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  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er

Britannicus

Britannicus
De Jean Racine
Mis en scène par Stéphane Braunschweig
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 35,00
À l'affiche du :
8 juin 2018 au 1 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 20:30

Britannicus a pour demi-frère Néron. Son père, l’empereur Claude, l’a adopté en épousant Agrippine, qui lui avait donné naissance lors d’un précédent mariage.

A la mort de Claude, Néron prend le pouvoir. Il tombe follement amoureux de Junie, qui est pourtant la fiancée de Britannicus. Ce despote cruel révèle alors sa vraie nature, qui lui fera assassiner sa mère et son frère adoptif…

 

Britannicus est une tragédie en cinq actes, écrite par Jean Racine en 1669. Elle est inspirée de l’histoire romaine.

Britannicus est un tissu d’intrigues entre professionnels de la politique. Leurs ambitions affichées sont étroitement mêlées à la sphère intime par les liens filiaux, par les haines ou les amours qu’ils se vouent. Racine choisit un épisode particulier de l’histoire romaine, ce moment où émerge un monstre, Néron, véritable héros d’une oeuvre qui porte en fait le nom de sa victime. C’est le récit d’une prise de pouvoir dont les ressorts sont contenus dans la personnalité du jeune empereur.

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La critique de la rédaction : 5/10. Pas franchement convaincus par Britannicus, tragédie de Jean Racine datant de 1669.

Nous aimons habituellement beaucoup les textes en vers mais celui-ci ne nous a fait que peu frissonner.

Cette œuvre, première de l’auteur se basant sur la réalité historique, souffre de son didactisme et de ses remises dans le contexte. « Oh moi Agrippine, qui suit née en l’an 15, fille de Germanicus et épouse de Claudius… », nous en rajoutons mais c’est presque ça.

Dès les premières minutes, les acteurs se répondent d’infinies tirades dont nous perdons souvent le fil. Il faudra attendre que leur interlocuteur reprenne la parole pour rattraper le cours de la conversation.

La mise en scène, les costumes et le décor de grande salle de réunion actualisent l'action dans un lieu de pouvoir moderne, mais la transposition fait peu de sens. Elle ne parait pas apporter un nouveau regard sur le texte. Voire affaiblit le propos.

Ce manque d'intensité se ressent également dans le jeu des acteurs dont nous avons trouvé les fulgurances trop rares. Nous aurions apprécié un Néron -Laurent Stocker- joué comme un personnage plus cruel, pervers dont nous aurions ressenti l'évolution du comportement. Dominique Blanc tire son épingle du jeu en ayant une interprétation plus singulière.

Nous avons apprécié quelques moments forts, comme lorsque Néron et Britannicus se voient enfin, ou quand mère et fils défendent leur position avec vigueur mais nous nous sommes hélas ennuyés alors que nous espérions ressentir un tourbillon d'émotions pour cette tragédie.

 

Les autres critiques de Pierre

 

Note rapide
Meilleures critiques
Meilleure critique positive
7 mai 2016
8/10
174
0
Première rencontre avec Racine au théâtre, je n'ai donc pas de point de comparaison. J'ai beaucoup apprécié cette interprétation et cette mise en scène à la comédie française.

Une banalité, mais comment ne pas souligner la beauté de la langue racinienne....
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Meilleure critique négative
13 mai 2016
5,5/10
201
0
Britannicus est une pièce qui a des défauts et des qualités.
En effet, la mise en scène est très bien réalisée et le jeu de portes annonce les jeux de pouvoir. Les voiles noirs mettent eux en lumière les intrigues normalement gardées secrètes.

De...
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Toutes les critiques
20 juil. 2018
8/10
31 0
Qualis artifex pereo.

Telles furent, pour Suétone, les ultimes paroles prononcées par Néron avant son suicide. Ce dernier aurait voulu que la postérité le voie en gouvernant éclairé et en artiste de talent. Hélas, elle ne se souviendra de lui que comme un tyran. De ses deux premières années de règne, à l’époque, saluées pour leur exemplarité, il ne restera bientôt plus rien. L’empereur est las de ne pouvoir exercer le pouvoir seul, de craindre pour son trône et de ne pas être aimé de celle dont il est épris. Alors, il décide de forcer le destin …

C’est exactement à cet instant que prend place la tragédie de Racine, Britannicus. A ce moment où croyant asseoir sa puissance, Néron assure sa perte.

Pour cette nouvelle version de l’œuvre sur scène, point d’Antiquité. Le metteur en scène, Stéphane Braunschweig, a fait le choix de transposer les personnages dans un univers contemporain. Décor froid comme le marbre d’un palais romain, moquette aussi rouge que les tapis d’apparat du pouvoir et costumes sombres. Ce choix pourrait paraître étrange et pourtant il confère au texte une modernité insoupçonnée. Ainsi, le spectateur, pouvant être rebuté par la situation antique de l’action, trouvera ici de quoi se satisfaire. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé.

Les interprétations ne souffrent aucune critique. Les comédiens créent, par leur jeu, une tension à chaque scène, accentuée par une ambiance sonore des plus inquiétantes. Seule une touche d’humour disséminée ça ou là viendra alléger cette atmosphère.

Une pièce saluée par un tonnerre d’applaudissements. Amplement mérité !
19 juin 2018
9/10
41 0
Eloge de la modernité !

Hier soir Racine était parfaitement à notre portée.
Que ce soit par ses alexandrins, ou par son sujet.

Le vrai talent de la Comédie française? Transposer Britannicus au XXIe siècle, afin de nous montrer que l'histoire se répète sans cesse, que les mécanismes du pouvoir sont toujours les mêmes ....

Propos intemporel donc, mais sans trahir Racine et ses vers somptueux, bien au contraire !!
La sobriété du jeu des comédiens, renforcée par celle du décor, met encore plus en relief ce texte sublime ...

Laurent Stocker joue finement la dualité du personnage, entre despote fraîchement promu et gamin écrasé par une mère abusive.
Dominique Blanc, incarne une superbe manipulatrice. Benjamin Lavernhe, génial dans le rôle de Narcisse, est une véritable incarnation du mal.
Quand à Georgia Scalliet, elle est une belle Junie, sensuelle et malheureuse.

Une tragédie avec peu de cris, et beaucoup de classe !!!
17 sept. 2016
7,5/10
59 0
Lorsqu'on dit Racine, certains visages commencent à se crisper. Et cela empire lorsqu'on annonce Britannicus. Mais c'est parce qu'ils n'ont pas vu l'incroyable adaptation à la Comédie Française de Stéphane Braunschweig. Parce que s'ils l'avaient vu, c'est un sourire pleins d'admiration qui serait. Mais pourquoi?

Que raconte cette pièce?
On pourrait croire que Britannicus est au coeur de l'histoire puisque c'est son prénom que porte le livre. C'est une victime collatérale de la lutte sans merci que se livre sa mère, Agrippine et son frère, Néron pour diriger Rome. Il va être au coeur d'une autre lutte avec son demi-frère Néron pour la possession de la belle Junie. Les deux hommes sont tombés amoureux de la demoiselle et l'empereur veut la prendre pour épouse dès qu'il aura répudié celle qu'il a. Il n'aime pas cette dernière et elle ne lui donne pas d'héritier. Sauf que Junie partage les sentiments de Britannicus. L'amour peut-il triompher du mal? Le doute persiste et les confidents Narcisse, Burrhus et Albine vont changer l'histoire en influençant leurs maîtres.

Comment est la mise en scène?
Pour rendre cette quête de pouvoir actuel, le metteur en scène Stéphane Braunschweig a décidé de placer l'histoire dans un lieu du pouvoir contemporain. Les portes et les fenêtres semblent écraser les occupants qui sont face à une destinée bien compliquée. L'avant-scène est occupée par une salle de réunion froide et impersonnelle avec une très grande table et des fauteuils chromés. Il n'y a pas besoin de se charger d'artifice pour montrer la violence glacée qui y règne. Dans le fond de scène, des portes apparaissent et disparaissent à la hauteur des secrets et des complots qui se trament dans le palais de Néron. Il faut toujours être au courant de tout lorsqu'on est au pouvoir et ne pas hésiter à franchir des limites.

Le metteur scène choisit aussi cette neutralité dans les costumes de comédiens avec pardessus ou costumes noirs et chemises blanches. Aucune couleur ne viendra teinter cette tragédie.

Il y un petit élément qui m'a quand même gêné. C'est la transition entre les actes avec la descente d'un rideau avec des effets visuels et sonores. J'ai trouvé que cela coupait l'élan de l'histoire de façon un peu brutale qui demandait de se reconnecter dans le moment.

Sinon, mon moment préféré est l'échange entre Agrippine et Néron à la suite de la mort de Britannicus. Ils parlent de l'horreur de ce meurtre horrible et en fond, derrière un filtre, le corps torse nu de l'homme sur un fauteuil. Une scène que j'ai trouvé touchante et profonde qui met vraiment en exergue la folie qui touche le pouvoir.

Qui sont les personnes derrières les personnages?
Dominique Blanc, pour son premier rôle comme pensionnaire du Français incarne une femme de pourvoir. Agrippine, soeur de Caligula, un maillon de la généalogie de la violence. Elle veut toutefois faire la paix et met au calme sa fureur. C'est avec un langage posé et réfléchit que son personnage va montrer sa complexité, sa lucidité et surtout sa grande intelligence. Cette comédienne nous montre une grande Agrippine.

Laurent Stocker, qui est un de mes comédiens préférés de la Comédie Française montre à chaque pièce que je vois de lui l'étendue de son talent. Je l'ai trouvé extraordinaire dans ce Néron froid et odieux. Visage impassible, les émotions n'ont pas de place dans l'exercice du pouvoir même pour la famille, plutôt perçue comme de potentiels rivales. Il veut se libérer de l'emprise de sa mère et veut la haïr de ton son corps. Une partie se le refuse et pour éviter cela, il préfère l'éviter. Mais la rencontre est obligatoire. Agrippine connaît un peu l'influence qu'elle peut avoir sur lui.

Néron : "Heureux ou malheureux, il suffit qu'on me craigne."

Stéphane Varupenne incarne avec douceur et sensibilité Britannicus Grand, fort, toujours avec sa barbe, il rend jaloux Néron ce qui lui vaut sa haine, alors qu'ils ont été élevés ensemble. Il se dégage quelque chose de fragile de ce comédien qui rend son personnage encore plus attachant. Surtout que la palette des émotions va être de rigueur car il va sentir le bonheur auprès de son aimé, Junie (Georgia Scalliet), la souffrance du fait qu'on lui retire son amour et la colère envers son frère qui veut la prendre pour épouse. Il va passer par toutes ces phases qui rappellent à quel point on est fragile lorsqu'on aime vraiment.

Les rôles des trois conseillers, discrets et peu présents, vont influencer le destin. Hervé Pierre/Burrhus incarne l'homme qui a tout vu et vécu qui se veut donner les meilleurs conseils en toute honnêteté. D'ailleurs, il dira à Agrippine : "Ce n'est plus votre fils, c'est le maître du monde". J'ai adoré le sérieux du personnage accentué avec la voie grave du comédien. C'est le seul qui va changer d'avis pour maintenir une paix au coeur du royaume. Car Benjamin Lavernhe/Narcisse, va être perfide et va manipuler l'empereur sans scrupule. Grand, léger, discret, on a envie de lui faire confiance et de lui ouvrir notre coeur. Le pauvre Britannicus va se prendre au jeu et va en perdre la vie.

Cette pièce de 1 800 alexandrins de Jean Racine mêle politique et psychologie. Le spectateur plonge dans un univers où la manipulation est maîtresse et où le malheur est roi. Empire ou entreprise, les rivalités et les traitrises sont là, un parallèle intéressant qui a donné tout son intérêt à cette pièce. Encore une fois la Comédie Française montre l'étendue de son talent et de sa virtuosité.
15 sept. 2016
5/10
43 0
Malgré une mise en scène transposée ici dans un "board" d'une entreprise, la pièce est extrêmement scolaire avec un jeu très bavard et dont la froideur est surtout très monotone.
12 juil. 2016
2/10
109 0
Une pièce sans âme, sans nerf.

Néron, Laurent Stocker, n'y a rien d'inquiétant, son jeu est d'une neutralité qui ni n'effraie ni n'intéresse. Agrippine, Dominique Blanc, récite de façon appuyée, chaque virgule, et on croit entendre tous les rôles de tragédienne qu'elle a déjà joués, sans qu'elle joue celui-ci vraiment. Junie est tout simplement inaudible, elle minaude, pleurniche, entre la midinette et la mijaurée. Britannicus essaie de mettre un peu de fièvre.

Rien ne sauve la pièce, pas même sa mise en scène : un conseil d'administration d'une entreprise, des hommes en cravate. On cherche la profondeur. On cherche la tragédie. On tente d'entendre Racine.

Quel mauvais spectacle qu'offre là la Comédie française.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor