• Classique
  • Théâtre de l'Atelier
  • Paris 18ème

Huis clos (Jean-Louis Benoît)

Huis clos (Jean-Louis Benoît)
Mis en scène par Jean-Louis Benoit
Avec Maxime d'Aboville
  • Maxime d'Aboville
  • Théâtre de l'Atelier
  • 1, place Charles-Dullin
  • 75018 Paris
  • Anvers (l.2)
Itinéraire
Billets de 22,85 à 45,00
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Sartre situe l’action de Huis Clos en Enfer. Un garçon d’étage introduit sur la scène trois morts qui sont trois salauds : un journaliste-publiciste nommé Garcin, Don Juan cynique, une ancienne employée des Postes, Inès, homosexuelle, et une jeune mondaine, Estelle.

Questionnant leur présence dans ce lieu, ces trois morts vont devoir s’interroger sur leur damnation et sur leurs actes dissimulés sous les masques du mensonge et de la lâcheté.

Le supplice de ce trio où toute alliance s’avère vite impossible, est que chacun devient inéluctablement le bourreau de l’autre. Et cela éternellement.

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15 mars 2022
8/10
2
Le spectacle a été pour la première fois joué en 1944 au théâtre du Vieux Colombier à Paris. Le succès depuis ne s'est pas démenti. On trouve régulièrement des adaptations par-ci, par-là. Et parfois, il y en a une qui sort du lot. Marianne Basler, Maxime d’Aboville/Guillaume Marquet, Mathilde Charbonneaux, Antony Cochin/Brock s'emparent à merveille du texte et lui donne vie. Dès que la porte s'ouvre sur la scène où l'on voit une pièce avec des objets recouverts de plastique. Jean-Louis Benoit et Antony Cochin jouent avec ce que l'on voit lorsque la porte s'ouvre vers une sorte d'espace infini. Aucun doute, nous sommes dans un espace isolé où il semble difficile de s'enfuir. 

Les plastiques s'envolent au fur et à mesure que les protagonistes arrivent. Un premier qui permet d'avoir la toile de fond puis avec les deux femmes tout se dévoilent. Trois canapés se font face, une cheminée sans feu, une sculpture, une table et un ouvre lettre. Voilà le cadre où les compères d'infortune vont devoir cohabiter. Ils apprennent à se connaître, à s'aimer et se haïr en même temps. Pourquoi sont-ils coincés en enfer? Entre l'homme de lettres, la femme superficielle et la femme sarcastique rien ne peut coller. Ils s'affrontent à coup de mots, de réflexions, de postures et tout éclate.  «  Tous ces regards qui me mangent. […] Pas besoin de gril, l'enfer c'est les autres.  » L'enfer n'est pas la torture physique infini mais c'est de ne jamais pouvoir s'extraire du jugement d'autrui. 

Les comédiens nous plongent direct dans ce récit torturé, violent, percutant, sans demi-mesure. Tout sonne juste aussi bien le ton, les attitudes, les regards... Jean-Louis Benoit les valorise chacun dans une mise en scène précise qui leur permet de briller dans la lumière pour retomber dans l'obscurité de leur infini. Il met tout en place afin de mettre en avant leur talent, leur volonté et leur passion. Car ls sont bluffants de vérité, de souffrance et de sadisme. Le trio se renvoie la balle avec vivacité et ténacité nous faisant autant rire que réfléchir. Comment gérer la honte de soi devant le regard inquisiteur des autres? Indéniablement, il ne faut guère passer à ce de ce "Huis Clos"  saisissant, vivifiant et drôle.
11 mars 2022
8,5/10
2
Ronde infernale.

Ils sont trois, un homme et deux femmes enfermés ensemble pour l'éternité.
Ils n'ont rien en commun, prétendent ne pas savoir pourquoi ils sont là.
Petit à petit leurs vérités apparaissent au grand jour, toutes leurs bassesses sortent des ténèbres.

Ils se jugent, se harcèlent, s'allient et se repoussent sans fin.
Bourreaux les uns des autres.

La mise en scène de Jean Louis Benoit est formidable. Et nous donne aussi à rire, comme Sartre l'avait voulu.
Loin des flammes et du diable, ce sont trois canapés, inoffensifs en apparence, autour desquels les protagonistes tournent sans fin.

Les comédiens sont tous les trois excellents.
Marianne Basler, parfaite en homosexuelle agressive et méchante.
Mathilde Charbonneaux, qui incarne avec virtuosité une jolie vaniteuse très noire à l'intérieur.
Guillaume Marquet, quant à lui, dégouline de lâcheté avec beaucoup de talent.

Tous ont beau se débattre sans cesse pour échapper à leur situation, l'enfer reprend toujours le dessus.

C'est diablement réussi !
7 mars 2022
8/10
6
Huis Clos est une pièce de Jean-Paul Sartre en un seul acte.

L’action se situe en Enfer.
Un homme, Garcin, est introduit dans un salon par un garçon d’étage. Après s’être étonné que l’enfer ne corresponde pas aux images qu’il avait en tête, il commence à réaliser qu’il va passer l’éternité dans cette pièce, sans pouvoir en sortir. Entre alors une première femme, Inès, plutôt distante, puis la porte s’ouvre à nouveau et un ouragan bleu fort élégant surgit (magnifique robe choisie par Marie Sartoux) et c’est Estelle. Le garçon d’étage annonce qu’ils sont au complet et resteront donc tous les trois ensemble. C’est à partir de ce moment que l’enfer se déchaine sur scène : tourment, mensonge, lâcheté, meurtre,.. On va découvrir petit à petit des bribes de la vie de nos trois damnés. Les trois personnages sont enfermés et la tension qui en résulte est palpable, les alliances qui se forment et se rompent s’enchainent sans faillir.

Si cette pièce écrite en 1943 est encore représentée et étudiée aujourd’hui, c’est parce qu’elle « parle » avec
force de nous, face à nous-mêmes comme devant un miroir. Courte, cynique et violente mais aussi drôle, elle fit scandale lors de sa sortie, mais connu rapidement le succès en France et à l’étranger.

c’est une reprise réussie de ce classique, chef d’oeuvre de Sartre, qui figure dans nos pièces préférées.

Les comédiens sont très très bons et pas un seul battement de cils n’a été faux. C’est surtout le personnage d’Inès (Marianne Basler) qui retient l’attention, avec une présence forte sur scène, elle n’a pas besoin de parler pour faire passer ses messages, elle possède un regard si expressif ! Les deux autres comédiens ne sont pas en reste : Mathilde Charbonneaux est superbe et son Estelle est exaspérante à souhait. Maxime d’Aboville joue un Garçin multi facettes très réussi (soulignons que dès que la représentation est finie, il file au pas de course au théâtre Fontaine pour jouer dans Berlin Berlin dans un tout autre registre, et il y est brillant aussi !).

La mise en scène dynamique de Jean-Louis Benoit sert le texte à merveille, soulignons les lumières de Pascal Pracht qui tiennent une place importante pour indiquer les connexions avec le monde des vivants et puis il y a un effet visuel très réussi qui vient à deux reprises surprendre nos morts.

Evidemment, nous sommes convaincus : ‘ l’enfer, c’est les autres’ et la démonstration a été brillante en 1h20.
17 févr. 2022
8/10
3
.../...
« L’enfer, c’est les autres », réplique connue, l’enfer c’est soi-même aussi, nous avons la liberté d’agir, de penser.

La mise en scène de Jean-Louis Benoit et Antony Cochin fait ressortir l’humour du texte, c’est vrai que l’on sourit souvent, les situations cyniques, le jeu des comédiens. Maxime d’Aboville sait jouer de son charme, Marianne Basler distille son venin avec bonheur, Mathilde Charbonneaux joue parfaitement la jeune écervelée antipathique et monstrueuse.

Un trio infernal que l’on a plaisir à suivre !
7 févr. 2022
8,5/10
1
Dynamique, Ironique, Percutant.

Jean -Paul Sartre crée cette pièce en 1943 symbole de l’existentialisme où chaque être humain est libre et responsable de ses actes.

Jean-Paul Sartre imagine des personnages étrangers et différents les uns des autres de milieux, d’opinions, de préjugés.

Trois individus prisonniers dans un espace réduit et doivent se tolérer pour l’éternité.

Garcin, journaliste arrogant, Ines employé des postes au caractère bien trempé, Estelle poupée Barbie mondaine.

Chacun se livrera avec difficulté, avouera les causes de sa damnation et sera jugé cruellement par les autres sur sa personnalité, ses actes, ses convictions.

Ils sont en enfer sans bourreau ni instruments de tortures physique.

L’enfer c’est les autres.
Crédit Photos Pascal Victor

La scénographie nous plonge dans une ambiance un peu mystérieuse.

En fond de plateau une porte rouge, épars ci de là des gros sacs poubelles argentées, en arc de cercle trois énormes bâches de même couleurs argentées, le tout éclairé par de petites lampes en suspensions.

Le garçon d’étage (gardien de l’enfer) en introduisant les différents protagonistes par cette grande porte rouge s'ouvrant sur du néant fera apparaitre un salon bourgeois jusqu’alors protégé sous les bâches.

Un canapé pour chacun, unee cheminée , une petite table de salon, un coupe papier et un bronze comme le désirez Jean-Paul Sartre.

La mise en scène de Jean- Louis Benoit est dynamique, l’ironie et l’humour noir sont bien présents et subliment la profondeur du texte, c’est orchestré avec grande finesse.

Les comédiens talentueux nous captivent et nous réjouissent.
Crédit Photos Pascal Victor

Marianne Basler incarne Ines avec grand brio, sa voix nous transperce, elle nous émeut et nous fascine. C’est une magnifique Ines, distinguée, froide, aux sentiments forts. A travers ses mots cruels et féroces, nous entrevoyons sa fragilité….

Brock, le garçon d’étage nous ravie et nous amuse de par sa nonchalance et son détachement, imposant calmement les lois cruelles aux damnés:



« Ils sont là tous les trois enfermés pour l’éternité » …

Mathilde Charbonneaux, est une charmante et coquette Estelle qui nous glace le sang à travers ses aveux. Nous sommes séduits par la justesse de son jeu aux diverses facettes.

Maxime d’Aboville, interprète avec grande éloquence et charisme Garcin séducteur et arrogant.

Beau moment de théâtre à découvrir.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor