aveugle, sourde et muette ! Un seul des trois déjà nous anéantirait !
Mais il est parfois des êtres hors du commun, qui arrivent à tirer de leur handicap une force étonnante.
Qui se hissent au dessus de leur condition.
Ces êtres là ont une densité et une profondeur particulières, car tout se passe à l'intérieur.

La jeune comédienne qui joue le rôle d'Helen est prodigieuse. Elle même étant sourde de naissance, le réalisme de son jeu nous fait oublier que nous sommes au théâtre. Très vite, nous sommes à l'affût de ses moindres gestes, nous guettons la moindre de ses réactions.

Bravo à Stéphanie Hédin, qui s'oppose à Helen avec un vrai talent. Les scènes de lutte entre les deux femmes sont d'une intensité incroyable!

Mais un grand bravo aussi à Annie Sullivan, dont le nom est tombé dans l'oubli, et sans qui Helen ne serait probablement pas devenue cette femme hors du commun.

Un belle leçon de courage.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor