• Classique
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • Paris 6ème

Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu

Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu
Avec Pierre Santini
  • Pierre Santini
  • Hervé Briaux
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets à 24,00
À l'affiche du :
15 septembre 2018 au 6 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 19:00
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Le Dialogue aux enfers entre Machiavel & Montesquieu est un pamphlet de Maurice Joly paru en 1864 à Bruxelles chez A. Mertens et fils.

 

Note rapide
7,6/10
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4 critiques
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Toutes les critiques
5 oct. 2018
8,5/10
12 0
Montesquieu dans une élégante robe de chambre, une bibliothèque bien fournie, on pourrait penser que c’est le paradis, mais il reçoit Machiavel nous voilà donc sûrement en Enfer…

Dialogue imaginaire, après les courtoisies d’usage, nos deux compères débattent de sujets aussi graves que la politique, la religion, la liberté, les droits de l’homme, enfin chacun a son opinion, et Machiavel n’est pas en reste pour démonter la machine.

Ces messieurs échangent sur la manière de diriger, de manipuler, de faire croire que la démocratie est là, bien présente, Machiavel est un véritable maître en la matière, ce qui a le don de faire sortir Montesquieu de ses gonds ! Que ce soit l’un ou l’autre, ils argumentent pour déstabiliser l’autre. Un vrai débat politique !

« Le Prince » de Machiavel doit être sur toutes les tables de chevet de nos politiques, « l’esprit des lois » bien rangé dans leur bibliothèque…

Le texte fait mouche, références actuelles, c’est à croire que rien ne changera, et que l’on restera toujours à la merci d’un pouvoir quel qu’il soit. De quoi se décourager des politiques. Joly a écrit ce texte pour fustiger la politique de Napoléon III, ce qui lui a valu le bannissement, il n’a pas mieux réussi son retour en République.

Marcel Bluwal a librement adapté et actualisé le roman de Maurice Joly. Le texte et la mise en scène servis par deux merveilleux comédiens, Pierre Santini et Hervé Briaux.
26 sept. 2018
7,5/10
18 0
Dialogue aux enfers, c'est un pamphlet de 1864 écrit par le polémiste belge Maurice Joly qui n'aime pas vraiment Napoléon troisième du nom. Sous couvert d'une discussion entre Monstequieu et Machiavel c'est l'occasion de dénoncer le "despotisme moderne" qui est une simple adaptation du régime autoritaire qui régnait à l'époque de Machiavel.

Ce qui est frappant, c' est l'écho profond dans notre monde actuel des propos tenus par Machiavel, l'auteur exprime des dérives autoritaires qui peuvent nous faire penser à des épisodes récents de notre vie politique. C'est glaçant à souhait ! Maurice Joly était il capable de voir l'avenir ? Ou simplement un fin observateur de son temps ?

Hervé Briaux qui incarne à merveille ce monstrueux Machiavel semble prendre un plaisir fou à nous exposer ses théories totalitaires. Je n'aimerai pas croiser cet homme ! Il a perdu la foi en l'homme mais sa façon de présenter les choses ne sont pas dénuées d'une certaine séduction. Quel homme paradoxal !

Pierre Santini est Monstesquieu, bienveillant et confiant dans l'humanité, Gardant son calme la majeure partie du temps face aux démonstrations et arguments fallacieux de Machiavel. Il est magnifique !

Le décor sobre et la mise en scène de Marcel Bluwal servent avec efficacité les propos des deux hommes.
25 sept. 2018
7,5/10
19 0
Un pamphlet interdit à sa publication en 1864 mettant en scène un dialogue imaginaire entre Machiavel et Montesquieu. L'idéal démocratique contre le despotisme. Deux penseurs importants et deux acteurs monstrueusement habiles pour les interpréter : Pierre Santini et Hervé Briaux. Pour moi, tous les éléments se trouvaient réunis pour offrir au spectateur, aguerris ou non, un moment de réflexion et de joute philosophique.

J'aime énormément ce genre théâtre, je le trouve intelligent, engagé et ludique à la fois. Déjà sur le même format, la pièce Voltaire Rousseau m'avait attirée dans la salle du Poche-Montparnasse (où j'ai aussi vu le très bon Hervé Briaux dans son seul-en-scène Tertullien). Ce genre de spectacle qui mêle l'art de la scène et le débat philosophique me plaît beaucoup et la pièce est admirablement jouée. Néanmoins, je me permettrais cette fois-ci de bouder un peu le texte pour me faire l'avocat du diable.

En effet, le rapport de force entre les deux antagonistes est trop déséquilibré. Au lieu d'un débat de pair à pair, l'argument de la pièce donne surtout la parole à Machiavel. Montesquieu écoute, interroge, esquive, s'impatiente, s'indigne mais ne présente pas en profondeur ses idées. Tout aussi intéressant et glaçant que soit le projet présenté par Machiavel, le manque de contrepoids dans ce dialogue imaginaire finit par rendre la pièce bancale. C'est dommage car j'ai d'abord attendu un renversement de situation, un moment où Montesquieu prendrait la parole pour déconstruire l'argumentaire de son homologue. Mais il ne la prend pas et l'apparente vraisemblance du propos de Machiavel finit par ne plus avoir de sens tant les "si" sont légions.

N'ayant pas lu le texte original, je ne sais pas si ce déséquilibre est inhérent au texte. Néanmoins, les analyses sont fines et importantes à connaître. Cette pièce fait du bien car le théâtre a cela de pédagogue qu'il rend les arguments des livres bien vivants!
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24 sept. 2018
9,5/10
39 0
1864 – Bruxelles.
Maurice Joly, avocat français très hostile à Napoléon III, polémiste habitué du scandale, fait paraître anonymement un pamphlet intitulé « Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu ».
Il sera vite démasqué.

2018 – Paris.
Marcel Bluwal, à l'invitation de Philippe Tesson, adapte ce texte et le monte sur le plateau du Poche-Montparnasse.

Que raconte donc ce dialogue-là, à l'époque censuré, puis redécouvert au tout début de notre Vème République ?
Il va s'agir pour l'auteur Joly de vilipender dans un premier temps la fausse démocratie instaurée par Napoléon III.
Mais pas seulement !

L'auteur dépeint Montesquieu en train d'essayer de pousser Machiavel dans ses retranchements (volontairement ou involontairement), pour que ce dernier nous livres ses « recettes » pour instaurer une société dictatoriale, fascisante, et dans laquelle, suprême et diabolique raffinement, le Prince sera tout ce qu'il y a de plus légalement élu par le peuple.

Une société ayant toute l'apparence d'une démocratie, mais étant en réalité une véritable dictature.
On s'en doute, ce texte (je le rappelle, publié en 1864) relève d'une incroyable prescience politique et sociétale.

Nous sont annoncés de manière on ne peut plus précise, tous les mécanismes qui ont porté au pouvoir tous les fascistes du vingtième siècle.

De plus, nous allons prendre en pleine figure par l'intermédiaire de ce discours, de véritables flashes d'actualité on ne peut plus brûlante.
Je ne prendrai qu'un exemple qui ne manquera de parler aux parisiens : Machiavel annonce qu'à l'avenir, la dérégulation des loyers devra faire en sorte de ne garder dans le centre des grandes villes que les « millionnaires »...
Suivez mon regard...

Marcel Bluwal a choisi et mis en scène deux immenses comédiens, en la personne de Pierre Santini et Hervé Briaux (qui m'avait enchanté ici même la saison passée dans le spectacle Tertullien), sans aucun décor qu'un fond blanc avec des centaines de livres esquissés, et du mobilier en matière plastique transparente.
Le texte et l'interprétation des deux acteurs seront amplement suffisants.

Hervé Briaux est Machiavel.
Il fait froid dans le dos de tous les spectateurs, à énoncer ses recettes et ses prédictions.
Il joue le cynisme avec une réelle délectation, une jubilation manifeste.
Il est souvent glaçant, faisant peur à la salle, par moments.

Pierre Santini est son contradicteur.
Lui aussi sera également parfait dans un registre « d'accoucheur » de cette parole machiavélique qui nous révulse.
Le public s'identifie totalement au comédien.
De sa voix reconnaissable entre toutes, il interpelle, questionne.

C'est lui qui aura le dernier mot, la dernière réplique, après avoir lancé un long regard lourd et accusateur à la salle.

Le duo fonctionne à la perfection, on sent bien la complicité des deux hommes. C'est un bonheur de les voir jouer !
Dès les premières répliques, nous saurons que nous allons assister à un grand moment de théâtre.

Je vous recommande donc vivement ce spectacle étonnant et fascinant.
Je suis ressorti troublé : je ne connaissais pas du tout ce texte, à l'instar du metteur en scène qui l'avoue dans sa note d'intention, et la façon dont il est donné et restitué force l'admiration.

C'est un spectacle qui devrait être montré dès le premier jour aux étudiants des nouvelles promotions à l'ENA, à Sciences-Po et dans toutes les écoles de journalisme !
9,5/10
4 0
... Une mise en scène adroite et précise. Deux comédiens brillants. Un spectacle fascinant que cette joute à la résonance incroyablement contemporaine. Je recommande vivement.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor