Le Horla

Le Horla
De Guy de Maupassant
Mis en scène par Slimane Kacioui
Avec Florent Aumaitre
  • Florent Aumaitre
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
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Un homme semble sombrer dans la folie, persuadé qu'un être invisible vit près de lui et se nourrit de sa vie pendant son sommeil...

Est-il victime d'hallucinations, devient-il fou, ou bien est-il la première victime d'un être surnaturel apparu sur Terre pour faire de l'Homme son esclave et prendre sa place ?

À travers son journal intime, on rencontre cet homme qui paraît sain d'esprit, on découvre les différents phénomènes auxquels il est confronté, on suit ses réflexions sur le fonctionnement de nos sens, on est suspendu pendant plus d'une heure à son destin, jusqu'à en découvrir l'issue...

 

"J'ai envoyé aujourd'hui à Paris le manuscrit du Horla; avant huit jours, vous verrez que tous les journaux publieront que je suis fou. [...] C'est une oeuvre d'imagination qui frappera le lecteur et lui fera passer plus d'un frisson dans le dos car c'est étrange." 
Guy de Maupassant

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Note de 4 à 7
44%
5 critiques
Note de 8 à 10
56%
Toutes les critiques
13 août 2017
8,5/10
25 0
Quelle belle adaptation de cette nouvelle de Maupassant.
Ce fut un régal, Florent Aumaitre est excellent ! Il interprète avec justesse et maîtrise!
J'ai été happée par son interprétation. On vit avec le comédien cette "folie" qui oscille tout au long du spectacle pour arriver à son point culminant.
Est ce vraiment "une folie"? Libre à chacun d'y donner un nom ou une signification.
A voir au Lucernaire !
6 avr. 2017
7/10
28 0
Venu en Normandie passer quelques jours dans la demeure familiale, le narrateur se réjouit du temps qu’il fait et du bonheur de vivre dans cette maison, de pouvoir admirer de sa fenêtre les bateaux qui passent. Mais un soir, il est pris de fièvre, un être invisible le hante, comment pourra-t-il s’en défaire ? Comment ce « horla » a-t-il pu si facilement prendre possession de lui ? Il a beau s’enfermer dans sa maison, c’est dans son corps que tout se joue. Pourtant lorsqu’il est en voyage, il est apaisé, le « horla » n’a aucune emprise sur lui...

Florent Aumaître nous offre une interprétation intéressante de cette nouvelle que l’on peut qualifier comme précurseur de la science-fiction. Bien entendu on n’écarte pas la folie du narrateur, et le comédien joue dans ce sens. Il parvient à semer le doute en nous, puisque parfois, on ne sait plus si c’est le « horla » qui prend la parole ou si c’est lui.
C’est un bel exercice de style qui surprend à chaque instant et ne laisse pas indifférent, même si parfois j’ai trouvé le temps un peu long.
Pour nous permettre de souffler, le texte se révèle plein d’humour, le narrateur lors d’une escapade à Paris quelques jours avant la fête nationale, ironise sur les français qui s’amusent à date fixe par décret gouvernemental, votent pour la République ou votent pour l’Empereur parce qu’on leur dit de faire comme ça ! C’est bien actuel…
Un spectacle qui nous donne envie de lire et relire Maupassant et de l’apprécier à juste titre.

J'ai trouvé ça quand même un peu long, et j'ai parfois décroché pour penser à autre chose...
4 avr. 2017
8,5/10
44 0
Après déjà plus de trois cents représentations, du festival de Bayeux à celui d'Avignon, en passant par les Feux de la Rampe, ou encore le Petit Hébertot, ce Horla, interprété par Florent Aumaître et mis en scène par Slimane Kacioui est repris au théâtre Michel, et ce, jusqu'au 27 mai prochain.
Et c'est tant mieux si ce spectacle continue ainsi son existence !

Les spectateurs finissent d'éteindre leur téléphone portable, que déjà, un son d'instruments à cordes se fait entendre, de plus en plus fort.
Un grand glissando angoissant remplit la salle au fur et à mesure que le noir tombe sur la salle.

Et le comédien apparaît.

Costume trois pièces à la fois sobre et élégant.

Su scène pour tout décor, trônent une chaise et un tréteau. C'est tout.

Florent Aumaître va commencer à dire la nouvelle de Maupassant, parue en 1887, dans la deuxième version, celle qui nous intéresse.

Tout commence sereinement et tranquillement. Le personnage raconte sa villégiature normande somme toute banale.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Et puis, insidieusement, sans que nous sentions de rupture, tout va basculer, tout va glisser.
La présence d'un hypothétique être invisible à ses côtés qu'il surnomme le Horla va le faire sombrer dans une forme de démence.

Il n'aura de cesse de se débarrasser de ce double à la fois fantastique et maléfique.

La folie, la paranoïa, la schizophrénie, l'existence supposée d'un double, voilà les thèmes que le comédien va traiter, pour nous faire douter.

Jusqu'au bout.
Car telle est la puissance de cette nouvelle fantastique : ce Horla existe-t-il, oui ou non ?

Progressivement, en suivant scrupuleusement l'auteur, Florent Aumaître nous donne à voir cette descente aux enfers que va connaître son personnage.

Au fur et à mesure que l'heure et demie se déroule, il l'accompagne et le dirige vers le gouffre, vers la solution à la fois la plus logique et la plus définitive.

L'acteur est véritablement sidérant dans sa façon de matérialiser le délire de cet homme.
Sa gestuelle, ses regards hallucinés, cette espèce de danse, de chorégraphie finale, tout ceci sera distillé de la plus belle des manières.

Le metteur en scène Slimane Kacioui et lui ont su doser les effets, l'intensité du jeu et de la voix.
Ces changements imperceptibles sont le témoignage d'une grande maîtrise artistique.

Il faut vraiment être au fait de son art pour arriver à exprimer ainsi la teneur du texte avec autant de subtilité et de force.

J'ai assisté à une vraie performance d'acteur, associant la forme au fond.

Je me suis pratiquement retrouvé en train de découvrir ce texte, au lycée Malraux, dans le cours de première de Melle Arnaudon.

Avec la même fascination, le même émerveillement.
Et le même trouble.
9/10
36 0
Qui est donc ce jeune dandy qui s’approche de nous, au bord du plateau, en début du spectacle ? Souriant et aimable, ce jeune homme nous raconte les plaisirs de la jouissance domestique que lui apportent sa maison, son jardin et le bien-être apparent d’y savourer un repos paisible. Nous en ferions volontiers un voisin, un cousin ou un ami. Pourquoi non ?

Et bien c’est-à-dire… comment dire… ah que c‘est délicat… Bon et bien voilà. Ce joli dandy, certes ébloui par les beautés de la nature, ne semble pas habiter tout seul dans sa tête, voyez-vous ? Oh je me fourvoie peut-être mais il y a des signes qui ne trompent pas. Il perd la caboche je vous dis et lentement mais surement, il va nous le montrer.

Progressivement et irrémédiablement, le narrateur de ce récit va nous faire partager sa descente au plus profond de la folie, celle dont on ne revient pas ou alors pas indemne.

Par petites touches précises et de plus en plus marquées, nous le voyons passer de la mélancolie au déclin lent de la conscience, confondant le vrai et le faux. Les peurs de la nuit et les hallucinations angoissantes prennent le pas sur le doute des souvenirs de rêves devenus cauchemars à force de se répéter. Une forte agitation trouble sa raison, une sourde et vivace démence s’installe.

La folie prend place jusqu’à avoir peur de lui–même ou plus précisément d’un être invisible qui semble fusionner avec lui. Un double transitionnel le livrant à la paranoïa, le Horla l'appelle-t-il. Un être invisible mais présent, hors-de-lui, hors-de-là, étrange étranger qu'il devra combattre et faire périr pour espérer se délivrer enfin. Mais tuer son double ne se peut pas. Il ne reste plus donc qu’une seule chose à faire…

Maupassant publie cette nouvelle en 1887 eu moment où il commence à souffrir des complications mentales liées à la syphilis. Fidèle auditeur des cours de Charcot, il s’intéresse aux troubles de la personnalité, au début des soins par l’hypnose. Autant de connaissances qu’il utilise dans ce texte, écrit à la manière d’un journal dans lequel il semble s’adresser au lecteur autant qu’à l’auteur, comme un jeu révélateur de miroir inversé.

La mise en scène de Slimane Kacioui est adroite. Elle insuffle de la légèreté aux premiers pas et sait noircir peu à peu le parcours vers les profondeurs de l’enfermement. Ses indications de jeu semblent efficaces.

Florent Aumaître captive et surprend, magnifiant le texte. Il joue avec une maitrise époustouflante la progression du personnage, avec précision et intensité les troubles émotionnels qui l’emprisonnent. Un travail d’interprétation remarquable.

Voici un spectacle fort, servant avec brio la nouvelle à l’univers fantastique de Maupassant. Un seul en scène rare et réussi. À voir sans hésiter.
23 avr. 2016
8,5/10
139 0
Une très belle adaptation !

La performance de Florent Aumaitre est impressionnante. La pièce repose presque exclusivement sur sa prestation. Seul sur scène, quasiment sans accessoires et sans décors, il interprète l'histoire de cet homme qui semble sombrer dans la folie avec une sincérité incroyable, rendant son personnage et sa descente aux enfers vraiment crédibles.

Une pièce qui, en plus, va bien avec l'intimité du petit théâtre du funambule. A découvrir, sans hésiter !
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor