Patrick et ses fantômes

Patrick et ses fantômes
De Patrick Poivre d’Arvor
Avec Patrick Poivre d’Arvor
  • Patrick Poivre d’Arvor
  • Casino de Paris
  • 16, rue de Clichy
  • 75009 Paris
  • Place de Clichy (l.2, l.13)
Itinéraire
Billets de 36,00 à 55,00
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Imaginez un orchestre et les plus grands compositeurs du monde, Bach, Mozart, Beethoven et Satie sur une même scène.

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15 mai 2018
7/10
60 0
Patrick Poivre d’Arvor n'aime pas que la littérature. Il est aussi féru de musique et invite le public à partager ses airs préférés, le temps d'une soirée dans le salon d'une suite d'un grand hôtel canadien

La musique aurait un tel pouvoir que les notes seraient capables de ressusciter un moment leur créateur. C'est le point de départ du scénario imaginé par Jean-Claude Dumesnil, écrit par Normand Chaurette (dont j'avais beaucoup apprécié Les Reines).

Je n'aime pas beaucoup ce terme de fantômes parce qu'il n'a pas une connotation très positive. Il me semble que le terme d'invité ou d'ami auraient mieux convenu. Quoiqu'il en soit le résultat est sympathique et pédagogique.

L'orchestre de 24 musiciens est excellent, ce qui n'est pas la moindre des qualités du spectacle. C'est même essentiel. Et les cinq comédiens, Patrick inclus, sont dans le ton qui convient même s'il est tout à fait regrettable qu'on ait sonorisé leur voix, nuisant au naturel qui aurait prévalu dans l'intimité d'un salon. Le réglage des micros est une opération délicate et trop souvent la conversation semblait sortir d'un tunnel. Par contre la musique a été admirablement jouée toute la soirée.

Le spectateur remarque sans surprise plusieurs piles de livres sur la scène et en découvre davantage une fois le rideau rouge levé. Patrick Poivre d’Arvor est installé dans un fauteuil, écoutant de la musique quand un oiseau géant lui apparait brusquement.

Il s'agit de Papageno l'oiseleur de "La flûte enchantée" de Mozart qui, ... le scénario est cousu de fil blanc, offrira une flute à l'écrivain qui saura par magie l'employer pour faire revenir du passé ses compositeurs préférés en jouant les premières notes de la "Symphonie Pastorale" de Beethoven.

Le premier sera Bach, surpris d'être d'être encore tant connu et apprécié si longtemps après sa mort. La musique de cet homme au nom prédestiné (signifiant petit ruisseau) coule comme une source intarissable, jaillissant impétueusement sur la roche.

Mozart ne tardera pas à le rejoindre et, ce qui est bien conçu dans cette approche, c'est la manière dont les dialogues se nouent entre tous les protagonistes. Nous aurions pu les voir surgir successivement et indépendamment. L'auteur a choisi de les faire dialoguer, qui plus est avec humour.

Dans la seconde partie ce seront majoritairement Beethoven puis Satie qui seront à l'honneur. Normand Chaurette reprend des anecdotes connues comme celle de l'araignée qui aurait été la meilleure amie du compositeur allemand. Il fait allusion à la jalousie qui l'opposait à Rossini (qui cependant est absent physiquement de la soirée).

Les échanges sont brefs mais précis, pédagogiques sans être donneurs de leçon. Quelques rares morceaux sont resitués dans leur contexte, comme la "Symphonie héroïque" inspirée de la vie de Bonaparte (avant qu'il ne devienne le tyran que l'on connait) et composée à la demande de Bernadote.

Le public apprécie en toute logique et chante de bon coeur la la la à la demande de Patrick.

On peut néanmoins regretter que la musique du XX° siècle ait si peu été représentée ce soir. Nous avons à peine entendu Bartok, Boulez ou Messian, préférant sans doute un choix plus consensuel avec Satie qui préconisait d'entendre la musique avec son coeur. Il est néanmoins juste de nous rappeler que la misère lui inspira une "Messe des pauvres".

Au cours de la soirée nos oreilles auront été enchantées par des airs plutôt connus, si bien que les titres des morceaux n'étaient pas systématiquement annoncés (et leur liste ne figure malheureusement pas dans le programme). Outre ceux précédemment évoqués il y eut des morceaux plus ou moins célèbres : Jésus que ma joie demeure, l'air de la reine de la Nuit, Don Giovanni, la Traviata de Verdi, une valse extraite de La Chauve Souris de Johann Strauss, une sonate pour piano de Beethoven, quelques mesures de l'inévitable 5ème Symphonie, une Gymnopédie, La Sonatine bureaucratique pour piano d'Erik Satie, qui parodie la Sonatine op. 36 n° 1 de Muzio Clementi, et bien d'autres encore ...

Il ne fait pas de doute que les musiciens sont éternels. Et qu'un tel spectacle peut se partager en famille tant il est accessible à tous les âges. On se surprend même en partant à rêver à une suite ...
11 mai 2018
8/10
55 0
Si « Patrick et ses fantômes » était un air, incontestablement, pour moi, il résonnerait aux notes mélodieuses du Casta Diva de Bellini interprété par Maria Callas. Entre force et douceur.
Quel délicieux moment passé au Casino de Paris. Plus tout à fait du théâtre, pas encore réellement un concert, ce spectacle ne cesse de voguer d’un genre à l’autre.

Premier mouvement : ouverture du rideau et entrée en scène de Patrick Poivre d’Arvor. En un claquement de doigt, nous traversons l’Atlantique. Direction le Canada. Nous retrouvons le plus célèbre des journalistes français dans le salon d’une villa, en train de réaliser les derniers préparatifs à La Flûte Enchantée qu’il doit mettre en scène. D’une touche pressée sur une télécommande, la musique surgit des haut-parleurs de la chaîne hifi. Envoûté, PPDA s’endort, c’est à ce moment-là que surgit Papageno … L’histoire débute.

Deuxième mouvement : Suite à un cadeau laissé par l’oiseleur, Patrick Poivre d’Arvor découvre qu’il peut faire venir à lui les plus grands compositeurs que la Terre ait connue. Autant le dire tout de suite, pour celles et ceux pouvant être rebutés par la présence du journaliste sur scène, il n’est pas, contrairement à ce que l’affiche peut laisser supposer, le personnage principal du spectacle. Très vite, il apparaît plus comme étant un lien entre l’histoire, les comédiens et l’orchestre. Oui car il y a des comédiens … et un orchestre ! Ainsi, il partage la scène avec ce beau monde, sans jamais chercher, comme son statut pourrait l'exiger, à attirer les lumières vers lui. Au contraire, il semble heureux de mettre en avant les comédiens et l'orchestre.

Troisième mouvement : Entrée en scène des comédiens. C’est là que réside l’intérêt de ce spectacle, car sans offenser notre star nationale, dont l’amour et la connaissance de la grande musique sont éclatants sur scène, son jeu de comédien n’est pas sa qualité première. Quatre comédiens se succèdent au fil de l’histoire pour interpréter quatre grands noms de la musique classique : Bach, Mozart, Beethoven et Satie. Ils jouent magnifiquement ces compositeurs et valsent de l’humour à l’émotion. Le spectateur va, avec eux et Patrick Poivre d’Arvor, traverser quelques siècles de l’histoire musicale mondiale.

Quatrième mouvement : L’orchestre. Il donne une touche de puissance à ce spectacle, illustrant les propos des comédiens des plus beaux airs du répertoire classique. Et entendons-nous bien, pas des petits bouts de partition entrecoupés de longs blablas. Non, des airs entiers que l’on a le temps d’apprécier avec un bonheur non dissimulé dès que les premières notes commencent à emplir l’obscurité du lieu. Dans le cas présent, il faut noter que cet orchestre n’est pas un faire-valoir destiné à rendre les comédiens et Patrick Poivre d’Arvor encore plus brillants, mais bel et bien à leur côté un personnage important du spectacle.

Au final, « Patrick et ses fantômes » est un spectacle original et plaisant, à aller voir, et surtout écouter, sans hésiter.
10 mai 2018
7/10
41 0
Je pensais aller voir une pièce de théâtre mais c'était plus un concert de musique classique. Amené de manière originale.
Les musiciens sont excellents. Les comédiens sont bons et Patrick Poivre d'Arvor est dans son propre rôle. On sent qu'il cherche surtout à nous faire partager sa culture et son amour de la musique classique.
En plus, nous avons été dérangés par le froid glacial qu'il y avait dans la salle.
Allez-y si vous voulez découvrir la vie de ces grands compositeurs et écouter de la très bonne musique classique mais pas pour voir une pièce de théâtre.
20 avr. 2018
8/10
49 0
PPDA occupe la moitié de l'affiche, le reste étant partagé entre 4 compositeurs, un chef, quelques notes et du texte.
Sur scène en revanche, il est loin d'être le chef d'orchestre : comme aux Mathurins dans Garde Alternée, ses déplacements et son jeu d'acteur sont très rigides, trop manièrés et empruntés.

Cependant son manque de naturel, ne cache pas ses connaissances et son envie de nous faire partager ses goûts pour la musique classique (plaisir qu'il montre régulièrement par ses mises en scène).
En cela, c'est réussi car les acteurs québecois -de qualité-, le chef et l'ensemble de son orchestre -également de talent- qui l'accompagnent, sont au rendez-vous pour 2 heures de spectacles.

J'ai trouvé l'idée du scénario très originale : 4 grands compositeurs se retrouvent au XXIè siècle pour écouter, comparer et discuter sur leurs oeuvres ou celles d'autres compositeurs de leur époque.

Donc au final, beaucoup de plaisir dans ce spectacle, j'aurais juste aimé une affiche à la dimension de ce que j'allais trouvé sur scène et un peu moins de texte dans la seconde partie.
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Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor