Critiques pour l'événement Quai des orfèvres
14 mai 2023
8,5/10
10
Passionnant polar de série noire qui nous ramène à la grande époque du quai des orfèvres.

On est plongé dans l’ambiance d’une enquête policière de série B comme on aime.

Les comédiens jouent parfaitement leurs rôles avec un coup de cœur pour Philippe Perrussel qui campe un commissaire de police plus vrai que nature.

Le décor, les costumes et la mise en scène sont particulièrement bien adaptés à l’intrigue.

Cette comédie a l’agréable charme désuet des années d’après-guerre.

Difficile de ne pas penser au film de Clouzot, mais intéressant puisque c'est la pièce originale.

0
Samedi 20 mai 2023
3 avr. 2023
10/10
2
Paris, fin des années 40. Paul Weylberg, célèbre mécène, collectionneur d’art et séducteur invétéré, est mystérieusement assassiné.

Le Huis-clos qui suit chez l’artiste peintre Noël Martin et sa femme Belle, amis de la victime est rythmé et nous garde en haleine.

Tous les personnages ont une bonne raison d’être le coupable et les rebondissements nous mettent tour à tour sur des indices et des fausses pistes.

Le suspens est maintenu jusqu’à la fin et, pour ne pas subir le courroux du commissaire Maria à qui nous avons promis le silence, je vous laisse découvrir le coupable en allant voir la pièce que je vous recommande ????
11 mars 2023
6,5/10
7
Pièce classique.

Les acteurs jouent bien, le décor et les costumes sont bons.

A notre goût, il manque malgré tout un petit quelque chose pour en faire une excellente pièce. Peut être un peu d’énergie, de répliques plus ciselées et d’émotions.
2 mars 2023
8,5/10
2
C’est l’affaire de la rue de Passy : l’histoire se déroule à Paris, à la fin des années 40 dans l’atelier/appartement d’un artiste qui habite là avec sa très (trop) belle femme. Un meurtre a été commis : un de leurs amis est mort cette nuit, Il a été assassiné.

Dès le début de la pièce les mystères s’enchaînent, et l’on comprend assez vite que tous les personnages ont des choses à cacher.

Un décor très cinématographique, dans un très joli dégradé de noir et blanc, et des costumes très soignés nous plongent directement dans l’ambiance.

Un meurtre, des suspects, un commissaire, tous les ingrédients sont là pour faire un bon polar. Mais qui donc a tué Paul Weylberg ? Un mari jaloux ? Une maîtresse ? Un voleur ? Un ennemi ? Toutes les possibilités sont à étudier et le commissaire ne compte pas repartir sans le coupable

Le texte est fin et précis, et l’intrigue est très bien construite.

Les comédiens sont tous impliqués, engagés et justes, tous défendent parfaitement leur personnage. Chacun plaide son alibi et tente de prouver son innocence.

La mise en scène est précise et dynamique, aucun temps mort, nous sommes plongés dans l’histoire et nous attendons avec impatience le dénouement de l’intrigue.

Car il y a un tout de même du suspense même si évidement on ne ressent pas autant de tension qu’en regardant le très fameux Quai des Orfèvres de Clouzot tiré du même roman noir de Stanislas-André Steeman.

Le commissaire est bien motivé et selon ces dires « il n’embarque que les criminels et pas les menteurs ». Il est donc bien décidé à dépatouiller le vrai du faux dans toutes les histoires que lui racontent les suspects. Il va donc grimper à maintes reprises les escaliers qui le mènent à l’atelier pour être certain de ne pas commettre une erreur judiciaire et de démasquer le vrai coupable. On suit avec attention ses interrogatoires en tentant de se mettre à sa place et de comprendre les vrais motifs de chacun.

Comme tout bon polar on se laisse surprendre par le dénouement final mais bien sûr je vous en laisse la surprise. Allez voir la pièce pour en savoir plus.

On passe un très bon début de soirée en venant voir cette pièce !
21 févr. 2023
7,5/10
7
Pour les spectateurs épris de polar, cette pièce écrite par l’auteur belge Stanislas André -Steeman, à partir de son propre roman publié en 1941, ravira les plus exigeants.


Dans une atmosphère très « années 40 », la mise en scène très précise de Raphaëlle Lémann, s’adapte parfaitement à ce huit clos merveilleusement éclairé par Denis Koranski qui mettent en valeur le jeu très subtil des comédiens .


L'intrigue de base est simple: Un célèbre amateur d’art, Paul Weilberg,collectionneur de femmes autant que d’oeuvres d’art, est assassiné. Un couple d’amis proches, Belle et son mari jaloux Noël Martin, semblent être des suspects potentiels pour le commissaire Maria chargé de l’enquête.
La nervosité de Noël, artiste peintre, peut paraître ambigüe. L’amie de Belle, très coquette et très aguicheuse, au moins tout autant que Belle, sème autant le doute . 
Les séquences se succèdent et l’enquête poursuit son cours, de rebondissements en rebondissements.
Le spectateur peut s’identifier à l’un ou l’autre des personnages et revoir sa vision des faits suivant les analyses perspicaces du Commissaire.


Personnage très savoureux, interprété par Philippe Perussel, il est aussi sarcastique que perspicace.
François Nambot est le parfait mari jaloux avec ses doutes et ses faiblesses.


Malvina Morisseau joue les tombeuses sans aucune culpabilité pendant que Raphaëlle Léman nous éblouit par sa personnalité de femme-enfant ou femme fatale très sûre d’elle. .
La complicité des comédiens tient à un petit secret.: La troupe joue ensemble depuis des années.

Le Commissaire les a initiés au théâtre. ce petit monde était si heureux de jouer ensemble que Raphaëlle les a réunis à l’occasion de sa première mise en scène, parfaitement maîtrisée.

Georges Clouzot avait adapté cette pièce pour le cinéma .
Il est vrai que le découpage en mini séquences s’enchaînant comme une mécanique bien huilée mais -pleine de surprises , préparait le même succès.
L’intrigue tient bien la route et l’humour est omniprésent.


Les spectateurs sont ravis, comme après la lecture d’un bon polar au coin du feu.
18 févr. 2023
8,5/10
1
Paul Weylberg, mécène, est retrouvé assassiné chez lui. Dans le cercle proche, il y a Noël, artiste peintre et sa femme, Belle. Celle-ci est une grande séductrice et attise la jalousie naturelle de Noël.
Renée est la meilleure amie de Belle et est très sensible au charme de Noël. Le gardien de l’immeuble effectue son travail de surveillance « naturelle ».
Le commissaire Honoré Maria s’intéresse au couple dans le cadre de son enquête. Il est un commissaire à la Maigret, tranquille mais plus dynamique. Il lance les informations utiles et précises pour faire avancer son enquête. Il y a d’excellentes remarques dans un style humour noir. Il sera aidé par les informations du gardien et s’intéressera aussi à la meilleure amie, Renée.

Dans ce huis-clos l’enquête avance et permettra au fil de la pièce de révéler la vérité.
On se prend au jeu de l’enquête. C’est crédible. On voit les avancées du commissaire. La mise en scène en mode film policier noir et blanc des années 50 est bien faite. C’est très bien joué.

Pour être franche, je n’ai pas été suspendue par l’histoire mais j’ai apprécié et c’est crédible.
Bref, c’est une pièce commerciale bien mise en scène avec une histoire fluide. Un bon moment.
13 févr. 2023
8,5/10
7
Voici un polar théâtral à l’esthétique soignée, à l’image des films noirs de l’après-guerre, tout en élégance et en tension, et jouant sur des impressions distillées progressivement.

« Paris, fin des années 40. Paul Weylberg, célèbre mécène, collectionneur d’art et séducteur invétéré, est mystérieusement assassiné. L’artiste peintre Noël Martin et sa femme Belle, sont amis de la victime. Noël, mari jaloux, semble particulièrement nerveux à l’annonce du meurtre. Il soupçonne Belle, si coquette, si jolie et si courtisée de lui mentir sur la nature de ses relations avec feu Paul Weylberg. L’arrivée, puis l’omniprésence du Commissaire Maria, chargé de l’enquête, sème le trouble dans le ménage Martin, et pousse Noël dans un état d’anxiété toujours plus intense…»

Nous passons en revue les indices découverts grâce à un découpage savamment construit, ponctué par des noirs laissant voir une phrase en fronton pour annoncer la suite de la série de scènes jouées à la façon de plans-séquence cinématographiques. L’enchainement des épreuves subies par les protagonistes nous enferme avec eux dans un huis clos mystérieux et complexe, aux charmes désuets d’un divertissement policier tout en noir et blanc, ou presque.

C’est un sympathique divertissement particulièrement bien façonné. Du décor habile de Camille Vallat aux costumes superbes de Virginie H. en passant par les jeux de lumière de Denis Koransky et l’ambiance sonore de Thomas Fourel, l’ensemble compose une beauté formelle particulièrement efficace et bienvenue pour laisser le plateau à une troupe en verve et convaincante, mise en scène avec une précision ciselée par Raphaëlle Lémann. Les artistes nous embarquent dès le début et attisent notre curiosité jusqu’au bout. Raphaëlle Lémann, François Nambot, Malvina Morisseau, Bertrand Mounier et Philippe Perrussel rivalisent de finesses, d’éclats et de truculences dans leurs jeux.

Une énigme policière qui tient en haleine jusqu’à sa fin. Bien malin qui trouvera avant qui est coupable (quoique j’avoue l’avoir su dès le début mais je me suis tu je vous rassure et ce, bien que mes voisins Y. et M. n’aient cessé de me harceler). Un agréable moment de théâtre de plaisir. Bien ficelé et surtout très bien joué.
6 févr. 2023
8,5/10
4
Meurtre au Petit Montparnasse !

En général réservé au cinéma, le Polar est plutôt rare au théâtre.

Tout d'abord roman, publié en 1941 par l'auteur belge Stanislas André-Steeman, puis adapté en pièce de théâtre par le même auteur, c'est Henri-Georges Clouzot qui rendra célèbre ce "Quai des orfèvres" au cinéma en 1947.

Et au théâtre qu'est ce que ça donne ? Et bien ça fonctionne parfaitement.
On est pris par l'intrigue, on ne décroche pas d'un pouce, avides de connaître le dénouement....Un vrai polar quoi !

La mise en scène de Raphaëlle Lémann fonctionne parfaitement. Rythmée et efficace, elle donne leur juste place à l'action aussi bien qu'aux détails, si importants dans une enquête.

Le décor nous plonge avec beaucoup de réalisme dans les années 40.

Les comédiens sont extrêmement convaincants.
François Nambot en parfait mari jaloux, Bertrand Mounier, irrésistible concierge fouineur, et Philippe Perrussel commissaire digne héritier de Simenon et Colombo.
Quand à Raphaëlle Lémann, elle campe une Belle aguicheuse avec beaucoup de talent.

Meurtre, mari jaloux, multiples suspects et rebondissements .....sans oublier une bonne dose d'humour.
Un cocktail diablement efficace pour passer un bonne soirée !
27 janv. 2023
10/10
4
« Quai des orfèvres » de Stanislas-André Steeman dans une mise en scène de Raphaëlle Lémann sur la scène du théâtre du Petit Montparnasse est une plongée dans un bien mystérieux crime au cœur des années quarante.

Stanislas-André Steeman est un auteur belge que l’on surnommait le « Siméon belge », bien que ce dernier, pour la blague, était également de la même nationalité. Il est l’auteur entre autres du très fameux « L’assassin habite au 21 » paru en 1942.
Sa pièce que l’on découvre ce soir est tirée de son roman paru en 1941 sous le titre « Légitime défense », qui est devenu en 1947 dans l’œil de la caméra d’Henri-Georges Clouzot : « Quai des orfèvres », avec en tête d’affiche Louis Jouvet.

Une enquête menée tambour battant par le commissaire Honoré Maria qui se déroule en six tableaux. Un commissaire non dénué d’humour avec ses réparties : « Ces morts subites ça vous prend de court », ou encore « On n’embarque que les criminels, pas les menteurs ».
Un huis clos que l’on découvre dans le salon atelier du couple Belle et Noël Martin. Un atelier où traînent quelques toiles à même le sol, des tubes de peintures et moult pinceaux, supplantés par un chevalet en attente de création.
Une ambiance dans un clair-obscur des années quarante traduite par un camaïeu de gris des costumes de Virginie H et du décor de Camille Vallat, soulignée par les lumières de Denis Koransky.

Un jeune artiste peintre à l’avenir prometteur, Noël, jaloux des fréquentations de sa femme, Belle, qui bien malgré elle attire les regards, avec sa chevelure flamboyante, les convoitises de la gent masculine.
Le gardien de l’immeuble, M. Elias, à la cravate et la casquette insolentes rehaussées d’une belle paire de bretelles, protecteur de ce couple, apprend au mari un crime qui les touche de près, celui de leur « ami » Paul Weylberg, collectionneur d’art de son état, enveloppé dans un portrait de séducteur invétéré. Un crime commis dans les beaux quartiers : rue de Passy.
Il semblerait que des chinois aient fait le coup, en dérobant des pièces rares, d’où le titre du premier tableau qui apparaît dans la pénombre de l’action : « Où tout commence par des chinoiseries » !
Des clins c’œil qui apparaîtront au début de chaque tableau, comme un révélateur d’indices, laissant le spectateur mener sa propre enquête en parallèle à celle du commissaire Maria qui se plaît à provoquer le pauvre Noël afin de lui faire cracher le morceau !
Car de bien entendu en tant que mari jaloux, il coche toutes les cases du suspect idéal.
Graviteront autour du couple, la meilleure amie de Belle, Renée, et l’ami artiste peintre de Noël, Klein.
Chacun d’entre eux a une bonne raison d’être le coupable de ce crime dont les moteurs sont la jalousie, la passion, l’amitié.
Une atmosphère légère et angoissante vient habiller cette enquête avec les fonds sonores de Thomas Fourel, passant de la légèreté des chants d’oiseaux aux cris des enfants dans la cours de récréation au pied de l’immeuble pour souligner la progression du mystère, de l’enquête avec cette pluie révélatrice d’un orage sous-jacent.

François Nambot est comme un poisson dans l’eau dans son rôle de Noël, torturé par sa jalousie qui pourrait le conduire à l’inévitable, Raphaëlle Lémann dans celui de Belle, joue à la perfection celui de l’élégante des beaux quartiers à la personnalité ambivalente. Malvina Morisseau interprète le rôle de la meilleure amie, Renée, provocante à souhait, cherchant la faille de son partenaire dans le jeu de la séduction, dans une mystérieuse progression.
M. Elias alias Bertrand Mounier, la mouche du coche, apporte une belle touche d’humour dans la noirceur de cette enquête qui nous tient en haleine. Il joue également fort judicieusement le rôle de l’ami Klein. Une enquête menée habilement par le commissaire Maria sous les traits de Philippe Perrussel qui a du métier pour faire parler le plus récalcitrant des suspects.

Raphaëlle Lémann signe une mise en scène sobre, discrète mais efficace, au service de la progression de l’intrigue qui poursuit son chemin jusqu’à bien sûr la révélation du coupable dans la plus pure tradition d’une pièce policière digne de ce nom.

Jour de Première très réussi, qui a de beaux jours en perspective, et qui assurément laissera travailler vos méninges pour trouver le ou la coupable, tant les fausses pistes foisonnent dans cet univers digne d’un polar.