Tempête en juin

Tempête en juin
De Irène Némirovsky
Mis en scène par Virginie Lemoine
Avec Franck Desmedt
  • Franck Desmedt
  • Théâtre La Bruyère
  • 5, rue La Bruyère
  • 75009 Paris
  • St-Georges (l.12)
Itinéraire
Billets de 20,00 à 35,00
À l'affiche du :
10 septembre 2019 au 4 janvier 2020
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 19:00
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En juin 1940, de nombreuses personnes fuient Paris pour s'exiler dans le Sud de la France et ne pas assister aux pillages.

Franck Desmedt, Molière du comédien dans un second rôle en 2018, seul en scène, incarne avec lucidité et humour ces personnages héroïques ou lâches, baroques ou simples, mais tous profondément familiers et humains.

 

En 1942, dans la France occupée, Irène Némirovsky écrit son roman le plus déchirant, « Suite française ».

Il restera inachevé.

Retrouvé par la fille d'Irène Némirovsky puis publié à titre posthume, Suite Française a été récompensé du prix Renaudot en 2004.

Le premier tome de ce roman se nomme « Tempête en juin ».

Note rapide
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9/10
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... Un spectacle servi avec une chaleur profondément touchante et parfois souriante par une mise en scène précise et délicate, et une interprétation d’excellence. Je recommande vivement.
Il y a 7 heures
9/10
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Les lumières s’éteignent et il entre, costume cravate et imperméable impeccable, la valise à la main. La prestance du comédien, dont toute l’attention est tendue vers nous, impressionne et le silence se fait dans la salle.

C’est alors qu’il débute son récit, sa voix n’est qu’un murmure mais l’attention est déjà à son comble, en quelques secondes Franck Desmedt arrive à capter son auditoire. La pièce repose sur ses épaules et son interprétation est brillante. Il joue l’intégralité des personnages, animaux compris, contrôlant à merveille les ruptures, le rythme et les modulations de son récit, créant tensions, suspense, émotions et rires. Son jeu est juste et délicat. On est véritablement fasciné du début à la fin.

J’avais déjà été captivée par son talent dans Voyage au bout de la nuit et je commence à me demander ce qu’il serait capable de faire avec la lecture du bottin…
Quel incroyable conteur !

Tempête en juin est l’histoire d’une fuite, une histoire de migrants fuyant la guerre et la violence. Juin 1940, Paris se vide, c’est, pour tous ceux qui peuvent, l’exode, loin de cette capitale que les allemands vont envahir d’un jour à l’autre. Quelque soit leurs moyens, leur métier, leur situation familiale et leur niveau social, c’est le départ précipité vers le sud pour la plupart des parisiens, en voiture, en train ou même parfois à pied.
Cette pièce raconte la persévérance, les peurs, les espoirs, les doutes de chacun mais elle met également en évidence les bassesses, les lâchetés et les vanités de certains.

La délicate mise en scène de Virginie Lemoine accompagne avec sobriété et intelligence le comédien. Le décor est épuré : une chaise et une valise qui se transforment au grès des scènes en train, rocher, bicyclette…simple et efficace. Les liaisons entre les scènes sont particulièrement réussies, fluides et ingénieuses elles n’interrompent pas le fils de l’histoire et l’ensemble est incroyablement fluide.

L’accompagnement sonore (avec les tendres musiques de Stéphan Corbin), les très jolies illustrations de Sylvain Bossut et la création lumière de Denis Koransky participent à nous mettre dans l’ambiance.

Au sortir du théâtre j’entends 2 dames qui commentent « j’avais l’impression d’être au cinéma ». C’est assez juste, Franck Desmedt nous a vraiment donné à voir des images (ses souvenirs pourrait on presque dire). Il nous a raconté cette histoire comme s’il l’avait vécue.

Une réussite !
12 sept. 2019
9/10
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Tempête en Juin est le premier volet de « Une suite française » d’Irène Mémirovsky dont - elle reçut le prix Renaudot à titre posthume, en 2004. Irène Mémirovsky est décédée Auschwitz en juin 1942.
Ce roman retrace l’exode des Parisiens, les premières bombes sont tombées, nous sommes en juin 1940. A travers une quarantaine de personnages Irène Memirovsky nous conte avec clairvoyance, perspicacité et humour leur fuite devant l’ennemi.

Qu’ils soient bourgeois, employés, ouvriers. Tous sont égaux devant l’incertitude du lendemain.
Que prendre avec soi ; des souvenirs ? des objets unitaires ? des biens précieux ?
C’est la débâcle dans sur les routes ; en voiture, en charrette, à pied chacun se bat pour soi-même…
Arriveront-ils à destination ?

Franck Desmedt avec grand brio fait revivre sous nos yeux ces parisiens perdus, effrayer et fuyant par tous les moyens la capitale.
*Monsieur et Madame Péricand petits bourgeois partant dans leur propriété de Nîmes. Perdus dans les préparatifs.
*Le beau-père de Madame Péricand oublié en chemin par elle-même.
*Hubert leur fils cadet fuguant pour rejoindre l’armée.
*Gabriel Corte écrivain fuyant vers vichy en compagnie de sa maitresse.
*Maurice et Jeanne Michaud employé de banque devant rejoindre leur directeur à Tours et n’ayant plus de train.
Et bien d’autres protagonistes tous hauts en couleur.
Dans un décor minimaliste, seul sur scène ayant pour simple accessoire une valise, Franck Desmedt, par sa gestuelle expressive, ses modulations de voix et son merveilleux talent, donne vie avec finesse, profondeur et humour à la quarantaine de personnages de ce roman.

Personnages parfois héroïques, audacieux et braves, parfois perdus, désorientés et égoïstes dans cette période d’exode et de déchirement des années de guerre.

Un vrai bijou autant pour ce texte magnifique et plein de finesse d’Irène Némirovsky que pour l’interprétation de Franck Desmedt qui nous émeut, nous captive et nous ravit.
10 sept. 2019
10/10
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« Tempête en juin » & « Suite française », d’après les deux tomes de Suite française, d’Irène Némirovsky, adaptés et mis en scène par Virginie Lemoine et Stéphane Laporte au théâtre la Bruyère sont une folle épopée qui apporte de la bonne humeur, du rire, de la vie, dans cette période plus que troublée que l’Europe a traversée.

Irène Némirovsky, née à Kiev en 1903, romancière russe, issue d’une famille juive, ce qui lui causera sa perte par la folie d’un homme, des hommes, reçoit une éducation imprégnée de culture française. Toute la famille fuit la révolution russe pour se retrouver, après un périple, en France et c’est le début d’une belle aventure, trop courte, où elle y trouvera l’amour.
Elle est le seul écrivain à avoir reçu à titre posthume le prix Renaudot pour son roman inachevé « Suite française ». Des suites étaient prévues, quatre au total, mais son destin en a malheureusement décidé autrement.

Franck Desmedt débute cette soirée avec « Tempête en juin », il m’avait bouleversé dans son seul en scène « Voyage au bout de la nuit » au Lucernaire, il m’a une nouvelle fois impressionné par son interprétation magistrale, digne d’un Molière, du texte d’Irène Némirovsky, intelligemment adapté et mis en scène par Virginie Lemoine et Stéphane Laporte. Ils ont trouvé le comédien idéal pour une telle entreprise. La fluidité de leur mise en scène, remplie de lumière, met en exergue le monumental travail de précision que Franck Desmedt nous présente sur scène.
Pendant plus d’une heure vont défiler sous nos yeux une quarantaine de personnages fuyant la capitale : c’est l’exode.
Nous sommes le 03 juin 1940, des bombes tombent sur Paris, en quelques heures les habitants désertent la capitale.

C’est un moment savoureux que Franck Desmedt dépeint avec tout son talent, avec entre autres, les illustrations de Sylvain Bossut.
Nous sommes en osmose, nous sommes partie prenante, de cette course folle, de cette fuite, vers un semblant de liberté, de calme, de vie.
Accompagné par quelques notes sublimes de piano composées par Stéphane Corbin qui m’avait enchanté dans « Michel for ever » toujours à l’affiche au Poche Montparnasse, Irène Némirovsky transcrit dans une lucidité surprenante, avec une multitude de détails, les travers de ses contemporains que Franck Desmedt restitue à cent à l’heure : dans une diction parfaite, pas une syllabe ne manque à son récit.
Qui dit exode, dit course, dit fuite devant l’envahisseur. Il faut sauver sa peau, sauver tout ce que l’on peut emporter avec soi dans la panique d’un départ précipité.
La force de l’auteur, du comédien, est de nous faire vivre, ce qui est au demeurant tragique, une tranche de vie aux intonations joyeuses.
La virtuosité de Franck Desmedt, dans son imperméable et sa simple valise, est par un regard, un sourire, une intonation, un geste, de brosser dans une précision folle les défauts, les faiblesses, l’âme des personnages.
A noter la prouesse technique du régisseur qui suit les changements, au quart de seconde, du jeu de Franck Desmedt.
Qu’il soit le patriarche sur son fauteuil roulant, que l’on oubliera sur le bas côté (un moment d’anthologie), le chef de famille dépassé par les événements, ou encore le fils qui ne songe qu’à une chose, s’engager pour défendre la patrie, eh bien rien n’est laissé au hasard, chaque touche de peinture que dépeint cette fresque nous émeut, nous fragilise, nous fait rire et nous accueillons la fin de cette histoire l’âme remplie de bonheur : nous sommes vivants !

La soirée se poursuit avec « Suite française ».
Nous sommes en 1941 et l’envahisseur s’installe de plus en plus en France, aux dépends des autochtones qui n’ont pas leurs mots à dire concernant la réquisition de leurs habitations : pour l’instant dans un village de Bourgogne.
L’officier Bruno von Falk, de la Wehrmacht, prend ses quartiers chez Madame Angellier, dont le fils est prisonnier de guerre et qui vit avec sa belle-fille.

La rencontre de cet officier et de la belle-fille sonne comme un coup de foudre, un coup de tonnerre au milieu de la nuit noire, de la nuit envahissante. Un amour qui se veut impossible, contre nature, un amour à sens unique, quoique…
Une contradiction qu’Irène Némirovsky a admirablement développée dans cette histoire mise en scène subtilement, sans appuyer les effets, par Virginie Lemoine : elle a laissé vivre l’émotion, la pudeur des voix, des actes.

La question se pose : comment réagir ? La réponse est facile pour nous spectateurs, nous qui sommes en dehors du propos : pour la sainte morale, pour tous les morts, la fusion ne peut avoir lieu.

Comment se comporter quand délaissée par son mari, le lendemain de son mariage, un homme vous fait revivre cette flamme qui vous avait exaltée auparavant ? Faut-il s’enfermer dans une fidélité non partagée ou laisser parler son cœur ? Bien malin celui qui a la réponse.

Encore une fois avec beaucoup de détails Irène Némirovsky a sublimé, développé, par une richesse des répliques, les échanges des personnages, décrit leurs natures profondes : des arrangements les plus mesquins aux actes les plus courageux.
Vient se greffer à cette historie d’amour interdite, cette farandole, la vie des villageois, un fait de résistance qui bouleversera leur train-train quotidien.

Avec une musique aérienne toujours de Stéphane Corbin, une musique qui fait le lien entre les deux pièces et dans un décor aux ombres et transparences bien étudiées de Grégoire Lemoine, sous des lumières de Denis Koransky, évolue cette « Suite française avec ses personnages, hauts en couleurs, en générosité, jouée tout en émotions par six talentueux comédiens.
Béatrice Angevin, est parfaite dans son rôle de Madame Angellier, une mère tout en deuil, exaspérée par la venue de cet officier, qu’elle considère comme un viol.
Irène Némirovsky s’est amusée à dépeindre ce conflit mère-fille, qu’elle a vécu, avec le rôle de la belle-fille joué tout en nuances, en émotions, à fleur de peau par Florence Pernel. Elle transcrit magnifiquement son tiraillement entre sa passion naissante et sa raison.
Quant à l’officier allemand joué avec brio par Samuel Glaumé, c’est la déstabilisation assurée. Comment lui résister ? Il a tous les atouts pour vous faire succomber, oublier qu’il représente l’envahisseur, l’ennemi.
Vient se greffer autour des ces personnages, la truculente bonne, jouée dynamiquement par Emmanuelle Bougerol, elle est le rayon de soleil qui vient réveiller la nuit.
Puis le personnage de l’aristocrate, la dame patronnesse roublarde, joué ludiquement par Guilaine Londez, à la réplique succulente pour maintenir ses privilèges au détriment du commun des mortels : on ne mélange pas les torchons avec les serviettes.
Et pour finir, le trublion, celui qui va faire basculer cette histoire et révéler la vraie nature des protagonistes : le cousin, le paysan nature, tout en logique, joué sincèrement ce soir par Cédric Revollon (en alternance avec Gaétan Borg que j’avais découvert dans « Michel for ever »).

Un spectacle exceptionnel qu’il faut absolument voir, le mieux les deux pièces à la suite. Vous ne le regretterez pas !
Même si vous avez eu la chance de découvrir « Suite française » à Avignon, l’enchaînement des deux histoires n’en fait qu’une. On retrouve dans « Suite française » des personnages, des situations, des anecdotes de « Tempête en juin », un clin d’œil réconfortant.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor