Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche

Ervart ou les derniers jours de Frédéric Nietzsche
De Hervé Blutsch
Mis en scène par Laurent Fréchuret
Avec Marie-Christine Orry
  • Marie-Christine Orry
  • Vincent Dedienne
  • James Borniche
  • Stéphane Bernard
  • Jean-Claude Bolle-Reddat
  • Maxime Dambrin
  • Margaux Desailly
  • Pauline Huruguen
  • Tommy Luminet
  • Théâtre du Rond-Point
  • 2bis, Avenue Franklin D. Roosevelt
  • 75008 Paris
  • Franklin D. Roosevelt (l.1, l.9)
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Nietzsche va effectuer un numéro de claquettes. 

Ervart se croit cocu, la paranoïa explose dans sa société d’aristocrates. Ondes de choc jusqu’au plateau de théâtre où tout dérape.

Vincent Dedienne incarne la dinguerie salvatrice d’un dément éclairé à la tête d’un défilé de monstres.

Note rapide
Toutes les critiques
29 janv. 2019
9/10
1 0
Comédie contemporaine surprenante et rythmée qui décoiffe.
Des personnages tous plus loufouques les uns que les autres.
Ervart jaloux maladif, soupçonne sa femme de le tromper avec Antoine de Miragor. Cela le hante, son imagination est débordante, il en perd la raison. De ce fait, il met la ville à feu et à sang.
Philomène son épouse fait appel à un psychanalyste pour pallier à ceci mais…
Le psychanalyste reçoit un coup de hache sur la tête et dès lors il répète sans cesse des citations empruntées à Nietzche…
Un agent secret Zoophobe vient enquêter sur un éventuel attentat terroriste et tombe amoureux d’une jument…
Anasthasia, une comédienne au chômage débarque sur le plateau en plein milieu de la pièce et s’impose aux yeux ahuris des autres comédiens…
Fréderic Nietzsche fait un numéro de claquettes…

Au milieu de ce beau monde, débarque une troupe de théâtre anglaise qui joue « la mort de la poubelle » pièce caricaturale sur du terrorisme. Malheureusement, ils se sont trompés, ils ne sont ni dans les bons décors, ni sur le bon plateau.

Nous voyageons dans un grand rêve fantastique peuplé de personnages passionnants, désordonnés, burlesques. Nous allons de surprises en surprises…
La mise en scène de Laurent Fréchuret est vivante, dynamique, créative. Des portes mouvantes et colorées déterminent les espaces de jeu, divisant parfois le plateau pour jouer deux scènes en juxtaposition sous nos yeux.
Les comédiens sont tous vraiment excellents : Stéphane Bernard, Jean-Claude Bolle-Reddat, James Borniche, Maxime Dambrin, Vincent Dedienne, Margaux Desailly, Pauline Huruguen, Tommy Luminet, Marie-Christine Orry
J’ai particulièrement été séduite par le jeu et le talent de Marie-Christine Orry.
Cette pièce donne grande envie de découvrir l’œuvre d’Hervé Blutsch.
Très agréable moment de théâtre qui nous fait rire et nous interpelle.
22 janv. 2019
3/10
4 0
Je me souviens très bien de ma réaction lors de la présentation de ce spectacle au Rond-Point en mai dernier : l’enthousiasme, l’envie, l’impatience. Ervart était l’un des spectacles que j’attendais le plus parmi la saison de Jean-Michel Ribes, car j’avais cru y déceler une folie et une originalité telles qu’on en trouve peu sur les scènes parisiennes – le genre de synopsis qui vous rappelle Le Gros, la Vache et le Mainate de Pierre Guillois, à vous faire saliver d’avance… Mais tous n’ont pas son talent, et le texte d’Hervé Blutsch m’a totalement laissée de marbre.

Tout commence par une poubelle qui trône sur la scène de la salle Renaud-Barrault. Des personnages anglais trouveront ça normal, avant de se rendre compte que cette poubelle n’est pas celle qu’ils recherchent : ce sont des comédiens qui se sont trompés de théâtre. Un bon vieux théâtre dans le théâtre pour se mettre en appétit. Puis survient Ervart, ce jeune homme persuadé d’être cocu et qui mettra la ville à feu et à sang. Un caprice devenant presque une quête, qui s’impose alors comme fil directeur du spectacle – si on peut dire.

Ce que je fais aujourd’hui est contraire à mes principes. En effet, j’ai pour habitude de ne pas écrire lorsque je n’assiste pas à l’intégralité d’un spectacle. Alors autant être honnête avec vous : je n’ai pas tenu les 2h10 que dure cet Ervart. Rapidement, j’ai senti le texte s’enliser et mon esprit avec, mais je n’ai eu les courage d’affronter mes voisins qu’au bout d’1h30. Pourquoi est-ce que je fais une entorse à mes principes aujourd’hui ? Pas tant pour descendre un spectacle qui ne m’a pas plu que pour exprimer ma déception face à un artiste que je suis, comme probablement un grand nombre de ceux qui auront pris leurs places pour Ervart – j’ai nommé Monsieur Vincent Dedienne.

J’étais déjà dans l’incompréhension de ses choix artistiques après Callisto et Arcas en septembre dernier. Et voilà que mes questionnements reprennent. Pire, une inquiétude. Le comédien, dont le talent n’est plus à prouver, cautionne-t-il le rendu final des créations dans lesquelles il joue ? Dans Ervart, Dedienne fait du Dedienne, à mon plus grand désespoir. La voix presque cassée, il m’a semblé ne plus s’amuser autant que sur la scène des Bouffes du Nord en début d’année. Ou peut-être ai-je transposé ma propre vision du spectacle sur son jeu d’acteur ? Quoi qu’il en soit, moi qui voyais en lui l’assurance de soirées réussies, je ne sais plus que croire.

Cette pièce est un foutoir, mais pas du genre « joyeux bordel ». Plutôt un dépotoir – d’ailleurs, la poubelle revient fréquemment sur le centre de la scène – où l’on a entassé plusieurs idées sans vrai lien qu’on aurait essayé de mettre bout à bout en forçant un peu. En vrac, on y retrouver du théâtre dans le théâtre, un zoophile, une putain, de l’alcool, un homme qui ne parle qu’en citations, un jeu de chaises musicales, des portes qui claquent, des blagues grivoises, des gens qui crient – beaucoup trop de gens qui crient. Au moment où je quittais enfin la salle, l’un des personnages criait « Regardez maintenant Nietzsche va faire des claquettes ! ». Je ne me suis pas retournée.
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22 janv. 2019
5/10
12 0
Tout était rassemblé pour faire une grande pièce, les comédiens sont excellents et remplissent parfaitement leur rôle.

Vincent Dedienne en particulier quitte son habit de comédie pour investir ce rôle dramatique avec finesse et humilité. La mise en scène est réussie, la scénographie fluide et cohérente. Bref on espérait beaucoup et… rien.

Au bout d’une demi-heure on se rend compte que le temps va nous paraître long et effectivement, les deux heures de spectacle nous semblent interminables.

Les timides applaudissements qui s’élèvent à la fin mettent presque mal à l’aise. Dommage….
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10 janv. 2019
5,5/10
47 0
Vous prenez un shaker que vous remplissez à ras-bord avec un doigt de Monty Python, un peu de Branquignols, un zeste de Feydeau, un rien de Signé Furax, une pincée de Palace, un peu de Deschiens, et vous obtenez une pièce écrite en 2002 par Hervé Blutsch.
Un auteur que je ne connaissais pas, une pièce qui n'avait jamais été montée en France.

Le metteur en scène Laurent Fréchuret, par ailleurs membre du comité de lecture du Rond-Point a donc exhumé ce texte. C'est son choix.

- Il y aurait Ervart, un type tellement jaloux et parano qu'il en vient à mettre à feu et à sang sa ville...

- Il y aurait l'ombre de Miragor, l'amant de sa femme.

- Des comédiens qui se sont trompés de pièce. Ceux-ci sont pris pour des terroristes par des agents secrets.

- Un psychanalyste "citationniste", qui soigne à grands coups de citations approximatives.(Ma préférée : « On croit connaître Guignol, mais c'est Gnafron le moteur de l'action - JeanVilar »)

- Un précepteur zoophile et par ailleurs agent secret qui trompe son caribou avec une superbe jument blanche.

- Une comédienne qui tente de s'incruster dans le spectacle en étant tour à tour traductrice d'anglais, médiatrice de la commission européenne et pute...

- Un maître d'hôtel avec le gilet rayé jaune et noir qui va bien...

- Des vannes plus ou moins connues et ressassées. (« C'est le pot-aux-roses ? Je croyais que c'était le poteau rose ! »)

Et Frédéric Nietzsche dans tout ça ? Lui, il apparaît en catimini, balance dans une poubelle ses bouquins, qui en rote à chaque fois en fumant,dans un runing-gag attendu. L'écrivain "exécutera" également un numéro de claquettes, tombera par terre, se relèvera, et tombera encore, etc...

Les trois premiers quarts d'heures sont épatants.
C'est une pochade, c'est loufoque, c'est foutraque, c'est burlesque, c'est décalé, c'est amusant, avec parfois une réflexion sur les codes du théâtre.

Les comédiens sont parfaits, ils font ce que le metteur en scène leur a demandé.

Et puis, passés ces trois quarts d'heure, c'est long, très long, très très long...

Très très très long...

A voir pour les trois premiers quarts d'heure et les comédiens très investis.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor