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Zola l'infréquentable

Zola l'infréquentable
Mis en scène par Didier Caron
Avec Bruno Paviot
  • Bruno Paviot
  • Pierre Azema
  • Théâtre de la Contrescarpe
  • 5, rue Blainville
  • 75005 Paris
  • Place Monge (l.7)
Itinéraire
À l'affiche du :
5 octobre 2022 au 13 janvier 2023
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Le 5 janvier 1895, Émile Zola dîne, comme à l’accoutumée, chez son ami Alphonse Daudet. Le fils de ce dernier, Léon Daudet, pamphlétaire nationaliste et antisémite, rentre de l’École Militaire où il vient d’assister à la dégradation du capitaine Dreyfus, événement qu’il couvre pour Le Figaro. Son article est prêt. Il en donne un résumé ignominieux. Zola s'indigne. De cette confrontation, Émile Zola ressort transfiguré. Il décide alors de se lancer dans ce qui devient déjà « L’Affaire ». C’est ce soir-là que tout a commencé.

 Après Fausse note, Didier Caron revient au Théâtre de la Contrescarpe pour une nouvelle pièce, centrée autour de la figure de Zola : « J’ai souhaité esquisser un portrait plus ambivalent d’Émile Zola à travers cette relation véridique et conflictuelle avec Léon Daudet. L’autre motivation pour écrire Zola l’infréquentable était, hélas, l’extraordinaire similitude avec ce que notre époque traverse toujours maintenant, cet antisémitisme virulent qui n’a jamais disparu et qui était toléré…

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L'AVIS DE LA REDACTION : 8/10

"La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera"

Grâce à une écriture intelligente, rythmée et efficace, Didier Caron - qui nous avait déjà régalé avec "Fausse note" - nous dévoile une facette de Zola que nous connaissons peu et nous invite dans son intimité.
Celle d'un homme en proie au doute, d'un homme rempli d'humanité, mais aussi de faiblesses.
Ce qui rend son combat pour Dreyfus et pour la liberté d'autant plus courageux.

Pour raconter cet épisode de la vie du grand auteur, deux comédiens magnifiques nous offrent une joute verbale passionnante.

C'est Pierre Azéma qui endosse le costume de Zola, et avec lui un fragment de l'histoire.
L'enjeu est de taille et le pari largement réussi.
Le comédien incarne totalement chacune des émotions de l'écrivain, et manie la colère aussi bien que l'ironie ou le désespoir.

Face à lui, Bruno Paviot campe un antisémite terriblement juste, et nous fait entendre toute la brutalité et l'aveuglement des hommes.

Le petit théâtre de la Contrescarpe est plein, et c'est amplement mérité.
Ce qui se joue sur scène n'est rien moins qu'un combat nécessaire au bonheur des hommes....
Et à celui des spectateurs !

Sylvie Tuffier

Parole d'acteur : "C'est une grosse responsabilité car tout le monde a son idée de Zola, mais peu de gens - et c'était mon cas - connaissent son intimité. Pour comprendre et interpréter le personnage, il me fallait être à la hauteur de son engagement et amener son humanité sur la scène.

C'est cela qui fait toute la beauté et toute la difficulté de notre métier". (Pierre Azéma)

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Toutes les critiques
21 nov. 2022
8/10
2
Éloquent, Percutant, Attrayant.
Nous connaissons Zola défenseur de Dreyfus avec la publication en Janvier 1998, dans le quotidien l’Aurore, de l'article « J’accuse… !
Ainsi que pour son œuvre contant l’histoire sociale d’une famille ouvrière sous le second empire « Les Rougon-Macquart ». Émile Zola fait partie du mouvement naturalisme qui veut dépeindre la vérité et la réalité du monde.
Didier Caron nous dresse un portrait plus contrasté, contant la force et les faiblesses de ce grand homme.
Émile Zola le 5 Janvier 1895 vient rendre visite son ami Alphonse Daudet souffrant. Dans le salon, il croise Léon Daudet, fils de ce dernier.
Léon Daudet vient d’écrire un pamphlet innommable sur Dreyfus qui scandalise Émile Zola.
Suite à cette confrontation, Émile Zola va s’engager dans la défense de Dreyfus.
Les deux hommes se rencontrent plusieurs fois jusqu’à la mort suspecte et accidentelle par asphyxie le 29 Septembre 1902 d’Émile Zola.
A travers la polémique qui oppose avec les deux hommes, nous découvrons une image modulée mais très humaine d’Émile Zola qui entre autres ne fut point un modèle dans sa vie amoureuse.
Léon Daudet, raciste, d’extrême droite et piètre écrivain imbu de sa personne déteste Émile Zola. En compagnie de ses semblables antisémites, racistes et nationalistes, il le traine dans la « boue »
Barbey d’Aurevilly le nomme « Michel-Ange de la crotte »
Cela nous fait frémir car sous nos yeux aujourd’hui l’extrême droite, le racisme et l’intolérance sont bien présent dans le monde et nous avons peu ‘Émile Zola’.
Les dialogues entre ces deux hommes sont ciselés, puissants et éloquents empreints de finesse et d’ironie.
La mise en scène de Didier Caron est orchestrée avec adresse, les scénettes s’enchainent avec aisance.
La scénographe de Capucine Grou-Radenez sobre, crée une ambiante feutrée et intimiste.
Les lumières modulées de Denis Schlepp intensifient les émotions.
Pierre Azéma incarne avec brio Émile Zola, défendant ses convictions avec puissance et vigueur mais aussi plein de tendresse, de repentis vis-à-vis de son épouse Alexandrine et de regrets, d’amour envers ses enfants et leur mère Jeanne.
Bruno Paviot interprète avec grand talent Léon Daudet, méprisant, arrogant, sûr de lui et cynique.

Nous traversons avec plaisir la grande histoire et l’intimité d’Émile Zola.
27 oct. 2022
8/10
2
"La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera"

Grâce à une écriture intelligente, rythmée et efficace, Didier Caron - qui nous avait déjà régalé avec "Fausse note" - nous dévoile une facette de Zola que nous connaissons peu et nous invite dans son intimité.
Celle d'un homme en proie au doute, d'un homme rempli d'humanité, mais aussi de faiblesses.
Ce qui rend son combat pour Dreyfus et pour la liberté d'autant plus courageux.

Pour raconter cet épisode de la vie du grand auteur, deux comédiens magnifiques nous offrent une joute verbale passionnante.

C'est Pierre Azéma qui endosse le costume de Zola, et avec lui un fragment de l'histoire.
L'enjeu est de taille et le pari largement réussi.
Le comédien incarne totalement chacune des émotions de l'écrivain, et manie la colère aussi bien que l'ironie ou le désespoir.

Face à lui, Bruno Paviot campe un antisémite terriblement juste, et nous fait entendre toute la brutalité et l'aveuglement des hommes.

Le petit théâtre de la Contrescarpe est plein, et c'est amplement mérité.
Ce qui se joue sur scène n'est rien moins qu'un combat nécessaire au bonheur des hommes....
Et à celui des spectateurs !
23 oct. 2022
7/10
6
Qu'il est bon de redécouvrir cette page d'histoire, ô combien importante, sous la forme originale d'une pièce de théâtre.

C'est plus qu'une pièce, un duo, un duel, entre deux comédiens investis des passions des célèbres personnages qu'ils incarnent.

Le jeu et le texte s'entremêlent, intenses. Alternent la fougue d'une querelle, la douceur d'un monologue plus intimiste, et même, des apartés teintés d'humour, qui brisent le quatrième mur pour le plus grand plaisir du public, qui découvre ainsi un peu plus de l'état d'esprit des protagonistes.

Le décor minimaliste change de manière subtile au fur et à mesure de l'intrigue, pour ne jamais prendre le pas sur ces répliques, cette émotion, ni sur cette modernité que le thème principal, l'injustice, fait résonner au travers de la salle et des époques.

Mention spécial à Pierre Azéma, que l'on avait vu dernièrement dans Fausse Note, également de Didier Caron, et qui est terriblement convaincant et élégant, sous le couvre-chef de Zola.
20 oct. 2022
8/10
5
Revenons quelques temps auparavant, dans le salon d’Alphonse, Emile Zola s’apprête à partir, mais voici Léon Daudet, surexcité il revient de l’Ecole Militaire, on a dégradé Dreyfuss ! L’antisémite Léon est aux anges, tout l’oppose à Zola.

Zola le connaît depuis longtemps, il n’a guère d’estime pour ce personnage, écrivain sans talent, raciste, antisémite. Léon quant à lui, déteste Zola « l’italien », déteste ses écrits, ils sont au moins d’accord sur quelque chose, ils se méprisent !

Zola a une vie privée compliquée, une femme tolérante, une maitresse et deux jeunes enfants. Léon est en instance de divorce avec Jeanne Hugo, petite-fille de l’écrivain (Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir…).

Le duel verbal sera rude entre les deux hommes, Zola essayant de fléchir Daudet, n’arrivant pas à le convaincre. Viendra la publication de «J’accuse » dans le journal l’Aurore, Zola sera contraint de s’enfuir en Angleterre. Sa fin de vie restera un mystère, assassinat ou pas ?

Didier Caron a signé une page d’Histoire importante et nécessaire, sa mise en scène est puissante, et quels merveilleux comédiens que Pierre Azéma et Bruno Paviot.

Ils sont parfaitement ancrés dans leurs personnages et leurs joutes verbales sont un délice !
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor