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Evita, Le destin fou d'Eva Peron

Evita, Le destin fou d'Eva Peron
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 16,00 à 30,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Eva Duarte part de sa province natale et arrive à Buenos Aires.

Avant de devenir Eva Peron, elle sera comédienne à la radio puis au cinéma et gravira les marches du succès après avoir rencontré plusieurs hommes dont Juan Peron et Julio, son coiffeur.

Tout a été dit sur Eva Peron... tout reste encore à dire...

Note rapide
Toutes les critiques
20 déc. 2019
8,5/10
2
Qui était Eva Peron ? L’épouse d’un dictateur, l’Argentine a connu bien des renversements de régime par les militaires, la veuve de Péron, Isabel en a fait les frais en 1976.

Mais revenons à la petite Eva Duarte, née il y a 100 ans dans une famille pauvre. A quinze ans, elle part pour Buenos Aires, veut devenir comédienne, théâtre, cinéma, radio. Elle monte les échelons, suit les conseils d’une actrice qui la prend sous son aile.

Brune elle devient blonde, elle se fera remarquer plus facilement dans les films… bonne comédienne ? pas vraiment mais elle sait jouer de son charme et son passé de comédienne lui servira plus tard, mais pour l’instant elle ne le sait pas.

Elle rencontre Juan Peron, ils se marient, elle deviendra sa meilleure alliée, la femme du dictateur se souvient de son passé, elle créera des hôpitaux, des orphelinats, adulée du peuple, des “sans chemises”. Elle est détestée par les militaires et les bourgeois, qu’à cela ne tienne, elle s’en moque ! Pour relancer l’économie du pays, elle fera une grande tournée européenne, on rit lorsqu’elle parle de sa visite à l’Espagne franquiste ! au Vatican, elle sait que le pape a accueilli des nazis comme en Argentine, à Paris, elle apprécie surtout les défilés de mode chez Dior !

Dans la salle du Petit Poche, une grande poupée de dos, une robe vaporeuse, boite à musique ? non. Evita tourne, elle est gantée, bijoutée, et s’esclaffe en racontant sa vie, les anecdotes avec son coiffeur, il faut parfois se méfier de son coiffeur… Il peut aussi se perdre dans ses souvenirs, ses peurs, ses angoisses.

Personnage ambigu, doit-on la hair, la vénérer. Une icône, un destin brisé par la maladie, morte jeune. Son cercueil enlevé et caché pendant des années avant qu’on ne le retrouve, sa vie et sa mort ont inspirés le cinéma, le théâtre, le music-hall.

La mise en scène n’a rien de statique, Evita virevolte, chante, les vidéos des actualités sont projetées sur la superbe robe blanche. On passe un très bon moment, émouvant, drôle, instructif.

Je suis une fan inconditionnelle de Sebastian Galéota, découvert dans “Renata”, et bien sûr au Poche dans “Berlin Kabarett” et “Michel for ever”. Il ne joue pas Eva, il est Evita.
17 déc. 2019
8/10
3
C'est une Eva Perón sous un nouvel angle par l'intermédiaire de son coiffeur, devenu son plus grand confident. Le rôle d'Eva est tenu par un homme qui se fait passer pour elle. Cette pièce evoque le dédoublement de personnalité de cette icône d'Argentine. La pièce est rythmée par la musique, qui fait le lien entre les différentes scènes. Les vidéos d'époque tout comme des images sont projetées sur sa robe grâce à un état statique de l'acteur. C'est original, passionnant, divertissant et instructif.
9 déc. 2019
9/10
4
Très beau seul en scène sur une note de tango argentin.
Joué par un homme, on oublie complètement l'identité de ce comédien tellement il est habité par le personnage.
C'est, suspendus à ses lèvres, d'où sort le son mélodieux ou de révolte de l'accent argentin, que nous découvrons la vie et l'ambition d'Eva Peron, ange ou démon plus connue sous le nom d'Evita, et d'une partie de l'histoire de l'Argentine.
Grâce à différents jeux de lumières et effets spéciaux, la magnifique robe blanche d'Evita, sert d'unique décor pour cette pièce.
La très belle prestation scénique du comédien m'a donné envie d'acheter un livre sur la vie de cette femme à la personnalité ambigüe, qui était autant capable de faire le bien en donnant aux pauvres, et faisant voter le droit de vote pour les femmes, que le mal en s'alliant aux SS, et en dilapidant l'argent public.
Très beau spectacle qui nous permet, avec justesse, de mieux connaître l'identité de cette femme mystérieuse.
Nous sommes sortis ravis.
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30 juin 2016
5,5/10
89
60 ans après sa mort, Eva Perón inspire toujours. C’est ainsi que Stéphane Druet a conçu tout un spectacle pour raconter la vie de cette femme exceptionnelle dans l’histoire de l’Argentine. On pense tout savoir de cette personnalité mais que sait-on vraiment ?

Née dans une classe sociale très pauvre et sans jamais avoir vraiment d’amour, Eva Duarte a décidé qu’un jour, elle serait quelqu’un. C’est ainsi que rien depuis n’a pu se mettre sur son chemin pour aller aussi haut qu’elle pouvait. Elle a usé de charme et de charisme pour conquérir le cœur d’un militaire, le colonel Juan Dominga Péron, pour ensuite conquérir le cœur du peuple. Rien ne pouvait l’arrêter ni les bourgeois, ni l’armée… Rien ou presque. Une seule chose qu’elle n’a pas pu vaincre, c’est son cancer.

Encore aujourd’hui, le nom d’Eva Péron évoque une femme de caractère et de pouvoir. Elle a son visage sur un billet de banque. Son histoire passionne car sous le courage d’une personne se cache souvent bien des informations peu glorieuses. Stéphane Druet a voulu d’ailleurs jouer là-dessus dans le texte. Car pour la mise en scène, c’est autre chose. J’ai détesté la mise en scène qui m’a dérangé pendant tout le spectacle en plus de la spectatrice derrière moi qui a mangé des bonbons durant 1h15.

Faire incarner, Evita par un homme, Sébastian Galeota ce n’est pas gênant du tout. Je m’en suis rendue compte au premier coup d’œil que Madame était Monsieur. Et surtout, c’est vraiment un excellent comédien qui met tout son cœur dans l’interprétation, seul en scène. Il faut dire que le jour où j’y suis allée, il faisait presque 30 degrés dehors, il n’y avait pas de climatisation dans la salle et le comédien a du incarner le personnage tout en gérant cette chaleur étouffante. J’ai trouvé cela assez impressionnant. Car malgré la sueur qui coulait de son front en emportant le maquillage, la perruque qui glissait, il restait Evita.

Ce qui m’a dérangé, c’est ce côté statique avec la robe qui ne bouge pas du milieu de la scène à part pour tourner deux, trois fois sur elle-même. D’ailleurs, lorsque j’ai regardé la bande annonce, chose rare, je n’avais pas du tout aimé. Mais on m’a recommandé très chaudement ce spectacle alors j’y suis allée les yeux fermés. Et je revois cette robe blanche avec un haut façonné en papier mâché (ou matière semblable), pour faire un torse féminin avec une poitrine (les seins qui n’ont pas la même taille). Et en bas de robe un très joli drapé en dentelle. Plus je regarde la robe plus cela me dérange. Il y a quelque chose qui fait faux. On dirait une poupée qui ne peut bouger que si on remonte le bouton caché dans son dos.

Toutefois, le metteur en scène l’a utilisé à bon escient puisqu’il a fait projeter dessus des vidéos d’archives, très joliment réalisées avec un travail de lumière adapté. Tout comme, le développement de lignes rouges sur le corps d’Evita symbolisant l’avancée du cancer. J’ai trouvé cette image magnifique.

Le spectacle touche à sa fin, les bijoux tombent, les gants sont retirées, la perruque va toucher le sol… Il se montre à visage découvert. J’ai trouvé cela plein de sens surtout avec la phrase de fin qui aurait été les derniers mots de cette femme d’exception : « Tout a été dit sur Evita, ou peut-être tout reste encore à dire. ».

Si on omet, l’horrible mise en scène avec l’imposante robe blanche, je peux dire que le comédien est fabuleux de talent et d’énergie pour incarner une femme de caractère qui a su s’imposer dans un monde d’hommes.
17 févr. 2016
8,5/10
56
Eva Perón a longtemps divisé les Argentins. Aujourd’hui encore, elle demeure un personnage controversé : adulée par certains et haïe par d’autres, une chose est sûre c’est qu’elle ne laissa personne indifférent. Née bâtarde en 1919 dans un milieu modeste, la jeune provinciale débarque à Buenos Aires, devient comédienne à la radio puis au cinéma. Elle est de la rue et la rue lui appartient mais Eva est surtout une ambitieuse qui pensait, très jeune, théâtre, cinéma et se voyait déjà sur papier glacé avant même d’arriver dans la capitale. Sa rencontre avec Juán Perón, le président de la République argentine, lui fera gravir les dernières marches de la gloire et du succès en la propulsant sur le devant de la scène publique et politique jusqu’à sa mort prématurée à seulement trente-trois ans, emportée par le cancer.

Son coiffeur, et confident, nous retrace le parcours d’Evita, cette femme dont l’ascension sociale fut incroyable. Avec une schizophrénie plus qu’avancée – Julio se prend pour Eva depuis sa mort – il incarne la diva au port altier avec une profonde grâce. Sous son maquillage, c’est l’acteur Sebastián Galeota qui se dérobe à notre vue. Mais ici, le travestissement n’est à aucun moment grotesque : il est raffiné, sensible et maîtrisé.

Dans une mise en scène plus que statique, incarcéré dans une imposante mais magnifique robe blanche, à la fois majestueuse et flamboyante, créée par Franck Sorbier, le comédien devient inévitablement Evita. Il l’incarne, majestueux, dans une fabuleuse performance scénique, pour nous transmettre le déroulement d’un incroyable et fulgurant destin à travers un passionnant récit d’un portrait de femme publique engagée et opportuniste, féministe et paradoxale, sainte pour certains et salope pour d’autres, comme il vous plaira de choisir. L’acteur est magistral, autant que le captivant récit qu’il nous livre, sans pudeur et sans tabou, de celle qui milita pour que la femme argentine ait des droits.

Nous découvrons, étonnés, une icône, comédienne et femme politique, à travers différentes périodes de sa vie, évoquées avec vivacité et entrecoupées par des fondus cinématographiques de noirs brefs et ponctuels qui tombent comme des lames sur le temps qui passe et la rapproche inévitablement de la mort. L’ensemble est rythmé et s’articule habilement autour de moments de narration et des projections d’images d’archives qui défilent sur la robe d’Evita, seule contrainte scénique dans la proposition qu’en fait Stéphan Druet. La musique se présente comme un fil conducteur et termine de nous convaincre jusqu’à un émouvant final. Tout est évident, inévitable dans ce portrait d’Evita à ne pas éviter à la Comédie Bastille.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor