Voyage dans les mémoires d’un fou

Voyage dans les mémoires d’un fou
De Lionel Cecilio
Avec Lionel Cecilio
  • Lionel Cecilio
  • Théâtre Essaïon
  • 6, rue Pierre-au-Lard
  • 75004 Paris
  • Rambuteau (l.11)
Itinéraire
Billets à 25,00
À l'affiche du :
25 avril 2019 au 15 juin 2019
Jours et horaires
Ajoutez la pièce à votre agenda en sélectionnant une date. Attention, vos espions pourraient l'apprendre !
l m m j v s d
    • HORAIRE
    • 21:15
Achat de Tickets

Un jeune homme vient d’apprendre qu’il était atteint d’une maladie incurable et mortelle. Il décide d’écrire à un lecteur imaginaire pour le faire dépositaire de ses mémoires.

En replongeant dans ses souvenirs, il s’offre une seconde vie et renait sous nos yeux.

 

Note rapide
7,4/10
pour 7 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
3 critiques
Note de 4 à 7
43%
4 critiques
Note de 8 à 10
57%
Toutes les critiques
15 avr. 2017
6/10
13 0
Apres vos critiques dithyrambiques je m'attendais à autre chose. L'écriture est jeune certes mais il sait très bien manié les mots et les différents sens que peuvent avoir ceux ci.

Mais je n'ai pas été ému par le personnage. Beaucoup de longueurs et je n'ai pas retrouvé le clown de l'affiche.
Pour moi cela été une déception mais sûrement car j'y avais mis trop d'attente.
19 févr. 2017
7/10
36 0
Une belle soirée avec Lionel Cecilio, je craignais qu'on ne tombe dans le pathos vu le sujet (un jeune homme découvre qu'il est atteint d'une maladie douloureuse, incurable et mortelle au final) mais on est en fait dans l'univers d'un homme libre qui partage ses pensées qu'il couche sur du papier dans une petite chambre qui nous sert de décor.

On passe en revue des anecdotes sur sa jeunesse, des échanges avec son médecin et des réflexions sur l'humanité très justes (le passage sur Einstein et Dieu est juste hilarant). Lionel Cecilio incarne avec justesse tous les personnages qui interviennent.

L'ambiance intimiste de sa chambre où il écrit ses réflexions est très joliment restituée grâce à un jeu de lumière.

Un joli moment de théâtre.
21 juil. 2016
10/10
23 0
J’avais manqué le spectacle à Paris faute de temps, et c’est avec plaisir de je suis allée enfin découvrir ce spectacle, dont j’entendais de nombreux éloges, lors de ma venue au Festival d’Avignon. Eh bien, j’ai pris une magnifique claque théâtrale !

« Voyage dans les mémoires d’un fou », c’est une brillante performance proposée sous forme d’un seul-en-scène écrit et interprété par Lionel Cecilio qui mènera ici une réflexion profonde, poétique et touchante sur la vie, quelques questions existentielles et absurdités de notre société actuelle. Voici une merveilleuse leçon de vie et de la notion de courage, de la nécessité de croire en soi et en ce que la vie peut nous apporter de positif.

Au travers d’une critique de la médiocrité humaine et à l’aide de quelques personnages, d’un jeu d’acteur bluffant et saisissant, de jeux de lumières, d'une énergie folle, c’est avec une écriture sublime d’une grande finesse et justesse et qui pousse à la réflexion, que le comédien nous tiendra en haleine tout au long de la représentation.

« Voyage dans les mémoires d’un fou » est un petit bijou théâtral qui nous fait sourire, rire, nous émeut, et surtout qui ne laisse pas indifférent, l’un de mes coups de cœur de cette édition du Festival d’Avignon.
15 juil. 2016
8/10
34 0
C’est un seul-en-scène impressionnant : Lionel Cecilio campe une multitude de personnage avec une aisance exemplaire. Du médecin fataliste à l’enfant naïf ou à la femme de ménage portugaise, le comédien sait tout faire, et c’est bluffant. Quant au texte, il est tantôt incisif, parfois drôle et surtout puissant. La mise en scène apporte au spectacle une dimension intemporelle : visuelle et sonore, elle transporte le spectateur dans ce voyage fou. C’est « une dimension parallèle comme un rêve, dont on ne prend conscience que lorsque l’on en sort en se réveillant » précise l’auteur et metteur en scène. Un voyage à travers la vie, un voyage vers la mort et l’espoir de ne plus souffrir.

Voyage dans les mémoires d’un fou est un spectacle intelligent, émouvant, drôle et poétique à la fois. Une vraie performance d’acteur comme on n’a pas l’habitude d’en voir.
24 avr. 2016
9/10
55 0
Le jeune homme de vingt ans, assis à son petit bureau de bois et tenant d’une main habile sa plume d’oie, vient d’apprendre que son corps est atteint par une maladie rare, incurable et mortelle.

Faisant d’un lecteur imaginaire le dépositaire des mémoires de sa courte vie, il nous livre un récit subtil, tour à tour drôle et touchant, hilarant et réflexif, à la manière de l’existence qui sait se construire autour de ces différentes émotions qui s’entrechoquent dans notre quotidien. Les souvenirs lui reviennent et reprennent forme sous nos yeux, se mêlant à des réflexions philosophiques voire ésotériques d’une vie qui lui échappe de plus en plus. Au départ, sa prise de notes quotidiennes s’attache à rédiger les mémoires d’une maladie qui occupe son corps et à inscrire sur son journal intime l’échelle de sa douleur de 1 à 10. Mais très vite, il transmet au lecteur « tout ce qui se passe dans la pensée et dans l’âme », lui le spectateur d’un monde incompréhensible en marge duquel il survit.

Souvenirs, anecdotes ou conseils se bousculent au bout de sa plume, comme une urgence de tout coucher sur le papier : « Appliquez-vous dans vos erreurs, les gens ne se souviendront que de vos faux-pas ». Des divagations tendres et loufoques, justes et pertinentes, qui se déroulent avec une belle fluidité.

« Le visage sans ride et le cœur sans passion », le personnage s’évade par la pensée. Lui qui aimait les mots et les sonorités, il fait de son texte un formidable témoignage d’un amour sans fin pour ces assemblages de lettres dont il se joue, s’appuyant sur leur sens ou les faux amis pour une savoureuse logorrhée. Les mots, dit-il, sont comme des femmes : « ils sont bruyants, ils ne veulent pas toujours dire ce que l’on pense qu’ils veulent dire mais ils donnent du sens aux choses [...] et on ne peut pas vivre sans ». Lionel Cecilio, seul en scène, s’appuie sur les mots et peint toute une galerie de personnages qui vivent à jamais dans son esprit. Le duo imaginé entre Dieu et Albert Einstein est particulièrement savoureux, tout comme l’intervention de Jeanne d’Arc qui veut descendre (et qui verra son vœu exaucé sur le bûcher), tandis que le discours de l’entraîneur de boxe, juste, sensible et touchant, nous arrachera quelques larmes furtives. Grâce à un éclairage changeant, les tableaux se succèdent, suivant le fil de ses souvenirs inscrivant dans la mémoire du lecteur chaque étape importante de la vie du jeune homme. Nous le revoyons enfant, curieux de comprendre le monde qui l’entoure, chérissant son ennui et se heurtant à la responsable de l’étude : « le rêve peuplait mon ennui et mon ennui nourrissait mon esprit » avoue-t-il.

L’éducatrice abonnée à la pensée unique reste perplexe face à ce passionné des mots, conscient qu’ils se jouent peut-être plus de nous que nous avec eux. Nous assistons, médusés et amusés, à sa découverte du frantugais, une langue en forme de clin d’œil, à mi-chemin entre les deux origines de Lionel Cecilio, où les faux amis et les jeux de mots forment un nouvel horizon pour le jeune malade qui devient de plus en plus immobile, prisonnier d’un corps en pleine solidification jusqu’à ce que la cage qui le retient ne se brise.

Exclu de l’Eglise où son questionnement est rejeté dans un monde où la pensée unique doit régner, l’écrivain de ses mémoires choisit le rêve comme échappatoire. Dès sa plus tendre enfance, il interrogeait son père sur des sujets irrationnels : « Si l’on est vieux sans être grand, alors on est fou ? » s’enquiert-il ? « Non, on est libre ! » s’entend-il comme toute réponse. En effet, ce n’est pas dans les mémoires d’un fou que nous voyageons mais dans celles d’un homme libre, loin du monde qui le rejette mais tellement près de ce qui fait l’essentiel d’une plénitude puisqu’il « y a du génie dans le malentendu ». Alors, exclu de tous, il finit par se tourner vers la communauté du théâtre, où il est fou parmi les fous pour ne plus l’être. Et comme sur scène, on ne meurt pas, il se garantit un billet en première classe pour l’éternité. Mais rien n’existe si l’on n’y croit pas. Alors, à l’heure de sa mort, il veut vivre et croire encore puisque « le poète n’est pas fou, il est prophète, il est libre ».

Lionel Cecilio nous présente un seul-en-scène poétique, sincère, marquant et plein de vie, dans les dédales d’un esprit vif et libre. Il « tente de combattre l’absurde et de comprendre le non-sens » avec une écriture incisive et largement maîtrisée, intelligible et talentueuse dans les fourberies linguistiques et la manipulation des mots, des sonorités, des sens. Un merveilleux voyage au cœur du langage, berceau de l’existence de l’esprit. Et comme le dit si bien l’un des personnages, « c’est quand tu commences à prendre conscience de la mort que tu apprécies la vie ». De notre côté, nous avons pleinement adhéré à la proposition scénique de Lionel Cecilio, formidable interprète d’un fou d’amour et de vie.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor