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La magie lente

La magie lente
  • Théâtre Paris Vilette
  • 211, avenue Jean Jaurès
  • 75019 Paris
  • Porte de Pantin (l.5)
Itinéraire
Billets à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Lors d’un colloque en psychiatrie, un praticien fait une communication sur l’erreur de diagnostic.

Il s’appuie sur le cas de M. Louvier, diagnostiqué comme atteint de schizophrénie – à tort – par un autre psychiatre, dix ans auparavant.

Guidé par son nouveau psychiatre qui l’aide à faire confiance en ses réminiscences, Louvier va progressivement découvrir qui il est et pouvoir se réconcilier avec lui-même.

Le texte de Denis Lachaud raconte l'histoire atroce et pourtant simple d'un être humain, violé dans son enfance, qui ne vit pas sa vie à cause de ce traumatisme. Il en restitue la douleur mais aussi la lumière. Louvier va progressivement se reconnecter avec sa propre histoire et au fur et à mesure du récit de la tragédie de son enfance, de sa vie, sa libération se dessine.

 

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Toutes les critiques
2 déc. 2019
8/10
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La magie lente de Denis Lachaud mise en scène par Pierre Notte.
Benoit Giros avec un extraordinaire talent nous conte l’histoire abominable de Mr Louvier diagnostiqué à tort pendant 10 ans Schizophrène.
Mr Louvier souffrant de sa non-guérison, prend rendez-vous par un heureux hasard avec le docteur Quemener qui deviendra son nouveau psychiatre.
Le docteur Quemener diagnostique très vite Mr Louvier bipolaire et non schizophrène.
Au cours de leurs entretiens, à travers ;
*Les souvenirs abominables et tragiques de son enfance
Les vacances chez son oncle pédophile dans sa jeune enfance…
*Ses névroses et ses obsessions
« Tous les hommes agglutinés dans le métro veulent me sodomiser le métro »
*Les constats de sa vie actuelle, ses relations familiales, ses rencontres…
Mr Louvier apprend à se connaitre, à s’accepter et à se reconstruire.

Le texte est cru, impudique, puissant et nous single au visage. C’est violent, ça met mal à l’aise.
Mais comment parler sans violence du viol, de la terreur des enfants et de leur silence, des dégâts engendrés et des années gâchées à cause d’un mauvais diagnostique et de l’aveuglement de la famille.
Comment sortir de cet enfer sans révolte et fracas…

La mise scène simple et épurée laisse la place aux mots qui viennent nous transpercer le cœur.
Bravo à Benoit Giros qui interprète son rôle avec justesse, brio.
2 déc. 2019
8/10
2 0
Un texte profond, poignant et tragique qui porte à bout de bras la détresse du patient, en regard à une grave erreur de diagnostique aux conséquences déplorables.

Puis finalement c'est une sortie vers le haut par la force de la parole et de l'écoute active et bienveillante.

Très belle interprétation pour ce texte difficile raconté tout en nuance.
27 nov. 2019
10/10
14 0
Aucun spectateur ne peut se lever, une fois que Benoît Giros a définitivement rejoint la coulisse après son dernier rappel.
Il faudra attendre une bonne minute...

Parce que le comédien nous a donné une leçon de théâtre.
Une leçon de vie, également.

Impossible de retourner aussi rapidement à la réalité de la salle ré-allumée, après l'avoir entendu nous raconter et de quelle façon une histoire aussi forte, intense, et profonde.
La mise à nu d'un homme.

Une histoire qui touche à ce qui a fait et surtout a brisé un homme, un traumatisme de l'enfance qui a abouti à cette souffrance de ne pas savoir pour cet être humain qui il est vraiment.
Et puis l'histoire d'un long, douloureux mais salvateur chemin, qui va lui permettre une forme de reconstruction.
Un long processus psychanalytique.

Sigmund Freud avait coutume de dire « La psychanalyse est une magie lente ».

Denis Lachaud a écrit cette pièce en raison d'une commande qui lui a été faite : imaginer une pièce autour du thème de la schizophrénie.
Il ne connaissait strictement rien au sujet, et a procédé à de nombreuses recherches, dans différents hôpitaux. Le professeur Yves Sarfati, alors chef de service à l'hôpital Mignot de Versailles, a supervisé l'écriture de la pièce.

Bruno Louvier, le personnage principal, décide de changer de psychiatre.
Diagnostiqué schizophrène depuis dix ans, il sent bien que quelque chose ne fonctionne pas, dans ce diagnostic-là.
Le nouveau médecin réussir à faire émerger la pathologie bipolaire de son patient, au bout d'un long et libérateur chemin.

Mis en scène par Pierre Notte, Benoît Giros est cet homme qui souffre.
Durant une heure et dix minutes, nous allons suivre en accéléré le déroulé des séances psychanalytiques, les échanges entre le patient et le soignant.

Au fur et à mesure, nous allons comprendre.
Le comédien est bouleversant.
Nous allons nous rendre compte que la mise à nu du personnage n'est pas à prendre seulement au sens figuré.

Rien du traumatisme évoqué plus haut ne nous sera caché, ni épargné. Le personnage nous décrit tous les détails, horribles, sordides.
Oui, j'ai souffert. Parce que ce que le petit garçon a subi est impitoyablement raconté par le biais de la parole de l'adulte qu'il est devenu.
Une parole qui a forcément du mal à faire surface.

Bien entendu, je ne vous le décrirai pas plus en détail, ce traumatisme.
Benoît Giros, si.

Et c'est tant mieux.
Parce que ce crime qu'a subi le personnage durant l'enfance, ce crime, on en parle beaucoup, en ce moment. Mais presque comme une abstraction, une vue de l'esprit. On sait que c'est mal. Point.
Mais ici, les termes crus, sans aucun filtre et sans aucun détail tu, tout ceci nous permet de vraiment nous rendre compte.

En ce sens, la pièce de Denis Lachaud est vraiment une pièce consacrée à la parole. La parole qui raconte et libère.

La parole terrible, insoutenable, mais nécessaire, indispensable. Bien plus forte que les images.
Le théâtre permet de faire entendre cette parole-là.

Benoît Giros, est totalement seul, un stylo-objet transitionnel en permanence à la main.
Tellement seul qu'il assure lui-même les changements de lumières, les départs de différents sons et musiques, grâce à un déclencheur au pied relié à un système informatique.

Le metteur en scène Pierre Notte nous montre ainsi de manière habile la terrible solitude du personnage.

Mes voisins de siège et moi avions les larmes aux yeux, tout comme le comédien, à certains moments du spectacle.
Tellement ce qu'il nous dit touche au plus profond de l'identité humaine.

Cette pièce est un coup de poing infligé à chaque spectateur.
Un coup de poing nécessaire et qui ne peut laisser personne indifférent.
Alors ?
Benoit Giros, le comédien, fait quasiment office d'ouvreur de salle. Il accueille les spectateurs, tout sourire. Ils sont invités à prendre place au sein d'un rassemblement de psychiatres. Le docteur Kemener anime la séance. Il expose d'emblée l'erreur de diagnostic faite au sujet de Monsieur Louvier qui, en proie aux dépressions et aux moments d'hallucination, a été catalogué précocement comme schizophrène. À déconstruire son histoire et les traitements - forcément inefficaces - Monsieur Louvier va réapprendre à s'approprier son identité. Le terrain est glissant ; le langage est vif, cru et violent. Le patient est mis à nu. Légitiment, une gêne s'installe dans la salle. Chacun tente de comprendre, avec lui, ce qu'il a pu subir, ce qu'il a pu en tirer comme conséquence. Cette intrusion pousse à sortir du cadre. Le poids des mots est mis à l'honneur et les non-dits volent en éclats. Une belle leçon.
29 nov. 2018
9/10
5 0
C'est le comédien qui nous reçoit à l’entrée de la salle. Il est tranquille, souriant et nous salut calmement. La scène est presque vide : un ordinateur sur une table, quelques verres d’eau en fond de plateau posés sur des chaises noires.

Et puis la pièce commence, nous sommes à un colloque de psychiatres. Le cas de Monsieur Louvier y est présenté.
C’est un homme qui a été diagnostiqué schizophrène il y a 10 ans, mais son nouveau psychiatre va l’amener à remettre en question ce diagnostic. Il va comprendre qui il est aujourd’hui en redécouvrant son passé.

Son histoire, la chronologie de ses séances et l’analyse de sa pathologie seront déroulées tout au long de la pièce. Le comédien interprète tour à tour le psychiatre et Monsieur Louvier. La lente progression du travail psychanalytique se fait devant nous. Les différents lapsus, les prises de conscience, les compréhensions, les questionnements s’opèrent en direct sur le plateau.

Benoit Giros est d’une justesse incroyable et il nous semblerait presque qu’il fait chaque soir cette thérapie pour la première fois. Il nous adresse, nous confie ce texte, il vit chaque instant du déroulement de cette cure pourtant si douloureuse. On sent qu’il est à la fois seul face à son travail thérapeutique et à la fois complètement avec nous.
Il est malgré tout très seul face à sa douleur. D’ailleurs le metteur en scène le laisse gérer en autonomie les différents changement de lumières à l’aide de manettes qu’il actionne au pied ce qui renforce cet isolement.

À certains moments, le retour au colloque permet une mise à distance necessaire quand le récit devient insoutenable. Monsieur Louvier aura également cette très belle phrase adressée autant à son psychiatre qu’à nous, public, « vous devez en avoir marre de m’écouter vous raconter mes histoires sordides ».
Pourtant le public n’est pas voyeur, il n’est pas là pour juger mais pour accompagner et encourager Monsieur Louvier dans son cheminement personnel qui l’amène vers la découverte de soi.

L’auteur, Dénis Lachaud , nous livre avec douceur et tendresse un texte d’une grande violence. La monstruosité de cette histoire n’est acceptable ici que grâce à la finesse du texte, plein de nuances et de respirations, et à la bienveillance et au charme du comédien. Rien n’est en trop dans ce récit. Tout est mesuré et précis.
Les mots sont au centre de la pièce : mots destructeurs mais aussi mots moteurs de guérison. C’est une pièce sur le pouvoir des mots, une pièce où la simplicité et la vérité (de la mise en scène, du texte et du jeu) permettent de transmettre la force du verbe.
Un moment touchant et bouleversant. Une pièce utile et superbe !!
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor