Tigrane

Tigrane
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 35,00
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Tigrane, 17 ans, a disparu. Au bord d’une falaise, on ne retrouve que son skate et ses bombes de peinture. Pourtant, depuis un an, Isabelle, jeune professeure, dompte ce garçon provocateur.

En s’essayant au dessin, il avait découvert Basquiat et le Caravage, il semblait apaisé. La rencontre avec l’art produit un électrochoc. Un premier pas vers l’émancipation.

Mais comment croire en soi quand on est écartelé entre un père ravagé et les a priori de la société ?

Peut-on s’appeler Tigrane Faradi et faire une grande école d’Art ?

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9 déc. 2019
8/10
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Tigrane est un adolescent perturbé et mal dans sa peau.
Il vit seul avec un père, dépressif, qui lui transfère son mal-être en le décourageant de s'épanouir dans les études.

Élève indiscipliné et particulièrement difficile, il se dévoile lors d'un exercice de texte. Sa professeure de lettres, Isabelle, découvrant ses talents cachés et ses fragilités, l'encourage et tente de lui redonner confiance en lui, notamment sur ses capacités artistiques, car Tigrane excelle dans le dessin.
Exercice difficile avec un père destructeur qui a perdu foi en la vie et qui le démotive sur ce chemin, pensant que le meilleur pour son fils est de suivre sa trace et celle de son père en devenant soudeur.
Une relation ambigüe naît entre cette femme et son élève.
Mais, perturbé, Tigrane disparaît.

Une jolie histoire sur la résilience.
Jalie Barcilon s'est inspirée de son expérience lors de cours d'écriture qu'elle a donné dans des milieux difficiles. Elle y a puisé des éléments pour son spectacle et a tenu à transmettre un message d'espoir.
Des comédiens d'une grande justesse, tous les personnages sont attachants, particulièrement le jeune Tigrane, Soulaymane Rkiba, dont, j'espère, on entendra parler par la suite, car il a beaucoup de talent. Il joue son rôle avec une grande sincérité et est particulièrement touchant.
J'ai beaucoup aimé cette pièce, inspirée de personnages crédibles, basée sur le mal-être de notre société.

Auteur : Jalie Barcilon
Artistes : Eric Leconte, Soulaymane Rkiba, Sandrine Nicolas
Metteur en scène : Jalie Barcilon

Prix Lucernaire-Terzieff- Pascale de Boysson 2018
Ce spectacle est le lauréat 2019 du réseau francilien « La vie devant soi »
21 nov. 2019
7,5/10
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Le sujet peut effrayer certains spectateurs car nous sommes loin de la comédie grand public. Mais il faut aller au-delà de ces aprioris surtout pour voir de tel petit bijou théâtrale qui vous percute en plein cœur. La mise en scène de Jalie Barcilon se montre simple et d’une efficacité redoutable. Trois espaces bien délimités permettant de raconter le destin d’un jeune perdu. Certaines scènes comme celle où le jeune garçon fixe sur son skateboard donnant pourtant l’impression de se mouvoir. Les créations lumières de Jean-Claude Caillard trouve l’harmonie parfaite pour souligner avec élégance et sensibilité les moments clés du spectacle.

L’atout fort, outre la qualité d’écriture, est la qualité de jeu et d’interprétation des trois comédiens. Déjà le père au bord du gouffre avec Eric Leconte, convainquant dans son désarroi. Puis Sandrine Nicolas, qui joue cette professeure pleine de bonne volonté, souriante, illumine l’espace de sa présence. Les costumes créés par Alexandre Chagnon lui seille à merveille. Et enfin, le rôle centrale, interprété par Soulaymane Rkiba avec passion et une énergie incroyable. Dans son regard pétille le mécontentement, l’injustice, l’impatience, l’exaspération… Lorsqu’il hurle, le courroux s’anime telle une bourrasque qui bouscule les idées et les sentiments. Impossible de rester insensible face à ce trio talentueux, complices et habilles.
30 oct. 2019
8/10
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Vas-y Madame !
Ou quand c'est la peinture, beaucoup plus que la soudure, qui adoucit les mœurs.

Tigrane Faradi. Un lycéen de 17 ans, à La Seyne-sur-Mer. En CAP de chaudronnerie.

Un destin écrit depuis la maternelle. Et peut-être même avant.

Une mère qui est partie depuis belle lurette.

Un père alcoolique, qui préfère que son fils joue le soir au flipper avec lui, plutôt que d'étudier.
Un « enfant difficile », comme ils disent.

Un ado qui n'en peut plus.
Un ado dont on va retrouver au tout début de la pièce, les affaires au bord d'une falaise.
Lui aura disparu.

Une professeur de Français.
Une jeune prof, nouvellement nommée, pleine d'illusions, ayant encore le feu sacré, et qui va dans un premier temps savoir s'y prendre avec ce gamin, pour entreprendre ensuite de lui redonner courage, espoir et foi en lui.

Et puis surtout, qui, en l'initiant à Escher, Le Caravage, et surtout Basquiat, va découvrir le grand talent de dessinateur de Tigrane.

Si le sujet principal de la pièce, la résilience, a été traité de nombreuses fois, ici, Jalie Barcilon nous propose un état des lieux d'une rare acuité et d'une rare justesse : quand tu t'appelles Faradi, quand tu es issu « de la diversité », non seulement ton parcours scolaire est plus difficile que beaucoup d'autres enfants, mais ce parcours est carrément interrompu à la porte des grandes écoles d'Art.
Résilience face à la famille défaillante, et à un système scolaire français ô combien élitiste.

L'auteure a connu ces mômes en difficulté jusqu'au baccalauréat. Elle ne s'imaginait pas qu'ensuite, dans le petit monde de l'art, à de très rares exceptions près, « tout le monde est blanc », comme elle l'écrit.

Elle a recueilli la parole de ces ados, elle leur a demandé leur témoignage concernant la famille, l'école, l'avenir.
Et l'Art. Avec un grand A.

C'est cette parole qu'elle nous donne à entendre, par la voix de ce Tigrane.
Une parole d'une force inouïe, qu'on n'entend que trop rarement, une parole qui va décrire une sombre réalité.

Et puis, ce sera également une pièce qui nous parle d'amour. Une pièce qui va nous aussi nous donner raison d'espérer et d'être optimistes. Ou tout du moins d'être un peu plus lucides.

Tigrance, c'est le jeune comédien Soulaymane Rkiba.
Lui aussi a été encouragé à 16 ans par sa professeure de Français à monter sur les planches.
Comme elle a bien fait !

Le jeune homme va incarner de façon tout à fait convaincante cet adolescent rendu écorché vif, impulsif, à la limite de la sauvagerie.
En même temps, et c'est ce qui fait que l'interprétation du jeune comédien est passionnante, il réussit à rendre son personnage attachant, très touchant, sans nous faire tomber dans de fausses compassion ou pitié.
Par moment, il est un Tigrane ingénu, drôle ou bouleversant.
Soulaymane Rkiba parvient à interpréter une belle partition avec à la fois puissance et douceur.
J'ai totalement cru à son personnage, complexe et passionnant.

Sandrine Nicolas est Isabelle, la prof, Eric Leconte campe quant à lui M. Faradi senior.
Les deux comédiens sont eux aussi irréprochables.
Melle Nicolas évite elle aussi toute caricature ou pathos inutile et déplacé.

Jalie Barcilon, également metteure en scène, a pensé à rendre le public partie prenante.
Nous, les spectateurs, nous sommes pendant une heure et vingt minutes les condisciples de Tigrane.
Nous sommes les lycéens de sa classe, parmi lesquels il viendra parfois s'asseoir.

La scénographie est judicieusement basée sur l'installation de deux praticables surélevés en fond de scène représentant tour à tour une piste de skate, un flipper, une estrade scolaire ou encore la mer.
A jardin, l'espace du père, à cour, celui de la professeure.

Cette pièce ne peut laisser personne indifférent.
Elle nous décrit une impitoyable réalité sociétale. C'est évidemment l'une des fonctions essentielles du théâtre.
Il faudrait que M. Blanquer quitte pour un moment son ministère rue de Grenelle, et trouve le temps d'assister à ce spectacle...
26 oct. 2019
7/10
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Le mal-être d'un adolescent fragile et provocateur né dans une famille désocialisée meurtri par les a priori de la société dans un monde violent. les acteurs jouent juste et heureusement l'art et les rencontres les sauvent. Cette pièce a reçu le prix Laurent Terzieff 2018.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor