Trissotin ou les femmes savantes

Trissotin ou les femmes savantes
De Molière
Mis en scène par Macha Makeïeff
  • La Scala
  • 13, boulevard de Strasbourg
  • 75010 Paris
  • Strasbourg Saint-Denis (l.4, l.8, l.9)
Itinéraire
Billets de 13,00 à 42,00
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Description d’une précision et d’une drôlerie inégalées de l’émancipation des femmes au sein d’une société patriarcale, pièce extraordinaire sur le féminisme et les misogynies, Trissotin ou les Femmes Savantes est à la fois une critique sociale intense et la photographie d’un désastre familial.

Dans la Maison Chrysale, l’atmosphère est chauffée à blanc. Les femmes y sont poussées dans des retranchements de folie extrême. Molière met en scène les impasses les plus drôles et les plus douloureuses de l’émancipation féminine et la terreur qu’elle inspire aux hommes !

Macha Makeïeff, dans cette relecture inédite de ce chef-d’oeuvre, fait entendre la violence inouïe des discours misogynes conçus comme autant de programmes pour les femmes.

Ce pourrait être un vaudeville "seventies" teinté de psychédélisme si la toute-puissance maternelle ne s'avérait si destructrice. Rêveries et détresse de ce monde déboussolé par le féminin… 

 

Note rapide
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4 critiques
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Toutes les critiques
5 mai 2019
9,5/10
14 0
La confusion des sentiments !

Macha Makeïeff n'a pas seulement un grand talent de metteur en scène.
Elle a aussi cette faculté de nous rendre les personnages étonnamment proches et familiers.
En forçant le trait juste ce qu'il faut pour nous montrer encore mieux les excès de l' âme humaine chers à Molière.

Tout le monde en prend pour son grade.
Trissotin n'est finalement que le révélateur d'un état où les femmes, dans leur désir excessif d'émancipation, terrorisent les hommes et révèlent leur faiblesse.

Transposée dans les années 60, la pièce résonne plus fort encore.
Au delà des rires - nombreux! - il y a comme toujours cette vraie profondeur des personnages de Molière.
Dans ce décor vintage génial, les comédiens vont au bout de leur folie avec un engagement total. Philaminte est absolument grandiose en salopette de velours mauve ...

Surprenant et succulent !
27 avr. 2019
9/10
1 0
Texte d'époque et mise en scène moderne sont comme à chaque fois incompatibles, mais une fois que l'on a dépassé cela, on apprécie le loufoque à souhait de cette proposition, et on est ravi de (re)découvrir les délices du texte; chacun séparés en calques superposés.
23 avr. 2019
9/10
2 0
En voyant les premières images du spectacle, j’étais un peu sceptique. Lorsqu’il s’agit de répertoire, j’ai tendance à préférer les mises en scène classiques. Mais celle de Macha Makeïeff me confirme au contraire qu’un spectateur devrait toujours tenter sa chance :

Quelle fraîcheur, quelle lecture décalée et réjouissante de la pièce de Molière !

Décor pop et ambiance rétro-baroque des années 70, animaux empaillés et cabinet d’expérience scientifique à l’appui, Macha Makeïeff s’approprie la scène de La Scala pour nous livrer une version très enlevée de « Trissotin ou les Femmes Savantes » qui ne perd pourtant rien de sa puissance d’évocation. A contrario, cette mise en scène moderne décentre le propos en nous faisant chausser les lunettes de notre époque : le texte de Molière rencontre ainsi notre vision contemporaine du féminisme, des relations homme-femme et du rapport à la connaissance.

Vincent Winterhalter est extraordinaire en chef de maison couard et dominé. Et que dire de Bélise interprétée ce soir-là par Jeanne-Marie Levy, personnage nymphomane et délicieusement ébahi. Les autres femmes savantes interprétées par la mère et sa fille Armande (Marie-Armelle Deguy et Caroline Espargilière) ajoutent à cette illumination du « bel esprit » dont elle se sont toquées en la personne de Trissotin (Geoffroy Rondeau). Un Trissotin sinon menaçant (comme dans la m.e.s qui fait date de Bruno Bayen avec Pierre-Louis Calixte-2010) plutôt mystérieux et dont l’aspect androgyne semble témoigne d’une duplicité qui finira par tomber. Clitandre (Ivan Ludlow) tient un rôle touchant dans cette étrange maison : tout longiligne, seule sa voix puissante et basse semble le tenir droit, en équilibre malgré son impuissance face au procès qu’on veut lui faire.

Car la mise en scène de Macha Makeïeff prend le temps du jeu, un jeu qui se glisse entre les paroles. Parfois regards, parfois postures, contacts entre les personnages ou parfois burlesque mis là dans le seul but de nous faire rire comme dans la scène des expériences scientifiques, ce jeu s’impose ajoutant de la profondeur au texte et l’ouvrant à une nouvelle strate de compréhension. Ainsi maîtrisés, les acteurs se promènent dans le texte et dans l’espace avec une aisance qui se transmet au public.

On retrouve dans le décor la même inspiration que dans le Kroum de Jean Bellorini : un intérieur à plusieurs niveaux, coloré comme autant de face d’un Rubik’s cube : c’est peps ! Les costumes, tous ravissants, nous plongent encore plus dans ce côté déjanté des années 70.

Même si je reste attachée aux mises en scène classiques qui permettent de garder le texte au centre et de le faire résonner, j’accueille avec plaisir une mise en scène décalée réussissant par je ne sais quelle (al)chimie à la piquer d’une fantaisie qui ne peut qu’ajouter à l’attention du spectateur curieux.

Un spectacle singulier et animé d’une vision. Micha Makaïeff et sa troupe de comédiens renouvellent la pièce : à voir pour tous, aguerris et plus jeunes !
15 avr. 2019
8,5/10
2 0
Trissotin ou les femmes savantes, de Molière, mise en scène par Macha Makeïeff.
Dès le premier regard, nous sommes transportés dans les années 60/70, l’ameublement vintage avec ses poufs et son tourne disque, les pattes d’éléphants, les robes à fleurs…
Dans une mise en scène dynamique et joyeuse, la langue de Molière surgit et nous transporte en compagnie de talentueux comédiens dans cette aventure.

Philamine, maitresse de maison autoritaire, en compagnie de sa fille ainée Armande préférant les sciences à l’amour et de sa belle-sœur Bélise vieille fille croyant être la muse de tous les hommes, se consacrent avec excès au savoir et aux beaux mots.
*Nous assistons à leurs expériences de chimie toutes plus cocasses les unes que les autres…

Ces trois ‘savantes’ sont subjuguées par Trissotin, poète pédant et quelque peu fourbe. Elles sont toutes trois en grande jouissance dés le premier vers de ses poèmes.
*Un Trissotin haut en couleur qui nous régale par ses intonations et sa gestuelle. Personnage ambigu et étrange qui nous fait beaucoup rire tant son jeu est exquis.

Philamine prétend que les plaisirs de l’esprits sont plus importants que les plaisirs charnels, de ce fait, elle s’oppose au mariage de sa fille cadette Henriette avec Clitandre, jeune homme cool étant peu enclin au plaisir intellectuels.

Chrysale mari de Philamine, soumis et un peu lâche, va-t-il se réveiller et s’imposer vraiment pour soutenir Henriette ?

Molière est toutefois un peu misogyne il est vrai, mais l’humour et le non parti pris sont bien présents. Les vrais perdants sont la fourberie, la pédanterie et la trop haute estime de soi.

Macha Makéïef fait un clin d’œil aux années 70.
La guerre des sexes, l’émancipation intellectuelle des femmes, le désarroi des hommes, le mouvements féministe…

Le talent de ces fabuleux comédiens nous réjouit et nous amuse de par leur jeu, leur gestuelle et leur voix. Tous les personnages sont pittoresques et ne manquent pas de piquants. C’est un vrai plaisir.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor