- Comédie Contemporaine
- Studio des Champs Elysées
- Paris 8ème
Le Crédit

- Didier Bénureau
- Daniel Russo
- Studio des Champs Elysées
- 15, avenue Montaigne
- 75008 Paris
- Alma Marceau (l.9)
Aujourd'hui est un grand jour pour ce client. Il a rendez-vous avec son conseiller clientèle pour emprunter de l'argent.
Demander un crédit à une grande banque n'est pas toujours chose facile. Et là, les garanties financières présentées sont insuffisantes et le banquier refuse le prêt.
Après avoir expliqué l'urgence de la situation et plaidé sa cause, le client, à bout d'arguments, trouve alors un moyen tout à fait inattendu pour faire céder le banquier, et à partir de là, tout dérape !
La situation banale que nous avons tous vécue explose dans un enchaînement de situations ubuesques et nous jubilons tous de voir, pour une fois, un client prendre le pouvoir sur un banquier.
Mais nous, serions-nous prêts à aller jusque-là pour obtenir le crédit ?
Vous avez sûrement déjà vu Daniel Russo au théâtre. Il joue très souvent dans des boulevards, comme dans Mariage et Châtiment et La Récompense. Plus récemment, il jouait dans Alors on s'aime au Théâtre des Variétés.
Didier Bénureau est un humoriste et acteur. Fin 2018, il jouait dans Le CV de Dieu au Théâtre la Pépinière.
Tout tourne alors autour de la qualité des acteurs, qui malheureusement ne parvient pas à compenser la faiblesse scénaristique.
Même pour ceux qui attendent une comédie légère, l'humour n'est pas au rendez-vous.
Le texte est vulgaire, sans imagination.
Les comédiens jouent sur leurs réputations, mais on les sent gênés par tant de lourdeur. Ce n’est pas sain pour eux et ils perdent leurs talents pour de biens illusoires profits.
A fuir.
35 minutes à se demander pourquoi l’on est venu ici, aucun sourire à esquisser, la thématique vulgaire de la menace à l’adultère, péniblement vulgaire, épaisse, collante.
Tout ressemble à un sketch mal écrit qui traîne en longueur.
Je me mets en partie à la place des acteurs, votre talent quelqu’il soit ne peut sauver une pièce semblable à un mauvais plat roboratif. Le sentiment d’un pièce pour cachetonner. Une plaie. Les bâillements se succédant aux atterrements, nous avons profité de notre place en bord d’orchestre pour fuir avec soulagement.
D’accord, je vous entends, ainsi dit, cela ne fait pas très glamour. Soit, mais avouez que faire d’une demande de crédit le thème d’une pièce de théâtre, c’est franchement audacieux.
Pourtant, et très honnêtement sur le papier, rien ne me prédestinait à me rendre à la Gaité Montparnasse sauf … sauf un élément : la curiosité de découvrir les deux comédiens à l’affiche. Daniel Russo et Didier Bénureau. J’avais eu l’occasion de voir ce dernier sur scène dans Le CV de Dieu (pièce à la thématique toute aussi originale que celle-ci). Ce comédien a un univers bien à lui. Un peu barré. On aime ou on n’aime pas … Personnellement, j’avoue être assez fan du personnage. Je n’avais, jusque là, jamais vu Daniel Russo sur scène. Il campe à la perfection le conseiller bancaire. D’ailleurs, il ne faut pas longtemps au public pour se rendre compte qu’une réelle alchimie se crée entre ces deux comédiens. Ils aiment jouer ensemble (allant même jusqu’à poursuivre leurs pitreries lors des saluts) et cela se ressent. Les rôles sont maîtrisés, mais avec ces deux noms pouvait-il en aller autrement, et les comédiens sont parfaits. Plus que le texte, les comédiens sont, pour moi, le vrai ressort comique de cette pièce. Une intonation, une attitude, une mimique, un silence même va bien souvent suffire à faire exploser la salle de rire.
Le bémol, à mes yeux, réside dans l’histoire. Si, l’originalité du sujet suscite l’intrigue, elle constitue aussi son point faible. En effet, l'attention du spectateur s'émousse un peu au fil du temps, non pas en raison des comédiens, mais plutôt d'une impression que parfois l'histoire tourne en rond. Découpé en trois actes, les actes un et trois fonctionnent très bien. En revanche, l’acte deux est trop long et ralentit la dynamique instaurée. Dommage, car le texte est plein de trouvailles. A noter que l’auteur évite l’image trop évidente du méchant banquier contre le gentil client. Fort heureusement, il y a plus de subtilités …
L’intérêt de la pièce réside (pour moi) dans le stratagème imaginé par Didier Bénureau qui joue son rôle à merveille, mis en valeur par un Daniel Russo à sa place.
On retrouve un peu de l'univers de Bénureau dans cette pièce, avec ses personnages tourmentés. Quelques moments de grâce font rire aux éclats pour qui sait les apprécier.
Belle mise en scène simple.