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7 morts sur ordonnance

7 morts sur ordonnance
De Jacques Rouffio
Mis en scène par Anne Bourgeois
Avec Jean-Philippe Beche
  • Jean-Philippe Beche
  • Jean-Philippe Puymartin
  • Bruno Paviot
  • Claude Aufaure
  • Francis Lombrail
  • Julie Debazac
  • Bruno Wolkowitch
  • Valentin de Carbonnières
  • Théâtre Hébertot
  • 78, boulevard des Batignolles
  • 75017 Paris
  • Rome (l.2)
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À 15 ans d'écart, deux chirurgiens renommés de Clermont-Ferrand sortent du paysage dans des conditions similaires.

Ils ont subi les pressions, rumeurs, manipulations sournoises du professeur Brézé, chef de clinique jalou de leur réussite. 

Pouvoir, argent et honneur sont au cœur de cette intrigue inspirée de faits hélas réels, de problèmes qui peuvent arriver à quiconque dans diverses proportions au travail.

Fragilités, chantage et harcèlement… Comment ont-ils été précipités vers cette issue fatale ? 

 

Le film de Jacques Rouffio (1928-2016), nommé au César 1976 du Meilleur Film, est adapté pour la première fois au théâtre.

Francis Lombrail est un acteur également directeur du Théâtre Hébertot. Il joue souvent dans les pièces de son propre théâtre. Il jouait par exemple dans Misery fin 2018.

Quant à lui, Bruno Wolkowitch jouait dans Douze hommes en colère, également au Théâtre Hébertot.

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La critique de la rédaction : 5/10. Longue, très longue cette pièce de théâtre.

Pourtant, le sujet du harcèlement professionnel est intéressant et toujours d’actualité.
Les premières minutes sont captivantes, le décor en met plein la vue, l’intrigue est bien amenée. Nous nous demandons comment un homme a pu pousser à bout deux cerveaux, deux génies de la chirurgie. Puis, peu à peu l’histoire s’enlise dans de longues scènes, le décor qui était au départ séduisant, aseptise en fait l’action.

La matière est là, avec quelques bons dialogues, mais est dissoute dans des lenteurs, une histoire qui n’avance pas assez. 7 morts sur Ordonnance dure 45 minutes de trop.

Les acteurs sont bons, surtout le personnage du charismatique Berg.

Dommage.

Note rapide
Toutes les critiques
11 mai 2019
8/10
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Après 12 hommes en colère Francis Lombrail présente l'adaptation d'un autre film mythique, 7 morts sur ordonnance. C'est un projet auquel il travaille depuis une dizaine d'années et dont il avait discuté avec le réalisateur. C'est avec Anne Bourgeois qu'il s'est attelé à cette écriture avant de lui confier la mise en scène.

Il n'y joue pas le premier rôle et c'est judicieux parce que cela permet au public de le découvrir dans un rôle dit secondaire, et néanmoins très intéressant, celui d'un commissaire qui se trouvera dans une situation complexe et lui aussi en quête d'une vérité.

Si on retrouve l'essentiel du scénario original de Georges Conchon et du film réalisé par Jacques Rouffio il y a un peu plus de quarante ans (qui est rappelé en voix off au public), on est cependant face à une vraie pièce de théâtre. Il faut d'ailleurs signaler que c'est la première fois que le film de Jacques Rouffio, nommé aux César 1976 du Meilleur Film, est adapté au théâtre.

Cette tragique affaire, qui secoua la ville de Reims, est inspirée de faits réels qui n'ont pas été résolus, en partie pour la "simple" raison que lorsqu'un assassin se donne la mort, il n'y a pas d'enquête. Les faits restent pourtant troublants et on ne sait pas comment deux brillants chirurgiens (qui ont disparu dans des conditions analogues à 15 ans d’écart) ont été précipités vers une issue fatale. Ont-ils été les premiers victimes de manipulations sournoises d’un chef de clinique concurrencé par leur réussite ?

C'est l'hypothèse du cinéaste, et elle est suivie par Francis Lombrail. Mais il se trouve qu'un descendant de l'un des médecins a relancer il y a quelques semaines un appel à témoins pour tenter de faire rouvrir le dossier. Le spectacle et l'abondante presse qu'il suscite réveilleront peut-être la conscience d'un protagoniste, ou la mémoire d'un de ses descendants ayant recueilli des confidences demeurées secrètes.

On peut néanmoins penser que pouvoir, argent et honneur ont suscité chantage et/ou harcèlement qui sont entrés en résonance avec des fragilités personnelles. En tout état de cause, et à l'heure où s'ouvre le procès concernant la vague de suicides chez un grand opérateur téléphonique, la question de la nuisance du harcèlement est tout à fait d'actualité.

Ce qui frappe d'abord, c'est la bande-son, qui tient à la fois de l'amplification (à l'instar d'un stéthoscope décuplant les pulsations cardiaques) de bruits de portes et d'une musique évoquant l'univers du metal. Régulièrement des appels téléphoniques accompagnés de la sonnerie stridente des années 70 aura sur le spectateur un effet lancinant tout à fait illustratif de la pression sur le personnage principal. Il y a de quoi être déstabilisé.

La bande-son s'accorde avec un décor aseptisé, sans accessoires, semblable à un laboratoire, sculpté par des lumières vives où le vert symbolise l'hôpital, le rouge le danger, l'orange des espaces de réception un peu mondains, alors que le bleu est dédié aux flash-backs et aux confidences.

Que ce soit Simon (Jean-Philippe Bêche), l'ami anesthésiste du chirurgien Pierre Losseray qui parle le premier installe le cadre : le spectateur est invité à recueillir des confidences. A lui de se forger ensuite son opinion. Simon donne sa version. Pierre Losseray exerce en hôpital public, excellent praticien et honnête homme. Le mot "public" nous alerte d'emblée et on ne sera pas surpris qu'il affirme plus tard : Vous voulez m’acheter, je ne suis pas à vendre.

Le spectateur comprend que le sens du devoir motivent Losseray à renfiler les gants trois mois après son infarctus. Mais son courage attise la soif de pouvoir du Professeur Christian Brézé, propriétaire de la clinique privée Ste Marie (forcément en concurrence avec le public, comme partout) de surcroit membre du Conseil de l'ordre et donc capable de le faire suspendre, même pour un motif fallacieux. D'autant que l'homme juge son fils, médecin, comme le dernier imbécile venu.

Il est interprété par Claude Aufaure, aussi malin qu'un renard salivant devant une proie. Le chirurgien est soutenu par son épouse (Julie Debazac), et on remarquera que la version théâtrale n'a prévu qu'un seul rôle féminin, ce qui témoigne d'une dramaturgie intentionnellement ancrée dans des luttes de pouvoir très masculines) et par un ami, psychiatre et collectionneur d'art, le Docteur Mathy, lequel a bien connu (et encouragé ?) le docteur Berg qu'il qualifiera de chirurgien virtuose mais archétype du héros négatif, qui s'est suicidé dans des circonstances non élucidées.

La construction est digne d'un polar. On assistera à la descente aux enfers de Losseray tandis qu'on remontera parallèlement le cours de l'histoire pour restituer les circonstances de la mort de Berg.

On devinera comment l'étau va se resserrer sur Losseray, fragilisé par sa crise cardiaque, tiraillé entre son travail et la pression sociale des soirées mondaines où, parce qu'on est en province, on est plus sensible à l'opinion et au qu'en dira-t-on.

Par un astucieux effet, la mise en scène fait surgir la victime comme un tableau tombé du ciel. On verra Berg (Valentin de Carbonnières, nommé aux Molières dans la catégorie Révélation masculine) en conversation avec son "ami" crânant qu'il n’a peur de rien. Ecoutez alors attentivement la réplique apparemment banale mais qui, a posteriori pourrait être décodée comme de la manipulation : Pas mal, mais c’est pas suffisant, si t’es pas devant, t’es derrière, n’oublie jamais.

Losseray cherche à savoir ce qui est arrivé à son ancien confrère. Le commissaire voudrait comprendre pourquoi sa femme a brutalement succombé. Mathy tire les ficelles. le professeur Brézé arbitre le jeu. Le spectateur compte les points, effaré que la vérité n'ait jamais éclaté sur les vraies responsabilités.

Du grand théâtre, servi par des acteurs très justes.
28 avr. 2019
2,5/10
1 0
Faible, surjoué, un peu scolaire.
Le film fait de l'ombre c'est évident.
5 avr. 2019
8,5/10
2 0
Sujet, acteurs, décor, tout nous a plu !
Le patriarche est glaçant à souhait ; ses soutiens, vils et ambigus... La toile d'araignée du profit accroche lentement mais irrémédiablement ceux qui s'opposent à l'ordre dicté par le profit et les notables....
Au-delà des rôles principaux superbement interprétés, les autres acteurs ont aussi des moments mettant en valeur leur personnage.

Je ne regrette pas d'avoir "forcé" mon agenda pour y trouver une date avant la dernière représentation.
9 mars 2019
9,5/10
3 0
Excellent spectacle servi par une mise en scène ingénieuse (un décor fixe de grands panneaux sur lesquels viennent se poser les couleurs qui définissent les divers lieux, tantôt à l'hopital public, tantôt chez le docteur Losseray, tantôt à la clinique Ste Marie). Fait suffisamment rare au théâtre pour être souligné, la bande son et sa qualité n'ont rien à envier aux lumières. Tous les acteurs ont une présence parfaite, et font jeu égal. On est pris dans l'intrigue et on voudrait arracher Losseray des griffes machiavéliques du Dr Brézé.
4 mars 2019
10/10
2 0
Pièce à voir absolument.
Thème très actuel, performance théâtrale.
La mise en scène mêle un modernisme esthétique à des références classiques, porté par une ambiance sonore cinématographique.
Les acteurs sont tous justes et excellents. Mention spéciale à Berg, Valentin de Carbonnières.
Vous êtes sous la tension de l'intrigue jusqu'au baissé de rideau.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor