• Classique
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • Paris 1er

La Locandiera

La Locandiera
De Carlo Goldoni
Mis en scène par Alain Françon
  • Comédie Française - Salle Richelieu
  • 2, rue de Richelieu
  • 75001 Paris
  • Palais Royal (l.1, l.7)
Itinéraire
Billets de 7,00 à 43,00
À l'affiche du :
26 mai 2018 au 10 février 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 14:00
    • 15:00
    • 20:00
    • 20:30
Réservation de tickets

Après l’événement que fut La Trilogie de la villégiature en 2012, Alain Françon retrouve Goldoni avec La Locandiera entrée au Répertoire en 1981 dans une production signée Jacques Lassalle.

La Locandiera par Alain Françon marque l’attachement de la Maison à ses « maîtres », dans le prolongement d’un compagnonnage initié en 1986 avec la Troupe qu’il met en scène pour la neuvième fois.

« Je n’ai peint nulle part ailleurs une femme plus séduisante, plus dangereuse que celle-ci », prévient l’auteur dans sa préface. Il crée avec Mirandolina l’un des premiers rôles-titres féminins dans l’histoire de la Comédie-Italienne, relevant de surcroît de l’emploi des servantes.

Assurément, cette femme d’esprit a un charme naturel redoutable auquel succombent les voyageurs qui séjournent dans son hôtel, notamment un comte et un marquis. Mais leur concurrence est bientôt perturbée par la présence d’un chevalier dont la misogynie et les manières sauvages agacent la jeune femme et aiguisent sa sensibilité : elle n’aura d’autre rêve que de conquérir son cœur, et d’assouvir ainsi son propre désir de vengeance.

« Sirène enchanteresse » au caractère frivole, héroïne d’une pièce féministe a-t-on pu dire,La Locandiera outrepasse ces classifications. Sa grâce incomparable tient à la complexité des sentiments, des classes et des genres qu’elle met en jeu.

 

Note rapide
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75%
1 critique
Note de 8 à 10
25%
Toutes les critiques
2 nov. 2018
8,5/10
38 0
Pour une fois, nous sommes bien sortis de l'auberge !

26 décembre 1952. Venise. Théâtre Saint-Ange.
Carlo Goldoni, âgé de quarante-six ans, crée sa nouvelle pièce. Une pièce qu'il a écrite, poussé qu'il était par les circonstances.

Il a façonné ce personnage d'aubergiste maîtresse-femme pour la comédienne Maddalena Marliani, avec qui il entretient une relation sentimentale et amoureuse très compliquée et surtout très houleuse.
En colère après cette dernière, il a monté cette pièce pour (je cite) « dénoncer la rouerie des femmes, leur inconstance et leur cruauté ».

L'auteur vénitien souffre d'une vraie blessure amoureuse qui le fait se projeter dans le personnage on ne peut plus misogyne du Chevalier de Ripaffrata.

Ce faisant, il écrit une page de l'histoire du Théâtre : pour la première fois, des spectateurs verront sur une scène un personnage principal qui est une femme.
Lui qui en véritable sociologue questionne en permanence le « vivre ensemble » de la société dans laquelle il vit, lui met en scène une femme libre, qui aspire à le rester, une cheffe de PME. Une femme amoureuse, également.
Dans sa préface, l'auteur affirme « Mirandolina montre aux autres comment l'on rend un homme amoureux. ». En clair et sans décodeur, elle veut avoir l'initiative, c'est elle qui fixe les règles du jeu, c'est elle qui choisira son homme !
Seulement voilà.... Et je n'en dirai pas plus...

Alain Françon sait que cette pièce n'est pas une comédie goldonienne comme les autres, il sait bien qu'il s'agit d'une comédie écrite par un homme en colère, qui souffre, un homme dont le cœur oscille entre un amour sincère et une détestation toute aussi sincère de l'être aimé.

Ce que nous propose M. Françon relève davantage d'une comédie douce-amère que de la traditionnelle comédie à laquelle nous a habitués l'auteur vénitien.

Françon, à n'en pas douter, a lu les dernières recherches historiques en date concernant celui que l'on surnomme « Le Molière italien ». Il a sûrement lu la récente biographie écrite voici quelques années seulement par Franck Médioni.

Il va donc donner un rythme, un ton un peu différents de ceux auxquels nous sommes habitués par bien des mises en scènes de cette Locandiera. Un rythme moins enlevé, moins échevelé...

Il s'est appuyé sur ce qu'on appelait à l'époque « les états d'âme » des personnages : ceux qui sont en droit d'en avoir, à savoir la noblesse, et ceux qui en ont également, malgré leur condition, à savoir Mirandolina et son intendant Fabrizio. La psychologie des personnages est mise en avant.

Pour autant, nous aurons droit à des scènes drôlissimes de comédie, comme celle du mouchoir, ou encore celle des fers à repasser. Le côté psy s'efface quelque peu pour un comique de situation irrésistible.

Le metteur en scène a su tirer parti d'une troupe une nouvelle fois en état de grâce.

Florence Viala est cette femme sans homme, qui va utiliser les valeurs de la bourgeoisie marchande chère à Goldoni afin de rechercher une liberté indispensable à sa réalisation personnelle.
La comédienne est irréprochable, campant son personnage avec à la fois force et fragilité. Cette ambivalence prendra toute sa place à la fin. Melle Viala nous propose donc une grande Mirandolina.

Les deux nobles-soupirants sont interprétés avec la verve et la force comique qu'on leur connaît par Hervé Pierre et Michel Vuillermoz. Ces deux-là déclenchent les rires, et sont irrésistibles. C'est une nouvelle fois un vrai bonheur de les voir jouer.

Laurent Stocker en Fabrizio joue une très subtile partition. Les rôle est délicat à appréhender. Chacune de ses apparitions est un très beau moment.

Mais celui qui m'a particulièrement enthousiasmé, c'est Stéphane Varupenne, qui s'affirme de plus en plus comme une valeur sûre, comme une composante indispensable du Français.
Il est remarquable d'intensité, de profondeur. L'évolution de sa misogynie la plus abjecte (qu'il semble jouer avec délectation ! ) vers le plus fort et le plus possessif sentiment amoureux est une merveille de progression dramatique. Quelle palette de jeu !

Il faut également mentionner Noam Morgensztern qui incarne le serviteur du chevalier, et dont les ruptures, les regards désespérés sont eux aussi épatants. Sans oublier Clotilde de Bayser et Coraly Zahonero dans le rôle de deux comédiennes qui mettent en abyme de façon jubilatoire une caricature goldonienne du théâtre.

Cette Locandiera est donc un spectacle qu'il faut aller voir.
J'ai pris un immense plaisir à redécouvrir ce texte dans une mise en scène qui probablement nous ramène à la volonté première de Goldoni.

Cerises sur le gâteau, la magnifique scénographie de Jacques Gabel et les somptueux costumes de Renato Bianchi sont un pur ravissement !

Les partis-pris d'Alain Françon, l'excellence de la troupe ont provoqué hier un tonnerre d'applaudissements, des bravi en-veux-tu-en-voilà et de nombreux rappels !
Logique !
1 nov. 2018
7/10
3 0
Carlos Goldini nous transporte à Florence dans une auberge tenue par une charmante et belle hôtesse Mirandole et par son valet Fabrizio jadis au service du père de Mirandole et l’aimant en silence.

Mirandole est courtisée par le comte d'Albafiorita arriviste un peu vulgaire et riche ainsi que par son rival le marquis de Forlimpopoli bien né mais ruiné. Tous deux séjournent à l’auberge en compagnie du chevalier Ripafratta misogyne et méprisant.
Je suis convaincu que la femme est pour l'homme la pire des calamités. R Mirandole offusquée par les propos du Chevalier, va concocter avec intelligence et stratégie une belle leçon d’humilité à ce machiste arrogant.

Goldoni nous fait le portrait d’une femme charismatique, sans ambages et menant sa vie comme elle le désire. Une féministe du 18eme… mais une féministe qui connaît les limites à ne pas franchir. Dans cette comédie chacun retournera à sa place :
Mirandole épousera l’homme que lui a conseillé son père.
Messieurs, maintenant que je me marie, je ne veux plus de protecteurs, plus de soupirants, plus de cadeaux.
Le comte, le marquis et le chevalier poursuivront leur destinée.

Florence Viala incarne avec beaucoup de finesse et de délicatesse les multiples facettes de Mirandole. Elle nous amuse et nous séduit.
Michel Vuillermoz, marquis de Forlipopoli et Hervé Pierre, Le comte d'Albafiorita, nous enchantent nous réjouissent dans leur rixe verbale, tous deux nous campent avec brio ces deux amoureux transis.
Stéphane Varupenne, le chevalier Ripafratta, se métamorphose avec grand talent. Chevalier méprisant dédaigneux il devient peu à peu un amoureux fervent et jaloux. Il nous ravit.
Laurent Stocker, Fabrizio, nous émeut et nous enthousiasme dans son rôle de serviteur sincère, aimant et protégeant sa maitresse, aurait-il le mot de la fin.
Françoise Gillard et Coraly Zahonero sont toutes deux pittoresques en comédiennes affranchies et libérer des conventions bourgeoises.
Noam Morgensztern, le chevalier du serviteur est étonnant par ses mimiques, interloqué par la transformation subite de son maître.

Les comédiens sont d’un grand talent et nous partons avec plaisir en voyage à Florence dans cette auberge du 18eme rendre visite à Mirandole.
7,5/10
2 0
... La troupe brillant de ses éclats habituels et fringants sert la pièce et sa facture étonnante avec un talent qui nous éblouit et qui fait mouche.
28 oct. 2018
5,5/10
1 0
Les fourberies de Mirandolina

La Locandiera, c'est l'aubergiste, Mirandolina. Elle a les idées bien arrêtées, elle sait ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas ! Elle va mener tout son monde par le bout du nez, Marquis, Comte et Chevalier compris.

« Tout mon plaisir consiste à me voir servie, courtisée, adorée. C'est là mon point faible et celui de presque toutes les femmes »
« Je n'ai jamais aimé les femmes, jamais je n'ai eu pour elles la moindre estime, et s'il faut tout vous dire, je suis convaincu que la femme est pour l'homme la pire des calamités »

Comédie sympathique et amusante mais la pensionnaire de la salle Richelieu que je suis n’y a vu qu’une pièce 2 Etoiles. Vue et service de qualité mais un rien trop classique.

« Messieurs, maintenant que je me marie, je ne veux plus de protecteurs, plus de soupirants, plus de cadeaux. Jusqu'ici je me suis amusée, et j'ai mal fait, et j'ai pris trop de risques, et je ne veux plus jamais faire cela: voici mon mari. »
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor