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Mademoiselle Molière

Mademoiselle Molière
Mis en scène par Arnaud Denis
Avec Anne Bouvier
  • Anne Bouvier
  • Christophe de Mareuil
  • Théâtre Rive Gauche
  • 6, rue de la Gaité
  • 75014 Paris
  • Edgard Quinet (l.6), Gaité (l.13)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 40,00
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Quoi de plus hasardeux que la rencontre de Jean-Baptiste Poquelin et de Madeleine Béjart ? Pourtant leur union va durer vingt ans, soudée par leur passion commune : le théâtre.

Ce couple (avec Anne Bouvier, Molière de la comédienne dans un second rôle) devenu classique et si moderne en son temps, où le génie et le talent se sont mêlés, est à jamais dans la mémoire du théâtre. 

En 1661, avec le succès des Précieuses ridicules, Poquelin devient Molière. 

Anne Bouvier a eu le Molière de la meilleure comédienne pour son rôle dans Mademoiselle Molière (2019).

 

 

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La critique de la rédaction : 7.5/10. Un super moment de théâtre en compagnie de Molière et sa douce.

Nous apprenons l’influence énorme qu’elle avait sur Jean-Baptiste Poquelin. Elle l’a poussé à écrire, jouer, se dépasser.

Le texte de Mademoiselle Molière est remarquable. Bien écrit, avec de bons mots, de nombreuses notes d’humour. Nous sommes en plus heureux d’en apprendre davantage sur la vie du plus grand auteur de théâtre français.

Les deux acteurs, Anne Bouvier et Christophe de Mareuil jouent vraiment bien. Madeleine est aussi crédible quand elle s’énerve, que quand elle plaisante ou se moque. Molière a du charisme.

Pour ne rien gâcher de notre plaisir, la mise en scène se révèle astucieuse, avec un effet esthétique quand les conjoints donnent une représentation de l’une de leur nouvelle oeuvre.

Une pièce à ne pas manquer.

Note rapide
Toutes les critiques
2 mars 2020
8/10
0
Molière… tout un programme!

Quand amour et théâtre se mêlent, la tragédie n’est pas loin derrière la comédie…

Le spectacle débute en coulisses, Madeleine Béjart et Jean-Baptiste Poquelin dit Molière s’apprêtent à entrer en scène. Depuis près de 20 ans, ils sont unis à la scène comme à la ville, elle gère les comptes, participe à la création des pièces, est un élément essentiel de ce qu’il est en train de devenir. Le succès arrive, Molière est volage, Madeleine est fidèle, mais, il revient, toujours…

Ce soir pourtant, le trouble s’installe. Désormais, il en a une autre en tête… Armande, fille de Madeleine. Il va devoir annoncer à sa compagne que c’est sa fille qu’il souhaite épouser… et que cette fois, c’est sérieux.

Alors, à la légèreté du début, succède bien vite la colère puis l’émotion.

La pièce est très bien conçue, alternant scènes de vie des deux personnages côté coulisse et côté scène, des passages très drôles et d’autres très émouvants, des répliques bien senties, des vers, des extraits des pièces de Molière sur lesquelles il travaille à l’heure de la séparation …

Sa vie privée prend la même tournure que ses comédies. Triangle amoureux, vieux barbon et jeunette, aimer la mère et épouser la fille, la réalité dépasse la fiction.

On redécouvre l’histoire de ce duo, du contexte de leurs créations, de Fouquet au Roi, des saltimbanques des champs à ceux de la cour…

Le personnage de Madeleine Béjart offre un très beau rôle à Anne Bouvier, tantôt si drôle, tantôt si touchante. Entre histoire et psychologie, du grand couple du théâtre au déchirement de n’importe quel couple, des rires aux larmes, cette rupture offre un très beau moment de théâtre!

Et ne jamais oublier la femme de l’ombre derrière l’homme dans la lumière…
9 oct. 2019
8,5/10
2
Une très belle pièce avec deux excellents comédiens. Je ne connaissais pas cette partie de la vie de Molière ni la femme derrière qui le poussait à écrire et qui l’a aidé à devenir cet auteur si célèbre.
18 mai 2019
8,5/10
3
Histoire d’une femme et d’un homme qui traverse les siècles. Tellement de questions et de subtilité dans cette relation qui mêle la psychologie, l’amour comme écho, l’ego et le déchirement des sentiments.

J’ai eu du mal à entrer dans leur univers au début - ça m’a paru sur-joué, trop fort, les répliques très rapides, cadence des paroles parfois incompréhensible, mais c’était du théâtre - les acteurs jouent les acteurs. Plus l’histoire a avancé, plus tout est devenu juste. J’ai eu du mal a sortir de cette pièce, je l’ai vécu. La scène d’adieu est très touchante.

Merci aux acteurs pour leur énergie, talent et émotions. Le texte est profond, la mise en scène originale. La rivale omniprésente par la robe est une trouvaille très forte. Bravo.
18 mai 2019
8,5/10
0
Excellent moment.
11 mai 2019
8,5/10
2
Le jupon du mannequin s'éclaire avant l'ouverture du rideau de scène. On découvre alors Madeleine Béjart (Anne Bouvier, dont l'interprétation ira crescendo) en train de se maquiller tout en répétant son rôle, qu'elle peine à déchiffrer. Elle peste : Molière écrit mal mais il écrit bien. On perçoit clairement combien elle est admirative de son compagnon.

Ils ne sont pas mariés mais ils sont ensemble depuis vingt ans à la scène comme à la ville. Nous sommes en 1661, juste après le succès des Précieuses ridicules. Pour des raisons qu'il ne justifia jamais, Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673) a pris le pseudonyme de Molière. Il était fréquent à l’époque que les comédiens changent de nom pour épargner la honte à leur famille (l’Église catholique considérait les acteurs comme des êtres dépravés et leur refusait d’être enterrés dans un cimetière).

Madeleine assume son patronyme. Les Béjart sont depuis toujours une famille de saltimbanques et ont l'habitude de parcourir les routes de France. Jean-Baptiste, fils du tapissier du roi, appartient à la bourgeoisie parisienne. Le théâtre est sa vocation mais il semble avoir du mal à accepter le changement de condition sociale. Il rêve sans nul doute de la reconnaissance royale.

Le couple s'apprête à jouer devant le roi Louis XIV, chez Fouquet, à Vaux-le-Vicomte. Molière ne cache pas sa peur à Madeleine qui le rassure : Nous venons jouer ici, c'est tout. Il est probable que la pression était énorme. On sait tous (avec le recul de l'histoire) combien cette fête fut lourde de conséquences, heureuses pour lui, mais dramatiques pour Fouquet et surtout pour son cuisinier Vatel. Le dramaturge est fort énervé, jugeant la musique de Lully comparable aux piétinements d'un troupeau de boeufs. A-t-il vraiment dit cela ou est-ce le fruit de l'imagination de Gérard Savoisien l'auteur de cette Mademoiselle Molière ?

La demoiselle en question n'est pas Madeleine mais Armande. C'est la fille de sa maitresse. Il n'est que le "beau-père" et en est éperdument amoureux ... comme le sera plus tard Woody Allen de Soon-Yi Prévin, fille adoptive de Mia Farrow et de son mari à l'époque, le chef d'orchestre André Previn.
Madeleine soupçonne que le malaise de son conjoint a d'autres origines que la prochaine représentation malgré son enjeu. Elle tente d'en savoir plus. Tu ne me caches rien ? Il nie et la fait rire en imitant le vol d'une mouche. Ce moment est un petit régal. Le jour de ma venue l'interprète n'était pas Christophe de Mareuil mais Pierre-Olivier Mornas que je me souvenais avoir vu dans Revue d’un monde en vrac écrit et mis en scène par Stéphanie Tesson, dans La garçonnière sous la direction de José Paul et plus récemment dans Comme à la maison d’Eric Romand.

Je l'ai trouvé excellent, pour faire rire et aussi pour se glisser dans ce rôle complexe d'un homme désemparé, aimant sans doute encore Madeleine mais épris définitivement aussi d'Armande.

L'acteur a réussi à ne pas me le rendre antipathique. Ce n'était pas gagné. Avec quelle candeur il soupire après la révélation : tout est dit, je suis soulagé ...

Madeleine est dévastée : Ne me touche plus. Et dire que je t'ai tout donné! Elle n'est plus la compagne attendrie qui lui proposait un lait tiède avec du parmesan. Ni davantage la passionnée prête à se laisser renverser. Elle est jalouse mais aussi lucide et tente de le raisonner en lui jetant à la figure : la petite a le coeur chaud. Tu seras cocu.

Mais lui qui ne s'est pas encore marié veut en faire sa femme (de fait il l'épousera quelques mois plus tard). Aucun argument ne pourrait le faire changer d'avis.

Anne Bouvier interprète une femme trahie mais forte, bouleversante, qui fait front : ma vérité à moi qui va l'écouter ? Qui, malgré sa douleur et sa colère, suggère de demander l'avis de son ami Boileau qui saura lui expliquer combien l'amour est un doux plaisir mais qu'il ne durera pas. Et qui malgré tout restera fidèle à Molière.

- Tu as du coeur, reconnait l'homme avec admiration.
- Non, de la tête, répond cette femme qui demeure digne en toutes circonstances.

Le rôle permet à la comédienne d'exprimer tout un registre d'émotions. Jusqu'à un humour discret : jouer, quel drôle de mot.

Le mariage de Molière choquera ses contemporains. Il est encore aujourd'hui synonyme de trahison ... même si Gérard Savoisien lui fait offrir à la toute fin un caillou en gage des sentiments qui continuent à les souder. A-t-il voulu signifier un remords en référence à l'étymologie du scrupule (en latin scrupulus ou "petite pierre pointue") pour indiquer un sentiment d'inquiétude ou un embarras.

L'affiche montrant une femme au coeur brisé est tout à fait juste.

Arnaud Denis signe une mise en scène efficace qui souligne combien les protagonistes s’aiment encore. Il interroge sur la place de la femme dans un couple, et a fortiori un couple d'artistes (un groupe entendra-t-on). Il nous les montre précipités dans un gouffre terrible dont personne ne sort indemne comme il l'indique dans sa note d'intention. Il a souhaité conserver l’atmosphère de l’époque, à travers les costumes et les éléments de décor et il a bien fait. Il a eu tout autant raison de proposer, avec l’accord de l’auteur, d’ajouter au spectacle trois extraits de pièces de Molière : L’Ecole des Maris, Les Fâcheux, et Le Dépit amoureux comme des parenthèses pour que le public puisse prendre plaisir à les voir à pied d’oeuvre dans la pratique de leur art et qui sont joués face à un public imaginaire, dos à la salle.

J'avais davantage d'Anne Bouvier l'image d'une menteuse en scène, par exemple de La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, de Darius aux Mathurins, Madame Marguerite au Lucernaire et de Kamikazes au dernier festival d'Avignon. Mais je sais bien qu'elle est aussi une comédienne magistrale. Elle a déjà reçu un Molière. C'était en 2016 pour son second rôle dans Le Roi Lear.

Elle est nominée cette année en tant que meilleure comédienne dans un spectacle de Théâtre privé et Mademoiselle Molière est aussi nominé au titre de Molière du Théâtre privé.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor