Skorpios au Loin

Skorpios au Loin
De Isabelle Le Nouvel
Mis en scène par Jean-Louis Benoit
Avec Baptiste Roussilon
  • Baptiste Roussilon
  • Ludmila Mickaël
  • Niels Arestrup
  • Théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 4, rue Monsigny
  • 75002 Paris
  • Quatre-Septembre (l.3)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 60,00
Evénement plus programmé pour le moment

1959, Monaco. Ce mois d'été, le superbe bateau d’Aristote Onassis, le Christina O, s’apprête à quitter le port de Monte-Carlo.

Il part en croisière en Méditerranée, avec des invités de prestige à son bord, parmi lesquels la cantatrice Maria Callas et le charismatique Winston Churchill. Une invitée de dernière minute s’embarque, pour la plus grande joie de l’ancien Premier Ministre britannique : Greta Garbo.

Mais la rencontre du Vieux Lion à la combativité hors norme et du Sphynx qui a délaissé, en pleine gloire, les lumières d’Hollywood se révèle rapidement explosive. Sur fond d’une nuit d’autant plus électrique qu’elle sera celle durant laquelle Callas succombera, au nez de son mari, à Onassis.

Cette traversée en eaux troubles parviendra-t-elle sans heurt à sa destination, Skorpios ?

Skorpios, l’île scorpion, comme un présage jeté à l’horizon…

 

Skorpios au loin est la troisième pièce d'Isabelle le Nouvel après Big Apple (au Théâtre de Paris, salle Réjane) et Le Syndrome de l'Ecossais (avec Bernard Campan et Thierry Lhermitte au Théâtre des Nouveautés).

Isabelle le Nouvel et Niels Arestrup sont en couple et travaillent souvent ensemble.

En 2016, Niels Arestrup avait joué Acting dans ce même théâtre.

Ludmila Mikaël est une actrice qui a débuté sa carrière à la Comédie Française à la fin des années 60.

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La critique de la rédaction : 5/10. Une pièce avec de l’Histoire mais sans histoire.

Le texte se résume à de longs dialogues comportant de nombreuses références historiques et quelques bons mots. Pendant 1h30, Winston Churchill, toujours imbibé d’alcool, flatte l’ancienne actrice Greta Garbo, tentant vainement de la convaincre de retourner sous le feu des projecteurs.

Hélas, j’ai trouvé Skorpios au Loin assez plate, manquant d’une intrigue, de rebondissements.

D’autant que Niels Arestrup et Ludmila Mikael ne font pas preuve d’une énergie débordante.

Le temps de cette traversée m’a paru long.

Note rapide
Meilleures critiques
Meilleure critique positive
20 sept. 2018
10/10
11
0
Chef d’œuvre. J’ai été emportée par ce spectacle grandiose et suis encore habitée par la puissance de ses interprètes et par celle du texte. C’est un voyage magnifique qui mêle la profonde humanité de ces deux grandes figures du XXeme siècle pour mieux...
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Meilleure critique négative
22 sept. 2018
1,5/10
14
4
Rien à ajouter à cette critique. Je suis venu en raison du metteur en scène Jean Louis Benoit qui m'avait enchanté avec Les Jumeaux vénitiens. Et puis bien sur les acteurs Extraordinaires que sont Ludmila Mikael et Niels Astrup.

Malheureusement ils...
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Toutes les critiques
4 janv. 2019
9/10
8 0
Cette pièce est mon plus gros coup de cœur de cette fin d’année !

Niels Arestup et Ludmila Mikaël forment un duo parfait, tout en finesse et en métier. “Skorpios au loin” raconte la rencontre entre Mr. Churchill et la célèbre actrice Greta Garbo, tous deux réunis sur le bateau de leur ami commun, Aristote Onassis en 1959. Le bateau quitte Monte-Carlo avec à son bord quelques personnalités telles que Maria Callas mais c’est sur le pont du bateau où Churchill, assis sur sa chaise roulante, peint la mer que Greta vient prendre l’air et où la rencontre se fait sous l’œil docile et bienveillant du majordome (Baptiste Roussillon). Les deux se connaissent de nom par leur réputation et leur stature publique. Churchill, enchanté, avoue rapidement son admiration à Greta et tente de la convaincre de retourner sur un plateau pour tourner un nouveau film. S’engage ainsi, pendant la nuit que dure la traversée, des échanges hors du temps, des réflexions sur le passé et l’avenir, sur l’homme et ses échecs, sur les “griffures du temps”.

Le jeu des deux acteurs est maîtrisé, le texte d’Isabelle Le Nouvel très bien écrit, exigeant par ses références historiques mais étonnamment accessible dans son propos. Tout est en suspens sur cette scène. Ludmila Mikael pleine de grâce et Niels Arestup en homme de poigne vieillissant. Imprenable, Greta Garbo partira le lendemain, bien avant d’accoster à Skorpios, tenue encore au loin…

Tout ici résonne et se met au diapason pour un spectacle d’une simplicité teintée de spleen. Un très beau moment de théâtre. Nils Arestup et Ludmila Mikäel ont mis leur talent en partage avec le public ; une belle traversée !
28 déc. 2018
2,5/10
12 0
Mon Dieu quel ennui. D’ailleurs beaucoup se décrochaient la mâchoire... J’ai même vu plusieurs personnes dormir.
D’ailleurs le théâtre était bien vide.
Un texte plat ... Arestrup nous livre un magnifique jeu d’acteur à côté d’une Ludmilla Mickael qui a l’air de se demander ce qu’elle vient faire là.
Le décor est splendide.
J’ai compté toutes les minutes et je n’étais visiblement pas la seule.
Pour ma fille et moi l’ennui a été d’huile.
8,5/10
8 0
Alors ?
Embarquez à bord du Christina O, le yacht d’Aristote Onassis, pour écouter les échanges savoureux et intelligents entre le Premier ministre britannique, Winston Churchill et la divine actrice Greta Garbo. Prenez donc le large pour apercevoir, au loin, Skorpios et, de près, la rencontre entre deux légendes. Le sauveur du monde libre fend les flots et déverse sa verve « ce qui est odieux quand on vieillit, c’est qu’on reste jeune ».

Niels Arestrup joue ce grand homme d'Etat très diminué, en fauteuil roulant. Sa perte de mobilité n’altère en rien sa langue fleurie. Le pinceau sur le bout de ses doigts, il capture l’horizon. Le verre à la main, il pousse Greta Garbo à l'introspection, elle qui refuse que l'on s’adresse à elle en tant qu’icône. Le cigare en bouche, il reconnaît prendre « ses désirs pour des réalités ». Ambiance très bourgeoise où se côtoient des questions existentielles ne touchant pas terre : la célébrité, l’art et la recette du homard cuisiné à la russe.

La très belle scénographie donnerait presque envie de partir en croisière, pour que la lumière sublime notre pantalon en lin ou notre robe dorée. Une perle.
23 nov. 2018
8,5/10
7 0
Nous sommes en Juillet 1959. Le somptueux yacht d'Aristote Onassis, le Christina O, appelé ainsi en hommage à sa fille, s'apprête à quitter le port de Monte-Carlo pour effectuer une croisière en Méditerranée avec, à son bord, beaucoup d'invités (que l'on ne verra pas). Parmi eux, deux en particulier seront sous les projecteurs : Winston Churchill et Greta Garbo. L’histoire est étonnante. Et pourtant vraie.

Il fallait des acteurs de l'envergure de Niels Arestrup et de Ludmilla Mikael pour interpréter ces deux "monstres" en parvenant à faire ressentir leurs forces mais aussi les blessures d'enfance qui les ont marqués tous les deux. Et entre eux Niklaus, le maitre d'hôtel, a de la présence sans occuper le devant de la scène. Le rôle est subtilement interprété par Baptiste Roussillon.

Le soir de la présentation de saison des Bouffes Parisiens Jean-Louis Benoît disait que c'était la première fois qu'il montait une pièce dite de "conversations", lesquelles sont en général situées dans un salon, ou sur un quai de gare. L'originalité de Skorpios au loin est que l'action se déroule sur un espace en mouvement.

Le méga yacht vogue par un beau ciel d'été vers les côtes de Ligurie et le décorateur Jean Haas a fait en sorte, avec une scénographie néanmoins très simple, de rendre cela palpable parce que le ciel passe de l'ombre au crépuscule et à la nuit.

Le spectateur a d'emblée l'impression de ressentir un léger souffle de vent, suggéré par une douce musique d'orchestre, le bruit des vagues, les cris des mouettes. Churchill est alors dos au public, face à la mer. Il se plaint de n'avoir pas fermé l'oeil de la nuit et s'étonne que le bateau soit encore à quai, à Monte Carlo. Il est encore plus surpris d'apprendre que la "Reine Christine" soit à bord. Le "sauveur du monde libre" s'en dit ébloui. Il faut dire que la pièce est une fantaisie, mot grec signifiant "apparition".

Il a réclamé son matériel de peinture. Le public peut ignorer que l'homme politique avait ce don mais l'actrice, qui est aussi collectionneuse, a vu l'exposition qu'il a faite à New York et le complimente : votre peinture est troublante.

Elle n'a surtout pas envie qu'il lui parle de ses films. L'homme d'Etat est peintre, mais aussi écrivain (il a reçu le Nobel de littérature cinq ans plus tôt) ... et légèrement dépressif : je suis touche à tout, tout m'écorche.

En face de lui Garbo confie avoir la sensation que plus rien ne l'atteint. On s'interroge sur son jugement. Est-elle fascinée ou agacée quand elle lui lance : évidemment vous ne capitulez jamais !

Ils vont discuter de tout, et de rien. De ce qu'ils vont bientôt déguster, comme d'un plat de homards qui sera divin ou diabolique tellement c'est bon, des proportions à respecter pour réussir un cocktail vodka-Martini, avec une larme de liqueur de pêche et un trait de Cognac (à consommer en toute modération).

Chacun fuit un désastre mais leur conception de l'échec est radicalement différente. Leur conversation prend des tours philosophiques : contrairement à l'amour, la guerre ne peut vous tuer qu'une fois. (...) Abandonner votre immense carrière est un gâchis. (...) Vous êtes plus têtue qu'une mule.

Celui que l'on surnommait le lion rugit : Vous n'avez pas le droit de parler de vous au passé. Je me le suis interdit quand on disait que j'étais fini.
Celle qu'il appelle Mrs Brown esquive. Les étoiles et la lune sont apparues dans le ciel. Les vagues tapent plus fort et couvriraient presque la musique qui a pris un air jazz. On s'attend à les voir danser. Un jeu de séduction subtil s'est installé entre eux.

Plus tard, alors que le bateau est presque à quai, il tente un ultime geste pour se rapprocher d'elle. En vain, mais il lui offre le tableau auquel elle pourrait donner le titre de Skorpios au loin.

Churchill a le sentiment d'avoir vécu un songe : aujourd'hui je continue à me poser la question : Existe-t-elle vraiment ? confirmant l'impression d'une apparition ....

Dans la vraie vie, Churchill et Garbo ont effectivement vogué sur le bateau de l’armateur grec. Personne n'a pris en notes ce qu'ils ont pu (ou pas) se dire. Rien n'a filtré et on bénit cette époque où les réseaux sociaux, inexistants, laissaient les célébrités vivre en paix.

Isabelle Le Nouvel a donc fait preuve d'imagination en s'appuyant sur leurs publications et sur leurs biographies pour écrire cette comédie dramatique, et lui donner sa vraisemblance.

La direction d'acteurs est remarquable. Jouer en étant les neuf dixièmes du temps coincé sur un fauteuil roulant n'est pas commode au théâtre et Niels Aretrup est totalement crédible, sans être pour autant misérable. Ludmila Mikael parvient à être, psychiquement comme physiquement, distante ou familière, hypersensible ou posée. Et Baptiste Roussillon apporte juste ce qu'il faut de fantaisie.
14 nov. 2018
7/10
15 0
La pièce commence sur le pont du Christina, le yacht d’Onassis, qui s’apprête à appareiller pour une croisière en méditerranée. La rencontre entre Winston Churchill et Greta Carbo est bien décrite mais ça manque de rythme et de rebondissement voire de musique, la présence de la Calas sur le bateau aurait pu en être le prétexte.

C’est l’histoire de la rencontre d’un Premier Ministre impotent, dans un fauteuil roulant à l’automne de sa vie et d’une actrice qu’il admire tant au crépuscule de sa carrière. Il ne voit en elle que la star alors qu’elle aurait aimé qu’il vit la femme.

Malgré le jeu des talentueux Niels Arestrup et de Ludmila Mikael, qui incarnent parfaitement leurs personnages, on reste sur notre faim comme Skorpios au loin !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor