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  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • Paris 1er

La Petite Sirène

La Petite Sirène
De Hans Christian Andersen
Mis en scène par Géraldine martineau
  • Comédie Française - Studio Théâtre
  • 99, rue de Rivoli
  • 75001 Paris
  • Louvre-Rivoli (l.1)
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Géraldine Martineau adapte le conte d’Andersen en alexandrins libres et imagine une forêt musicale de coraux. Elle privilégie la poésie à la lecture d’une morale punitive du conte.

« Demain enfin... » Curieuse et rêveuse, la Petite Sirène attend depuis longtemps le jour de son quinzième anniversaire. Comme ses sœurs avant elle, elle pourra selon la tradition s’éloigner de son palais du fond des mers et aller découvrir les beautés du monde terrestre qu’on lui a tant contées. Parce que le lendemain une tempête éclate, elle se retrouve témoin de la noyade d’un jeune homme. Elle le reconduit jusqu’au rivage, son chant le ramène à la vie. Et elle disparaît aussitôt... C’est ainsi que débutent les aventures du « petit plancton » – comme la surnomme sa grand-mère – tombée amoureuse de l’inconnu, assez intrépide pour accepter le pacte que lui propose la Sorcière des mers : de magnifiques jambes agiles en échange de sa voix, ne plus jamais revoir les siens et, si le Prince devait en épouser une autre, elle se transformerait en écume.
Géraldine Martineau crée ici son premier spectacle tout public. Également actrice, elle connaît la Comédie-Française pour y avoir joué Kleist. Elle adapte le conte d’Andersen en alexandrins libres, et imagine une forêt musicale de coraux. Le parcours d’émancipation de celle dont la danse éblouira les humains, confrontée à l’éveil du sentiment amoureux, à la peur des adultes et à la violence du monde, est une ode à la différence. Il ouvre un champ de réflexion sur les parts de soi que l’on est capable de transformer pour plaire à autrui. Géraldine Martineau privilégie la poésie à la lecture d’une morale punitive du conte. En devenant Fille de l’air, la sirène acquiert, nous dit-elle, « une nature pleine d’une bonté naturelle, peut-être plus proche de la sienne, et peut ainsi continuer sa découverte du monde et des éléments ».

Note rapide
Toutes les critiques
13 févr. 2019
7/10
0 0
Un bon moment.
20 déc. 2018
9/10
33 0
Que d'eau ! Que d'eau !
Quelle ado ! Quelle ado !

Même sous l'eau salée, les adolescentes-sirènes ont des idées bien arrêtées.
Celle-ci n'en aura qu'une en tête, d'idée : demain, elle aura quinze ans et pourra aller voir ce qui se passe du côté des humains.

Sa sœur et sa grand-mère qui la couvent et la surprotègent ne pourront rien y faire : direction la terre ferme.

Géraldine Martineau qui met en scène ce spectacle, s'est démarquée de la version disneysienne de ce conte pour se plonger (si j'ose écrire...) dans la source même, à savoir le texte de Hans-Christian Andersen.

Deux thématiques l'ont particulièrement intéressée. Elle les a fait émerger (si j'ose encore écrire...) de façon on ne peut plus claire.

Tout d'abord , il y aura l'idée d'une certaine forme de sacrifice. La petite sirène va devoir accepter de se défaire de ses attributs aquatiques, en l'occurrence la mythique nageoire caudale, pour plaire au Prince.
Que sommes-nous prêts à abandonner pour séduire l'Autre ?

Cette transformation sirène-femme est particulièrement réussie, grâce à une idée qui fonctionne à la perfection.

Et puis, bien entendu, il y aura le thème du prix à payer. Oui, il faut assumer ses choix, et surtout les conséquences de ces choix-là.
La désillusion de la désormais ni petite ni sirène sera grande, et il faudra assumer. Les larmes n'y changeront rien.

Nous sommes ici dans une œuvre initiatique, bien loin de la mièvrerie du dessin animé sus-nommé.
Ici, nous rirons, certes, mais nous serons parfois amenés à frissonner.
J'en veux pour preuve cette toute petite voix provenant du public, pendant un moment de silence intense : « Maman, j'ai peur !... »

Melle Martineau a conçu son spectacle en deux parties, correspondant à deux espaces dramaturgiques.
Tout d'abord, il y aura les profondeurs marines, symbolisées par des grosses ficelles argentées tombant des cintres. (Vous avez remarqué, je n'ai pas dit le mot...)
On se croirait dans Le grand Bleu, avec les rais mouvants de lumière, provenant de la lointaine surface de la mer. C'est très beau.

Et puis, il y aura la terrasse du palais royal, avec un banc, et deux arbustes en pots.
Sobriété, efficacité.
Les Comédiens-français se suffiront bien à eux-mêmes. Ils sont encore et toujours irréprochables.

J'ai retrouvé avec bonheur l'immense Danièle Lebrun qui campe notamment une grand-mère-sirène qui ne mâche pas ses mots. Son expression récurrente « Mon petit plancton ! » est épatante de drôlerie.

La petite sirène, c'est Adeline d'Hermy, qui comme à son habitude, ravit le public par son jeu tout en subtilité et délicatesse.
On croit tout à fait à son personnage de sirène de quinze ans.

Claire de la Rüe du Can joue sa sœur. Elle incarnera également la princesse voisine, qui ravira le cœur du Prince. Elle.

Les garçons ne sont pas en reste.
Le Prince, c'est Julien Frison, qui apparaîtra en fâcheuse posture, semblant flotter sans vie dans les flots. L'effet est très réussi. Le jeune pensionnaire est lui aussi parfait.

Quant à Jérôme Pouly, c'est avec sa faconde et sa truculence habituelles qu'il campe le roi-jardinier-garçon de plage aux cheveux hirsutes et en cuissardes kaki.
Il est très drôle !

Cette adaptation pour le plateau du Studio-Théâtre est donc une belle réussite, avec des parti-pris fort judicieux.
Petits et grands se régalent !
16 déc. 2018
3/10
30 0
J’étais très enthousiaste à l’annonce de la création de ce spectacle à la Comédie-Française : plutôt adepte de leurs créations jeunes publics, j’étais intéressée aussi par retrouver le travail de Géraldine Martineau que j’ai découverte la saison passée en tant que metteuse en scène d’un Maeterlinck au Théâtre Montansier. J’ai pris un grand plaisir à compléter le programme proposé aux enfants pour patienter avant le début du spectacle : et ces mots fléchés, ces tests, ces grilles à compléter se sont finalement retrouvés être la meilleure partie de mon spectacle.

Évidemment, on parle ici du conte d’Andersen. Loin de nous donc l’idée d’une jeune sirène qui chante avec cuillères et assiettes, d’un papa triton ravi, en définitive, de voir sa fille marcher sur deux jambes et la caressant de son doux regard de roi de la mer, ou d’une fin heureuse en chansons et belles couleurs. Non, Andersen n’a rien de gentillet. Il devrait être question plutôt de cruauté et de vice, de désespoir, de mondes incompatibles. Le sentiment d’arrachement, la souffrance, l’incompréhension me semblent faire pleinement partie de l’oeuvre d’Andersen.

Pourtant, on ne retrouve pas vraiment les qualités de l’auteur danois et l’adaptation est finalement bien plus proche de ce que propose la compagnie américaine. On est dans un monde de paillettes, un monde où tout est beau et clinquant. Adieu la souffrance de la petite sirène lorsqu’on lui arrache la langue. L’instant est presque magnifié, et la douleur absente. Elle le sera également lorsque la jeune femme commencera à marcher sur deux jambes, malgré les mises en garde et autres prédictions de la sorcière. Étonnamment, tout semble finalement bien aller.

On est dans un monde de bon goût. Alors, probablement prenant pour excuse l’aspect « jeune public » du spectacle, on cuisine Andersen à une sauce nouvelle. On trahit l’histoire, un peu. Mais ce qui me chagrine surtout, c’est qu’on prend chez Disney des ajouts à l’oeuvre sans respecter l’esprit du conte originel : dans le dessin-animé, un personnage de cuisinier est ajouté à l’histoire pour montrer la cruauté des hommes. Poussé à l’extrême, ce Chef décrit le plaisir qu’il a à découper les poissons, leur trancher la tête et les émietter jusqu’à la carcasse. On reste un peu dans l’esprit. Ici, on fait un mélange entre ce personnage et celui du roi, présent initialement dans le conte, mais ajusté à la sauce bon goût : le but étant d’ajouter un élément comique, le personnage perd toute sa saveur pour finalement donner une scène d’une fadeur regrettable.

A mon sens, c’est ne pas faire assez confiance aux enfants que de proposer une version ainsi aseptisée de l’oeuvre d’Andersen. Derrière moi, après les applaudissements, une petite fille rend sa conclusion : « j’ai trouvé ça bof ». Comme je la comprends. Je me souviens de ma réaction lorsque j’avais moi-même lu le conte : quelque chose proche de l’épouvante. J’éprouvais un mélange désagréable de pitié et de peur devant les aventures de la petite sirène. Et c’est aussi ce qu’on attend d’un conte : les enfants aiment les extrêmes. Ici, les réactions se font attendre. Ni cris de frayeur, ni hurlement de joie ; plutôt des balancements de jambe ou des réhausseurs qui s’ajustent. Mauvais signe.

Pourtant, je n’ai rien à reprocher aux comédiens, Adeline d’Hermy en tête. Ils donnent à leurs personnages toute la consistance possibles malgré une partition bien trop pauvres. J’en veux à cette adaptation qui pasteurise totalement l’oeuvre d’Andersen. J’en veux à la bien pensance qui prend la La Petite Sirène comme excuse pour évoquer les crises migratoires et l’accueil qu’on doit réserver à ceux qui échouent sur nos côtes. J’en veux à ce beau décor, ces belles lumières, ces beaux visages tout sourires qui rendent les situations attrayantes. J’en veux à la mise en scène qui fait d’un conte pour enfant un nouveau Maeterlinck, avec force silence et lenteur.
25 nov. 2018
9,5/10
10 0
Si je pouvais pleurer, mes larmes couleraient !

Géraldine Martineau, en réécrivant ce conte merveilleux de notre enfance, nous interpelle sur des thèmes forts et actuels.

Au delà de la beauté et de la tristesse de cet amour impossible, elle nous parle de la différence, de l'importance de nos choix, du dépassement de soi ....

Sur la scène du Studio théâtre, la réussite est totale !
Adeline d'Hermy est une sirène incarnée, à la fois enfantine et déterminée.
Les décors, la lumière, la scènographie, la musique créent une magie dont il est impossible de se détacher.

Un bijou!
9,5/10
1 0
Alors ?
Un milieu féerique, tout en profondeur souligné par les cordages pailletés.

La petite sirène se balance, en suspension, elle est sous l'océan. Elle n'a jamais été aussi proche de ses 15 ans : traditionnellement, les filles de cet âge sont autorisées à aller contempler la terre, le monde des humains. Malgré la tempête, elle remonte à la surface. Elle sauvera un homme, le fameux prince, de la noyade. Elle a franchi un cap. Elle pactise avec le diable - donne sa voix et perd sa langue - pour pouvoir y retourner et séduire celui qui occupe toutes ses pensées.
Le spectacle est à destination des enfants. Un programme leur est spécialement donné, ce qui n'est pas pour déplaire aux adultes... Oeuvre connue du grand public sous forme du dessin animé de Walt Disney, la Comédie-Française interprète l'oeuvre de façon bien plus dramatique et poétique. Point de chansonnette poussée par le crabe Sébastien, mais des chants aériens divins (Judith Chemla). Point de petite sirène à la chevelure rouge sang mais une créature aux yeux on ne peut plus pétillants. Adeline d'Hermy, avec sa grâce et sa voix enfantine, est tout simplement parfaite pour ce rôle. Les enfants s'esclaffent plusieurs fois grâce à des techniques infaillibles.

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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor