Une Vie

Une Vie
De Pascal Rambert
Mis en scène par Pascal Rambert
  • Comédie Française - Théâtre du Vieux-Colombier
  • 21, rue du Vieux Colombier
  • 75006 Paris
  • Saint-Sulpice (l.4)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 45,00
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« J’écris pour des corps et des tessitures. Avec ces moyens, je me débrouille pour réfléchir au monde dans lequel je vis et lui donner une forme. » C'est ainsi que Pascal Rambert présente le théâtre qu’il écrit et met en scène, au T2G (Théâtre de Gennevilliers qu’il a dirigé de 2007 à 2016), ailleurs en France et dans le monde entier. Ce créateur sans frontières est un amoureux des acteurs, il pense ses textes pour eux, les écrit à partir d’ eux.

Comme dans Le Début de l’A. qu'il a créé en 2005 à la Comédie-Française, son œuvre entière est un agrégat de matières fictionnelles et bien réelles. Là est la singularité de sa recherche, à la fois très contemporaine, conceptuelle, et en prise directe avec le concret.

La porosité entre l’art et la vie, entre la vie et la mort, est au centre de sa nouvelle création qui se déroule dans un studio de radio, le temps d’une émission monographique sur un artiste. Les évocations de personnes qui lui sont chères sont autant de précipités émotionnels à même de les faire revivre, loin du flash back, dans une dynamique relationnelle en perpétuelle évolution. « On est dans le rêve absolu de ce que j'aime dans la vie », précise l’auteur.

Dans le face-à-face de l’intervieweur et de l’interviewé, il met aussi en scène la tension qui peut naître entre une question et l’absence de réponse : un silence chargé de l’impossibilité de parler – de son art, de soi – jusqu'à ce que soudain la pensée jaillisse, circule.

 

Note rapide
5,9/10
pour 6 notes et 6 critiques
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4 critiques
Note de 4 à 7
67%
2 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
3 juil. 2017
8/10
20 0
Du Pascal Rambert avec ce que j'adore et ce que je déteste.

Ce qui reste une expérience assez étourdissante. Mise en scène parfaite, comédiens au sommet, et encore un texte qui nous emporte loin, nous perd, nous agace, nous retient, nous reprend, nous émeut, et au final laisse un goût indéfinissable.

Le théâtre de Pascal Rambert est unique. Il faut le voir et l'entendre. Ce n'est pas lisse, c'est comme la vie, et ça mérité d'être vécu.
17 juin 2017
5/10
35 0
Cécile Brune, Denis Podalydes, Alexandre Pavloff, Hervé Pierre, Pierre Louis-Calixte, Jennifer Decker et Nathan Aznar, je vous aime.
11 juin 2017
5,5/10
26 0
Les comédiens au pouvoir
Les créations proposées au Vieux Colombier sont toujours assez surprenantes. Des logorrhées trop lourdes qui pêchent par excès de zèle littéraire mais par chance, le jeu des comédiens rattrape toujours les propositions. C'est le cas encore ici. Beaucoup trop de phrases trop longues et pas toujours très intéressantes, de silences. Il faut bien se concentrer sur le texte pour éviter de sombrer dans le sommeil. C'est d'autant plus difficile lorsque les gens qui vous entourent n'arrêtent pas de piquer du nez.

Je reste le regard dirigé vers la scène où des comédiens d'exception pratiquent leur art avec talent. L'artiste est interprété par l'excellent Denis Podalydès qui transforment tout ce qu'il touche en quelque chose de fabuleux. Il devient cet artiste détestable joué avec une justesse incroyable. Tout comme le frère, jaloux et frustré, campé avec folie par Alexandre Pavloff, qui tranche avec tous les autres jeux. Il occupe tout l'espace avec empressement, colère et désespoir. Une incroyable prestance qui donne au personnage son authenticité. Et enfin, j'ai adoré le calme et sa présence tranquille de Hervé Pierre. Il a une voix très agréable qui doit être génial à entendre à la radio.  
Pascal Rambert le dit : « je n’écris pas sur la vie privée des acteurs, j’écris pour leur voix, leur corps, leur énergie, précise-t-il, ce sont des êtres humains, pas des personnages de papier ». 

Une mise en scène originale
C'est dans un studio d'enregistrement que se déroule l'histoire. Les murs d'isolations sont blancs et l'espace est assez bien délimité. Une porte de sortie avec une lumière rouge pour indiqué que c'est en enregistrement, un espace où doit être les techniciens pour la diffusion, une bonbonne d'eau, un grand canapé de coin en cuir, une grande table avec cinq sièges style année 70. Tout s'articule dans cet espace très grand. 

Les actions sont ponctuées par un excellent jeu de lumière. Au dessus de la scène une dizaine de grosses lumières avec des filtres devant qui vont monter et descendre selon les besoins. Leur effet de mouvement est assez impressionnant visuellement. En plus, les couleurs vont changer selon les moments du passé qui vont être explorés avec du rouge ou du vert. Un magnifique travail de Yves Godin. Qui se complète très bien avec celui d'Alexandre Meyer qui lui a crée l'univers sonore souvent assez discret. Parfois le silence, puis en tendant l'oreille un son lointain est présent, récurent, qui impose le tragique à la situation. 

Malgré un texte assez pompeux le travail des comédiens est extraordinaire et donne tout l'intérêt à la pièce. Les 1h50 passent plus vite et l'immersion dans le monde fou de l'artiste est plus directe.
7 juin 2017
4/10
54 0
J’ai eu très peur au début du spectacle. On se retrouve dans la cabine d’enregistrement d’une émission de radio où un critique (Hervé Pierre) interroge un artiste (Denis Podalydès), dont on comprend rapidement qu’il peint des portraits mais également des sexes. Le chroniqueur cherche à s’immiscer dans la vie plus personnelle de l’artiste, qui ne laissera pas le critique prendre la main sur l’émission. Bien au contraire, c’est lui qui construira la suite, en évoquant des souvenirs, des personnages marquants de sa vie, de sa mère à sa première liaison en passant par son frère et son meilleur ami.

J’ai eu très peur parce que cette première scène est un condensé de ce que je peux reprocher à Pascal Rambert. L’affrontement en les deux personnages – que les comédiens tentent de sauver autant qu’ils le peuvent – est vite lassante, et pour cause. Cette espèce de « fausse philosophie » que j’avais déjà haïe lors de Répétition s’insinue peu à peu dans ce début de spectacle et je me sentais sombrer vers d’autres cieux lorsque le propos évolue quelque peu : un autre personnage entre. Le premier monologue – car Rambert fonctionne beaucoup en monologues, mais j’y reviendrai après – est incarné par Cécile Brune qui nous prend aux tripes dans son personnage de mère énigmatique mais également de femme intemporelle. Après une entrée plutôt bouillonnante, les lumières rosissent et l’atmosphère se détend : un magnétisme s’instaure entre l’actrice et le spectateur.

Malheureusement, la comédienne qui suit n’a pas la présence de Cécile Brune et le tableau suivant s’avère être un véritable supplice pour moi. Pis encore que Rambert, c’est le combo Decker-Rambert : non seulement le texte n’est pas intéressant, mais en plus il est mal dit. Jennifer Decker braille, mes poils se hérissent, et je me retrouve à me tortiller de malaise sur mon fauteuil. Heureusement, Alexandre Pavloff reprend la main dans un monologue totalement possédé, âcre presque démoniaque. Si le propos est facile – cet homme tombé dans le fanatisme après des frustrations sexuelles, c’est un plaisir non dissimulé de retrouver un Alexandre Pavloff saisissant de démence et d’acidité, auxquels s’ajoute un malheur palpable à travers le regard bien plus qu’au moyen des mots. Pour le dernier monologue, on retrouve un Pierre Louis-Calixte à la partition plus terre-à-terre et plus monolithique, plutôt attendue : ce meilleur ami que tout oppose au peintre, ce diable de la tentation, devrait détonner mais finit par ennuyer.

Malgré un bilan plus mitigé que la première fois, l’auteur commet à mon sens plusieurs erreurs plutôt gênantes : d’abord, la première partie est bien trop polluée par des histoires de sang, de sperme, de chatte, et de jouissance – cherche-t-il à choquer, à interpeller, ou a-t-il encore quelque chose à régler de ce côté-là ? Ensuite, il faut reconnaître que la scène finale qui réunit les différents personnages est plutôt bien construite ce qui entraîne néanmoins deux critiques de ma part : d’abord, c’est plutôt dommage que Rambert se borne à écrire ses pièces comme des suites de monologues (en tout cas en majorité) alors qu’il nous montre qu’il n’est pas si mauvais sur des dialogues. Ensuite, bien que la scène soit plutôt intéressante, il faut reconnaître qu’elle n’a rien à faire ici : à titre d’exemple, le personnage de la mère, qui sort à la manière d’un fantôme qui retournerait dans les Limbes lors de l’un des premiers tableaux, se retrouve ici en train de hurler sur tout le monde ? Étrange.
6 juin 2017
6/10
20 0
C'est l'avis !

Ça partait d'une bonne idée. Lors d'une interview, un artiste se souvient de sa vie passée, se rappelle et rappelle à la vie les êtres chers qui ont marqué son existence et de ce fait son œuvre. Seulement voila, ce qui aurait pu être beau est saboté par des monologues longs et verbeux qui perdent le spectateur dans les méandres d'un fleuve pas tranquille.

« La vie est une longue phrase peu ponctuée, mais avec beaucoup de parenthèses. » Robert Sabatier
Votre critique endiablée
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor