• Classique
  • Théâtre de l'Odéon
  • Paris 6ème

La cerisaie

La cerisaie
  • Théâtre de l'Odéon
  • place de l'Odéon
  • 75006 Paris
  • Odéon (l.4, l.10)
Itinéraire
À l'affiche du :
7 janvier 2022 au 20 février 2022
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 20:00
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Tiago Rodrigues n’avait jusqu’ici abordé les classiques qu’en les refondant profondément (ainsi de son Antoine et Cléopâtre). Cette fois-ci, le metteur en scène portugais semble vouloir rester au plus près du texte de Tchekhov.

Comment donc envisage-t-il cette Cerisaie ? S’il fallait la résumer d’un mot, il choisirait aujourd’hui celui de changement. Cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’ici, il avait toujours considéré “la dernière pièce de Tchekhov comme une œuvre sur la fin des choses, la mort, les adieux.”

N’y est-il pas question de la vente inéluctable d’une vieille propriété familiale, du sacrifice de son verger presque centenaire ?

 

L’auteur a tout de même qualifié de “comédie” son ultime chef-d’œuvre, comme pour inviter son public à ne pas s’en tenir à la mélancolie. Dans l’œil de ce tourbillon tragicomique de destruction créatrice se tient Lioubov. Cette Cerisaie où elle perdit un fils est comme une part de son âme ; pourtant, Lioubov reste sourde aux avertissements de Lopakhine, le moujik enrichi. “Créature complexe, extravagante et lunaire”, Lioubov est pareille au “pivot tragique sur lequel tout s’articule”. Isabelle Huppert incarnera au Festival d’Avignon, dans la Cour d’honneur du Palais des papes, cette “victime sacrificielle” offerte “aux dieux du changement”, héroïne d’une Cerisaie à l’image de nos incertitudes – car “monter La Cerisaie aujourd’hui”, affirme Tiago Rodrigues, c’est “aborder les douleurs et les espérances d’un monde nouveau. C’est nous regarder”.

Note rapide
Toutes les critiques
14 janv. 2022
8/10
1
Une polyphonie complexe et électrique.

La proposition que nous fait Tiago Rodrigues du chef d'oeuvre de Tchékhov à l'Odéon est en effet au premier abord plutôt déroutante .....

Sur la scène, immense, des chaises alignées et en guise de cerisiers, des arbres métalliques offrant un décor déshumanisé.
Chacun des comédiens joue sa partition, en solo, soulignée par une musique rock plutôt grinçante.
Les ruptures entre les scènes sont très brusques, ponctuées par les riffs de la guitare électrique, et laissent bien peu de place à l'émotion !!

Mais petit à petit, nous rentrons dans l'histoire, pris entre les soubresauts des objets et des corps et la lenteur inhérente à la pièce.
A cet égard, la mythique scène du bal est particulièrement réussie.

Les comédiens sont tous excellents, rassemblés autour de Lioubov, incarnée par la grande Isabelle Huppert. Toujours présents sur scène, même quand ils ne jouent pas, ils incarnent à la perfection la réalité et la complexité de leur personnage.

Bien sûr, nous n'oublierons jamais la sublime version de Clément Hervieu-Léger à la Comédie française cet automne !

Mais il faut de tout pour faire un monde, même et surtout si celui ci est en train de disparaître ...
9 janv. 2022
5,5/10
3
Serf, serf, affranchis-toi,
Ou le présent ne changera pas…

Oui, le changement, c’est maintenant.
Le changement, maître-mot de Tiago Rodrigues, concernant sa plus que déconcertante et déroutante Cérisaie.

Une version qui m’a fait me poser nombre de questions parmi lesquelles les trois suivantes...

Pourquoi Tiago Rodrigues essaye-t-il de nous faire rire avec des artifices totalement gratuits, comme dans cette scène où cet acteur se plante devant nous et remonte tout à coup avec application et délectation la fermeture éclair de sa braguette ?
Qu’est-ce que ceci peut bien apporter à ce chef-d’œuvre, comme nombre d’autres situations gratuites dont sont émaillées les cent-cinquante minutes de ce spectacle ?

Pourquoi Tiago Rodrigues chahute-t-il à ce point le grand Tchekhov ?
Les grands auteurs sont faits pour être chahutés. La n’est pas le problème.
En revanche, encore faut-il que ce chahut-là respecte le propos du texte et les intentions de l’auteur en question.
Le futur patron du festival d’Avignon prend beaucoup trop de libertés par rapport aux intentions du grand Anton.
Oui, la Cerisaie est une comédie. Certes. Mais c’est avec ce qu’a écrit et voulu Tchekhov que nous devons rire. Et seulement ce qu’il a écrit et voulu.

Pourquoi, une nouvelle fois, Isabelle Huppert semble-t-elle être livrée à elle-même, minaudant, poussant des petits cris, des petits rires, trépignant, paraissant même ivre par moments ? (C’est vraiment ce que j’ai ressenti…)

Heureusement, les quelques minutes des deux heures trente que dure la pièce où Marcel Bozonnet intervient, ces quelques minutes-là sont merveilleuses.
L’ancien patron de la Comédie Française campe un bouleversant Firs.

Il faut noter également la jolie scénographie de Fernando Ribero, avec des arbres métalliques dont les fruits sont non pas des cerises, mais de magnifiques lustres tous différents les uns des autres.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor