En Garde à Vue

En Garde à Vue
De John Wainwright
Mis en scène par Charles Tordjman
Avec Marianne Basler
  • Marianne Basler
  • Francis Lombrail
  • Wladimir Yordanoff
  • Thibault de Montalembert
  • Théâtre Hébertot
  • 78, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
Itinéraire
Billets de 18,00 à 53,00
À l'affiche du :
17 septembre 2019 au 5 janvier 2020
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:30
    • 21:00
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Juste avant Noël, Monsieur Bergerot (Thibault de Montalembert), maire d’un petit patelin, doit se rendre au commissariat pour être entendu dans des affaires sordides de viols et de meurtres de trois petites filles.

D’abord appelé comme témoin, il devient très vite suspect aux yeux du commissaire Toulouse. Il n’a absolument aucun alibi.

De plus, sa femme décide de l’accabler davantage.

 

Francis Lombrail est un acteur également directeur du Théâtre Hébertot. Il joue souvent dans les pièces de son propre théâtre. Il jouait par exemple dans Misery fin 2018 ou dans 7 morts sur Ordonnance en 2019.

Vous avez peut être déjà admiré les talents d'acteur de Thibault de Montalembert dans la série télé Dix pour cent (France 2).

En Garde à Vue est une adaptation du roman Brainwash de John Wainwright. Titre qui signifie Lavage de Cerveau.

 

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La critique de la rédaction : 6/10. Une histoire assez bien ficelée mais une pièce qui manque cruellement de rythme.

Les personnages sont très intéressants. Le charismatique commissaire, l’inspecteur bourru, le maire énigmatique avec de l’humour dans toutes les situations... Nous prenons plaisir à voir évoluer le trio sur scène. Il est très bien interprété !

Puis la femme du suspect vient témoigner et là les lenteurs ont raison de nous.

Le décor est original, bien conçu. La mise en scène aurait pu apporter plus d’inattendu à En Garde à Vue.

Cette heure trente nous a paru bien longue.

Note rapide
6,5/10
pour 10 notes et 9 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
6 critiques
Note de 4 à 7
70%
3 critiques
Note de 8 à 10
30%
Toutes les critiques
4 déc. 2019
7,5/10
1 0
Reprendre sur scène un film culte n’est pas une mince affaire et pourtant si on efface de ses souvenirs les montres du cinéma français qu’étaient Michel Serrault et Lino Ventura, l’adaptation de Francis Lombrail est plutôt réussie. Le décor est un peu trop froid et ne nous fait pas oublier celui d’Éric Moulard. Thibault de Montalembert nous fait bien ressentir toute la détresse psychologique de son personnage dans la pure tradition d’un polar de la série noire. On regrettera le manque de rythme dans ce huis clos à suspens. Ça reste tout de même une très bonne pièce.

En conclusion je paraphraserai le Docteur Knock en disant que dans tout innocent il y a un coupable qui s’ignore !
3 déc. 2019
8/10
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Le roman de John Wainwright "Brain Wash" avait inspiré le film de Claude Miller "Garde à vue" dont Francis Lombrail et Frédéric Bouchet ont conservé le titre.

Pour ma part je préfère le terme anglais qui, signifiant "lavage de cerveau" correspond mieux, de mon point de vue à ce que subit Monsieur  Bergerot (Thibault de Montalembert) de la part du commissaire Toulouse (Wladimir Yordanoff), bien secondé par l’inspecteur Berthil (Francis Lombrail) qui partage son point de vue. Sans compter sa  femme (Marianne Basler) qui n'hésitera pas à témoigner à charge alors qu’il encourt la peine de mort, faisant dire au commissaire que comme Salomé elle veut sa tête sur un plateau.

Le contexte est différent aujourd'hui alors qu'en 1981, quand le film est sorti, on était au coeur du débat : pour ou contre la suppression de cette peine capitale.

L'intérêt du spectacle demeure dans la manière dont on peut amener quelqu'un à "avouer" ... même si ce n'est pas nécessairement l'aveu qu'on attend. Et cette problématique est intemporelle.

L'histoire se déroule au moment de l'année où tout le monde devrait pouvoir savourer une certaine paix et réveillonner en famille ou entre amis. Manque de chance pour les deux policiers, ils doivent entendre une personnalité locale, Monsieur  Bergerot, qui est maire de la ville, au sujet du viol suivi du meurtre de trois jeunes filles. L'affaire est très sérieuse et ne souffre pas d'attendre.

L'homme est convoqué comme témoin. Le spectateur comprend néanmoins vite qu'en l'absence de suspect il ferait le coupable idéal. A condition qu'il reconnaisse les faits. Et d'autant plus vite que bientôt le gouvernement socialiste abolira la peine de mort, ce que les policiers ont du mal à admettre.

Ce qui est très intéressant dans cette pièce c'est d'abord que rien n'est évident. Le commissaire n'est pas un modèle de vertu. Son alcoolisme est patent. Ensuite, d'une part l'alternance de tragique et de comique, par exemple avec la difficulté à faire fonctionner les guirlandes du sapin de Noël, ou encore le défaut de la machine à écrire qui ne tape pas toutes les lettres. Et d'autre part la finesse des dialogues. On sourit malgré nous quand le maire reconnait qu'il soupçonne d'être soupçonné.

La vérité n'est pas toujours l'opposé du mensonge ... car on peut bien essayer de mentir si c'est vraisemblable. Et le commissaire essaie de faire la lumière sur les faits, malgré son intime conviction car il sait que à trop vouloir un coupable on finit par le fabriquer.

Néanmoins l'enquête patine, les heures passent. De témoin l'homme est passé accusé puisqu'il se trouve en garde à vue. On ne perd pas un instant d'un suspens interprété avec subtilité par tous les acteurs. Mais l'affaire rebondit quand on la pense enfin dénouée.

J'ai trouvé que le décor, évoquant un igloo, était probablement difficile pour les comédiens. On a du mal à se sentir dans un commissariat mais le plan final est si magistral qu'il valide le parti pris.
5 nov. 2019
6,5/10
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Les grands noms se bousculent aux portes du théâtre Hébertot. Après 12 hommes en colère (un véritable triomphe toujours à l’affiche !) et Misery, voici venir En garde à vue. Je vous passerai les références au film, ne l’ayant pas vu (oui, je sais c’est une honte).

Sur scène, rien que du beau monde : Wladimir Yordanoff, Thibault de Montalembert, Marianne Basler et Francis Lombrail.

Dès le début, la musique annonce la couleur : l’atmosphère va être angoissante et lourde. Elle l’est effectivement … même si l’humour (régulièrement très grinçant) vient alléger un peu l’ensemble. Dès le début, pourtant, un élément apparaît peu plaisant à l’œil : le décor. Sorte d’iceberg blanc échappé de l’Atlantique Nord, il ne m’est pas apparu très approprié pour cette pièce. Trop moderne, trop froid, trop décalé.

L’intrigue, adaptée du roman Brainwash, fait la part belle au suspense. Elle dissèque l’esprit humain. Cet aspect est très intéressant. Le spectateur se prend au jeu, se demandant si finalement dans cette histoire Monsieur Bergerot n’est qu’un honnête et honorable notable injustement accusé ou bien s’il est un monstre de la pire espèce. Très belles interprétations des comédiens. A noter notamment celle de Thibaut de Montalembert, aussi glaçante que captivante.

Tout est donc merveilleux ? Non, car à quelques reprises, mon esprit est parti en vadrouille, ne parvenant pas à me passionner totalement pour cette intrigue. Quelques moments ont suscité chez moi une petite lassitude. Est-ce le rythme très (trop ?) lent, la froideur de l’ambiance ou du jeu, je ne saurais dire …

En quittant le théâtre, j’ai l’impression de ne pas avoir perdu mon temps, mais je ne ressens pas un enthousiasme débordant non plus.
23 oct. 2019
6/10
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Il est toujours un peu risqué d'aller voir une pièce qui a été montée après un film.
Dans "La machine de Turing", le pari était réussi, même si le fait de connaître l'issue de l'histoire a enlevé un peu de son intérêt pour moi, alors qu'une amie qui m’accompagnait ce soir-là et qui n'avait pas vu le film, était enchantée. C'est peu dire en revanche - et d'autres l'ont dit - que la "Garde à vue" du Hébertot n'est pas à la hauteur du film de Miller. Je n'ai rien à redire du jeu de MM. Yordanoff et Lombrail; Mme Basler ne m'a pas convaincu du tout.

Tout comme le décor, que je trouvais pauvre. Mais comme beaucoup, je suppose, j'y suis surtout allé pour voir Montalambert que je connaissais bien sûr pour l'avoir vu dans "Dix pour cent". Lui, plus la qualité du texte, sauvent ce spectacle d'un naufrage complet; mais je reste sur une déception.
23 oct. 2019
8/10
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« En garde à vue » adaptée par Francis Lombrail et Frédéric Bouchet d’après le roman de John Wainwright dans une mise en scène de Charles Tordjman au théâtre Hébertot est la rencontre entre un notable bien sous tous rapports et deux policiers d’un commissariat de province prêts à en découdre.

Oublions tout de suite le film de Claude Miller, nous sommes dans un commissariat aux allures d’une chapelle ardente, à la blancheur immaculée, où son credo est la recherche de la vérité, rien que la vérité.
Rien ne vient encombrer cette messe, rien ne vient perturber notre vision de cette audition, tout est fait pour nous concentrer sur les personnages, sur leurs paroles. Seul un sapin de noël aux lumières colorées et récalcitrantes vient égayer ce décor de Vincent Tordjman.
Le « père » commissaire Toulouse assisté de son « diacre » l’inspecteur Berthil préparent leur messe de minuit en convoquant vers 22h30 le maire de la ville, Monsieur Bergerot, pour l’entendre sur trois viols et meurtres commis sur trois jeunes filles.

Dans une ambiance de plus en plus pesante, nos deux policiers, rompus aux méthodes de la garde à la vue, vont cuisiner à petits feux, comme dans l’enfer, notre magistrat dans le but de lui faire avouer ses crimes. Seuls ses aveux pourraient satisfaire nos deux policiers.
Ils n’ont rien de chiens fous aux méthodes expéditives et savent poser les questions qui doivent faire craquer le témoin qui devient rapidement le suspect numéro un.

L’inspecteur, ancien militaire de carrière, a des relations plutôt directes avec les témoins qui sont heureusement tempérées par la sagesse du commissaire. De ces interventions vont naître quelques rires libérateurs de cette tension grandissante, palpable entre les protagonistes de ce réveillon inattendu.

Notre maire déguste des œufs mimosas, entrée qu’il aime particulièrement lorsque qu’il est convoqué par le commissaire. N’ayant rien à se reprocher, il s’y rend bien volontiers.
Le commissaire égrène alors son chapelet de questions pour faire avancer son enquête. Est-il coupable ? Se sent-il coupable ? Là est la question et toute la pièce repose sur cette ambiguïté de ce témoin à la personnalité très complexe.
Effectivement le maire était présent et proche des trois scènes qui nous préoccupent, mais cela en fait-il un coupable ? Quelles sont les preuves qui pourraient définitivement le faire basculer non plus en tant que témoin ou suspect mais en tant que violeur et meurtrier ?

Dans ce jeu du chat et de la souris, chacun va y aller de ses confidences qui dévoileront la vraie nature de ces vies pas si glamour que cela.
La femme du maire, Madame Bergerot, apportera de l’eau au moulin du commissaire en venant faire une déposition accablante contre son mari. Elle qui n’a toujours pas digéré les soi-disant attouchements que son mari aurait faits sur sa nièce. Cela en fait-il un pervers ? Un pédophile ? Des éléments qui pourraient bien procurer un remarquable bon à l’enquête.
Mais doit-on plutôt croire cette femme ou son mari ? Depuis quinze ans leur vie de couple bat de l’aile et le mari a des besoins que sa femme ne peut satisfaire…jusqu’à cette fin à la scénographie éblouissante, vertigineuse, remarquable d’intensité : une lumière salvatrice dans cette noirceur angoissante.
Y-a-t-il un doute ? Et à qui profite-t-il ?

Cette transposition dans un théâtre, lieu du huis clos par excellence apporte une réflexion sur ce que chacun d’entre nous pourrait vivre dans cet univers glaçant, animé de forces obscures, où l’on peut y perdre son âme si notre faiblesse prend le pas sur la vérité. Sommes-nous tous capables de résister au démon ? Pouvons-nous maîtriser nos émotions, faire fi de nos hontes, de nos travers, de nos secrets, pour ne dire que la vérité ou la cacher ? Quid de notre supposée innocence ?

Dans un suspens habilement étudié par la mise en scène redoutablement efficace de Charles Tordjman assisté par Pauline Masson, les dialogues percutants viennent répondre à ces questions via les comédiens pleinement investis dans leurs rôles. Chacun à sa manière, avec son talent, sa justesse, apporte sa pierre à la construction de l’édifice de la vérité.
Thibault de Montalembert joue parfaitement l’ambiguïté de ce maire soulevée lors de son interrogatoire. Ses paroles autant que ses silences, dans la gravité de son visage, donnent de l’épaisseur à ce petit maire de province, Monsieur Bergerot, qui vit comme il peut sa mandature au milieu de ses concitoyens pas tous très catholiques.
Face à lui Wladimir Yordanoff dans les traits de ce commissaire Toulouse mène son enquête avec un flegme charismatique pour faire craquer son témoin devenu suspect.
Francis Lombrail en inspecteur Berthil joue avec bonheur la mouche du coche dans cette audition, provoquant quelques agacements bien légitimes de son commissaire.
Marianne Basler dans une froideur très bien contenue est la boule qui vient faire éclater le jeu de quilles. Un règlement de compte entre époux qui cache une dépendance qui pourrait être fatale au couple.

Un thriller aux joutes verbales réjouissantes, confronté à une époque où la peine de mort n’était pas encore abolie…
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor