Marie-Antoinette

Marie-Antoinette
De Stefan Zweig
Mis en scène par Marion Bierry
Avec Marion Bierry
  • Marion Bierry
  • Théâtre de Poche Montparnasse
  • 75, boulevard du Montparnasse
  • 75006 Paris
  • Montparnasse (l.4, l.6, l.12, l.13, Trans N)
Itinéraire
Billets de 14,00 à 40,00
À l'affiche du :
5 septembre 2019 au 30 novembre 2019
Jours et horaires
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l m m j v s d
    • HORAIRES
    • 15:00
    • 19:00
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Stefan Zweig unit Marie Antoinette et la Révolution dans une même fatalité de destin, telles les deux faces d’une même médaille tragique.

Les appels au secours que la Reine lance au cœur de la Révolution, rappellent les cris d’alarme qui émanent de la patrie de l’écrivain quatre ans avant la Seconde Guerre Mondiale.

Stefan Zweig hisse la figure de Marie-Antoinette au rang d’héroïne dans la tempête des évènements, tout en dressant un portrait sans indulgence de la royauté et de ses dérives.

Note rapide
7,5/10
pour 9 notes et 9 critiques
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6 critiques
Note de 4 à 7
67%
3 critiques
Note de 8 à 10
33%
Toutes les critiques
6 oct. 2019
6,5/10
2 0
Si Versailles m'était raconté.

Oui raconté, mais pas conté !
C'est toute la différence....

Malgré le talent d'écriture de Marion Bierry et la performance des comédiens, le courant ne passe pas.
Aucune passion ne se dégage de cette avalanche de faits historiques.
L'immense empathie de Zweig a disparu.

Il faut attendre la fuite à Varennes pour que l'histoire se pose et que les deux comédiens connectent enfin avec la chair de leurs personnages.
Que la petite histoire éclaire la grande .....et qu'elle nous touche.

Que nous apercevions enfin ce que nous sommes venus chercher !
7/10
1 0
(Le regard de Corinne)

Marion Bierry, comédienne auréolée de prix, metteure en scène récompensée à de multiples reprises aux Molières, s'attaque ici à la mise en scène de « Marie Antoinette » de Stefan Zweig.

Sa première rencontre avec cette reine remonte à son adolescence et est à l'initiative de sa grand mère. Mais c'est la lecture de la biographie de cet auteur qui modifiera l'image qu'elle s'en était forgée. Tout en rappelant le contexte historique, son adaptation s'attache principalement à l'aspect humain, le sentiment de l'auteur, comme un témoignage posthume de Marie Antoinette.

Zweig, comme son héroïne, est autrichien et comme elle, il a connu non pas la Révolution mais la 1ère guerre mondiale et a pressenti l'arrivée de la seconde. Sa biographie de Marie Antoinette, basée sur l'analyse de son procès, lui a permis de faire un parallèle entre ces époques de tourmentes. Il en décortique les rouages économiques et sociaux, les tractations politiques qui ont conduit à la Révolution. Et au milieu de ce chambardement ce sont retrouvés une reine et son roi clairement pas taillés pour contrer ces événements, pour renverser le cours de l'histoire.

La mise en scène de Marion Bierry est sobre. Pas de costumes d'époque, pas de décors grandioses, juste deux comédiens pour balayer cet épisode. L'essentiel est ailleurs. Elle choisit la forme narrative.

Le comédien Thomas Cousseau déroule le contexte historique, du mariage de Marie Antoinette à sa fin, tel un juge, témoin des événements. Dans un ballet bien coordonné, il passe le relais à Marion Bierry, qui endosse le rôle de l'avocate. A travers son plaidoyer, elle nous fait part des sentiments, des réactions de la reine. Nous la découvrons sous un autre angle. La jeune princesse frivole et insouciante, loin des préoccupations politiques, se révèle et prend conscience du tord qu'elle a eu de faire confiance à des pseudos alliés, de négliger le peuple et sa fonction royale. Au terme de son procès, à charge, après avoir enduré bien des bassesses et des cruautés, elle nous apparaît résignée certes mais digne, digne de son rang. C'est en quelque sorte une réhabilitation de son image.

Le jeu des comédiens est parfaitement synchronisé donnant le rythme et la dynamique nécessaires à la pièce. Ici se joue le procès de la royauté, le ton est grave, parfois sarcastique face aux trahisons (de son propre camp) auxquelles a du faire face Marie Antoinette.

En bref, le choix de Marion Bierry d'axer sa pièce principalement sur le sentiment de l'auteur, sur l'aspect humain de cette tragédie historique, est novateur et instructif. Le jeu des comédiens, tout en justesse, ajoute à l'intensité de cette pièce.

Une belle découverte.
21 sept. 2019
7/10
2 0
Tout l'intérêt de ce roman de Stefan Sweig et de cette mise en scène de Marion Bierry, est de mettre à nu une vision des événements de la révolution française du point de vue de Marie-Antoinette.

Si l'on y réfléchit bien, personne n’entend résonner le nom de Marie-Antoinette en pensant à la personne : on l’envisage comme la souveraine, un être éthéré, vaporeux sans réelle âme ou corps. Or ici, sans doute dans un pressentiment des événements de son temps- car Stefan Sweig écrit Marie-Antoinette aux prémices de la 2nde guerre mondiale (1932)- l’auteur se place du côté de sa compatriote autrichienne. Prise en tenaille, elle aussi, dans un autre contexte et à une autre époque.

Derrière la fascination se greffe l'analyse, le mythe est décousu pour laisser place à une personnalité qu'on n'aurait pas imaginé et dans ce parallélisme, Sweig tire un portrait qui évolue, à la fois héroïque et nuancé. Tout l'intérêt est là, rendre vivante cette gravure de notre histoire. Le pari du dialogue entre les deux acteurs Marion Bierry et Thomas réussit à atteindre ce but. Mi récit, mi jeu, l'histoire se déroule, rebondit d'une voix et d'un personnage à l'autre. À ce jeu-là, la parole suffit et l'absence de décor n’est pas handicapante.

On sent d’ailleurs très bien dans cette mise en scène le parti pris de restituer la présence de l'auteur : c’est bien Sweig qui parle et s’exprime sur ce pan d’histoire et cette parole est admirablement portée par les deux comédiens. Sans jugement, on voit comment Sweig décortique et cherche à mettre en lumière un faisceau de responsabilité, tantôt accablant ou excusant Marie-Antoinette. Ce mélange de respect, de compassion et de sévérité que porte Sweig sur la femme et souveraine nous est transmis avec justesse et mesure. A mon avis, seuls de bons acteurs peuvent réussir à cet exercice.

C'est d'ailleurs intéressant de voir cette histoire au Lucernaire, jouée par deux acteurs racontant la révolution du point de vue de la cour, dans un espace assez clos et une scène dépouillée lorsqu'on sait qu'il y a quelques mois encore, l'assemblée des États généraux était racontée tel un chœur aux visages multiples dans le grand espace ouvert et luxueux la porte Saint Martin pour "Ça ira (1) fin de Louis" (de Joël Pommerat) .

Deux décors, deux faces d'une même pièce, deux arrêts sur image plus ou moins rapprochés et une sensation bien différente à l'arrivée. L’art du théâtre qui encore une fois frappe à la porte de nos imaginaires.

Comme quoi l'histoire n'a pas fini de faire couler de l'encre et d'inspirer aux auteurs, acteurs, metteurs en scène des manières de l'appréhender pour apprendre en retour quelque chose de notre temps, de nos racines ou de notre patrie. Comme Sweig cherchant à comprendre son temps.

Un pièce intéressante- à recommander d’abord à ceux qui s'intéressent à l'histoire de France !
19 sept. 2019
8/10
0 0
La pièce nous importe dans le grand fleuve de la Révolution, avec une mise en scène épurée (deux narrateurs, pas de décor) et un texte magnifique, où brille le sens de la formule. Marie-Antoinette se révèle au fur et à mesure des années qui passent et du temps de la pièce, jusqu'à sa fin tragique, connue de tous, mais qui fait encore vibrer d'émotion.
On regrette : la voix un peu hautaine et éraillée de Marion Bierry.
16 sept. 2019
8,5/10
2 0
Belle adaptation du livre de Zweig qui nous relate la vie et l'esprit de Marie-Antoinette.
3 tables rondes joliment réparties dans l'espace et une petite estrade centrale permettent aux 2 comédiens de séquencer le texte.

Une façon plaisante de retrouver ou de découvrir le talent de l'auteur et le destin tragique de cette reine.
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Notes détaillées (pour les plus courageux)
Texte
Jeu des acteurs
Emotions
Intérêt intellectuel
Mise en scène et décor