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Voyage dans les mémoires d’un fou

Voyage dans les mémoires d’un fou
De Lionel Cecilio
Avec Lionel Cecilio
  • Lionel Cecilio
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
Itinéraire
Billets à 25,00
Evénement plus programmé pour le moment
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Un jeune homme vient d’apprendre qu’il était atteint d’une maladie incurable et mortelle. Il décide d’écrire à un lecteur imaginaire pour le faire dépositaire de ses mémoires.

En replongeant dans ses souvenirs, il s’offre une seconde vie et renait sous nos yeux.

 

Note rapide
7,4/10
pour 8 notes et 8 critiques
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Note de 1 à 3
0%
3 critiques
Note de 4 à 7
38%
5 critiques
Note de 8 à 10
63%
Toutes les critiques
12 mai 2019
10/10
3 0
« Voyages dans les mémoires d’un fou » de, avec et mis en scène par Lionel Cecilio au théâtre Essaïon, un voyage qui nous rappelle qu’il ne faut pas oublier de vivre !

Un seul en scène d’une rare intensité, prodigieusement intelligent, d’une magnifique écriture, d’une sensibilité et d’une drôlerie qui vous envoient au tapis KO.

Nous sommes les témoins involontaires ou pas de la dernière nuit d’un jeune homme atteint d’une maladie incurable qui couche sur le papier ses mémoires ; ses mémoires d’un fou : mais qui est le fou ? Lui ? Vous ? Nous ?
Il s’adresse à un lecteur imaginaire qui se matérialise par le spectateur que nous sommes, brisant ainsi le quatrième mur, mais vous l’aurez compris un spectateur qui n’a pas le droit de réponse, alors écoutons.

Quelques notes de musique s’envolent d’un violoncelle et notre personnage fait son entrée par une porte où une belle lumière s’échappe ainsi qu’une conversation, surtout qu’on ne le dérange pas, il va, le temps d’une nuit, s’attabler et écrire.
Une simple table, avec une plume, son encrier et une bougie qui sera allumée et éteinte au gré de l’avancement de la soirée. Une odeur de soufre viendra chatouiller nos narines lors du grattage de l’allumette, renforçant ainsi l’atmosphère d’une époque révolue. Un seul en scène qui aurait très bien pu se passer au XIXe siècle, siècle où vécut Gustave Flaubert, dont des passages de ses « Mémoires d’un fou » parsèmeront le récit de ce jeune malade.

Lionel Cecilio ce magicien des mots, s’empare de la scène avec une telle présence qu’il nous est impossible de décrocher notre regard du sien jusqu’à la nuit tombée. Un rythme effréné pour nous faire vivre les dernières heures de ce jeune homme dans un récit qui n’est pas du tout macabre mais qui au contraire est rempli de poésie, passant sans frontière, sans complaisance du rire à l’émotion pure. Doté d’une technicité remarquable, quand il chuchote ou quand il s’emporte, aucun mot, aucune parole ne nous échappe. Il est impressionnant de vérité ; sa sincérité de jeu est à la fois émouvante et bienveillante : il est profondément humain.

« Enfant, j’avais mal à l’être, jeune homme mal au cœur, et à présent adulte j’ai mal au corps. »

Toute une galerie de personnages viendra construire ce récit. Des personnages qui ne manqueront pas de nous toucher ou de nous déclencher des rires libérateurs.
Lionel Cecilio, à la plastique et l’aisance d’un félin, sait parfaitement prendre la posture d’un professeur ou d’un médecin plus vrai que nature. On rit bien volontiers de ses pitreries entre deux moments de tension, des moments où la santé du jeune homme se dégrade et le conduit vers l’inexorable.
Nous sommes enivrés par les jeux de mots qui auraient certainement plu à Raymond Devos. D’ailleurs il faudrait venir plusieurs fois voir le spectacle pour en apprécier toute leur intensité.
Comment ne pas rire par exemple lors du duo entre Albert Einstein et Dieu où il met en doute sa toute puissance, ou encore lors de la scène de la messe avec la conception de Jésus et le travail des croix de Joseph.
Tout comme également la scène avec la bonne portugaise où la prononciation des lettres sème la confusion : un problème de vocabulaire.
Dans des moments partagés entre le passé, l’enfance, le présent et un futur impossible ; un jeune homme se débat, sa mémoire s’emmêle, s’emballe, qui nous fait part de son ennui, d’une liberté recherchée, mais qui aussi exprime sa colère, sa révolte devant tant d’injustice allant jusqu’à la folie, l’évasion pour finir dans l’abandon. Qu’est-ce que la vie ?

« La société nous enseigne que les larmes ne nourrissent aucun sentiment. Les cimetières sont les seuls jardins arrosés uniquement des larmes des hommes et il n’y pousse que des pierres, du marbre, la plus froide d’entre elles. »

Surtout ne vous arrêtez pas au titre du spectacle, Lionel Cecilio est exceptionnel dans son seul en scène. Une performance qu’il ne faut absolument pas rater.
Il s’est entouré de passionnés qui ont su habilement mettre dans la lumière tout son talent de poète, de comédien : Lucien Pesnot pour la musique, Johanna Boyer-Dilolo pour les lumières et Sylviane Bauer-Motti pour les chorégraphies.

Un véritable coup de cœur !
15 avr. 2017
6/10
13 0
Apres vos critiques dithyrambiques je m'attendais à autre chose. L'écriture est jeune certes mais il sait très bien manié les mots et les différents sens que peuvent avoir ceux ci.

Mais je n'ai pas été ému par le personnage. Beaucoup de longueurs et je n'ai pas retrouvé le clown de l'affiche.
Pour moi cela été une déception mais sûrement car j'y avais mis trop d'attente.
19 févr. 2017
7/10
36 0
Une belle soirée avec Lionel Cecilio, je craignais qu'on ne tombe dans le pathos vu le sujet (un jeune homme découvre qu'il est atteint d'une maladie douloureuse, incurable et mortelle au final) mais on est en fait dans l'univers d'un homme libre qui partage ses pensées qu'il couche sur du papier dans une petite chambre qui nous sert de décor.

On passe en revue des anecdotes sur sa jeunesse, des échanges avec son médecin et des réflexions sur l'humanité très justes (le passage sur Einstein et Dieu est juste hilarant). Lionel Cecilio incarne avec justesse tous les personnages qui interviennent.

L'ambiance intimiste de sa chambre où il écrit ses réflexions est très joliment restituée grâce à un jeu de lumière.

Un joli moment de théâtre.
21 juil. 2016
10/10
23 0
J’avais manqué le spectacle à Paris faute de temps, et c’est avec plaisir de je suis allée enfin découvrir ce spectacle, dont j’entendais de nombreux éloges, lors de ma venue au Festival d’Avignon. Eh bien, j’ai pris une magnifique claque théâtrale !

« Voyage dans les mémoires d’un fou », c’est une brillante performance proposée sous forme d’un seul-en-scène écrit et interprété par Lionel Cecilio qui mènera ici une réflexion profonde, poétique et touchante sur la vie, quelques questions existentielles et absurdités de notre société actuelle. Voici une merveilleuse leçon de vie et de la notion de courage, de la nécessité de croire en soi et en ce que la vie peut nous apporter de positif.

Au travers d’une critique de la médiocrité humaine et à l’aide de quelques personnages, d’un jeu d’acteur bluffant et saisissant, de jeux de lumières, d'une énergie folle, c’est avec une écriture sublime d’une grande finesse et justesse et qui pousse à la réflexion, que le comédien nous tiendra en haleine tout au long de la représentation.

« Voyage dans les mémoires d’un fou » est un petit bijou théâtral qui nous fait sourire, rire, nous émeut, et surtout qui ne laisse pas indifférent, l’un de mes coups de cœur de cette édition du Festival d’Avignon.
15 juil. 2016
8/10
34 0
C’est un seul-en-scène impressionnant : Lionel Cecilio campe une multitude de personnage avec une aisance exemplaire. Du médecin fataliste à l’enfant naïf ou à la femme de ménage portugaise, le comédien sait tout faire, et c’est bluffant. Quant au texte, il est tantôt incisif, parfois drôle et surtout puissant. La mise en scène apporte au spectacle une dimension intemporelle : visuelle et sonore, elle transporte le spectateur dans ce voyage fou. C’est « une dimension parallèle comme un rêve, dont on ne prend conscience que lorsque l’on en sort en se réveillant » précise l’auteur et metteur en scène. Un voyage à travers la vie, un voyage vers la mort et l’espoir de ne plus souffrir.

Voyage dans les mémoires d’un fou est un spectacle intelligent, émouvant, drôle et poétique à la fois. Une vraie performance d’acteur comme on n’a pas l’habitude d’en voir.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor