• Classique
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • Paris 6ème

Choses vues

Choses vues
De Victor Hugo
Mis en scène par Stéphanie Tesson
Avec Jean-Paul Bordes
  • Jean-Paul Bordes
  • Christophe Barbier
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 22,00 à 45,00
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De l’adolescence jusqu’à la mort, Victor Hugo regarde. Patiemment, il consigne tout, du moindre propos au plus petit détail, sur des bouts de papier, des carnets épars ou dans les marges de ses manuscrits.

Au fil du temps, celui que l’on nomma « L’Homme-Siècle » tient, sans jamais l’intituler ainsi, le journal de bord du XIXe. Deux Empires, deux Monarchies, deux Républiques défilent sous sa plume.

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7 févr. 2020
9/10
35
Si je vous évoque Victor Hugo, il y a fort à parier, tout comme moi, que vous penserez surtout aux Misérables, à Notre-Dame-De-Paris, à Hernani, aux sublimes poèmes ou encore aux écrits et autres discours politiques.

Christophe Barbier, lui, en plus de tout ceci, vous parlera des Choses vues.
Ces Choses vues, ce sont des textes courts du père Hugo, rassemblés par ses proches après son décès.

Des textes qui vont témoigner de l'immense talent d'observateur et de chroniqueur du grand homme.
Tout au long de sa vie, Hugo a écrit ces récits très courts, qui vont montrer, décrire.
Raconter la Vie, en somme, dans ses plus infimes détails.

Dans l'un de ces petits écrits, il nous l'affirme sans conteste : « Pour qui sait les voir, les plus petites choses sont les plus grandes ».

Christophe Barbier a eu l'excellente idée d'en rassembler quelques uns afin de les passer au gueuloir sur le plateau du Poche-Montparnasse.

Ces « miscellanées », comme l'éditorialiste qualifie cette collection de récits et d'anecdotes, vont nous montrer des aspects inattendus du papa de Cosette.

Hugo observateur-poète (une marguerite l'émeut au plus au point), journaliste (avec notamment une très précise narration de la mort du Duc d'Orléans), reporter (quelle terrible description des derniers instants d'un condamné à mort !), portraitiste (nous faisons la connaissance d'une pauvre femme qui a certainement dû lui inspirer sa Fantine), éditorialiste (avec des considérations politiques qui relèvent d'une troublante actualité), ou encore humaniste (racontant la terrible condition de cet homme sans nationalité, ni Français, ni Belge).

La metteure en scène Stéphanie Tesson a quant à elle eu la judicieuse idée de faire dire ces textes par deux comédiens.
Christophe Barbier en personne, et l'admirable Jean-Paul Bordes, qui fut ici même un merveilleux Amphitryon.
Les deux vont se renvoyer la balle, dialoguer, incarner à tour de rôle le narrateur-Hugo pour mettre en valeur ces écrits de façon la plus naturelle. Les enchaînements se font de manière très naturelle, le tout constituant un ensemble très cohérent.
L'un est plus dans le registre poétique, l'autre dans le registre réaliste. La répartition des rôles fonctionne très bien.

Jean-Paul Bordes, de sa voix de basse qui devient granuleuse dans le registre le plus bas, nous donne une grande leçon d'interprétation.
On ne peut qu'être suspendu à ses dires. Il fait vibrer ces textes, mettant en exergue toute leur oralité, et parvenant parfaitement à restituer toute la formidable vie qui s'en dégage.

A noter un talent caché du comédien, qui, sur un tableau blanc, va écrire d'une étonnante façon et dans un clin d'œil appuyé « Tais-toi » ! Et non, vous n'en saurez pas plus !

Les deux comédiens évoluent à l'intérieur de la très jolie scénographie de Marguerite Danguy des Déserts, qui a imaginé des lés de toile écrue sur lesquels sont reproduits des bribes de textes écrits de Victor Hugo, raturés ou non, des lavis, ou encore des portraits.
On pense également par moment à des voiles marines, les comédiens hissant ou affalant ces toiles.

Melle Tesson a joué habilement avec la relative grande largeur de la salle.
Christophe Barbier et Jean-Paul Bordes occupent tout l'espace de façon elle aussi naturelle, proches ou éloignés, selon la teneur de ce qu'ils racontent.
La petite estrade est également mise à profit très judicieusement. A certains moments, les comédiens « prennent de la hauteur » !

Durant cette heure et vingt minutes, nous écoutons également des préludes de Jean-Sébastien Bach, tirés du Clavier bien tempéré, illustrant ainsi de manière subtile ce qui nous est raconté.

La fin du spectacle est consacrée plus sparticulièrement à la vieillesse, à la mort, à Dieu, et puis également à un très bel hymne à la vie, alors que s'échappe des enceintes acoustiques le prélude N°1, BWV 846, le plus célèbre.

Ce spectacle nous permet donc de découvrir ou redécouvrir un aspect moins ou peu connu du génie littéraire qu'est Hugo, celui de grand observateur, témoin privilégié de ses contemporains et du milieu dans lequel il vit.
C'est une entreprise artistique fort réussie.
3 févr. 2020
8,5/10
1
Pas de chronologie, mais des souvenirs qui surgissent sur la politique, les hommes de pouvoir, la misère, les condamnations à mort ... le bourreau qui oublie son “office” parce qu’il a été fasciné par une affiche de théâtre et qu’il s’est pris une place ! Le serrurier français/belge, il ne sait plus à quelle patrie se vouer ! Choses vues et vécues, anecdotes cinglantes sur Louis-Philippe plus tard sur Louis-Napoléon et leurs ministres !

Partition à deux voix, deux comédiens pour interpréter le texte de Hugo. On se dit en écoutant les textes que la misère est toujours là pour certains, hélas toujours d’actualité.

Le décor de Marguerite Danguy Des Deserts, de larges pans de toiles sur lesquels sont représentés les dessins et croquis de Hugo, les lumières de François Loiseau illustrent les scènes.

Jean-Paul Bordes et Christophe Barbier, sous l’oeil bienveillant de Stéphanie Tesson, nous invitent à lire et relire Hugo éternellement !
2 févr. 2020
8,5/10
6
Le journal d'un enfant du siècle.

Toute sa vie Victor Hugo a écrit, consigné, rapporté les moindres évènements dont il a été le témoin.
De ce matériau monumental, varié et précieux, Christophe Barbier a extrait des fragments qui brossent le portrait d'une époque tumultueuse et passionnante.

Lui et son complice - superbe Jean Paul Bordes - nous les offrent avec délectation.
Des grands de ce monde , tels Louis Philippe ou Napoléon III, aux condamnés à mort inconnus.
De son amour pour Juliette Drouet à son exil ....c'est finalement son autoportrait que nous livre Victor Hugo !

Stéphanie Tesson utilise à merveille les contraintes de la petite salle du Poche, aidée par un astucieux décor.

D'un bout à l'autre de la scène les récits s'enchaînent, sans chronologie, mais avec un fil directeur :
Le talent au service d'un immense auteur !
1 févr. 2020
8/10
3
Si vous n'avez pas lu "Choses vues" de Victor Hugo et même si vous l'avez lu venez voir ce spectacle très bien interprété par C. Barbier et J.P. Bordes dans une belle mise en scène de S. Tesson et le décor original qui font bien ressortir le saillant des grandes idées du grand écrivain.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor