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L'Hôtel du libre-échange

L'Hôtel du libre-échange
De Georges Feydeau
Mis en scène par Isabelle Nanty
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
Billets de 7,00 à 43,00
À l'affiche du :
2 avril 2019 au 24 juillet 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:00
    • 20:30
Réservation de tickets

« Sécurité et discrétion ! Hôtel du Libre-Échange, 220, rue de Provence ! Recommandé aux gens mariés... ensemble ou séparément ! » Lorsque Madame Pinglet, outrée par cette annonce publicitaire, la lit à son mari – qui vient d’y donner rendez-vous à l’épouse de son voisin et associé Monsieur Paillardin – ni l’un ni l’autre n'imaginent encore que tous s'y retrouveront inopinément la nuit suivante. Enchaînant pas moins de 279 entrées et sorties, Georges Feydeau et Maurice Desvallières signent ici un succès, triomphal dès la première représentation en 1894.

L’entrée au Répertoire de cette pièce à l’incroyable mécanique est mise en scène par Isabelle Nanty, artiste à l’esprit libre, aussi sensible à l’humour fou du vaudevilliste qu’à sa personnalité solitaire et mélancolique. Au long de ses multiples compagnonnages artistiques, elle a monté Tchekhov, Ibsen ou Schnitzler comme de grandes comédies populaires.

Elle se saisit aujourd’hui de cet hôtel hanté par le désir, qu’elle imagine telle une « maison de poupée en coupe où tout se passe simultanément à la face et comme en coulisses », univers confié à Christian Lacroix qui signera en plus des costumes ses premiers décors de théâtre.

De cette folle nuit, Isabelle Nanty retient avant tout le sursaut de jeunesse qui surprend les personnages, chacun retrouvant « peut-être pour la dernière fois, dans l’affolement et la peur archaïque de passer à côté de l’amour, cette farouche envie de vie ».

 

Note rapide
7,7/10
pour 8 notes et 7 critiques
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2 critiques
Note de 4 à 7
25%
5 critiques
Note de 8 à 10
75%
Toutes les critiques
2 déc. 2017
5/10
48 0
De vraies longueurs au Français ; que le spectacle est vieux !

En bref, un homme marié cherche à séduire la femme de son voisin, et profite d'une dispute pour se rapprocher d'elle. Ils se retrouvent alors à l'Hotel du Libre-Echange, lieu de libertinage, le même soir que plusieurs de leurs amis.

Ce que j'ai bien aimé :
- Michel VUILLERMOZ tient totalement la pièce, c'est fascinant de l'entendre et de le voir jouer, car aussi bien dans sa gestuelle que dans son ton de voix, il se dégage quelque chose de theatral, tout en sonnant vrai. Quelle prestance !
- l'éternelle "moquerie", qui me fait toujours rire, entre Paris et la Province, car Monsieur Matthieu est un provincial qui monte à la capitale pour une courte durée
- les portes qui claquent, je trouve que ca met beaucoup de rythme dans la pièce
- l'aspect comédie musicale : Laurent Laffite qui tient son cabaret. Il est meilleur dans la comédie musicale que dans son role de maître d'hotel, ou il sonne faux

Ce qui m'a décu :
- la mise en scène très classique d'Isabelle NANTY, lorsqu'on sait qu'aujourd'hui, tant d'auteurs font des lectures/mises en scènes contemporaines de ces textes. C'est dommage car je pense qu'il existe un interet actuel dans cette pièce, qui traite des infidélités amoureuses. Or avec une mise en scène aussi vieille, et un texte qui n'a pas évolué, je n'ai pas été touchée ni interpelée par ce que j'ai vu. Je n'ai pas retiré quelque chose de la pièce, je ne me suis pas sentie visée, alors que pourtant elle aurait pu me/nous toucher
- le jeu des comédiens, à part Michel VUILLERMOZ, il sonne faux
- des longueurs dans l'intrigue

Bonne soirée !
20 juin 2017
8/10
62 0
Excellente version de ce Feydeau, pleine de rythme, avec des acteurs en verve, notamment Laurent Laffite et les toujours géniaux Christian Hecq et Michel Vuillermoz. Florence Viala et Anne Kessler sont drôlissimes.
Sans oublier Bruno Raffaelli, Pauline Clément, Bakay Sankaré, Alain Lenglet et les élèves de l'académie.

Mention particulière et coup de coeur personnel à Julien Frison, qui grandit de rôle en rôle et m'épate toujours plus.
Bravo à Isabelle Nanty et à l'équipe technique d'avoir su relever haut la main ce sacré défi après le fil à la patte de J. Deschamps.

Feydeau a finalement bien sa place Salle Richelieu !
29 mai 2017
7/10
77 0
Un Feydeau sympathique certes mais avec quelques lourdeurs quand même.

Tout d'abord la mise en scène d'Isabelle Nanty qui s'est cru dans une cours de récréation avec des éléments qui ne servent à rien et qui surchargent le plateau (les anneaux, le train électrique,..), la scénographie brouillonne et les décors beaux mais très chargés. Certaines scènes manquent de lisibilité.

Ensuite il y a le surjeu de Michel Vuillermoz qui incarne Pinglet avec force grimaces, c'est vraiment trop.
Et puis il y a l'erreur de casting : Laurent Laffite, alors ok pour la partie en tenancier de l'hotel borgne mais surement pas en chanteur de cabaret pour faire patienter la salle pendant les changements de décor, mes oreilles ont saigné.

Sinon ça reste un Feydeau bien agréable avec son approche de l'infidélité totalement réussie, des portes qui claquent, des entrées et des sorties de scène coordonnées à la seconde près.
28 mai 2017
9/10
55 0
Pinglet est architecte, hélas pour lui, son épouse Angélique est une virago, son ami et associé Paillardin, a quant à lui une charmante épouse, mais qu’il néglige, il n’est pas vraiment porté sur la chose, quoiqu’il aime la jolie Marcelle.

Pinglet, tout feu tout flemme envers la femme de son associé, lui propose de « sauter le pas » en allant dans un hôtel, on ne peut plus discret sis 220, rue de Provence « Hôtel du Libre-Échange », qui comme son nom l’indique accueille les gens mariés, ensemble ou séparément...

Mathieu un ami de province vient leur faire la surprise de loger chez eux, hélas pas seul, en compagnie de ses quatre grandes filles... ce qui n’arrange pas du tout les Pinglet pour une fois d’accord. Tout ce petit monde va se retrouver dans l’hôtel en question, se croiser, se perdre, se faire peur, etc.
Difficile de résumer une pièce de Feydeau ! il y a adultère, neveu pas fufute, femme de chambre délurée, hôtel peu recommandable, femme perdue et retrouvée, gamines qui jouent les fantômes, descente de police, quiproquos, tout est là ! Feydeau connaissait bien son monde, et le croquait bien.

Isabelle Nanty signe une délirante et amusante mise en scène, belle distribution, on rit du début à la fin des facéties des uns et des autres. Jouer Feydeau n’est pas aussi simple que l’on pense, et les Comédiens Français sont parfaits !
Un Feydeau des grands jours qui passe « le couple » à la moulinette. Nous rions de bon cœur, parfois au risque de pas entendre la suite, mais que c’est bon et que c’est drôle !

Nous redevenons des enfants et nous regardons avec un amusement délectable ces adultes singer leurs propres vies pour mieux nous en montrer le ridicule, le scabreux et le vain.

Georges Feydeau écrit avec Maurice Desvallières cette pièce créée en 1894 et signe un de ses derniers vaudevilles avant d’entreprendre les comédies de mœurs qui suivront. Nous avons là un art abouti du genre vaudevillesque où le mariage, l’adultère (et le commissaire !) vont exploser en éclats de pataquès et tournebouler les cervelles des personnages comme celles des spectateurs, tellement l’absurde fait rage.

L’argument est simple comme bonjour, ou presque. Madame Paillardin vient se plaindre de son mari chez madame Pinglet, sa voisine ; Il la délaisse, elle ne peut s'y résoudre. Monsieur Pinglet, qui a des vues sur madame Paillardin, lui conseille de faire cocu monsieur Paillardin, son voisin et ami. Mathieu, l'ami des Pinglet débarque avec filles et bagages mais ne peut demeurer chez Pinglet. Victoire, la bonne des Pinglet a des vues sur Maxime, le neveu de Paillardin, qu'elle dépucèlerait bien, mais bon.

Pour des raisons qu’il serait indécent de dévoiler ici et qu’il semble nécessaire de découvrir par soi-même, nous tairons pourquoi le deuxième acte voit débarquer tout ce petit monde, ou presque, à l'Hôtel du Libre-Échange. Ajoutons au tableau que Mathieu est bègue quand il pleut (si, si c’est important) et que le vilebrequin est dans cette pièce un instrument fort utile (ah oui, ça aussi, c’est important) …

Le regard de Feydeau ne baisse pas la garde. Il dépeint sans décrier, en ironisant sans juger, les mondanités machiavéliques et les basses velléités de ses contemporains, benoîts et satisfaits presque repus de leurs grossiers dérapages.

Il fait de l’abattage avec la bêtise humaine sans toutefois la tuer, comme s’il voulait en conserver un peu pour rendre le monde moins triste et toujours rieur.

Le marivaudage se lie d’amitié avec la conjugalité. Les normes sont bousculées et quand elles risquent de fléchir, Feydeau n’hésite pas à les relever, souvent in extremis, de traits hilarants et de situations grotesques dont le burlesque achevé semble déconnecté de la réalité. Cet humour-là dévaste tout sur son passage, au rythme effréné de sa fantaisie gourmande.

Les répliques cinglantes et les scènes incongrues offrent aux artistes toute l’étendue possible pour montrer leur talent. Et la troupe ne s’en prive pas ! Il faut voir les comédiens du Français croquer la pomme à pleine dents, tordre le cou au ridicule des personnages pour qu’ils paraissent présentables et risibles.

Ils jouent de nos émotions comme de leurs rôles et nous craquons. C’est bien simple, soit le public pouffe de rire voire éclate, soit il attend, le sourire aux lèvres, ce qui va arriver car tout peut arriver !

La distribution étincelle. Des scènes dantesques resteront dans nos souvenirs heureux de théâtre. Anne Kessler en digne épouse se liquéfiant et devenant folle à lier d’être prise dans un piège ; Florence Viala, succulente en femme insatisfaite qui s’éprend et se reprend d’un fugace égarement inassouvi ; Michel Vuillermoz, en horrible bourgeois sûr de lui qui devient peureux comme un hamster quand le piège se referme. Christian Hecq en ami truculent, inénarrable de drôlerie dès son arrivée ; Julien Frison réussissant à merveille la transformation du neveu coincé en jeune homme ragaillardi…

Stop ! Tous, ils sont tous brillants. Si cela continue, il faudra les empailler !

Les amoureux de Feydeau y trouveront leur compte. C'est un petit délice pour une grande soirée !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor