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L'Ecole des Femmes (Braunschweig)

L'Ecole des Femmes (Braunschweig)
De Molière
Mis en scène par Stéphane Braunschweig
Avec Claude Duparfait
  • Claude Duparfait
  • Thierry Paret
  • Suzanne Aubert
  • Laurent Caron
  • Yannick Gonzalez
  • Ana Rodriguez
  • Théâtre de l'Odéon (théâtre de l'Europe)
  • Place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
Billets de 6,00 à 40,00
À l'affiche du :
9 novembre 2018 au 29 décembre 2018
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 20:00
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Lue d’aujourd’hui, L’École des femmes distille un fort malaise.

Malaise devant la folie totalitaire d’Arnolphe, qui a tenu à l’écart du monde une jeune fille depuis ses quatre ans dans le projet de l’épouser; malaise devant l’ignorance de cette jeune fille, dont on ne sait si elle relève d’une inadaptation au monde ou d’une ruse de survie.

Cette situation d’enfermement, à la fois physique et idéologique, est d’une violence rare; la cruauté qui en découle va peu à peu se retourner contre Arnolphe avec l’intensité des cauchemars.

Note rapide
Toutes les critiques
16 déc. 2018
5,5/10
1 0
J’étais très emballée par l’annonce d’une École des femmes par Stéphane Braunschweig. Plutôt déçue par son Macbeth à l’Odéon l’année dernière, je pensais que la pièce lui correspondrait mieux, et le voir renouer avec Molière, 10 ans après son excellent Tartuffe, était prometteur. J’ai un peu tiqué devant les premiers teasers de la pièce présentant l’histoire dans une salle de sport avec des vélos de fitness. Mais ce n’est finalement pas cela qui m’a le plus déstabilisée.

Arnolphe a choisi Agnès dès l’âge de quatre ans après l’avoir quasiment achetée à une paysanne, l’a tenue depuis toujours à l’écart du monde tout en maintenant des vues sur elle, et souhaite à présent l’épouser. C’est un homme d’âge mûr, elle est une jeune fille. Il la croit naïve, elle ne l’est peut-être pas tant que ça. C’est en tout cas ce qu’il découvre lorsqu’il apprend, à son retour d’un voyage, que la jeune femme a fréquenté un homme, Horace, durant son absence. Elle est amoureuse, et souhaite à tout prix l’épouser, ce qui n’est pas du tout conforme au plan initial d’Arnolphe…

C’est tentant de voir L’École des femmes à l’aune de l’ère #MeToo, des violences faites aux femmes et des questionnements qui en découlent. Cela transparaît d’ailleurs plutôt bien dans la mise en scène de Braunschweig, qui utilise d’ailleurs une image visuelle de l’enfermement d’Agnès en la plaçant derrière une cage de verre. Mais L’École des femmes est aussi et surtout une comédie, et c’est ce qui manque cruellement dans ce spectacle : on ne rit pas. Certaines scènes semblent alors infiniment longues, et j’étais presque constamment sur le fil de l’ennui, tombant parfois dans une lassitude certaine.

En fait, je n’ai pas adhéré à sa vision d’Arnolphe, ou plutôt je ne l’ai pas comprise. Claude Duparfait compose un Arnolphe très maniéré, comme plein de tocs, mais ni inquiétant, ni repoussant. Il est d’ailleurs plutôt beau mec, c’est peut-être la raison pour laquelle il l’a affublé de ces tics comportementaux. Mais en aucun cas il ne m’alarme ; jamais son emprise sur Agnès ne me fait tiquer, et il me semble qu’elle n’a pas dû essayer bien longtemps de s’échapper d’un gardien si peu rigoureux. Voilà que j’ai perdu et l’aspect comique, et l’aspect grave de la pièce. Que me reste-t-il alors ? Pas grand chose, car même la pitié qu’il pourrait m’inspirer lorsqu’il déclare son amour à sa pupille ne produit en moi qu’un mince sentiment de moquerie.

Il me reste quand même une scène ou deux, qui m’ont captivée. Je pense notamment à la scène où Arnolphe fait lire à Agnès les différentes maximes du mariage, et dans laquelle non seulement le duo fonctionnait très bien, mais l’utilisation d’un accessoire habilement manipulé renforçait le dépit de la jeune femme. Une scène qui a su me décrocher au moins un sourire ! Si j’ai aimé l’attitude de peste qu’Agnès prenait pendant cette lecture, je ne peux pas dire que j’ai adhéré à l’ensemble du point de vue de Braunschweig sur la jeune femme.

Traitée comme une chipie pas si naïve que ça, j’ai eu du mal avec l’allusion du metteur en scène au fait que le petit chat serait mort… tué par Agnès. Si le texte le laissait entendre quelque part, pourquoi pas. Ce qui m’énerve, c’est que ce sous-entendu se fait au moyen d’une vidéo totalement gratuite. Rien dans le texte ne pourrait permettre d’arriver à cette conclusion, alors on se permet d’ajouter son petit grain de sel à Molière. Voilà qui a le don de m’irriter.
19 nov. 2018
3/10
7 1
Vraie déception pour ce classique présenté par Braunschweig à l'Odéon.

En bref, Arnolphe a "sequestré" Agnès, dès son plus jeune age, afin qu'elle recoive une éducation selon ses gouts, dans le projet de l'épouser dès qu'elle sera une femme mure. En cela, Arnolphe veut qu'Agnès soit bête, afin qu'il paraisse plus intelligent qu'elle, et pure. Il veille donc à la garder dans l'ignorance de la vie. Agnès rencontre par mégarde Horace, jeune homme dont elle s'éprend. Elle tente de faire faux bon à Arnolphe qui capte le stratagème des amoureux. Finalement Arnolphe apprend qu'il est son oncle, et donc qu'il ne peut épouser Agnès, et consent à ce qu'elle épouse Horace.

Deux choses ont cruellement manqué dans cette pièce :
1) Une mise à jour de la comédie de Molière. Je n'y ai vu aucun écho actuel. Braunschweig aurait pu adapter la pièce de manière contemporaine : décrire des couples de pouvoir, des hommes célèbres, adapter les travers masculins à la quête amoureuse actuelle.
2) Une prise de position sur la pièce. Le metteur en scène ne semble pas dénoncer la misogynie de la pièce. On ne perçoit pas de point de vue sur la pièce : les personnages ne grossissent pas les traits des personnages, il n'y a pas tellement de caricature. La mise en scène n'est pas assez osée. On voit simplement Agnès dans une tour de verre pendant une bonne partie de la pièce, qui s'élève à la fin.

J'ai simplement noté que pour Braunschweig, les rencontres et les batifolages actuels se passent dans un Club Med Gym. On note également que les hommes murs rationnalisent l'amour avec une multitude de critères à remplir : sotte, ingénue, pure et totalement dévoué à lui pour Arnolphe, alors que les jeunes vibrent d'amour et de sentiments.

Bon spectacle !
12 nov. 2018
10/10
1 1
Un grand spectacle. Excellente mise en scène de Stéphane Braunschweig.
A mon avis, Claude Duparfait, Ana Rodríguez et Assane Timbo se distinguent dans la dramaturgie. Les vers alexandrines sont très bien déclamés. Une scénographie appropriée, bien que, les vidéos soient dispensables.
11 nov. 2018
9/10
4 1
L’Ecole des femmes : A l’école des difficiles rapports hommes-femmes...

Il est particulièrement inquiétant cet Arnolphe, dans son intégrisme, sa folie et sa radicalité… A la fois, ridicule, démoniaque, grotesque et tragique, Il inspire le plus grand trouble.

Incarné par un Claude Duparfait, stupéfiant dans ce rôle de prédateur, et qu’on a enfin plaisir à retrouver, dans un rôle écrasant (il est quasiment en scène de bout en bout), sous la houlette du metteur en scène Stéphane Braunschweig, avec lequel il a partagé bien des aventures théâtrales du temps -entre autres- du théâtre de la Colline (Ibsen, Pirandello, etc...)

La mise en scène, résolument moderne et dépouillée, nous épargne les habituelles bouffonneries et grivoiseries, les thèmes connus du vieux barbon épris de chair fraîche, de l’oie blanche sotte et naïve, des domestiques un rien simplets, etc. destinés à faire rire, personnages qui par leur ridicule souvent et leur convention parfois, affadissent le propos.
Partis-pris qui nous font alors passer à côté de l’essentiel : la volonté d’une domination absolue sur les femmes au point de les enfermer et de les « rendre idiotes autant qu’il se pourrait ».

On découvre dans cette lecture de l’œuvre de S.B., des dimensions insoupçonnées et encore plus de cruauté.

Cet Arnolphe-là, n’est rien moins qu’un pédophile, qui par peur de son propre désir, et de celui des femmes, enfermé dans ses obsessions malsaines sur le mariage, l’infidélité, la dépendance des femmes, la domination des hommes, la peur du ridicule du cocuage, le rejet du plaisir et de la liberté d’aimer… est prêt à commettre l’inceste sur une Agnès qu’il a séquestrée, dès la plus tendre enfance, abusant d’une confiance qui lui a été donnée, lorsqu’il lui demande de l’aimer comme un mari, après l’avoir aimé comme un père…

Agnès, superbe et fraîche Suzanne Aubert, un rien mystérieuse, qui s’ennuie fort dans sa « prison », aussi physique que psychologique, et qui nous émeut vraiment, face aux enjeux dont elle est l’objet de la part de son grotesque tuteur.
Perçoit-elle ceux du jeune Horace -un rien écervelé-, pour lequel elle semble n’être que la promesse d’un passe-temps agréable, et qui se sert d’elle, lui aussi, autant pour satisfaire ses désirs, que pour jouer un bon tour, lui jeunot, vis-à-vis d’un barbon qu’il est juste de ridiculiser. L'aime-t-il vraiement, rien n'est moins sûr?

Agnès se cherche, et sans aide aucune, avec les faibles moyens dont elle dispose, et non sans périls pour elle.
Mais elle étonne aussi par ses prises de conscience, sa logique, ses fulgurances et certaines réactions pleines de sens.
Une émancipation hasardeuse lui est offerte, elle va s’en saisir, le dur chemin vers l’autonomie avec ses trappes et ses dangers.
Mais aussi « l’étonnante force de la transgression » d’une ingénue qui au final ne l’est pas.

Un spectacle à découvrir jusqu’à fin décembre à l'Odéon salle du 6ème.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor