Le Monte-Plats

Le Monte-Plats
De Harold Pinter
Mis en scène par Etienne Launay
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 35,00
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Dans un sous-sol, deux tueurs à gage, Gus et Ben, attendent leur prochain "contrat". Ben lit le journal et Gus cherche à faire du thé.
Le temps passe, provoquant ennui, impatience et pour finir tensions entre les deux compères.

Soudain une enveloppe glisse sous la porte, un monte-plats se met en branle. 

C'est le début d'une série d'événements étranges et angoissants. Sont-ils observés ? Par qui ? Pourquoi ? Qui donne les ordres ? 
Avec cynisme et humour noir, Pinter dépeint dans Le Monte-Plats, une société asservie qui obéit aux ordres, aussi absurdes soient-ils.

Et si cette société décrite n'était pas aussi un peu la notre...

 

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2 mai 2018
7/10
5 0
Après « la Collection », je poursuis avec « le Monte-plats » ma découverte cette année de l’univers absurde et légèrement étrange de l’auteur anglais Harold Pinter. Deux tueurs à gage Ben et Gus, enfermés dans un sous-sol, tuent le temps en attendant leur victime. Les dialogues sont sourds, les tueurs à gage plutôt benêts. Un monte-plats fait des allers-retours avec d’étranges commandes. Mais que veut donc nous dire Pinter ?

L’astuce de mise en scène qui ouvre le champ en deux espaces miroirs est peut-être le seul vrai piquant de cette pièce- heureusement trop courte pour s’ennuyer vraiment. En effet, le metteur en scène Etienne Launay a imaginé un huis-clos entre non pas deux mais quatre acteurs : dès que l’un des deux Gus ou Ben sort de scène côté cour, l’autre apparaît instantanément sur le plateau côté jardin. Le parallélisme millimétré de cette mise en scène offre une interprétation double, originale et bien pensée.

Après avoir visionné quelques vidéos d’autres mises en scène passées, je dois dire que ce dédoublement est assez brillant- l’affiche qui va avec, annonçant tout dès le départ, ne l’est d’ailleurs pas moins ! Dans cette mise en scène, les acteurs disparaissent parfois derrière un drap pour apparaître en ombre chinoise lorsque le monte-plats arrive. Cela brouille un peu les pistes de seulement pouvoir imaginer le monte-plats sans le voir et ajoute à l’atmosphère absurde et délirante de cette attente. Les costumes nous emmènent dans une époque un peu 80’s ambiance Camden Market... On est loin des tueurs à gage en costume type mafia italienne et c’est amusant. Les acteurs, je crois, s’amusent d’ailleurs assez dans leurs rôles d’idiots.

En définitive, je retiendrai les très bons détours scénographiques et l’ingéniosité de mise en scène portée par des comédiens déroutants (Benjamin Kühn, Bob Levasseur, Mathias Minne et Simon Larvaron)... Mais pour un texte de Pinter inabouti qui, à mon avis, ne mérite peut-être pas toute l’attention qu’on lui porte !
25 avr. 2018
8,5/10
4 0
En ce jour de premier avril je recommande un spectacle imprégné par l'absurde, Le monte-plats que l'auteur Harold Pinter, avait sous-titré Quelques heures à tuer.

L'affiche montre deux personnages, manipulés comme des marionnettes, et vous remarquerez une balle posée à coté d'eux, une vraie balle (mais à blanc) tirée pendant le spectacle et que m'a donné Mathias Minne qui est l'un des quatre comédiens Je veux bien croire que ce n'est pas une blague, et qu'elle portera chance.

Dans un sous-sol, deux tueurs à gages, Gus et Ben, attendent leur prochain "contrat". Ben lit le journal et Gus cherche à faire du thé. Le temps passe, provoquant ennui, impatience et pour finir tensions entre les deux compères. Soudain une enveloppe glisse sous la porte, un monte-plats se met en branle. C’est le début d’une série d’événements étranges et angoissants. Sont-ils observés ? Par qui ? Pourquoi ? Qui donne les ordres ? Avec cynisme et humour noir, Pinter dépeint une société asservie qui obéit aux ordres, aussi absurdes soient-ils. On aimerait croire que cette société n'est pas du tout la nôtre... même pas un peu.

Étienne Launay, le metteur en scène, (qui joue au Lucernaire dans un autre spectacle, l'Affaire Courteline) considère la pièce au-delà d’un théâtre de l’absurde. C'est selon lui un "théâtre de dérision" associant un univers comique et un rire grinçant au tragique de l’existence : J’ai la conviction que l’absurde reste aujourd’hui un excellent vecteur de vérité. Pinter nous plonge dans le tragique de l’Homme face à lui-même, et dans l’angoisse incessante du monde extérieur qui nous hante tous. Gus et Ben sont deux personnes "déviantes" au sens sociologique du terme, et qui interrogent forcément l’ordre imposé. L’un de mes désirs premiers est de placer le spectateur au centre de cette bulle propice au questionnement de l’être pour nous permettre d’avancer, je l’espère, dans notre quête de vérité.

Et pour ce faire il a eu une idée géniale, celle de diviser le plateau en deux et d'engager deux acteurs pour interpréter Ben et deux autres pour jouer Gus. Ainsi ce sont, à Jardin, Benjamin Kühn (Ben 1) et Simon Larvaron (Gus 1), et à Cour, le couple Bob Levasseur (Ben 2) et Mathias Minne (Gus 2). Si on considère aussi les espaces qui s'étendent derrière le rideau de fond et les deux coulisses ce sont en fait six espaces dans lesquelles évoluent les comédiens. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Il y a une étanchéité sans faille et les deux duos évoluent chacun dans leur zone, organisé en trois espaces. Depuis la salle on ne voit jamais plus d'un Gus et un Ben, mais pas nécessairement dans le même camp de base.
Ce dédoublement théâtralise l'action, relance l'attention et surtout démontre que personne n'est irremplaçable.

Le spectateur perçoit la tension qui monte entre les deux compères ... pas tant copain que ça à entendre les critiques qui fusent :
- Tu t'intéresses à rien ! reproche le premier
- J'optimise mon temps dit l'autre (alors que le public entend qu'il tue le temps).

Les deux ne font pas la paire. On sent la suspicion qui se propage et on suppute que ça pourrait péter entre eux, même s'ils sont partenaires, apparemment.
- Quand est-ce qu'il va appeler ? Il y a quelque chose de beckettien dans ce théâtre. L'angoisse est nette, comme si quelque chose de pas clair était en train de se tramer. Il n'y a pas que le flotteur (de la chasse d'eau) qui grippe. Ce n'est pas en chantant Oh when the saints que l'optimiste va revenir.

Ajoutez à cela de drôle de bruitages (quand le monte-plats se met en branle) et une réplique clé qui revient en boucle comme un mantra : On fera exactement pareil.

Le message des allumettes à quoi ça rime s'il n'y a pas de gaz ? Quel rapport entre une chose et une autre ? On est en plein dans l'absurde, même quand on croit débusquer un semblant de logique.

Ta gueule ! hurle le premier. Le second s'énerve franchement : à quoi il joue, on a passé nos tests ! (il suppute une nouvelle mise à l'épreuve. On se dit que si on était le boss on se débarrasserait d'un tel élément, quoique que ultra touchant et sympathique). On se demande si tout n'est pas manigancé à l'instar de ce que Yohann Charrin a mis en scène dans son court-métrage Premier Jour (finaliste du Prix Polar SNCF 2017). On y voit Safia, jeune policière de 25 ans, qui subira une épreuve pour tester sa loyauté avant de l'intégrer définitivement dans la prestigieuse brigade du 36 quai des Orfèvres après 5 années de service à Clichy-sous-Bois.

Elle se trouve confrontée, dès son premier jour, à un dangereux criminel qui met sa droiture à rude épreuve. Dans Le monte-plats la mécanique est implacable et l’absurde questionne la condition humaine. Une rencontre avec l’équipe artistique est programmée le vendredi 13 avril 2018 à l’issue de la représentation.
14 avr. 2018
8,5/10
3 0
J'ai particulièrement apprécié la mise en scène et les acteurs qui rendent texte et spectacle très attractifs.

1H00 mais chouette soirée !
14 avr. 2018
7,5/10
7 0
Première pièce d’Harold Pinter à mon actif et c’est une belle découverte !

Tapie dans l’obscurité de la salle du Lucernaire, dès les premières minutes, j’attendais de comprendre qui était ce Ben, qui était ce Gus et qu’est-ce qu’ils faisaient là.

Manisfestement, ils attendaient, eux aussi. Un truc pas très catholique, à en croire leur gueule de voyous.
Un truc qu’ils font régulièrement sans (se) poser de question, pour le compte d’un individu, d’une organisation ou on ne sait quoi de plus grand qu’eux.

Mais cette fois, l’attente et le confinement les rend fous. Et Gus, qui ne tient pas en place, se demande pour la première fois vraiment ce qu’il fout là.

Le texte, absurde et burlesque, est bien mis en valeur par le choix de mettre en scène deux Ben et deux Gus sur une scène coupée en deux en miroir. Comme la lumière qui se diffracte, chaque acteur apporte une dimension différente au personnage qu’il incarne, pour que l’image d’ensemble soit la plus précise possible.

La tension monte à mesure que l’on accepte l’impuissance à trouver une explication rationnelle à ce qui arrive et à lutter contre cette autorité supérieure et diabolique qui contrôle nos destins...

Bravo aux acteurs, plein d’énergie.
9 avr. 2018
7,5/10
3 0
Le monte plats d'Harold Pinter, mis en scène par Etienne Launay.
Deux rôles à Quatre voix.
Gus et Ben tueurs à gages attendent le prochain contrat. Mais l’attente est longue et la communication entre eux difficile. Ben est patient, sûr de lui et exaspéré par Gus de plus en plus nerveux et se posant mille questions sur le sens de sa vie.
La communication entre eux devient impossible quand tout à coup, un message arrive d’un monte plats… c’est l’autorité qui surgit… L’autorité qu’ils devront peut-être abattre…
Doit-on toujours obéir aux ordres ?

Le dédoublement de Gus et Ben donne une dynamique et une puissance à cette pièce en « huis clos » dont le texte est parfois burlesque, parfois absurde mais toujours plein de finesse et de réflexions.
Sur scène nous aurons toujours un seul Gus et ou un seul Ben. Mais les allers-retours entre ses quatre personnages donne beaucoup de ressort, on sent la tension de l’attente et l’angoisse qui montent.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor