• Classique
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • Paris 17ème

Bérénice

Bérénice
De Jean Racine
Mis en scène par Célie Pauthe
  • Ateliers Berthier Théâtre de l'Odéon
  • 32, boulevard Berthier
  • 75017 Paris
  • Porte de Clichy ( l.13, RER C)
Itinéraire
Billets de 8,00 à 36,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Titus et Bérénice vivent un amour impossible.

Ils ne peuvent se l’avouer. Bérénice ne peut pas même le concevoir : depuis cinq ans, son amant n’a cessé de lui jurer une passion éternelle. Quant à Titus, il préfère s’étourdir, s’aveugler. Mais voici que s’est levé le jour tragique. Entre la loi du monde et la foi des amants, il va falloir choisir. Et ce choix est un mortel déchirement. Il semblerait pourtant que Titus n’ait qu’un mot à dire pour dicter son désir à l’univers entier et s’unir à Bérénice.

Elle-même l’y encourage : “Dites, parlez !” Pourquoi donc reste-t-il interdit ?... Racine l’a lui-même indiqué : “toute l’invention”, ici, “consiste à faire quelque chose de rien”. Ce “rien” est une ligne de partage qui sans bruit, sans coup de théâtre, s’ouvre entre ceux qui s’aiment et les écarte l’un de l’autre, creusant l’abîme tout en élevant leurs paroles d’une “tristesse majestueuse” à la puissance d’un chant d’absolue passion.

Célie Pauthe, comme ses mises en scène d’Une Bête dans la jungle, puis d’Un amour impossible l’ont démontré, est particulièrement sensible à ces histoires poignantes où se concentre l’essence d’un lien intime. Sa Bérénice, à laquelle elle est parvenue à force de lire Duras, naîtra de la même intuition.

 

Note rapide
5,8/10
pour 7 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
5 critiques
Note de 4 à 7
71%
2 critiques
Note de 8 à 10
29%
Toutes les critiques
31 mai 2018
6,5/10
88 0
Spectacle pas très accessible, créant un parallèle entre le court-métrage Césarée de Marguerite DURAS et Bérénice de RACINE.

En bref, Antiocchus est amoureux de Bérénice qui est amoureuse de Titus. Bérénice est Reine de Judée, et Titus est Empereur Romain, leur amour est impossible, car les deux peuples se font la guerre, et jamais le Sénat Romain ne fera de Bérénice l'Impératrice romaine. Après trois ans d'amour à Rome, le couple se sépare.

J'ai trouvé le texte de Racine magnifique, avec beaucoup d'échos actuels et intemporels sur l'amour :
- Antiocchus à propos de Bérénice "des yeux distraits qui me voyant toujours, ne me voyaient jamais".
- Bérénice cherchant à se rassurer sur le fait que Titus l'aime encore "Si Titus est jaloux, Titus est amoureux"
- plus largement toute la remise en question de Bérénice lorsque Titus décline son amour pour sa carrière
- le choix entre l'amour (Bérénice) ou la carrière (Empereur), j'imagine que cette question peut encore se poser aujourd'hui.

Attention, à quelques reprises, on se rend compte que Racine n'est plus tellement au goût du jour :
- lorsqu'il parle d'"hymen" pour désigner la femme, aujourd'hui parler de la femme à travers un organe c'est discriminant je trouve
- lorsqu'il décrit Bérénice comme une étrangère fière, alors qu'aujourd'hui, les étrangers sont rarement décrits comme des gens fiers, mais plutot en exil (la crise migratoire)
- à la fin de la pièce, Bérénice part, elle rentre en Judée, c'est une tragédie car les Bérénice et Titus ne se reverront plus jamais. Aujourd'hui, une telle séparation n'existe plus, du fait des réseaux sociaux, c'est impensable de disparaitre, c'est donc une douleur qu'on ne connait pas. J'ai d'ailleurs pensé au début que Bérénice se suiciderait, car je ne pouvais pas croire à une séparation uniquement physique
- il n'y a pas de jalousie/violence entre Titus et Antiocchus qui aiment la même femme, du fait des rapports hiérarchiques entre les deux : Antiocchus sert Titus, c'est donc tout naturellement qu'il s'empêche de livrer son amour à Bérénice, et s'est effacé pendant longtemps. Aujourd'hui, les rapports sociaux hiérarchiques (classes sociales) ne sont plus vraiment d'actualité

Cependant, le parallèle avec Césarée de Marguerite DURAS n'est pas facilement compréhensible :
- on voit des gros plans de vestiges romains à Paris, sans vraiment comprendre pourquoi
- c'est uniquement à la lecture du livret de l'Odéon que l'on comprend que Marguerite Duras imagine le retour de Bérénice à Césarée, sa terre natale, abandonnée par Titus qu'elle avait suivi pendant 3 ans à Rome

Dans la mise en scène : la mise en scène est très sobre, mi contemporaine (canapé d'angle), mi antique (voile, couronne de lauriers). Les comédiens jouent bien, ils sont agréable à entendre. Palme de comédienne à Mélodie RICHARD qui s'exprime en Hébreux au moment d'une crise avec Titus, c'est une superbe langue !

Bon spectacle.
Afficher le commentaire
31 mai 2018
6/10
91 0
Ce Bérénice-là m'a plutôt déçue.

Pour cette pièce qui, constitue à mes yeux, l'acmé de la tragédie racinienne, je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotion. J'ai pourtant écouté, avec la plus grande attention, les merveilleux vers raciniens et même retrouvé parfois leur rythme envoûtant...

Cependant, je n'ai guère cru à la torture que vaut à cet Antiochus-là, son rôle de double confident, ni à son personnage héroïque de compagnon d'armes de Titus, injustement et continuellement maltraité par le Sort. Il ne m'a guère touchée.
Je n'ai pas été tellement sensible, non plus, au drame que vivrait ce Titus-là, partagé entre ambition, honneur, raison d'Etat et amour passionnel pour Bérénice. Trop emmêlé dans une liaison amoureuse ordinaire et pas assez empereur. Il ne m'a guère émue.
Je les ai donc trouvés un peu ternes, tous deux... En deça, en tout cas, des figures d'exception qu'ils sont censés incarner. et des destins qu'ils traversent. Un choix de direction d'acteurs qui m'a donc déçue.

Bérénice m'a davantage convaincue.
Mélodie Richard, dans sa longue et gracieuse tunique verte, qui pour vivre un amour tumultueux avec l'ennemi de son peuple, le destructeur de son royaume, a trahi ses origines, et a tout abandonné... Elle est le personnage le plus touchant, le plus attachant. Et son jeu, le plus présent... Mais elle est cependant plus femme que reine...
Amante passionnée, qui veut croire à un futur commun avec Titus, puis amante bafouée, décidée à affronter la mort et, enfin reine, qui relève la tête et quitte la place, choisissant la rupture définitive plutôt que la fin sanglante à laquelle nous habituent d'ordinaire les tragédies.
Un jeu qui relève cependant plus du naturel que du tragique mais qui, après tout passe assez bien. Une première tentative sur le registre racinien très honorable.

La voix de Marguerite Duras, et ses incantations -en leimotiv- sur Césarée, ont apporté la dimension tragique lors des transitions entre les actes. Un lamento du choeur antique...
La mise en scène dépouillée, avec ce sable omniprésent et ces longs voiles blancs parfois agités, un bel écrin pour les mots et les sentiments.

J'ai moins aimé l'irruption de Baudelaire au dernier acte et le "hélas" reporté après le film: une coquetterie de mise en scène dont j'avoue ne pas avoir vu l'apport.
Les rôles dits "secondaires" et qui ne le sont pas tant que cela -notamment les 2 femmes- sont bien tenus.

Bref, un travail honorable mais sans plus. Je me faisais une joie de retrouver "Bérénice"... Il me faudra attendre une proposition future pour raviver le plaisir de souvenirs anciens plus émouvants.
19 mai 2018
6/10
100 0
Je ne vais pas mentir : Célie Pauthe n’est pas un nom qui résonne avec beaucoup d’enthousiasme dans mon esprit. Et pourtant, je n’ai jamais rien vu de la metteuse en scène. Simplement, il est associé au nom de Christine Angot, puisque leur collaboration a donné lieu à un spectacle l’an dernier, déjà à l’Odéon. Mais après tout, j’ai moi-même beaucoup aimé un spectacle de Christine Angot cette année ! Comme il ne faut pas mourir bête, et que mon cher Racine commençait à me manquer, je me suis finalement décidée à découvrir l’avant-première de ce spectacle.

En tête, j’ai l’enregistrement de la Bérénice de Raymond Rouleau dans laquelle Laurent Terzieff et Danièle Lebrun formaient un couple déchirant. La comparaison sera difficile à soutenir. Il était un Titus tiraillé entre la passion et l’amour, lui dont le peuple ne peut admettre qu’il épouse cette reine qui pourtant habite son coeur. Tout au long de la pièce, il oscillera entre la raison et l’amour. Il reviendra vers elle, ne pouvant soutenir ses regards et ses pleurs, puis se détournera à nouveau, lourd du poids du pouvoir qu’il doit à présent incarner.

J’ai beaucoup à dire sur ce spectacle, du bon comme du moins bon. Mais avant d’en extraire et d’en analyser chacune des facettes, il faut que je parle de Mélodie Richard, parce que sans elle, le spectacle aurait beaucoup moins de saveur. Il faut que je parle de Mélodie Richard parce que quand j’ai lu l’article du Monde évoquant sa formation de boulevard, j’ai douté. Il faut que je parle de Mélodie Richard avec la passion d’une première fois, avant de la retrouver au théâtre pour toutes ses futures apparitions. Il faut que je lui rende ce qu’elle m’a donné.

Je ne pense pas être quelqu’un de défaitiste, mais je me rends compte qu’il y a des choses sur lesquelles j’ai fait une croix de manière presque inconsciente. Par exemple, je ne pensais pas de mon vivant pouvoir rencontrer une véritable Bérénice. Pouvoir visionner la merveilleuse captation de Danièle Lebrun me semblait déjà une grande chance. Mais Mélodie Richard est entrée en scène. Cette comédienne me redonne espoir. Je repense aux rôles féminins qui me semblent impossible à monter. Elle serait une Chimène extraordinaire.

De Bérénice, elle a tout trouvé, elle a tout composé, elle a tout compris. A la fois moderne et antique, reine imposante dans cette tunique longue qu’elle porte avec tant de grâce, jeune femme amoureuse dans les regards qu’elle lance à Titus, elle incarne la passion avec une justesse rare. Naïveté du premier amour, fierté de l’être aimé, fraîcheur de jeune femme amoureuse, léger orgueil de femme trompée, tout y est. Lumineuse, elle chante son alexandrin sans le marquer outre-mesure et cette sincérité se retrouve dans chacune de ses notes. Simplement, elle donne vie sur scène à la douleur de cette amante blessée.

Malheureusement, autour d’elle, la distribution n’est pas aussi exemplaire si bien qu’on en vient rapidement à souhaiter sa présence illimitée sur scène. Ses deux prétendants, en effet, sont bien pâles à côté d’elle. Clément Bresson est un Titus limité par une gestuelle répétitive, ses bras montant régulièrement au ciel dans un geste qui pourrait signifier « Tant pis » autant que « O Dieux ! » et je cherche encore des traces de son amour quelque part sur la scène. C’est à se demander comment Bérénice peut être aussi amoureuse de lui. Antiochus, quant à lui, ne semble pas disposer d’une once d’espoir. Sur le visage de Mounir Margoum, les intentions semblent claires : il n’y croit pas. Cela jure avec un texte qui passe par des montagnes russes de sentiments torturant ce personnage dont la raison est sans cesse trahie par un coeur trop amoureux.

Chose désagréable, les deux comédiens récitent leurs alexandrins de manière presque scolaire, le premier en en marquant chaque séparation, le second les ronronnant excessivement lentement jusqu’à nous perdre. De plus, Célie Pauthe semble avoir totalement dédaigné les personnages secondaires, qui, dans Bérénice, n’en sont pas réellement, ils ont une véritable existence : Arsace est le surmoi de Titus, pas simplement son confident. Or, ici, il est devenu complètement transparent. Quel dommage.

Devant un tel disparate dans la direction d’acteurs, j’en viens à questionner la portée du travail de Célie Pauthe. Où est-elle réellement intervenue ? La composition de Mélodie Richard tient-elle plus de l’instinct que de l’influence directe de la metteuse en scène ? La question reste ouverte. Cette disparité se retrouve d’ailleurs dans la mise en scène qui comporte quelques belles idées voisinant d’étranges lubies. Les intermèdes cinématographiques montrant le Césarée de Marguerite Duras en sont pour moi le témoin le plus marquant : le seul intérêt qui en ressort est de souligner la supériorité de Racine sur Duras. Dans la famille « caution intello » (ratée), je demande aussi la soudaine apparition du Recueillement de Baudelaire entre l’acte 4 et l’acte 5. Hors-sujet total.

Pourtant, j’ai aimé son parti pris de laisser de côté les codes de la tragédie pour se placer dans un temps peut-être plus quotidien. Si les rires qui ponctuent certaines répliques marquent une faiblesse évidente sur scène, le choix est intéressant. La première scène liant les deux amants évoque plus Marivaux que Racine dans les échanges tactiles ou les regards qui lient Titus et Bérénice, et cette vitalité-là étonne autant qu’elle émeut. C’est dans la simplicité que Célie Pauthe réussit le mieux : comme pour ce décor, fixe et imposant, qui évolue à son rythme, sans soulignements excessifs, mais avec une beauté certaine. Comme pour des petits détails glissés par-ci par-là, sans arrogance, et qui viennent souligner tantôt l’orientalité de Bérénice, tantôt son universalité, ou la fatalité de son destin.
18 mai 2018
8/10
78 0
Beau spectacle où la poésie contemporaine et le théâtre classique se complète à merveille.
Racine nous conte l’amour impossible de Titus et Bérénice. La raison d’Etat est plus forte que la passion amoureuse. La loi romaine interdit d’épouser une reine étrangère.
Rome, par une loi qui ne se peut changer,
N'admet avec son sang aucun sang étranger,
Et ne reconnaît point les fruits illégitimes,
Qui naissent d'un hymen contraire à ses maximes. (Paulin, acte II, scène 2)

Césarée court- métrage de Marguerite Duras nous mène dans le parc de tuilerie parmi les sculptures des différents héros de l’antiquité. Marguerite Duras nous retrace la douleur de Bérénice reine juive abandonnée par Titus. Elle imagine son retour dans sa ville natale de Judée détruite par les Romains.
Le sol. Il est blanc.
De la poussière de marbre mêlée au sable de la mer.
Douleur. L’intolérable. La douleur de leur séparation.

Célie Pauthe juxtapose ce magnifique texte de Duras et ce monument théâtral de Racine. La poésie et la voix de Marguerite Duras donnent une grande ampleur aux alexandrins magistraux de Racine.
Sur le plateau ; le sable de Césarée, ville de Judée en bord de mer, recouvre le sol du salon de Titus. C’est simple, sobre et émouvant. Les deux histoires ne font qu’une. Un rideau blanc vaporeux délimite les appartements de Titus. Par intermittences, Césarée y sera projeté. L’émotion, le désespoir et la douleur en sont intensifiés.
17 mai 2018
9/10
122 0
« Titus reginam Berenicen cui etiam nuptias pollicitus ferebatur, statim ab urbe dimisit invitus invitam ».
Voici comment l'auteur latin Suetone inspira Racine, en 1670, pour écrire sa Bérénice.

« Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même lui avait promis de l'épouser, la renvoya de Rome, malgré lui, malgré elle ».

Les derniers mots sont les plus importants : malgré lui, malgré elle. Titus, qui à la mort de son père devient empereur, ne peut épouser Bérénice, la reine de Judée : la loi romaine le lui interdit.
Elle et lui vivent depuis cinq ans en « concubinage plus ou moins secret ». Elle a tout quitté pour lui, sa terre natale, son royaume, sa famille.
Tout ça pour finalement être renvoyée : l'empereur ne peut épouser une souveraine étrangère.

L'intrigue est assez simple. Mais comme l'écrit Racine à ses détracteurs : « Toute l'intention consiste à faire quelque chose de rien ».
Ah ! Si ! Quand même : le dramaturge va introduire la triangulation amoureuse, s'il vous plaît.
Le prince Antiochus est amoureux fou (et platonique) de Bérénice.

La metteure en scène Célie Pauthe a eu l'excellente idée de nous proposer deux spectacles pour le prix d'un seul.
En effet, elle nous diffuse entre les actes un découpage du court-métrage intitulé « Césarée », que réalisa Marguerite Duras en 1979.
Ce film traite du retour de Bérénice dans la patrie qu'elle abandonna naguère.

La proposition fonctionne à merveille. Nous avons là une sorte de choeur cinématographique qui nous assure d'entrée de l'inéluctabilité de l'issue tragique du propos racinien.

Pour Melle Pauthe, tout est très clair : son Titus est « malade d'amour », ce que contestait par exemple un Roland Barthes. Elle va nous le démontrer limpidement tout au long de sa mise en scène.
Bien entendu, le pouvoir et la raison d'état ne peuvent accepter la transgression matrimoniale.
Mais l'empereur est bel et bien fou amoureux. Pourtant, les deux ne convoleront pas : nous sommes bien dans la tragédie.

La scénographie est elle-même apparemment assez simple. Un sable très fin recouvre le plateau, sorte de salon contemporain. Nous sommes « coincés », comme dans l'un de ces espaces très circonscrits que sont ces petits jardins zen japonais, dans lesquels on ratisse le sable et on trace des lignes avec un petit râteau.
Un grand voilage qui parfois faseye délicatement tient lieu à la fois de fond de scène et d'écran de projection.
Nous sommes donc dans un seul endroit fermé. Dame, c'est que l'on ne plaisante pas, en 1670, avec l'unité de lieu.

Grâce à un sextet de comédiens talentueux, dirigés très précisément, l'alexandrin racinien va couler, révélant toute sa majesté, son ampleur et son intensité.
C'est un vrai bonheur que d'entendre cette langue admirable, dite de façon si belle et si subtile.

J'ai adoré l'interprétation de Mélodie Richard (Bérénice), du formidable Clément Bresson (Titus) et de Mounir Margoum (Antiochus)
Le trio est irréprochable et tous attendons très vite la confrontation finale de ces trois-là.
Ils vont nous emmener très loin dans ce voyage fait de passions contrariées.
Un vraie cohérence se dégage des trois partitions. J'étais véritablement pendu à leurs lèvres.
Beaucoup d'intensité, de puissance, mais aussi de vulnérabilité et de fragilité se dégage de leurs personnages respectifs. Nous sommes vraiment devant des caractères complexes. De la très belle ouvrage.
(A un moment, Bérénice s'exprimera rageusement en hébreu. La metteure en scène a probablement fait traduire Racine. Après tout, Bérénice est la reine des Juifs...)

A noter qu'Arsace, le confident d'Antiochus, est interprété par Melle Marie Fortuit, qui campe avec une vraie conviction une sorte d'entraîneur-coach en blouson de cuir, chargé de driver son maître, lui indiquant la voie, le motivant. Elle aussi est parfaite.

J'aurai juste une petite réserve concernant la mise en scène. Le dernier mot de la pièce « Hélas » prononcé par Antiochus arrive après la dernière partie du film de Duras. Je trouve que le fait de l'isoler ainsi le déconnecte de la tirade précédente, et ceci lui fait perdre de son intensité. C'est évidemment un détail.

Mention spéciale aux délicates lumières de Sébastien Michaud, qui reste dans des blancs plus ou moins colorés, plus ou moins chauds, transitant doucement en fonction des personnages et des situations. C'est très beau et très subtil.

Les deux heures vingt cinq passent trop rapidement. Un tonnerre d'applaudissements et de nombreux rappels saluent les comédiens.

On aura compris que c'est une très belle Bérénice que nous propose Célie Pauthe.
Elle a parfaitement réussi à allier le classicisme racinien à une universalité de la passion et du renoncement.
C'est une tragédie dont il ne faut absolument pas se priver.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor