Un Pedigree, Edouard Baer

Un Pedigree, Edouard Baer
De Patrick Modiano
Avec Edouard Baer
  • Edouard Baer
  • Théâtre Antoine
  • 14, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 17,00 à 50,00
Evénement plus programmé pour le moment

Habité, Edouard Baer donne vie au texte de Modiano.

Seul sur scène, il semble inspiré par chacune des phrases tendres ou mélancoliques. Parfois distant avec dandysme, parfois vibrant d'une teinte d'anxiété, le comédien nous fait partager un destin, un héritage, un échange unique.

 

J’écris ces pages comme on rédige un contrat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n’était pas la mienne. Les évènements que j’évoquerai jusqu’à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence – ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio.

Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d’autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie.

Patrick Modiano

  

Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature 2014, est l’auteur d’une trentaine de romans primés par de nombreux prix prestigieux dont le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Les boulevards de ceinture et le prix Goncourt pour Rue des boutiques obscures.

Selon Le Monde, « Un Pedigree restera dans l’histoire de la littérature. Ce texte majeur constitue un trousseau de clés permettant de décrypter tous les autres livres de Modiano »

Edouard Baer est un acteur de 49 ans. Il s'est notamment fait connaitre grâce à son rôle de Monsieur JeSaisTout dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, avec sa fameuse réplique "Mais, vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation..."

Au théâtre, il a joué dans la pièce assez réussie La Porte à Côté de 2014 à 2016.

 

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La critique de la rédaction : 6.5/10. J'ai apprécié cette lecture d’Edouard Baer sans totalement être conquis non plus.

Dans Un Pedigree, Patrick Modiano raconte son histoire. Il commence par celle de ses parents, puis déroule le fil de sa jeunesse. Beaucoup de noms sont cités, des noms de rues, de lieux, des personnes plus ou moins proches de son entourage… Le texte reste volontairement très factuel, descriptif, trop froid à mon goût.

L'écrivain parle de lui avec un grand sens du détail mais une telle distance qu’on se demande quel était son ressenti. Il n'a retenu que les faits et pas ses états d’âme.

J'ai eu du mal avec ce style d'écriture même s’il renforce l'intensité des rares passages écrits avec plus de cœur. Ainsi, les échanges épistolaires entre Patrick et son père sont assez touchants.

Édouard Baer a un jeu sobre, en retenu, voir même un peu fade pour un seul en scène. Le ton est monocorde. La mise en scène a tendance à endormir.

J'ai donc aimé découvrir comment Patrick Modiano s'était construit, la façon dont il aborde sa jeunesse comme un passage obligatoire, expliquant ses futurs thèmes de prédiléction. Néanmoins, je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette lecture au Théâtre Antoine.

Note rapide
6,4/10
pour 8 notes et 6 critiques
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0%
5 critiques
Note de 4 à 7
88%
1 critique
Note de 8 à 10
13%
Toutes les critiques
28 nov. 2016
7/10
117 0
Edouard Baer excelle dans l'exercice.

Le texte est sublime, c'est presque trop court.
2 oct. 2016
6/10
148 0
Cette pièce m'a un peu déçue. Le texte n'est pas mauvais mais l'interprétation d'Edouard Baer m'a laissé un peu sur ma faim : silence trop recherché, manque de naturel, ton monocorde...

La pièce a beau être courte, je l'ai trouvé toutefois très longue. Je pense qu'Edouard Baer a succombé à la tentation de trop s'écouter. A force d'être son propre spectateur il en a oublié le public. Dommage.

Dans le même registre j'avais préféré mille fois Daniel Pennac dans la lecture de son livre "Journal d'un Corps". Plus de sincérité sans doute.
2 oct. 2016
4/10
125 0
Un jeu d'acteur minimaliste puis un surjeu insupportable de la part d'Edouard Baer qui malheureusement n'arrive pas à faire passer des émotions.
Une pièce pour bobo qui doit être vue pour pouvoir le dire à ses collègues le lundi lors de la pause café.
Bref à éviter vous gagnerez une heure à ne pas vous emmerder.
27 sept. 2016
8,5/10
124 0
Des noms, des dates, des rues, quelques lettres.
Comme les pièces d'un puzzle assemblées pour un portrait.

Un homme, seul à son bureau, est à l’orée de quelque chose que l’on ne devine pas, mais dont il extirpe le besoin de faire le point, sur ses géniteurs, son enfance, sur son pedigree.

Le style est sans effusion, voire même documentaire et pourtant, d’une finesse et d’une poésie infinie. De cette enfance transparente, sans véritable amour parental, Modiano ne tire aucune tristesse, ni regret. Il nous présente, là, sans jugement, l’histoire de ses jeunes années, celles d’avant sa vie d’écrivain, d’avant sa « vraie vie ».
A nous de tirer les conséquences que l’on veut, sur l’homme et son œuvre.

Edouard Baer est un choix parfait. Clown triste et dandy mélancolique, il se remémore sous nos yeux, tout en pudeur, ces détails qui font une vie.
21 sept. 2016
5,5/10
106 0
L’affiche était alléchante : d’un coté Modiano l’écrivain de la mémoire, des silences, des interstices, de l’absence, nobélisé pour ce talent même : parler de et pour les disparus ; de l’autre un acteur confirmé un peu dandy un peu Droopy avec l’extraordinaire talent de savoir rendre grave la légèreté ou l’inverse. On s’attendait donc à une rencontre au sommet, Edouard BAER nous semblant l’acteur idéal pour incarner et nous faire vivre les mots de MODIANO.

Dans son discours de réception du prix NOBEL, Modiano évoquait Paris sous l’occupation, comme « absente à elle-même », sur la scène c’est Edouard BAER que l’on a senti absent à lui-même, absent au texte pendant cette interprétation.

On ne sait pas trop si les hésitations de son jeu étaient volontaires, par mimétisme avec la diction de l’écrivain ou si elles ont relevé d’un « mauvais soir »; mais on a senti BAER absent, distancié, voir en péril avec son texte ; en tant que spectateur on a frisé la gêne de le voir se débattre ainsi.

Bien sûr, incarner sans dénaturer un texte d’atmosphère non démonstratif, sans pathos, presque clinique mais d’une haute sensibilité est certainement périlleux, et ceci d’autant plus que Modiano est un écrivain qui laisse une grande part de liberté sensitive à son lecteur, ouvrant à travers ses mots et la construction même de son style de si larges possibilités interprétatives qu’elles peuvent être désaccordées avec l’imaginaire de chacun. Mais la déception n’est pas tant venue du choix d’atmosphère de l’interprétation que du manque d’incarnation de celle-ci.

Bien sur, même « absent » Edouard BAER reste correct, par fugaces instant il a instillé un peu d’émotion : le minimum syndical est fait mais il a manqué sérieusement d’imprégnation avec ce grand texte faussement simple, puissant et fluide, d’un petit bout d’âme, qui aurait incarné cette atmosphère.

Dans ce même discours de réception Modiano a dit : « Mais c’est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l’oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l’océan. »

Là où on attendait que ce grand acteur réussisse à nous faire apercevoir ces silhouettes d’icebergs sur la scène du théâtre Antoine, nous n’avons eu que l’ombre de la blancheur de la page.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor