• Classique
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • Paris 17ème

Ithaque

Ithaque
De Homère
Mis en scène par Christiane Jatahy
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • 32, boulevard Berthier
  • 75017 Paris
  • Porte de Clichy ( l.13, RER C)
Itinéraire
Billets de 8,00 à 36,00
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Créatrice plurielle, la brésilienne Christiane Jatahy pratique un art des mélanges et des confrontations qui fait bouger les lignes et franchir les frontières.

Ses spectacles convoquent théâtre, cinéma et performance pour lancer des passerelles d’une pratique artistique à l’autre et offrir à leurs publics une expérience inédite. De retour après A Floresta que anda (2016), l’artiste associée à l’Odéon prendra pour point de départ de sa première création dans nos murs l’un des mythes fondateurs de la littérature occidentale : l’Odyssée.

L’histoire d’un homme qui tente de rentrer chez lui après une longue guerre ; celle aussi de sa femme, qui l’attend pendant des années, sans même savoir s’il est encore en vie. Pour ce premier volet de ce qui s’annonce comme un diptyque, Jatahy s’est entourée de six comédiens (trois francophones, trois Brésiliennes qui sont ses interprètes de prédilection) afin d’interroger le retour chez soi comme aventure vitale, à partir des notions d’exil et d’odyssée. De part et d’autre d’un espace bifrontal, le public découvrira soit le point de vue de Pénélope, soit celui d’Ulysse. Au terme du spectacle, véritable voyage sur place, scène et publics, réalité et fiction se verront confondus en un seul et même espace.

Par où passera dès lors la ligne de leur partage ? Selon Jatahy, une chose est sûre : “L’imagination est ce qu’il y a de l’autre côté”.

 

Note rapide
Toutes les critiques
1 avr. 2018
7/10
19 0
Sous les figures mythiques Ulysse, Pénélope et Calipso ; Christine Jatahy va évoquer la guerre et l’exil.
La mise en scène est un véritable diptyque. Où est la réalité, où est la fiction ?
*Deux espaces scéniques
La scène en bi frontal est divisée par un grand rideau opaque.
D’un côté Pénélope et ses prétendants, de l’autre Ulysse et Calypso.
*Deux personnages pour chacun des comédiens.
Les 3 comédiennes brésiliennes interprètent Pénélope puis traversant le rideau opaque, elles se transfigurent en Calypso.
Il en est de même pour les 3 comédiens francophones qui d’Ulysse deviennent les prétendants de Pénélope de l’autre côté du rideau.
*Deux origines :
3 comédiennes brésiliennes, 3 comédiens francophones.
La musique de Mara Bethania et de Jeanne Moreau.
Texte en français et en portugais.

Des deux côtés du rideau, les comédiens nous convient à la fêter en nous offrant à boire et à grignoter. *«On ne se connaît pas, venez, tous les étrangers sont les bienvenus ici !»
Mais nous ne sommes pas au Brésil et ici en France le public reste sage, observe mais ne participe que très peu.
C’est un théâtre d’ambiance, les mots sont rares. Quelques échanges entre Pénélope et ses prétendants d’un côté et de l’autre entre Ulysse et Calypso. Rires, Larmes, Danses, Affrontements…
En finale, le rideau disparaît. Une vaste scène magnifique s’offre à nos yeux, les éclairages sont subtils. Mais la violence de la guerre arrive, entre les deux rives inondées. La réalité de l’horreur de la guerre est là.
30 mars 2018
4,5/10
28 0
Un bel exemple de ce qui se fait de plus élitiste et de plus excluant au théâtre.
J'ai lu de-ci, de-là, de magnifiques critiques de spectateurs ayant su saisir le propos tellement actuel des migrants, de la difficulté de l'exil, blablabla...
Le fait est que l'on ne nous raconte rien et mais tant mieux si l'on est assez inspiré pour lire le sous-texte...
La scénographie est par contre époustouflante, ce jeu avec l'eau, omniprésente, montante, oppressante est impressionnante.
Mention aux comédiens, qui, s'ils n'ont rien à dire, on le mérite d'incarner leur personnage dans des conditions qui ne doivent pas facile.

Mais un tel budget pour un naufrage, c'est quand même dommage.
29 mars 2018
5,5/10
20 0
Je voulais découvrir la vision d’Ithaque selon Christelle Jatahy sans lire de synopsis. Etre totalement neutre et rentrer dans ce monde inconnu pour ma part de C. Jatahy

Ithaque, ithaque, ithaque.... cela faisait bien longtemps qu’une pièce ne m’avait pas laissé aussi perplexe...
Tout commence par l’entrée dans la salle. Nous sommes conduis dans le fond du théâtre où les comédiens nous attendent nous proposant des chips, des cacahuètes, de l’eau...
Première réflexion : c’est la générale, en mode détente ? Cela fait il partie de la pièce ? Avec du recul, je me suis rendue compte qu’outre le fait que cela fasse partie de la pièce, ce fut aussi un moyen de capter notre attention, de rentrer dans ce "monde" et également de rendre plus subtile la séparation du public en deux « assemblée » même si, on s'en rend compte assez vite.

Celui qui est en face de moi, a t-il droit aux mêmes dialogues?
Assise au premier rang, milieu de scène, je ne rate rien de la vision d’Ulysse dans cette première partie. Nous sommes ensuite gentiment conduits vers la seconde partie du théâtre pour avoir la vision de Pénélope. Puis c’est la délivrance, la réunion... nous ne faisons plus qu’un... un public.

Christine jatahy nous livre une vision bien particulière du retour d’Ulysse chez lui. Elle fait le lien avec notre société d’aujourd’hui où la question de la migration, de l’exil est devenu un enjeu social. Sa proposition met surtout l’accent sur la mise en scène, que j’ai trouvé au demeurant très réfléchie, intelligente et originale.

Assise au premier rang, du bon côté si je puis dire, j’ai été épargnée par la montée des eaux... En revanche, pour ce qui est du texte, ce fut une vrai plongée, en partie en apnée, difficile de suivre entièrement sa réflexion, ce parti pris.

Les 20 dernières minutes avec la présence de la caméra ont cassé le rythme de la pièce. J’ai trouvé les déplacements « brouillons ». Je vous avouerai que finir par ces scènes, mon esprit a eu du mal à tout mettre dans l’ordre.

Pas aimé, pas détesté, cet « Ithaque » ne sera pas classé dans ma liste des chefs-d’œuvre de l’année.
25 mars 2018
0,5/10
29 0
Très sincèrement je dois reconnaitre qu'Ithaque fut (et restera probablement pour de nombreuses années) ma pire expérience théâtrale ...

Je ne sais même pas par où commencer cet avis au vu de cette pièce qui n'a absolument aucun sens, dans laquelle des acteurs déambulent, se dénudent, se trainent dans l'eau au plus grand désarroi du public...

Une pièce réservée à un public "très élitiste" !
24 mars 2018
9,5/10
28 1
Il m’est arrivé trois fois dans ma vie de spectatrice d’être submergée par l’émotion à en pleurer. « Ithaque » est cette 3ème fois. La raison précise de mon amour pour le théâtre tient en cela : connaître de temps à autre une émotion tirée du tréfond de soi qui vient d’on ne sait où et sort on ne sait quand.

Mais reprenons : « Ithaque », tiré de l’Odyssée d’Homère, relate l’épisode où Pénélope attend son époux Ulysse, parti depuis si longtemps que les prétendants se présentent à elle pour le remplacer sur le trône. Adapté par la metteure en scène brésilienne Christiane Jatahy aux ateliers Berthier de l’Odéon, la pièce est une expérience en soi. C’est une expérience dont l’objet est la représentation théâtrale, du théâtre immersif avec une prise de risque et de gros moyens.

Ainsi, une troupe de six jeunes acteurs, presque rocks, nous accueille et nous fait face, trinquant à « l’amour, à la fête et au futur » à coups de verre d’eau. Installés en bi-frontal et séparés par un rideau de fer, les spectateurs se retrouvent soit à Ithaque auprès de Pénélope (ou auprès des Pénélopes car elles sont trois femmes d’origine brésilienne à l’incarner) soit chez Calypsos avec « les 3 Ulysses » français. On nous offre des chips, on danse, on pleure, on boit, on dialogue. Au bout d’une petit heure nous changeons de côté pour voir l’histoire de l’autre point de vue avant que le rideau de fer ne tombe, annonçant le début de la troisième partie.

Certes, le texte n’est pas toujours très profond et les parties une et deux un peu brouillonnes et lentes mais la 3ème partie sonne le glas d’une vision qui m’a bouleversée. Car ce que nous présente Christiane Jatahy, c’est une mythologie dépouillée de sa gloire et de son éternité symbolique.

J’avais détesté son adaptation de « la Règle du jeu » de Renoir à la Comédie Française mais j’ai été happée par cette vision si actuelle d’Ithaque dans le prisme des migrants. Car cette lecture n’a de sens que pour parler du présent. Christiane Jatahy tient quelque chose dans cette mise en scène, elle touche l’intemporel par l’anachronisme. Ulysse devient le migrant tentant de traverser la mortelle Méditerranée, il est l’exilé d’aujourd’hui : « je garde la clé d’une maison qui peut-être n’existe plus » déclare le très bon Matthieu Sampeur, voix d’Ulysse. Exil, patrie, guerre, drame… J’ai compris dans un éclair de lucidité que l’évocation de l’Antique ne tenait malheureusement pas ici que du ressort dramaturgique.

Car les vraies Odyssées sont celles des migrants d’aujourd’hui. L’eau qui monte au fur et à mesure sur le plateau c’est notre humanité qui sombre. La disposition en bi-frontale dit aussi cela : toi qui est là, voyeur d’une fin de soirée triste et misérable, que fais-tu une fois quitté le navire du théâtre ? Prends-tu un seau pour écoper toute cette eau ? Ou rentres-tu chez toi pour te mettre les pieds au sec ? Se voir face à face, lumière allumée, en miroir d’autres hommes assis comme moi, intrus léthargiques d’une tragédie en cours, m’a saisi de l’intérieur.

Il faut dire que les images sont dures : le système de vidéo filmée en direct par les acteurs sur scène, braquée comme une arme, montre dans des cadres très resserrés les visages des acteurs. Défilent alors des images de souffrance, des corps maltraités par l’eau, des femmes trainées comme des torches humaines… On pense à Lampedusa. Nous sommes piégés dans un aquarium théâtral, jugés par la metteure en scène pour notre inaction inaudible.

Le rideau de fer a d’ailleurs le même effet strident que dans le Hamlet de Ostermeier. Ce rideau permet la projection d’image et des effets de bruits et de mouvements. Faut-il y voir la symbolique de la tapisserie de Pénélope ou cet élément est-il complètement passé à la trappe, trop obsolète pour cette mise en scène ? Je ne saurais dire…

Je n’ai certainement pas saisi des éléments de culture brésilienne distillés ça et là, j’ai peut-être investi dans cette mise en scène beaucoup de ma propre vision du monde. Ce que j’ai vu est peut-être partiel, surinterprété… Mais toujours est-il que j’ai pris une claque, une claque dans ma vie de citoyenne du 21ème siècle. Moi qui croyais sagement venir faire ma catharsis au théâtre, j’ai vu et j’ai été bouleversée de ressentir.

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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor