Skorpios au Loin

Skorpios au Loin
De Isabelle Le Nouvel
Mis en scène par Jean-Louis Benoit
Avec Baptiste Roussilon
  • Baptiste Roussilon
  • Ludmila Mickaël
  • Niels Arestrup
  • Théâtre des Bouffes-Parisiens
  • 4, rue Monsigny
  • 75002 Paris
  • Quatre-Septembre (l.3)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 60,00
À l'affiche du :
18 septembre 2018 au 6 janvier 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 21:00

1959, Monaco. Ce mois d'été, le superbe bateau d’Aristote Onassis, le Christina O, s’apprête à quitter le port de Monte-Carlo.

Il part en croisière en Méditerranée, avec des invités de prestige à son bord, parmi lesquels la cantatrice Maria Callas et le charismatique Winston Churchill. Une invitée de dernière minute s’embarque, pour la plus grande joie de l’ancien Premier Ministre britannique : Greta Garbo.

Mais la rencontre du Vieux Lion à la combativité hors norme et du Sphynx qui a délaissé, en pleine gloire, les lumières d’Hollywood se révèle rapidement explosive. Sur fond d’une nuit d’autant plus électrique qu’elle sera celle durant laquelle Callas succombera, au nez de son mari, à Onassis.

Cette traversée en eaux troubles parviendra-t-elle sans heurt à sa destination, Skorpios ?

Skorpios, l’île scorpion, comme un présage jeté à l’horizon…

 

Skorpios au loin est la troisième pièce d'Isabelle le Nouvel après Big Apple (au Théâtre de Paris, salle Réjane) et Le Syndrome de l'Ecossais (avec Bernard Campan et Thierry Lhermitte au Théâtre des Nouveautés).

Isabelle le Nouvel et Niels Arestrup sont en couple et travaillent souvent ensemble.

En 2016, Niels Arestrup avait joué Acting dans ce même théâtre.

Ludmila Mikaël est une actrice qui a débuté sa carrière à la Comédie Française à la fin des années 60.

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La critique de la rédaction : 5/10. Une pièce avec de l’Histoire mais sans histoire.

Le texte se résume à de longs dialogues comportant de nombreuses références historiques et quelques bons mots. Pendant 1h30, Winston Churchill, toujours imbibé d’alcool, flatte l’ancienne actrice Greta Garbo, tentant vainement de la convaincre de retourner sous le feu des projecteurs.

Hélas, j’ai trouvé Skorpios au Loin assez plate, manquant d’une intrigue, de rebondissements.

D’autant que Niels Arestrup et Ludmila Mikael ne font pas preuve d’une énergie débordante.

Le temps de cette traversée m’a paru long.

Note rapide
Meilleures critiques
Meilleure critique positive
20 sept. 2018
10/10
6
0
Chef d’œuvre. J’ai été emportée par ce spectacle grandiose et suis encore habitée par la puissance de ses interprètes et par celle du texte. C’est un voyage magnifique qui mêle la profonde humanité de ces deux grandes figures du XXeme siècle pour mieux...
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Meilleure critique négative
22 sept. 2018
1,5/10
5
4
Rien à ajouter à cette critique. Je suis venu en raison du metteur en scène Jean Louis Benoit qui m'avait enchanté avec Les Jumeaux vénitiens. Et puis bien sur les acteurs Extraordinaires que sont Ludmila Mikael et Niels Astrup.

Malheureusement ils...
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Toutes les critiques
8,5/10
1 0
Alors ?
Embarquez à bord du Christina O, le yacht d’Aristote Onassis, pour écouter les échanges savoureux et intelligents entre le Premier ministre britannique, Winston Churchill et la divine actrice Greta Garbo. Prenez donc le large pour apercevoir, au loin, Skorpios et, de près, la rencontre entre deux légendes. Le sauveur du monde libre fend les flots et déverse sa verve « ce qui est odieux quand on vieillit, c’est qu’on reste jeune ».

Niels Arestrup joue ce grand homme d'Etat très diminué, en fauteuil roulant. Sa perte de mobilité n’altère en rien sa langue fleurie. Le pinceau sur le bout de ses doigts, il capture l’horizon. Le verre à la main, il pousse Greta Garbo à l'introspection, elle qui refuse que l'on s’adresse à elle en tant qu’icône. Le cigare en bouche, il reconnaît prendre « ses désirs pour des réalités ». Ambiance très bourgeoise où se côtoient des questions existentielles ne touchant pas terre : la célébrité, l’art et la recette du homard cuisiné à la russe.

La très belle scénographie donnerait presque envie de partir en croisière, pour que la lumière sublime notre pantalon en lin ou notre robe dorée. Une perle.
23 nov. 2018
8,5/10
1 0
Nous sommes en Juillet 1959. Le somptueux yacht d'Aristote Onassis, le Christina O, appelé ainsi en hommage à sa fille, s'apprête à quitter le port de Monte-Carlo pour effectuer une croisière en Méditerranée avec, à son bord, beaucoup d'invités (que l'on ne verra pas). Parmi eux, deux en particulier seront sous les projecteurs : Winston Churchill et Greta Garbo. L’histoire est étonnante. Et pourtant vraie.

Il fallait des acteurs de l'envergure de Niels Arestrup et de Ludmilla Mikael pour interpréter ces deux "monstres" en parvenant à faire ressentir leurs forces mais aussi les blessures d'enfance qui les ont marqués tous les deux. Et entre eux Niklaus, le maitre d'hôtel, a de la présence sans occuper le devant de la scène. Le rôle est subtilement interprété par Baptiste Roussillon.

Le soir de la présentation de saison des Bouffes Parisiens Jean-Louis Benoît disait que c'était la première fois qu'il montait une pièce dite de "conversations", lesquelles sont en général situées dans un salon, ou sur un quai de gare. L'originalité de Skorpios au loin est que l'action se déroule sur un espace en mouvement.

Le méga yacht vogue par un beau ciel d'été vers les côtes de Ligurie et le décorateur Jean Haas a fait en sorte, avec une scénographie néanmoins très simple, de rendre cela palpable parce que le ciel passe de l'ombre au crépuscule et à la nuit.

Le spectateur a d'emblée l'impression de ressentir un léger souffle de vent, suggéré par une douce musique d'orchestre, le bruit des vagues, les cris des mouettes. Churchill est alors dos au public, face à la mer. Il se plaint de n'avoir pas fermé l'oeil de la nuit et s'étonne que le bateau soit encore à quai, à Monte Carlo. Il est encore plus surpris d'apprendre que la "Reine Christine" soit à bord. Le "sauveur du monde libre" s'en dit ébloui. Il faut dire que la pièce est une fantaisie, mot grec signifiant "apparition".

Il a réclamé son matériel de peinture. Le public peut ignorer que l'homme politique avait ce don mais l'actrice, qui est aussi collectionneuse, a vu l'exposition qu'il a faite à New York et le complimente : votre peinture est troublante.

Elle n'a surtout pas envie qu'il lui parle de ses films. L'homme d'Etat est peintre, mais aussi écrivain (il a reçu le Nobel de littérature cinq ans plus tôt) ... et légèrement dépressif : je suis touche à tout, tout m'écorche.

En face de lui Garbo confie avoir la sensation que plus rien ne l'atteint. On s'interroge sur son jugement. Est-elle fascinée ou agacée quand elle lui lance : évidemment vous ne capitulez jamais !

Ils vont discuter de tout, et de rien. De ce qu'ils vont bientôt déguster, comme d'un plat de homards qui sera divin ou diabolique tellement c'est bon, des proportions à respecter pour réussir un cocktail vodka-Martini, avec une larme de liqueur de pêche et un trait de Cognac (à consommer en toute modération).

Chacun fuit un désastre mais leur conception de l'échec est radicalement différente. Leur conversation prend des tours philosophiques : contrairement à l'amour, la guerre ne peut vous tuer qu'une fois. (...) Abandonner votre immense carrière est un gâchis. (...) Vous êtes plus têtue qu'une mule.

Celui que l'on surnommait le lion rugit : Vous n'avez pas le droit de parler de vous au passé. Je me le suis interdit quand on disait que j'étais fini.
Celle qu'il appelle Mrs Brown esquive. Les étoiles et la lune sont apparues dans le ciel. Les vagues tapent plus fort et couvriraient presque la musique qui a pris un air jazz. On s'attend à les voir danser. Un jeu de séduction subtil s'est installé entre eux.

Plus tard, alors que le bateau est presque à quai, il tente un ultime geste pour se rapprocher d'elle. En vain, mais il lui offre le tableau auquel elle pourrait donner le titre de Skorpios au loin.

Churchill a le sentiment d'avoir vécu un songe : aujourd'hui je continue à me poser la question : Existe-t-elle vraiment ? confirmant l'impression d'une apparition ....

Dans la vraie vie, Churchill et Garbo ont effectivement vogué sur le bateau de l’armateur grec. Personne n'a pris en notes ce qu'ils ont pu (ou pas) se dire. Rien n'a filtré et on bénit cette époque où les réseaux sociaux, inexistants, laissaient les célébrités vivre en paix.

Isabelle Le Nouvel a donc fait preuve d'imagination en s'appuyant sur leurs publications et sur leurs biographies pour écrire cette comédie dramatique, et lui donner sa vraisemblance.

La direction d'acteurs est remarquable. Jouer en étant les neuf dixièmes du temps coincé sur un fauteuil roulant n'est pas commode au théâtre et Niels Aretrup est totalement crédible, sans être pour autant misérable. Ludmila Mikael parvient à être, psychiquement comme physiquement, distante ou familière, hypersensible ou posée. Et Baptiste Roussillon apporte juste ce qu'il faut de fantaisie.
14 nov. 2018
7/10
7 0
La pièce commence sur le pont du Christina, le yacht d’Onassis, qui s’apprête à appareiller pour une croisière en méditerranée. La rencontre entre Winston Churchill et Greta Carbo est bien décrite mais ça manque de rythme et de rebondissement voire de musique, la présence de la Calas sur le bateau aurait pu en être le prétexte.

C’est l’histoire de la rencontre d’un Premier Ministre impotent, dans un fauteuil roulant à l’automne de sa vie et d’une actrice qu’il admire tant au crépuscule de sa carrière. Il ne voit en elle que la star alors qu’elle aurait aimé qu’il vit la femme.

Malgré le jeu des talentueux Niels Arestrup et de Ludmila Mikael, qui incarnent parfaitement leurs personnages, on reste sur notre faim comme Skorpios au loin !
4 nov. 2018
6/10
14 0
Une traversée bien monotone !

C'est pourtant une affiche de rêve qui nous a attiré aux Bouffes parisiens : deux comédiens prestigieux, un metteur en scène de talent, un décor époustouflant.

Et pourtant malgré le jeu magnifique de Niels Arestrup, il n'y a pas vraiment de vagues, ni d'éclaboussures sur le pont du Christina O...

Le texte, malgré quelques très bons mots de Churchill, est assez plat. Soit, les deux légendes ont eu en commun une enfance difficile, mais il eut été plus captivant de savoir comment ils avaient réussi à transformer ce handicap afin de devenir les icônes que l'on sait.

Finalement, la rencontre n'a pas vraiment lieu, rien de passionnel ni d'explosif ne se passe ... le venin de la mythique Skorpios reste bien au loin.

Le yacht a pris la mer, mais les protagonistes sont restés sur le quai !
21 oct. 2018
7,5/10
11 0
Que s’est il vraiment passé ? On ne sait pas vraiment. Il ne subsiste nulle trace de cette rencontre entre deux monstres (chacun dans son domaine) : la Divine d’une part (Greta Garbo, magnifiée par la trop rare au théâtre Ludmila Mikaël) et le Vieux Lion de l’autre (Winston Churchill incarné par un Niels Arestrup magnifique). Mais elle a eu lieu sur le yacht du richissime Aristote Onassis le Christina O.

Churchill est déjà à bord depuis la veille quand le yatch appareille en retard… En retard car Greta Garbo a conduit toute la nuit pour rejoindre le bateau à l’invitation du milliardaire et c’est sur le pont qu’a lieu leur première rencontre alors que le yacht part pour Skorpios… Le ‘plus grand des Anglais’ est un admirateur inconditionnel de la ‘Reine Christine’, il a vu tous ses films alors qu’il est vieillissant et diminué par un AVC, il passe son temps dans un fauteuil roulant. Il veut la convaincre de revenir devant les caméras qu’elle fuit, elle préfère l’ombre et la solitude qu’elle connait bien.

Comme il n'y a pas de traces de cette rencontre, c’est l’auteur Isabelle Le Nouvel qui en se documentant sur les deux célébrités a imaginé cette rencontre et ces dialogues et je dois dire que j’ai vraiment apprécié cette ambiance, un peu pesante, feutrée pour la plupart du temps qui correspond, quand on est sur un bateau, au bercement indolent de la mer Méditerranée. Les deux se découvrent, se posent des questions et puis Churchill n’y tenant plus, révèle ce qui lui tient à coeur.

L’atmosphère est superbement rendu avec un jeu sur les lumières du ciel : l’aube, puis le crépuscule et à nouveau la naissance du jour. On pourrait bien sur trouver la mise en scène statique mais personnellement ça ne m’a pas dérangé, Churchill est souvent en mode contemplatif dans son fauteuil devant les toiles qu’il peint. La mise en scène de Jean-Louis Benoit est toute en douceur.

Les deux comédiens sont superbes et ils sont accompagnés par un troisième larron qui a le mérite d’exister entre les deux légendes : Baptiste Roussillon qui campe le stewart Nicklaus, il apporte des intermèdes légers et son rôle est appréciable.

J’ai été charmée par cette rencontre esquissée.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor