Le Syndrome de l'Oiseau

Le Syndrome de l'Oiseau
De Sara Giraudeau
Avec Sara Giraudeau
  • Sara Giraudeau
  • Théâtre du Petit Saint Martin
  • 17, rue René Boulanger
  • 75010 Paris
  • République (l.3, l.5, l.8, l.9, l.11)
Itinéraire
Evénement plus programmé pour le moment
Achat de Tickets

Elle s’occupe de la maison, petits plats, linge, ménage impeccable.

Ève vit là depuis toujours. Des murs, la porte close, une fenêtre grillagée. Franck la retient, Ève ne connaît pas d’autres repères. Son monde et sa vie sont refermés à cet espace.

Le Syndrome de l’oiseau dépeint cette réalité possible : posséder l’autre, lui confisquer tout horizon et tout envol. Huis clos réaliste et fable fantastique, la pièce s’inspire du cas Natascha Kampusch, séquestrée jusqu’en 2006.

« JE SAIS CE QUI EST BON POUR TOI, TU LE SAIS. »

Prix Raimu, Molière de la révélation théâtrale 2007, César de la meilleure actrice dans un second rôle 2018 pour Petit Paysan, figure phare de la série Le Bureau des légendes, Sara Giraudeau devient Ève.

La comédienne devient cet oiseau privé du monde, aux prises avec sa propre folie, au dernier moment de la séquestration.

 

 

253

L'AVIS DE LA REDACTION : 9/10

A force d'être victime on devient bourreau !

C'est une histoire glaçante qui n'est pas sans rappeler celle de Natacha Kampusch que nous livre Pierre Tré-Hardy.
Une histoire qui a valu à Sara Giraudeau un Molière - ô combien mérité - l'année dernière.

La comédienne, qui signe aussi la formidable mise en scène avec Renaud Meyer, y est époustouflante.

Dans un décor qui évoque une prison, entre grillage et porte close, Eve, une jeune femme profondément déséquilibrée subit la violence psychologique et physique d'un homme.
Formidablement interprété par Patrick d'Assumçao, ce bourreau la maintient dans un état de dépendance extrême depuis des années.

Jusqu'au jour où .....

Le contraste entre les deux comédiens fonctionne à merveille.
Elle, jouant de sa voix si particulière et d'un langage corporel incroyable, mélange de souplesse et de nervosité.
Lui, tout en force et en lourdeur.

Le malaise monte en puissance jusqu'au dénouement.

Un thriller maléfique et puissant !

Sylvie Tuffier

 

Note rapide
8,5/10
pour 3 notes et 3 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
33%
2 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
24 févr. 2024
7,5/10
0
Séquestration de l’horreur qui nous met mal à l’aise !

Eve est une jeune femme fragile psychologiquement qui semble vivre sous la terreur de son mari. Franck, son mari, parait attentionné puis peu à peu on le voit de plus en plus dirigiste, étouffant sa femme. L’histoire avançant, nous comprendrons qu’Eve est séquestrée dans un sous-sol, qu’elle a été enlevée, qu’elle est même peut-être une adolescente. L’histoire tourne au prédateur qui a séquestré depuis des années une jeune fille et qu’il en a fait son esclave. Un enfant est né de cette horreur. Eve cherche le moyen d’échapper à son bourreau avec le peu de moyens dont elle dispose. Un baby phone lui permettra un contact avec l’extérieur et lui permettra de mettre en place une stratégie pour se libérer. Les secours tarderont à intervenir dans ce huis-clos de l’horreur angoissant.

Le duo Giraudeau et d’Assumçao est formidable. L’interprétation est parfaite. Patrick d’Assumçao est bluffant dans l’interprétation du bourreau inhumain. Sara Giraudeau est touchante et émouvante dans cette jeune femme persécutée et traumatisée dans sa recherche pour échapper à son bourreau. Mention spéciale à l’interprétation.

Cependant, malgré un jeu d’acteurs impeccable, j’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire qui devrait être angoissante. Je n’ai pas ressenti monter la pression comme j’aurais aimé que ce soit le cas. Beaucoup d’aspects plutôt invraisemblables m’ont gêné. Toutefois, je reconnais que le montage est très bien fait. La volonté de rester sur un texte apuré et une situation « normalisée » m’ont gêné pour ressentir la montée en pression. C’est surement un jugement un peu dur de ma part mais cela m’a empêché de basculer vers l’œuvre remarquable.
Le décor est extrêmement efficace. Un petit bémol sur le son qui est essentiel pour cette pièce et n’est pas parfait par moments.

On se révolte quant à l’histoire, on découvre l’horreur mais je n’ai pas basculé vers le sentiment d’une pièce essentielle sur le sujet.
29 janv. 2024
9/10
2
A force d'être victime on devient bourreau !

C'est une histoire glaçante qui n'est pas sans rappeler celle de Natacha Kampusch que nous livre Pierre Tré-Hardy.
Une histoire qui a valu à Sara Giraudeau un Molière - ô combien mérité - l'année dernière.

La comédienne, qui signe aussi la formidable mise en scène avec Renaud Meyer, y est époustouflante.

Dans un décor qui évoque une prison, entre grillage et porte close, Eve, une jeune femme profondément déséquilibrée subit la violence psychologique et physique d'un homme.
Formidablement interprété par Patrick d'Assumçao, ce bourreau la maintient dans un état de dépendance extrême depuis des années.

Jusqu'au jour où .....

Le contraste entre les deux comédiens fonctionne à merveille.
Elle, jouant de sa voix si particulière et d'un langage corporel incroyable, mélange de souplesse et de nervosité.
Lui, tout en force et en lourdeur.

Le malaise monte en puissance jusqu'au dénouement.

Un thriller maléfique et puissant !
19 janv. 2023
9/10
3
Un face à face suffocant entre deux comédiens extraordinaires !

Ne pas connaitre l’histoire que raconte la pièce est à mon avis un vrai plus donc n’hésitez pas à attendre de l’avoir vue avant de lire cet article. Spoiler : j’ai beaucoup aimé.

Au commencement on se demande quelle est la drôle de relation de ce couple insolite. Il a l’air d’un bon bonhomme qui rentre du travail pendant qu’elle reste à la maison avec leur enfant, elle lui prépare gentiment à manger, fait son linge et le ménage.

D’un côté il y a cet homme, interprété par l’excellent Patrick d’Assumçao, qui a tout d’un bon mari, prévenant, et au petit soin. De l’autre il y a cette femme, qui semble plutôt étrange, voix enfantine, délire poétique, elle a l’air bien perchée. La très douce et lunaire Sara Giraudeau interprète avec finesse cette femme fragile et perdue. Est-elle folle ? Est-ce pour cela qu’elle est enfermée ? Pour sa propre protection ?

Et puis il y a le premier éclat de colère et l’on comprend petit à petit tout ce qui se joue ici, la séquestration, la domination, la soumission et finalement l’ampleur du cauchemar se précise : la durée, les viols, les humiliations, l’enfant, la violence…tout est distillé et dévoilé par touche ce qui rend la pièce encore plus violente et prenante.

Pendant 1h 30 nous nous retrouvons plongés dans l’enfer de la séquestration d’une jeune femme par son geôlier. C’est émouvant, oppressant et angoissant. L’ambiance est parfaitement rendue et l’on partage son désarroi, sa souffrance et sa peur. La pièce est assez lente mais cela participe à comprendre ce temps qui s’étire pour elle dans cette cave où seule une fenêtre en hauteur apporte un peu de lumière. Et puis il y a ce suspense : va-t-elle réussir à sortir… ? On tremble pour elle jusqu’à la fin.

Bien sûr, on pense rapidement à la terrible histoire de Natasha Kampusch dont Pierre Tré-Hardy s’est d’ailleurs inspiré. Et c’est ce qui terrifie le plus, le fait que cela soit possible, que cela a déjà existé, c’est réel, concret.

Seule la poésie pouvait permettre de supporter cette horreur et la pièce en est remplie, comme le montre le très joli titre, le Syndrome de l’oiseau référence au syndrome de Stockholm car Eve a peur de l’extérieur qu’elle ne connait pas et elle hésite à se libérer même si elle rêverait de voler comme un oiseau.

Sara Giraudeau a eu une excellente idée en montant cette pièce qui lui correspond parfaitement et dont la mise en scène soignée, les décors très réalistes et le jeu précis et juste des deux interprètes en font une pièce de grande qualité.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor