Trahisons

Trahisons
De Harold Pinter
Mis en scène par Christophe Gand
Avec Gaelle Billaut-Danno
  • Gaelle Billaut-Danno
  • François Feroleto
  • Yannick Laurent
  • Lucernaire
  • 53, rue Notre-Dame-des-Champs
  • 75006 Paris
  • Notre-Dame-des-Champs (l.12)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 35,00
Evénement plus programmé pour le moment
Réservation de tickets

Jerry et Emma se retrouvent deux ans après leur rupture.

Elle est la femme de Robert, ami de longue date de Jerry.

Pinter autopsie les liens amoureux et amicaux : des séparations aux rencontres, des aveux aux mensonges, des secrets aux trahisons.

 

229

La critique de la rédaction : 7/10. Nous avons apprécié cette pièce qui était pour nous la première de la saison !

Nous suivons les péripéties amoureuses de deux couples d'amis à travers une multitude de scènes, à coups de flashbacks et de flashforwards.
Les dialogues intriguent ou amusent, tirent parfois vers l'absurde. Nous prenons plaisir à découvrir l'histoire, la personnalité des protagonistes.

Les comédiens ont beaucoup de charisme. Ils n'intellectualisent pas trop le texte de Pinter, le rendent plus léger. Malgré cela, leur ton, leurs regards et leurs postures en disent tout autant que leurs répliques.

Seul regret, le rythme reste assez lent. L'astucieux décor, qui avec peu de meubles crée des intérieurs très différents, met du temps à être aménagé, ce qui casse hélas la dynamique.

Un bon moment. Annonce-t-il une saison savoureuse ?

Note rapide
7,6/10
pour 9 notes et 7 critiques
0 critique
Note de 1 à 3
0%
1 critique
Note de 4 à 7
33%
6 critiques
Note de 8 à 10
67%
Toutes les critiques
12 août 2018
7/10
2 0
Comme les années 70-80 ont la cote en ce moment au théâtre ! Cette fois c'est Trahisons d'Harold Pinter que reprend le Lucernaire et que vous pourrez voir au prochain festival d'Avignon si vous l'avez manqué à Paris.

Les attaques au violon de la sonate de Vivaldi (Trio Sonata "La Follia" in D Minor RV63) donnent le tempo de cette pièce très caustique où les trahisons se révèlent dans une mise en abîme terrible.

L'action se passe en Angleterre, et il émane du texte cet humour si particulier qui caractérise nos voisins britanniques, mais que l'on aurait tout aussi bien pu attribuer à un cinéaste comme Woody Allen. De fait on rit beaucoup.

Outre les trois comédiens principaux, on remarque la présence de Vincent Arfa qui mérite une mention particulière puisque son rôle consiste à faire le lien entre les scènes qui nous arrivent antechronologiquement. Il sait être très drôle et apporter une légèreté qui contraste avec le sérieux des comédiens.

Robert (François Feroleto) est le mari, très séduisant quadragénaire, il est éditeur. Il est marié à Emma (Gaelle Billaut-Danno), une jolie femme plutôt brillante qui s’est laissée séduire par Jerry (Yannick Laurent, ou Lionel Pascal) le meilleur ami de Robert, également son partenaire de squash.

Emma et jerry ont rompu il y a deux ans mais ils se retrouvent de nouveau face à face pour remonter le cours de l'intrigue amoureuse entre les trois amis. Dans cette histoire à rebours, Pinter tisse les énigmatiques liens amoureux et amicaux du trio où chacun a construit sa propre vérité : des séparations aux rencontres, des aveux aux mensonges, des secrets aux trahisons.

Chacun s'est glissé dans la peau de son personnage dont il épouse chaque facette et joue à sa manière au jeu sordide de "je sais qu'il sait que je sais ..." et n'en sortira indemne. La pièce conjugue ainsi le désespoir et l'ironie. On comprend qu'Harold Pinter ait reçu le Nobel de littérature et on regrette que cette récompense ait mis un coup d'arrêt à sa carrière d'auteur. C'est un maitre et s'il reprend les codes du vaudeville (le trio amoureux, le mari, la femme, l'amant) c'est pour les travailler avec son style propre, profond et drôle, marquée par l’influence du théâtre de l’absurde et de Beckett.

Christophe Gand réussit par sa mise en scène à rendre autant les dialogues que les silences si bien qu'on se demande si la communication est réelle entre les protagonistes. Ils semblent dire vrai et pourtant chaque confidence est sujette à caution. Tout est habilement pesé, aussi bien la scénographie de Goury, habilement suggestive, que les costumes (Jean-Daniel Vuillermoz a du se régaler à habiller Gaëlle).
17 mars 2018
8,5/10
14 0
Tout le monde peut se tromper !

Il y a tout d'abord l'incontournable trio du vaudeville, le mari, la femme et l'amant.
Partant de cette situation, Harold Pinter nous livre l'histoire d'un adultère, en remontant le fil du temps.
Car le plus révélateur, c'est la complexité des sentiments, leur ambiguïté, les petits mensonges qui font autant de mal que les gros ... Tromper l'autre, et se tromper soi même ...

Les trois comédiens, avec une grande finesse, excellent dans ce jeu où tout est en demi teinte, et rien n'est tout à fait ce qu'il parait être !
Les scènes sont rythmées par une scénographie particulièrement talentueuse et poétique .

Quand passion rime avec trahisons!
7 févr. 2018
8/10
24 0
C'est l'histoire d'un trio amoureux mais pas n'importe lequel, un trio revu par Harold Pinter où le ton est à la fois profond et drole, où la complexité de l'âme humaine est disséquée par l'auteur : mensonge, amitié, non-dit, amour, égoïsme, fidélité,...

Pinter est aussi précis qu'un chirurgien et c'est vraiment une autopsie des rapports entre deux amis et la femme d'un des deux qui est proposée au spectateur. Et comme pour une autopsie, on voit d'abord le corps en entier, puis on ouvre le corps et on découvre les différentes couches du passé qui ont finit par produire cette situation. On revient donc à rebours dans l'histoire et on n'est jamais perdu grace à un calendrier affiché sur le coté de la scène.

J'ai trouvé une certaine légèreté dans cette version mise en scène par Christophe Gand par rapport au texte qui est assez sombre, et celà m'a bien plu. L'interprétation des comédiens est excellente, les quatre comédiens m'ont charmée. Eh oui, quatre !!! Mais, mais c'est l'histoire d'un trio me direz vous...?

Un petit quatrième se glisse avec bonheur entre les scènes et dans une scène spéciale : Vincent Arfa qui participe avec une chorégraphie virevoltante à tous les changements de décor (les rendant ainsi dynamiques et agréables à regarder) et qui est un serveur de restaurant italien parfait.

C'est une soirée agréable qui est proposée au Lucernaire, ne la manquez pas !
Le 26/01, 19h, Paris

L’histoire commence en 1977. La liaison entre Emma et Jerry est terminée depuis 2 ans.
La pièce retrace leur histoire à rebours. Comment Robert, le mari d’Emma, a t-il découvert la liaison de celle-ci avec son meilleur ami, Jerry? Comment leur histoire a t-elle commencé ? Où et comment se retrouvaient-ils ?
Ces questions trouveront leur réponse au fil de la pièce.

La mise en scène de Christophe Gand, accompagnée de la scénographie ingénieuse de Goury, autorise un changement d’espace rapide et inventif.

En effet, les espaces se modèlent en changeant seulement un détail, par exemple, un dessus de lit, une nappe, une étagère qui se transforme en lit, et d’autres surprises qui servent cette pièce de Pinter à merveille.

La construction du texte et celle de l’espace scénique se répondent et nous permettent de comprendre toutes les subtilités de l’écriture de l’auteur anglais, prix Nobel de littérature en 2005. L’ensemble est servi par un trio d’excellents comédiens (Gaëlle Billaut-Danno, François Feroleto et Lionel Pascal).
30 août 2017
9/10
46 0
Je n'irai pas par quatre chemins : en ce début de saison, voici un Pinter incontournable !

Mais commençons par le commencement. (A l'inverse de la pièce...)
« Trahisons » fait partie de ce qu'il est convenu d'appeler la « période intermédiaire » de Pinter, entre ses premières œuvres qualifiées de « théâtre de la menace et de la cruauté », et sa période plus politique.

Ici, dans cette pièce, Mister Harold va s'attacher à déconstruire une forme de « théâtre bourgeois » : voici la femme, le mari et l'amant qui vont remonter leur histoire.
En effet, le coup de génie de l'auteur est de nous proposer une trame narrative d'une histoire adultérine, oui mais à rebours.

D'ailleurs, il nous donne un indice dès la première des neuf scènes, en écrivant « Je me demande si tout le monde n'était pas au courant, dès le début. » (Je cite l'adaptation qu'en a faite Eric Kahane pour la NRF-Gallimard.)

On l'aura donc compris, tout le travail imposé au spectateur est de remonter le temps, et de savoir qui trahit qui, qui de l'épouse, de l'ami, du mari, de l'amant...
Et par là-même se pose la question de savoir qui est ou qui sont les victimes. A nous de nous débrouiller et de nous forger notre opinion.

L'un des principaux parti-pris du jeune metteur en scène Christophe Gand a été de mettre en exergue l'humour noir et féroce de Pinter, trop souvent passé sous silence.
Bien des versions de « Trahisons » occultent complètement cet humour-là. Et c'est dommage.

Lui, il a osé, et il a demandé à ses comédiens de s'appuyer sur la vraie drôlerie de certaines répliques, ceci bien entendu afin de faire ressortir le côté sombre de la pièce. (Un peu comme certains Florentins salent leur melon pour en faire émerger la saveur sucrée...)

Et ceci fonctionne complètement !
On rit dans ce « Trahisons »-là. Et c'est tant mieux.

Christophe Gand s'est adjoint les services de quatre comédiens véritablement enthousiasmants.
Entre les trois principaux, règne une vraie cohésion, une vraie pâte théâtrale. La mayonnaise prend immédiatement.
Pour s'en convaincre vraiment et ce, dès le tout début, juste après qu'Errol Garner ait en fond sonore interprété « Misty », il suffit d'observer les yeux de Gaëlle Billaut-Danno et Yannick Laurent, dès leur entrée en scène.
Sans qu'ils n'aient besoin de rien dire ni de rien faire, on comprend immédiatement à leurs regards leur état de deux amants qui se retrouvent après une rupture survenue deux ans auparavant.
Impressionnant !

Le jeu des regards, tout au long de la pièce sera aussi important que le texte en lui-même. C'est un élément important qui va contribuer à faire émerger tous les non-dits. (La dernière didascalie est d'ailleurs à ce sujet sans ambigüité : elle se termine par « se regardant dans les yeux ».)

François Feroleto est quant à lui le troisième sommet du triangle amoureux. C'est lui qui bien souvent insuffle l'humour dont je parlais un peu plus haut.

Oui, ces trois-là sont véritablement épatants.
On croit totalement à ce qu'ils nous racontent, on croit totalement à ce qu'ils sont ou disent être.
Leurs partitions respectives sont impeccablement interprétées.

Avec une difficulté supplémentaire d'avoir dû s'adapter à l'excellente et complexe scénographie de Didier Goury : changements de décors à vue et au millimètre près, multiples changements de costumes en coulisse, c'est de la haute voltige et du grand art !

(Mention spéciale à Vincent Arfa qui a dû être déménageur dans une autre vie. C'est lui également qui interprétera de façon parfaite le petit rôle du serveur italien de la septième scène.)

A propos de costume, c'est le moliérisé Jean-Daniel Vuillermoz qui officie. Ses créations seventies sont somptueuses.

J'ai été vraiment séduit par cette version d'une pièce qui peut se révéler être « casse-gueule ».
Ici, dans cette création au Lucernaire, une vraie cohérence règne. C'est un très beau moment de théâtre.
J'ai été totalement séduit.
Votre critique endiablée
Nos visiteurs sont impatients de vous lire ! Si vous êtes l'auteur, le metteur en scène, un acteur ou un proche de l'équipe de la pièce, écrivez plutôt votre avis sur les sites de vente de billets. Ils seront ravis de le mettre en avant.
Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor