Michel Ange et les fesses de Dieu

Michel Ange et les fesses de Dieu
Mis en scène par Jean-Paul Bordes
  • Théâtre 14 Jean-Marie Serreau
  • 20, Avenue Marc Sangnier
  • 75014 Paris
  • Porte de Vanves (l.13)
Itinéraire
Billets à 25,00
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« Et les fesses de Dieu ! On ne voit qu’elles ! Roses, joufflues, dodues ! On les voit tellement que les gens n’oseront même pas les regarder ! »

Le tonitruant pape Jules II est sûr d’une seule chose. Ni les guerres qu’il mène l’épée à la main, ni les intrigues politiciennes ne le feront passer à la postérité.

En 1508, il ordonne à l’atrabilaire Michel-Ange de réaliser une fresque représentant les douze apôtres sur la voûte de la chapelle Sixtine. « Douze apôtres !? Et pourquoi pas une vierge de quarante mètres de long ! »

Le peintre, qui se veut avant tout sculpteur, se lance, seul, dans un projet fou. Sur 800 mètres carrés, il choisit d’illustrer la Genèse, neuf tableaux depuis la Création jusqu’à la Chute de l’homme. La pièce retrace la confrontation entre deux hommes que tout oppose, un pape, il Terribile, véritable souverain séculier englué dans des luttes de pouvoir, et un artiste intemporel qui ne veut créer que pour rendre grâce à la main de Dieu. Un duel tragi-comique qui va offrir au monde l’un des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’Art.

 

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24 févr. 2018
7/10
9 0
Agréablement surprise !
La pièce a certes quelques longueurs mais nous transporte totalement. L’histoire « n’avance » pas autant qu’on le voudrait mais qu’importe.
Je voudrais citer Jean Paul Comard qui le talent immense de rendre le personnage de l’assistant de Michelangelo drôle, émouvant, profondément humain.
Bravo à l’auteur et aux 3 interprètes !
12 févr. 2018
4/10
28 0
Mais que Diable allaient-ils faire dans cette chapelle?!?
Bien sûr que l'on peut raconter la petite histoire dans la grande, mais alors il faut choisir son camp ...
C'est OU une parodie, OU une belle pièce historique ... Mais pas les deux ...
Oui, Michel Ange était grincheux, et le pape Jules II colérique et despotique ... salut Mais nulle trace de leur grandeur ni de leur démesure dans cette épopée ! Plutôt deux sales caractères qui s'affrontent sans classe et avec beaucoup de cris, sur une scène qui évoque la plupart du temps une taverne plutôt qu'une chapelle!
Et non! Les libertés que prend le récit ne sont en rien nécessaires à la dramaturgie, bien au contraire !
Le sujet est beaucoup trop prestigieux pour être interprété de cette manière ! Même avec un habit de velours!
24 janv. 2018
7/10
16 0
Quelle rencontre ! Michel-Ange le génie artistique et Jules II pape-guerrier. Ils ont un même objectif, la soif de l’absolu, de la perfection.

Michel-Ange ne se veut que sculpteur, mais un pape paye bien, et le voila peintre, “barbouilleur”, il écrit parfois des poèmes. En attendant, il se demande comment peindre ce plafond… il le trouve très bien décoré de petites étoiles.

Mattéo, son valet, s’occupe de lui, de ses couleurs, de son sale caractère, de ses emportements, de sa paranoÏa. Il lui trouve des modèles, mais Michel-Ange est un esthète et il ne veut que du beau ! Pauvre Mattéo ! il supporte le peintre et le prélat. Parfois peureux, mais fidèle à son maître, il affrontera Jules II pour qu’il ne renvoie pas MIchel-Ange.

Jules II guerroie, il est tout puissant, il manie plus souvent l’épée que la Bible. Il pense surtout à sa renommée… Michel-Ange peindra, mais seul, il ne supporte pas d’être aidé, de toutes façons, il n’imagine même pas que l’on puisse le surpasser.

Sur fond de tragi-comédie, l’interprétation est remarquable. Jean-Paul Bordes, assure la mise en scène, et interprète un Michel-Ange que l’on a envie de piler comme ses pigments, tant il est suffisant, mais c’est un génie… François Siener a une présence scénique indéniable, il campe un pape plus proche de la politique que des cieux. Quant à Jean-Paul Comart, il présente une palette d’expression et de sentiments, couard, râleur, mais combien touchant dans sa supplique au Pape.
20 janv. 2018
5,5/10
7 0
N'importe quoi !!!!
13 janv. 2018
9,5/10
35 0
Mais pourquoi donc personne avant lui n'avait songé à mettre en scène et monter sur un plateau de théâtre l'affrontement entre ces deux hommes hors du commun que furent Michel-Ange et le pape Jules II ?

Lui, c'est Jean-Philippe Noël, l'auteur de ce magnifique texte, qui, en plus de nous conter cette confrontation-là, va nous plonger de la plus intelligente des façons dans les rapports existant entre l'art et le pouvoir politique, et va nous imprégner de la dépendance réciproque qui peut s'instaurer entre un artiste et son mécène-mentor.

L'entreprise littéraire de Jean-Philippe Noël, née dans le bureau de la rédac-chef des Cahiers de Science et Vie qui réfléchissait sur un papier concernant les pouvoirs du Vatican, cette entreprise-là aurait pu n'être qu'un simple biopic de docu-fiction.

Ici, c'est beaucoup plus. Il s'agit véritablement d'une pièce de théâtre, avec tous les mécaniques et ressorts dramatiques que cela implique. Nous allons être partie-prenante de ce qui va se jouer sur scène, grâce aux fameux principes dramaturgiques souvent énoncés ici-même.

Nous voici donc sous la voûte de la Chapelle Sixtine. Huit cents mètres carrés « de plafond à barbouiller », pour reprendre les mots mis dans la bouche du héros, qui sa vie durant, ne cessa de se considérer avant tout comme un sculpteur.

Ce texte somptueux va être servi par un trio de comédiens exceptionnels.
Oui, j'ai pesé cet épithète. Exceptionnels.

Jean-Paul Bordes est Michel-Ange.
C'est également lui qui met en scène.
Avec un judicieux choix d'alternance d'horizontalités et de verticalités.
L'horizontalité, c'est le sol, la terre, les contraintes matérielles, le tout-venant.
La verticalité est rendue possible par un magnifique échafaudage inclus dans la scénographie dûe à Nils Zachariasen.
Michel-Ange-Bordes sera donc sujet à une véritable élévation. Vers l'Art, vers le sublime, vers Dieu.
Tout ceci fonctionne admirablement.

Le comédien est totalement crédible, doutant, murmurant, hurlant, en écorché vif, en artiste paranoïaque. Il est cet immense peintre, orgueilleux ou rongé de doute quant à son talent, désespéré face aux éléments météorologiques qui menacent sa fresque.
C'est une remarquable composition que nous livre celui dont j'avais adoré la très récente partition dans l'Amphitryon de Molière, mis en scène par Stéphanie Tesson.

Jean-Paul Comart est quant à lui un épatant Matteo, le valet, le laquais, le souffre-douleur du Maestro.
Tel un Sganarelle du cinquecento, ce valet-là nous procure bien des rires, avec son franc-parler, sa jugeotte et son esprit de répartie.
M. Comart est impeccable dans cette interprétation. Il nous ravit par sa verve, par ses expressions outrées ou apeurées.
C'est bien souvent lui qui déclenche les rires. Car l'on rit énormément. Les bons mots fusent, ainsi que les formules hilarantes.
C'est une autre grande réussite.

Tout comme est réussie la fabuleuse interprétation de ce pape guerrier et paillard par François Siener.
Quel pape ! Quel Jules !
Ses interventions sont grandioses.

Quelle présence, quel charisme, quelle voix, quelle diction !
Pour en imposer, il en impose, que ce soit en « rouge et blanc », en simarre mauve ou en soutane immaculée aux grandes manches. (C'est l'occasion pour moi de saluer le très beau travail de la costumière Pascale Bordet!)
François Siener se montre tour à tour tonitruant, charmeur, enjôleur, fourbe, machiavélique ou innocent.
Sa dernière intervention est déchirante.

On l'aura compris, ce spectacle est un total enchantement.

La scène du théâtre 14 est plongée dans un véritable état de grâce.
C'est d'ores-et-déjà un incontournable de cet hiver !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor